Les contraintes étatiques minent nos entreprises

Posté le juin 13, 2007, 12:00
6 mins

Dans le « Monde Économie », du mardi 5 juin, page 3, six courbes sont rassemblées sous nos yeux en trois schémas, courbes présentant l’évolution des principales données économiques de la France depuis la naissance de l’euro en 1999. On assiste en sept ans à une dégradation régulière, inexorable et rapide de l’économie française. Cette vision concrète est douloureuse, très douloureuse.

La part de la France dans les exportations de marchandises effectuées par les pays de la zone euro baisse régulièrement et rapidement. Elle est partie de 17 % en 2000 pour tomber à 13,5 % actuellement. Les consommateurs préfèrent les produits étrangers aux produits français.
Les taux d’emploi stagnent en France à 63 %, alors qu’ils augmentent dans les autres pays de l’Euroland. Les entreprises françaises cessent d’embaucher, voire licencient : elles attendent le client.
La production intérieure française stagne, bien inférieure à une progression de 1 % par an.
Par contre la consommation des Français augmente de plus de 3,5 % par an.
Surtout les importations françaises grimpent de plus de 6 % par an.

Les Français consomment nettement plus. Mais ils consomment des produits étrangers.

L’économie française s’intègre à l’économie mondiale
, c’est évident : importations et exportations augmentent. Mais les consommateurs préfèrent les produits étrangers aux produits français. C’est tout aussi évident. Nos entreprises ne sont plus compétitives.

On pourrait croire qu’elles ne sont plus compétitives du fait de l’incapacité des entrepreneurs français à s’adapter à l’économie mondiale. Ils pourraient par exemple être trop conservateurs ou pas assez entreprenants. Ils attendraient trop de l’État. Une telle hypothèse est totalement démentie par le succès de nombreuses entreprises françaises, petites ou grandes comme celles du CAC 40. Elles font de solides bénéfices, donc elles ont beaucoup de clients qui achètent leurs produits. Elles ont un point en commun : elles ont délocalisé une partie plus ou moins importante de leur activité. Selon certains observateurs, les entrepreneurs français seraient au contraire particulièrement performants sur le marché mondial.

Nos entrepreneurs sont bons

On pourrait aussi croire, ou faire croire, qu’elles ne sont plus compétitives du fait d’un euro trop fort. Mais le succès des entreprises allemandes, qui utilisent la même monnaie que nous, dément totalement cette deuxième fausse explication. Les entrepreneurs allemands ne sont pas plus performants que les entrepreneurs français.

Reste une troisième explication logique : Ce sont les contraintes économiques que l’État français impose aux entreprises installées dans l’hexagone qui les rendent moins compétitives. Dans une économie mondialisée, l’entreprise d’un pays développé à hauts salaires ne peut rester compétitive que si elle investit pour fournir à ses salariés un outil de travail bien plus performant et offrir à ses clients des produits de meilleure qualité à un moindre prix.

Toute contrainte qui pousse l’entreprise à augmenter les salaires plus rapidement en France qu’à l’étranger réduit automatiquement les capitaux avec lesquels elle aurait pu investir. L’entreprise réduit ses investissements au lieu de les augmenter. Le SMIC qui grimpe sans arrêt et les 35 heures payées comme 39 sont une des causes évidentes de notre malheur économique.
• Toute contrainte économique qui pousse hors de France capitaux ou entrepreneurs élimine de la compétition mondiale les entreprises françaises. Pour gagner, nos entreprises ont besoin de capitaux et d’entrepreneurs.

Nicolas Sarkozy et l’UMP semblent avoir compris une partie importante de ces simples réalités économiques. Par contre, Ségolène Royal et les socialistes proposent de très nombreuses mesures aggravant la situation de nos entreprises, comme le SMIC à 1 500 euros ou les 35 heures étendues à toutes les PME. C’est pure folie. C’est suicidaire.

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6 réponses à l'article : Les contraintes étatiques minent nos entreprises

  1. Jaures

    19/06/2007

    Cher J.C.Thialet, allons donc au bout de la logique: payons nos riches pour qu’ils restent car, après tout, ne trouveront-ils pas toujours plus d’exonération fiscale quelque part. Et puis, si cela marche, étendons la méthode: payons les délinquants avant qu’ils ne commètent leurs forfaits, ils seront ainsi dissuadés de les accomplir. Enfin, si supprimer des fonctionnaires qui perçoivent l’impôt permet des économies, supprimons tous les impôts, y compris les indirects, et compensons en licenciant les fonctionnaires qui sont rémunérés avec ces contributions, la France n’aura ainsi plus d’impôts ni de fonctionnaires! le paradis!

    Bien sur il n’y aura plus ni école, ni justice, ni armée, ni hôpitaux, ni police, …Mais avons-nous besoin de tout cela au paradis ?

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  2. Jean-Caude THIALET

    18/06/2007

    JAURES. De façon certes caricaturales, je vous répondrai "supprimons TOUS les fonctionnaires qui sont chargé de percevoir l’iSF, et la FRABCE fera des économies." ! Vous connaissez aussi bienq ue moi, mieux, même sans doute les effets pervers des impôts qui taxent trop le travail et ce que vous appelez la "fortune". Cela fait fuir les bras, et les cerveaux jusqu’au jour où il ne restera plus que des RMïstes ou des SMICARDS qui attendront en vain les allocations et les aides en tous genres. Il sera trop tard, on aura tué la poule aux oeufs d’or.

      Cordialement, Jean-Claude THIALET

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  3. Jaures

    18/06/2007

    A J.C.Thialet: L’I.S.F ? moins de 3,5 milliards d’euros. Sa suppression suffira-t-elle à redresser la France alors que 15 milliards, pour le moins, d’allégements divers (bouclier fiscal, exonération des donations, droits de successions,…) viennent d’être accordés aux plus privilégiers. Qu’y aura -t-il  encore à donner ensuite ?

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  4. Jean-Claude THIALET

    17/06/2007

    17/06/07    – " Les 4 Vérités"

    FLORIN. Bien que ne partageant pas (entièrement) les propos lapidaires de votre premier "post", je suis dans l’ensemble d’accord avec ceux du second. Tout en me demandant ce que vient y faire Noël FORGEARD (1).

    Et, pour en venir à l’article de Bernard TREMEAU, si j’approuve à quelques nuances près son analyse, je crains que sa conclusion en forme d’espoir ne soit très rapidement déçue. Nicolas SARKÖZY n’est qu’un homme de "paroles" (je mets délibérément ce mot au pluriel), de "paroles verbales", pour être plus précis, et qui confond l’action avec le verbe. S’imaginant, ou faisant semblant de croire, ou voulant faire croire au bon peuple, que le fait d’être omniprésent sur le terrain pour déverser des tonnes de promesses remplace les actes.

    La moindre manifestation de rue (dont le menacent le P.S., Marie-Ségolène ROYAL en tête, LUTTE OUVRIERE, les Syndicats et les Assoces) le fera reculer. On vient d’en voir un exemple avec son projet de TVA SOCIALE (elle fait partie de ses promesses de campagne !) où, alors qu’il venait d’en confier l’étude à deux hommes de gauche (Jean-Louis BORLLO et Eric BESSON), il a laissé entendre que si la TVA SOCIALE devait entraîner une augmentation du coût de la vie (que n’y a-t-il pensé plus tôt avant de promettre ?), il y renoncerait. Tout cela devant les froncements de sourcils du P.S. qui a baptisé cette "TVA SOCIALE" la "TVA A 24%" et en a fait son thème pour le second tour des Législatives. Un thème qui risque de réduire sensiblement ce soir la future majorité des "bleus" à l’Assemblée Nationale !

    Mais il est deux autres domaines où l’on connaît les limites du nouveau président et de son gourvernement-croupion :

          – l’UNION EUROPEENNE où cet Européïste convaincu, doublé d’un mondialiste, ne poura, bien entendu, faire accepter de la BANQUE CENTRALE EUROPENNE la moindre baisse des taux. l’indépendance absolue de la BCE étant inscrite dans le Traité de MAASTRICHT qu’a voté Nicolas SARKÖZY. Pas plus d’ailleurs qu’il n’obtiendra la baisse du taux de la TVA de la restauration sur laquelle son prédécesseur s’est cassé les dents. Tant qu’il n’aura pas libéré la FRANCE des "menottes" (j’emprunte le mot à Marine LE PEN) européennes, il ne parviendra à rien … En tout cas pas à tenir ses promesses électorales. Or, que vient-il de faire ? Sinon allégeance à l’hupe-européïste José BARROSO ? Et s’engager à aller sous peu à BRUXELLES pour donner son aval à la poursuites de pourparlers avec … la TURQUIE. Une TURQUIE dont il n’a cessé de prétendre (c’était pendanr la campagne présidentielle, il est vrai) qu’elle n’a pas sa place dans l’UNION. Contrairement, d’ailleurs, à François FILLON qui, lui, est pour …

        – l’immigration "sauvage"(2) qu’il s’est déjà montré incapable de maîtriser du temps qu’il était place BEAUVAU et qu’il veut augmenter avec son "imigration choisie".

    Si Nicolas SARKÖZY veut véritablement montrer son esprit de "rupture", et affronter délibérément  les gens de gauche pour montrer sa volonté d’imposer les nécessaires réformes dans tous les domaines, je lui conseille de suivre le conseil du député-maire (UMP, je le précise) de MAISONS-LAFFITTES, fraîchement réélu : ABOLIR L’ISF.(3). Alors, mais alors seulement, on verra si Nicolas SARKÖZY est bien l’homme qui osera affronter l’impopularité face à ceux qui, systématiquement, empêchent les réformes, les vraies, pas les réformettes qui ne sont que cautères sur une jambede bois : les partis de gauche, et leurs courroies de transmission, les éxécuteurs de leurs basses oeuvres, que sont les syndicats(4) et les assoces(4)

    Ma conclusion : une fois de plus, la Droite , et particulièrement les électeurs de la Droite nationale qui, les 22 avril et les 6 mai derniers ont voté pour Nicolas SARKÖZY, auront été les cocus du suffrage universel. Parce que le président nouvellement élu "parlait comme LE PEN", ils l’ont pris pour LE PEN.  Alors qu’il n’est que du "7 UP" !

       Bon dimanche, bien cordialement, Jean-Claude THIALET

    (1) ce qui me rappelle la querelle qui avait opposé certains dirigeants allemands d’EADS qui avaient reproché à Jean-Louis BORLOO d’être intevenu pour que soit versé à ce dirigeant pour le moins indélicat (voir même incompétent, et, surtout, intrigant) son "golden parachute". Certes,le Ministre avait démenti. Mais il n’a toujours pas expliqué pourquoi, alors que L’Etat Français est un actionnaire important, et très influent, de l’avionneur, il ne s’y était pas opposé !

    (2) rappel : lors de sa visite à BOUTEFLIKA, le (futur) président SARKÖZY, après les accolades et les "ami-ami" avec son hôte algérien s’est engagé à faciliter l’obtention de visas aux candidats à l’émigration (vers la France !). Comme s’il voulait raffler en France le maximum de voix franco…algériennes !

    (3) autre rappel : non, n’ayant pas (encore) gagné au Loto, je n’y suis pas assujetti !

    (4) financés essentiellement avec l’argent des contribuables !

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  5. Florin

    13/06/2007

    Au Luxembourg le SMIC est à 1500 € par mois. Et le pays si petit que l’on peut faire ses courses à l’étranger – donc, on ne peut pas augmenter les prix pour "rattraper" l’envolée salariale.

     

    ET ça MARCHE !!! Moins d’impôts, moins de chômage. Et, comble de l’ironie, ils ont même l’ISF !!! à 0,5%, taux unique (ce n’est pas rien).

    ce qui compte, ce n’est pas le niveau des salaires, ni celui des prélèvements. Prenez le cas de votre plombier : je suis persuadé qu’il paie ses gars aux SMIC – mais il gagne tellement qu’il pourrait doubler leur paie sans problème. Alors, je vois d’ici la réponse de certains, de Floride ou du Texas : "mettez-vous tous à votre compte". CERTES !! Mais le gentil plombier-en-chef aura toujours besoin d’un adjoint pour l’aider … Et, je vais en choquer plus d’un ici : même l’adjoint a le droit de vivre …

    On n’empêchera jamais un Forgeard de se servir sur le cadavre d’une entreprise – mais on DOIT TAXER son magot COMME DU SALAIRE !!! ça ne suffira pas pour le calmer, mais ça rapportera dans les caisses.

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  6. Florin

    13/06/2007

    Un bon produit se vendra toujours, euro ou pas, 35 h ou pas, syndicats ou pas, impôts ou pas. Je n’ai pas vu de Logan aux USA, malgré son prix bradé. En revanche, il y a plein de BMW et autres Mercedes. Qui, eux, n’ont pas délocalisé. Bon, ils ne sont pas au 35h ; mais le coût horaire allemand est supérieur à celui constaté en France. Le client, en fin de compte, se moque du prix, dès lors qu’il en a pour son argent.

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