Les mauvais économistes et les bons…

Posté le novembre 06, 2005, 12:00
6 mins

Pour essayer de limiter le déficit budgétaire de son budget pour 2006, l’État croit malin de tabler sur une croissance de 2,25%, alors que personne, sauf le gouvernement , ne parie un liard sur une telle performance. C’est d’ailleurs une tromperie habituelle des services de Bercy : le taux de croissance a été surestimé dans le projet de loi de finances pour l’année suivante à 17 reprises au cours des vingt dernières années…
Mais le taux de croissance pour 2006, avancé par l’immense majorité des économistes français — entre 1 et 2% — est-il plus crédible ? À en juger par les performances passées de ces spécialistes, on peut en douter.
D’aucuns diront que ces personnages, vivant tous peu ou prou d’argent public, sont bien obligés de satisfaire leur client, qui n’est pas le contribuable comme un esprit naïf pourrait le croire, mais évidemment l’État, l’ennemi du premier…
Élargissons le sujet, car, aussi bien, il n’y a pas qu’en France que les économistes se trompent. En ce moment, par exemple, on nous bassine avec l’augmentation du prix du pétrole, dont le baril flirte avec les 70 dollars. Pourtant, on a parfaitement l’expérience d’une telle situation, non seulement parce qu’on l’a déjà connue en 1973 puis en 1979, mais encore parce qu’au cours des douze derniers mois le prix du baril de brut a doublé, puisqu’il valait encore l’année dernière moins de 35 dollars. Ce qui n’a pas empêché la croissance mondiale d’être forte, dépassant, sur la période, le taux de 4%, et la croissance aux États-Unis, première puissance économique du monde, d’être encore de 3,8% au troisième trimestre de 2005.
C’est la même chose avec les taux d’intérêt. Quand ils sont orientés à la hausse, ils renchérissent les emprunts et découragent les investissements. Or ils sont passés aux États-Unis, pour les taux à court terme fixés par la Fed, de 1 à 4% ! Sans dommage, apparemment.
Marc de Scitivaux (< www.lescahiersvertsdeleconomie >) faisait finement remarquer qu’un économiste sérieux ayant à prévoir les conséquences d’un doublement du prix du pétrole et d’un quadruplement des taux d’intérêt de la Fed aurait annoncé une grave récession économique. Et on a vu le contraire : depuis dix-huit mois, l’économie américaine a créé 2,5 millions d’emplois…
Ce qui s’est passé, dans la vraie économie, c’est que les surplus financiers générés par la manne pétrolière, dont les pays producteurs ne savent que faire, sont allés se placer presque exclusivement aux États-Unis, ce qui a permis une baisse des taux bancaires sur les prêts à long terme, ce qui a favorisé les achats immobiliers… L’Europe, et en particulier la zone euro, n’a que très peu bénéficié de cet afflux, les détenteurs de pétro-dollars n’ayant pas confiance dans cette partie du monde.
Pour qu’il en soit différemment, il faudrait tout simplement que la gestion publique soit plus sérieuse : que la France et l’Allemagne se décident enfin à supprimer leurs déficits budgétaires, donc à réduire leurs dépenses publiques, donc à tailler dans le nombre des fonctionnaires et dans les largesses de l’État-providence. D’une façon plus générale, l’économie doit être gérée sur la base de considérations non idéologiques. Et la fiscalité doit être conçue pour rapporter des ressources à l’État, et non pas pour faire fuir les riches à l’étranger comme notre funeste ISF !

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Il est à cet égard caractéristique que qu’Alan Greenspan, qui achève son mandat de président de la toute-puissante Réserve fédérale, ait été à l’origine un « ultra libéral » (comme disent les adversaires acharnés du libéralisme), partisan du « laissez faire, laissez passer », défenseur acharné des entrepreneurs, que son maître à penser, Ayn Rand, tenait pour les héros des temps modernes. Et personne ne conteste que sa politique monétaire explique une bonne partie de la croissance insolente de l’économie américaine.
Un économiste, quand il est conseiller du prince, ne devrait pas tant faire des prévisions que le mettre en garde contre toutes les initiatives susceptibles d’entraver l’action des entrepreneurs et donc la création de nouvelles richesses. Évidemment, en France , ils auraient du pain sur la planche!…

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Immigrés
Sur les 14 millions de couples (mariés ou non) que comptait la France en 1999, 860 000 étaient formés de deux immigrés et 960 000 étaient des couples mixtes. Autrement dit, près de 13% des couples comptaient au moins un immigré.

3 réponses à l'article : Les mauvais économistes et les bons…

  1. Jean-Claude Lahitte

    08/11/2005

    Alain Foucart met le doigt là où ça fait mal : la plupart des « conseillers » en ceci ou cela vivent de l’argent du Gouvernement. Le nôtre, donc, mais comme les gens qui nous dirigent se sont mis dans la tête que c’est leur argent, et que tous leurs « fournisseurs » font aussi semblant de penser que c’est l’argent de leurs mandataires (ministres, présidents de Régions ou de Conseils Généraux,de Mairies ou autre Collectivités) qu’ils empochent, tout ce petit monde vit hors des réalités en priant (surtout pas le Ciel auquel ils ne croient plus, ou de moins en moins) que cela dure au moins autant que leur petite existence pépère. Aussi, lorsqu’Alain Foucart écrit (fort justement au demeurant)à la fin de son article « Un économiste (…) ne devrait pas (…) que de le mettre en garde contre les initiatives … » ,il me paraît faire part d’une certaine ingénuité. La France vit dans un « système » où ceux qui veulent vivre en paix et particulièrement les conseillers en ceci ou cela, les directeurs d’Obbservatoire de ceci ou cela (je viens de découvrir qu’il y avait un Observatoire de l’insécurité dans les établissements scolaires, et je m’étonne que, pour résoudre la gave crise actuelle, un conseiller n’ait pas suggéré d’en créer un pour l’insécurité dans les banlieues !), généralement bien payés à ne rien foutre, ont comme principal travail de chercher à conserver leur place jusqu’à la retraite : un seul moyen pouur cela, ne pas déplaire aux Princes qui nous gouvernent. Bien cordialement, Jean-Claude Lahitte P.S. Un mot à propos de l’iSF qui « fait fuir les riches à l’étranger », je partage sur ce point l’avis de Jacques Myard, député-maire de Maisons-Laffitte: « la seule réforme efficace à propos de cet impôt, C’EST DE LE SUPPRIMER ». Non, je ne suis pas assujetti à cet impôt scélérat, mais, patience, cela pourrait venir …

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  2. sas

    06/11/2005

    Le problème n’est pas de gérer en bon père de famille, pour cette chianlit politique cette réelle racille à karcheriser…ils continuent l’oeuvre commencer de creuser la dette public à ne plus pouvoir en sortir…et c’est le cas ,vu que la france ne sait même plus payer les seuls intérêts….à quant la tutelle du FMI ???? sas nb)et prions dieux et le reste que les esclandes des banlieux ne donnent lieux à d’autres emprunts et financement pharaoniques….à perte…et pour les mêmes poches initiées… sas

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  3. R. Ed.

    06/11/2005

    Une question, : Sarcolas Nikozy et sa nouvelle (pas celle de l’Ecole des Fans qu’il avait soufflé à Jacques Martin) de quel côté est-il, lui ? Du couple formé de deux immigrés ou du couple mixte ?

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