Les mensonges du plan Valls pour les PME

Posté le juin 17, 2015, 9:19
5 mins

Lors du congrès du Parti socialiste à Poitiers, notre Premier ministre Manuel Valls n’a pas pu s’empêcher, comme si lui-même était en campagne présidentielle, d’égratigner Nicolas Sarkozy devant un parterre hétéroclite de socialistes : « Sarkozy est déjà un problème pour la France, a-t-il martelé. »
Ce que Valls a oublié de dire, c’est que, si Sarkozy est un problème, Hollande n’est certainement pas la solution pour notre pays. Ce qui revient à les renvoyer dos à dos…
Je ne suis pas seul à le penser. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter (ou de lire) Montebourg ou les « frondeurs », qui font profil bas devant Valls, mais qui, dès qu’il a le dos tourné, critiquent ouvertement Hollande et son gouvernement…

Le véritable problème pour la France, c’est qu’il faudra garder encore deux ans des amateurs, ou, ce qui est encore plus grave, des « faux culs » qui disent « aimer l’entreprise », mais font tout pour la détruire.

C’est ce que confirment les semblants de mesures annoncées par Valls pour les PME.
Au départ, le Premier ministre parlait de remonter les seuils sociaux, principalement le seuil de 50 qui aurait pu passer à 100, voir 250 (rappelons qu’il y a, dans notre pays, trois fois plus de PME à 49 salariés qu’à 50 !)…

Eh bien, non ! C’est, à nouveau, un piège tendu à l’entreprise. Valls veut faire croire que, pendant les trois prochaines années, les seuils pourront être passés sans risque.
Or, si c’est exact pour les prélèvements sociaux et fiscaux supplémentaires, ce n’est pas le cas pour la mise en place de délégués au comité d’entreprise ou au CHSTC… qui ont un impact autrement plus contraignant

Mais, surtout, que se passerait-il pour celui qui voudrait revenir en arrière ?
La deuxième mesure « phare » de Valls pour les PME concerne le renouvellement des CDD. Là aussi, c’est encore une entourloupette, car, s’il est vrai qu’une PME pourra renouveler deux fois un CDD au lieu d’une actuellement, on ne précise que du bout des lèvres qu’en aucun cas, le CDD ne pourra excéder 18 mois… comme aujourd’hui ! Il nous prend vraiment pour des c… !
Une autre « nouveauté » du plan Valls concerne la prime de 4 000 € pour l’embauche d’un premier salarié. En 40 ans à la tête d’une PME, j’ai vu déjà cette « nouveauté » proposée une dizaine de fois. On a pu constater le résultat : pas d’embauche, mais un effet d’aubaine qui coûtera très cher… Enfin, soyons positifs : c’est mieux que la création d’emplois dit « d’avenir » !
La dernière trouvaille, c’est le plafonnement aux prud’hommes des indemnités pour licenciements dits « abusifs » (sachant que c’est ainsi que sont majoritairement qualifiés les licenciements).
L’idée peut paraître intéressante. Mais, d’une part, elle ne s’applique pas à toutes les entreprises et, d’autre part, les juges vont, à coup sûr, généraliser ce maximum, alors que certains pouvaient avoir la main moins lourde.

De plus, je crains que cette loi ne passe pas le conseil constitutionnel qui n’acceptera probablement pas des indemnités plus faibles pour un même salarié d’une entreprise à l’autre.
Alors, Messieurs les politiques, mettez votre lâcheté dans votre poche !
Vous savez tous comme moi que, si on veut de l’emploi, il faut pouvoir soutenir la concurrence étrangère, et particulièrement celle de nos voisins allemands.
Soyez de véritables hommes d’État, comme le fut Schroeder en son temps. Ce dernier a pris des mesures courageuses, même si cela lui a fait perdre les élections. Mais quelque chose me dit qu’il ne regrette rien : il a donné un avenir à son peuple… et il gagne aujourd’hui beaucoup plus d’argent qu’à la chancellerie !

Claude GOUDRON

2 réponses à l'article : Les mensonges du plan Valls pour les PME

  1. DESOYER

    21 juin 2015

    D’abord, merci aux 4V de faire apparaître à nouveau les signatures des articles. Quand à exhorter les socialistes à être compétents et honnêtes, c’est n’avoir rien compris à la politique.

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  2. quinctius cincinnatus

    17 juin 2015

    Soyons lucides : Valls est ” libéral ” mais reste et demeure socialiste ( français ) c’ est somme toute le mariage de la carpe et du lapin … Chirac ” sous ” Jospin n’ était pas si différent ! et à y regarder de plus près vous verrez que les Français sont tous friands de ce plat unique proposé par TOUS les partis-restaurants politiques

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