Le vrai problème du lundi de Pentecôte « travaillé »

Posté le mai 25, 2010, 12:00
4 mins

Lundi dernier était le septième lundi de Pentecôte « travaillé ». Après la canicule de 2003, le gouvernement de Jacques Chirac et de Jean-Pierre Raffarin avait en effet décidé d’abandonner ce jour férié et de consacrer les ressources ainsi récupérées par l’État au financement de la dépendance.
En guise de cadeau d’anniversaire, l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) a offert au gouvernement Sarkozy-Fillon un rapport assassin sur la mauvaise gestion de ces milliards d’euros.

On estime que le lundi de Pentecôte a rapporté 2,3 mil­liards d’euros en 2008 et 2,2 en 2009
. Ce qui est loin d’être négligeable. Mais il semblerait qu’une portion importante de ces recettes parte, non pas financer la dépendance, mais combler le déficit de l’assurance-maladie ou directement celui de l’État. Les sommes ainsi « distraites » s’élèveraient à quelque 1,9 mil­liard depuis 2004.

Ce ne serait certes pas la première fois que l’État, sous couvert de faire une « bonne action », à laquelle l’opinion publique peut difficilement s’opposer, viserait en fait à remplir ses caisses. C’est vrai pour l’assistance aux personnes âgées dépendantes. Mais c’est vrai aussi pour la sécurité routière ou bien d’autres sujets…
Cela étant, ce n’est pas nécessairement le signe d’une mauvaise gestion. Il pourrait s’agir simplement de l’habillage moral, si je puis dire, d’un impératif de finances publiques.

Selon moi, le problème n’est pas ce prétendu scandale d’une (fort possible) mauvaise gestion. Il est d’abord que le lundi de Pentecôte travaillé constitue un impôt déguisé. Un de plus.
Il est ensuite que cet impôt ne pèse que sur certaines catégories de Français. Les fonctionnaires, en particulier, n’y sont pas soumis. On le comprend aisément : le fait qu’ils travaillent le lundi de Pentecôte n’apporterait rien aux caisses de l’État, et coûterait au contraire. Cepen­dant, le quart de la population qui travaille dans le secteur productif commence à être lassé d’être en permanence ponctionné pour le bien-être des trois quarts restants.

Mais, surtout, le problème du lundi de Pentecôte, c’est qu’il a été instauré pour ne pas revenir sur les 35 heures et atténuer les effets néfastes de cette mesure socialiste. Tout comme le bouclier fiscal a été instauré pour ne pas revenir sur l’ISF.
Ces mesures ne sont que des emplâtres sur des jambes de bois et font à terme plus de mal que de bien, repoussant d’autant l’indispensable vraie réforme d’envergure…

4 réponses à l'article : Le vrai problème du lundi de Pentecôte « travaillé »

  1. Jaures

    27/05/2010

    Vous avez raison de le souligner, Steven. Ce n’est pas la première fois que l’on énonce sur ce site une contre-vérité de ce type: les fonctionnaires sont évidemment concernés par le lundi de Pantecôte (1 jour de congé leur est retiré.). Les villes payent également le 0,3% de la masse salariale.

    Par contre, les professions libérales, les commerçants et agriculteurs en sont, eux, exonérés. J’attends les vives protestations de Jean Rouxel.

    Ce n’est pas exactement cela qu’on nomme clientélisme ?

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  2. sas

    26/05/2010

     

     

    ……comme pour la vignette : c’est théoriquement pour les vieux…….qui verront jamais le  début du moindre pognon…..

    …..on peut pas renflouer les banlieux gauchisantes …et donner une prime aux médiocres…..pour la ènième fois : sauvant les chances pour la france….

    ….et receuillir les vieux , nos vieux dans des conditions decentes…

     

    ils ont dejà choisis et depuis longtemps…

    on ne s arrange pas avec les méchants…jamais.

    SAS

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  3. Steven

    26/05/2010

    Contrairement à ce que vous écrivez, les fonctionnaires sont bien soumis à la journée dite « de solidarité ». Et comme vous le notez fort justement, cela coûte à l’Etat, qui se taxe lui même ! Cette anomalie a été relevée par l’excellent site wwww.lesamisdulundi.com dès le départ, sans que ce point ne soulève beaucoup de commentaires dans la presse économique, qui aurait pu en faire facilement des gorges chaudes tant l’aberration est énorme.

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  4. Anonyme

    26/05/2010

    *** Point de vue catholique sur le lundi de Pentecôte *** Les samedi-dimanche et lundi de Pentecôte 2010, deux grands pélerinages sont partis de Chartres vers Paris et de Paris vers Chartres. La couverture télévisuelle fut inexistante car les télévisions sont au service de leurs propriétaires et non de l’information. 15000 pélerins qui marchent et prient n’intéressent pas Bouygues-TF1, car le conseil d’administration de TF1 comporte cinq banques dont la sulfureuse Goldman Sachs. Le lundi de Pentecôte catholique est inutile pour faire avancer les chiffres d’affaires, il convient donc de le supprimer. L’homme est une chose destinée à consommer des produits pour relancer la demande et faire rentrer de l’argent. Le monde catholique doit donc s’engloutir dans un matérialisme mercantile qui est la fin de l’espèce et l’idole à vénérer. La contemplation c’est une logique du XIII ème siècle, l’utilitarisme mercantile est le Dieu que nous devons vénérer. Wall Street veille et la droite des affaires rejoint la gauche laique dans le matérialisme vulgaire. « On ne peut servir Dieu et l’argent », Jésus-Christ. Troubadour

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