Les convictions écono­miques de Hollande

Posté le février 26, 2014, 7:00
4 mins

M. Hollande me semble, au re­bours de ce que l’on dit souvent, être un homme de convictions et agir en fonction de celles-ci.

Ainsi, il est un adepte inconditionnel de la théorie des cycles économiques et celle-ci, pensait-il, lui permettait d’affirmer en toute certitude que la crise allait prendre fin en 2013 et que le chômage connaîtrait une baisse sensible (l’inversion de la courbe) avant la fin de cette même année.

Les faits l’ont démenti, mais ne l’ont pas découragé. Selon lui, il n’avait pas (nos yeux et nos oreilles nous ont trompés) promis une inversion de la courbe du chômage, mais il en avait seulement fait un « objectif ».

Au demeurant, cette inversion était bel et bien intervenue, puisque la courbe, sans prendre de direction inverse, s’était un peu aplatie, montrant que la hausse du chômage était moins rapide à la fin de 2013 qu’elle ne l’était quelques mois plus tôt.

À mes yeux et sans doute aux vôtres, c’étaient de misérables excuses ; mais pas aux yeux de M. Hollande qui n’a nullement perdu sa foi dans la théorie des cycles…

M. Hollande est aussi un adepte inconditionnel de la théorie selon laquelle les emplois sont un « gâteau » dont il est difficile de modifier la taille, mais que l’on peut partager entre plus ou moins de consommateurs, supprimant du travail à ceux qui en ont (et donc diminuant leurs ressources) pour donner à ceux qui n’en ont pas des emplois publics et le salaire correspondant, même si ces emplois n’ont aucune utilité pour le contribuable qui les paye.

Il est tout aussi convaincu que la création d’emplois se décrète et qu’il suffit à une entreprise de créer des postes, comme l’État et les collectivités locales peuvent en créer. Jamais il n’admettra que, si le secteur public peut créer des postes sans nécessité et contraindre les contribuables à augmenter leur contribution pour les rémunérer, une entreprise ne peut pas agir ainsi, car rien ne peut obliger l’entrepreneur privé ou les actionnaires à dépenser de l’argent pour engager des salariés qui n’apporteront rien à l’entreprise.

Il en viendra sans doute avant longtemps à penser que seule une nationalisation générale de toutes les entreprises, grosses et petites, lui permettra enfin de réaliser son objectif : contrain­dre les entreprises à créer des emplois dont elles n’ont pas besoin. L’économie à la soviétique est au bout de ce chemin… et les salariés feront « semblant de travailler » com­me les entreprises feront « semblant de les payer ».

Hélas, en économie comme dans les contraintes qu’il impose aux Français en vue de modifier leurs comportements insuffisamment proches de ses vœux, M. Hollande est un homme de conviction. Ce n’est pas demain la veille que nous le verrons admettre qu’un emploi public inutile tue deux ou trois emplois productifs, que ni l’État ni l’entreprise ne peuvent décréter la création d’emplois, mais que celle-ci vient d’une politique économique qui laisse à l’entreprise la possibilité de créer et vendre des produits sans être étouffée de contraintes fiscales et réglementaires.

Alors, pour pouvoir produire ce qu’attendent ses clients, elle créera des emplois sans que nul l’ait décrété, comme un pommier produit des pommes…

Marie Merlin

4 réponses à l'article : Les convictions écono­miques de Hollande

  1. BRENUS

    27/02/2014

    Bien d’accord avec Quinctius. Il ne faut pas chercher midi a quatorze heures. Moije se vautre avec gourmandise dans sa fonction et pour le reste, il brasse du vent. Pour tenter de rester mentalement honnete il faut bien dire que la plupart des autres en feraient autant. Seul le jeu de l’acteur pourrait apporter une éventuelle différence de perception.

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  2. baud

    27/02/2014

    M Merlin,
    Votre vision des choses selon laquelle FH serait un homme de conviction et serait persuadé de la réalité des cycles économiques est plutôt drôlette pour n’utiliser que ce qualificatif.
    Dans le cas précis de l’inversion de la courbe du chômage qui se serait bien inversée selon vos dires,je me demande bien quelle est votre lecture des graphes et quelle est votre connaissance du monde de l’entreprise et de l’emploi ,car tout va dans le sens d’une aggravation sauf manipulationsdes chiffres.
    En résumé,votre texte s’apparente à de la dentelle en marge de la gravité extréme des choses et pour tout dire,n’a rien à faire dans notre journal!

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  3. 27/02/2014

    L’infidèle serait il pris aux pièges de ses mensonges. Ses convictions économiques sont en rapport direct avec ses convictions morales .
    En attendant il va créer des emplois aidés avec l’argent des contribuables et nos constructeurs automobiles comme Peugeot seront bouffés par des investisseurs étrangers qui un jour diront au groupe Peugeot nos voitures sont plus performantes que les vôtres et ces Mittal laisseront Arcelor donc Peugeot agoniser dans leur terre devenue un cimetière
    Ce qui manque à la France ce sont des hommes de vertu de parole d’honneur. Mais chez nous on décore les banquiers les frères de loges et l’outil de création des richesses est bradé pour un plat de lentilles.

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  4. quinctius cincinnatus

    26/02/2014

    Je pense que Madame Marie MERLIN … n’est pas l’enchanteresse attendue pour ce qui concerne en tout cas l’économie et qu’elle a une vision  » méridionale  » de ce qu’est celle ci ! ce qui la fait se fourvoyer dans ses prédictions hollandaises

    François Hollande n’est pas celui qu’elle pense qu’il serait … c’est un  » politicard  » français des plus classiques et qui ne se distingue en rien par exemple d’un Jacques Chirac

    voici ce qu’il en est en … vérité :

    F.H. ESTIME que ceux qui par leur travail s’enrichissent ( et enrichissent la Nation ) ont l’obligation  » catholique  » de subvenir aux besoins des autres ( et de ses pairs en particulier ) qui n’ont pas de travail, parmi lesquels 15 à 20 % ( ceux qui font … confiance à Pôle Emplois )  » souhaitent  » résolument ne pas avoir à travailler …

    il en serait de même avec n’importe quel autre homme politique français … ce dont nous avons urgemment besoin en Politique c’est d’une Morale …. Protestante !

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