Les dirigeants français et le Marché commun européen

Posté le novembre 02, 2009, 12:00
6 mins

Il semble qu’actuellement une importante majorité des Français pense que le Marché commun européen est responsable du chômage en France.
Ils ont malheureusement raison de le penser… Car les responsables de la France ont décidé de créer le Marché commun européen peu après la fin de la dernière guerre, ce qui était sur le plan économique et politique une excellente initiative. Ils ont donc supprimé les droits de douane qui nous protégeaient des produits allemands ou portugais. Mais ils ont conservé, et même augmenté sans hésiter, les charges pesant sur les entreprises françaises, alors que l’Allemagne ou le Portugal faisaient l’inverse. Ce qui est sur le plan économique une très grave erreur.

Une équipe de football est une petite entreprise (une PME) mise en concurrence avec d’autres entreprises, nationales ou étrangères.
Si les responsables de la France obligeaient les joueurs de l’équipe nationale française de football à porter des maillots pesant 20, puis 25 kilos, cette équipe perdrait tous les matchs et il est probable que les Français auraient viré, sans doute par la violence, les responsables du pays qui auraient imposé de tels maillots. Et ils auraient eu raison de le faire. Car un tel comportement est absurde.

Nos responsables ont parfaitement compris qu’il existe une compétition entre les équipes de football. Et pour satisfaire les Français amateurs de spectacle sportif, ils ont décidé de rendre nos équipes les plus compétitives possible. Le pays dépense au contraire de l’argent pour qu’elles gagnent. Des sommes importantes sont consacrées par exemple à la recherche des maillots les plus performants. Chez nos nageurs en particulier.
Pratiquement tous les Français sont d’accord. Et ils ne se posent pas trop de questions sur ce que la France dépense pour avoir des sportifs de haut niveau, sur les grosses inégalités de revenu existant entre les joueurs ou sur le domicile fiscal des joueurs de l’équipe de France.
Une petite entreprise industrielle (une PME) est comme une équipe de football. Elle entre en compétition avec d’autres entreprises, que ces entreprises soient françaises, allemandes, polonaises ou portugaises. Malheureusement, les gouvernements français semblent ignorer totalement ce qu’est la concurrence et, de ce fait, ils se comportent d’une façon très curieuse.

1) Ils obligent, par exemple, les paysans français à payer leurs ouvriers agricoles 16 euros de l’heure, alors que les paysans allemands ou portugais ne les payent que 6 euros.

Comment, dans de telles conditions, arriver à gagner de l’argent en produisant du lait en France ? C’est strictement impossible. Le paysan et son ouvrier agricole sont obligatoirement mis au chômage. Les paysans se révoltent et répandent leur lait dans les jardins des préfectures. Certains d’entre eux vendent même leurs terres en France et vont produire leur lait sous des cieux plus cléments. Il est évident que ce comportement aggrave le déficit de la Sécurité sociale et augmente le chômage.

2) Ils obligent, par exemple, les entreprises françaises à payer les « charges sociales », c’est-à-dire des sommes très importantes qui sont données par les entreprises à la Sécurité sociale. Tandis que les socialistes allemands ont cessé de faire payer la Sécurité sociale par les entreprises en créant la TVA sociale, les socialistes français ont hurlé quand le gouvernement français a voulu les imiter. Et le peuple de France a cru les dirigeants socialistes français.

3) Ils obligent aussi les entreprises françaises à payer de très nombreuses taxes ou impôts. Nos entreprises n’ont plus assez d’argent pour investir et les prix augmentent bien plus rapidement en France qu’en Allemagne : 3 % de plus tous les ans en moyenne. Or, avec une monnaie commune, on ne peut plus dévaluer… On va donc vers une crise monétaire très grave.

Mais, voici une bonne nouvelle : Angela Merkel a été facilement réélue sur un programme « ultralibéral ». Elle réduit enfin massivement les impôts allemands. Nicolas Sarkozy est obligé de suivre… Merci Angela !

2 réponses à l'article : Les dirigeants français et le Marché commun européen

  1. Gérard Pierre

    04/11/2009
    Les « européistes », …… pontifiant à l’époque de la campagne des accords de Maastricht, ainsi que tous ceux qui se confondaient en satisfactions toutes plus sonores les unes que les autres au moment de l’instauration de l’€uro et de la campagne du projet de traité constitutionnel, …… ont ceci en commun : ils nous « vendaient » leur Europe comme étant le seul antidote au chômage endémique.
    Chacun peut constater aujourd’hui la triste absence de réalité de leurs arguments d’alors.
     
    D’où provient l’essor d’une économie ?
     
    D’un système étatique ? … super étatique ? … politico fisco administratif ?
     
    N O N  !
     
    Une nation ou une « guilde » hétéroclite de nations ne s’enrichira jamais sur le dos de ses entreprises.
     
    Elle s’enrichira sur ce qu’elle trouvera entre leurs mains.
     
    …… Et qu’y a-t-il entre les mains des entreprises ?
     
    UN TRESOR, …… appelé …… VALEUR AJOUTEE !
     
    La valeur ajoutée est la somme des richesses créées par l’entreprise et reversées aux cinq bénéficiaires suivants :
     
    • Les SALARIES, à travers les salaires et les charges sociales, 
    • Les ACTIONNAIRES, à travers les dividendes, 
    • Les ORGANISMES FINANCIERS, à travers les intérêts, 
    • L’ETAT & LES COLLECTIVITES LOCALES, à travers les impôts et taxes, 
    • L’ENTREPRISE, à travers l’augmentation de ses fonds propres et ses provisions pour investissement.

    Il n’est donc pas difficile de comprendre que ce n’est pas en alourdissant le compétiteur que les rentrées fiscales seront pléthoriques mais plutôt en ciblant les bénéficiaires des retombées des résultats du compétiteur.

    A travers son pouvoir d’achat, le salarié va payer de la TVA. A travers ses charges salariales il entretiendra des retraités qui en paieront également. A travers ses revenus il paiera l’IRPP, la taxe foncière, la taxe locative, … et bien d’autres choses encore. 

    A travers ses « revenus du capital » l’actionnaire devra également être imposé dans les mêmes conditions que les revenus du travail. On m’objectera que les capitaux étant fluides l’actionnaire risque de délocaliser ses capitaux. Le devoir de ceux qui légifèrent est donc de créer les conditions de la stabilité institutionnelle de l’ « actionnariat français ».
     
    L’impôt sur les bénéfices bancaires sera d’autant plus substantiel que les banques auront  permis aux entreprises de se « muscler » et par conséquent d’être compétitives et omniprésentes sur le marché.
     
    L’état & les collectivités locales ne seront plus perçus comme des racketteurs mais comme des bénéficiaires entreprenant eux-mêmes.
     
    Quant à l’entreprise, assurant ainsi les conditions de sa pérennité et de sa prospérité, elle continuera à tirer ainsi tout le système économique vers l’avant.
     
    Nous serons enfin dans une spirale dynamique, en escargot, partant des son centre pour aller vers l’extérieur, et non  pour régresser comme actuellement de l’extérieur vers son néo, …… comme pour y mourir.
     
    Est-ce si difficile à comprendre ? …… enfin, je veux dire, lorsqu’on n’est pas aveuglé par une idéologie totalement absconse !
     
    C’EST QUAND LE MATCH EST GAGNE QUE LES PRIMES SONT VERSEES ! …… ALORS LAISSONS JOUER LE MATCH A CEUX DONT C’EST LE METIER DE LE JOUER ! …… et si à la limite on ne sait pas comment les y aider, …… FOUTONS LEUR AU MOINS LA PAIX !
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  2. Florin

    04/11/2009

    Cela fait plaisir à lire, sous la plume de M. Trémeau, un plaidoyer pour la TVA sociale. Qui, ne l’oublions pas, a été proposée en premier par la CGC – la confédération syndicale des cadres.

    Comme quoi, tout vient à point pour celui qui sait attendre. Reste à convaincre : le facteur, le PS, l’UMP, Sarko … En 2030 on y sera encore.

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