Les salaires ne devraient pas financer la Sécu

Posté le juin 13, 2007, 12:00
8 mins

Quand Raymond Bourgine dirigeait « Valeurs Actuelles », ce magasine publia une étude remarquable prouvant qu’il n’y avait aucune différence entre impôts et « cotisations » sociales, une thèse qui contredisait avec talent la théorie officielle imposée sans l’ombre d’un argument. Vérité d’État ou mensonges d’État ?

Depuis, la situation a empiré car on a inventé la notion extravagante de « salaire brut » et sont apparus des impôts nouveaux comme la CSG, invention assez perverse aggravée par l’abominable non déductibilité (partielle pour tout compliquer, car il ne faut jamais faire simple).
Or, toutes ces arguties linguistiques dissimulent le vice essentiel du système actuel, qui fait porter sur les salaires en quasi-totalité, le poids du système social ce qui, à partir du moment où le plein-emploi n’est pas totalement réalisé, amène à exercer une pression très forte sur les employeurs pour qu’ils licencient, à peine de graves ennuis financiers.

Mais il y a pire, ces licenciements effectués diminuant les sommes affectées au budget de la Sécurité Sociale, augmentent ainsi un déficit qui, de toute façon est inévitable car lié au principe même des « cotisations » fondées sur le salaire.

Dans un autre sens, presque toutes les ressources individuelles sont payées par les « producteurs » ou employeurs, puisque ceux-ci sont les acteurs de la vie économique. Ceci reste vrai même pour le traitement des fonctionnaires, puisque les impôts payés par les producteurs directement ou indirectement, (ainsi, indirectement, l’employeur paie l’impôt sur le revenu du salarié) servent ainsi à permettre à l’État de payer ces traitements à son tour.
Parler de cotisation voire de « salaire brut » pour des sommes sur lesquelles le salarié n’a aucun contrôle, aucune possibilité d’action, est absurde et pourtant, c’est ce que l’on ne cesse de pratiquer.

Déjà, j’ai récemment montré ici même que les allocations familiales n’ont aucun rapport réel avec les autres branches de la Sécurité sociale, ne sont pas fondées sur les mêmes idéologies.
De plus, elles n’ont et ne peuvent avoir aucun caractère « assurantiel ». En conséquence, elles devraient en être séparées, mais on peut et doit aller beaucoup plus loin, aucun « prélèvement obligatoire », pas plus l’« impôt sur les salaires » que les pseudos « cotisations » ne devraient peser sur la « masse salariale », contrairement aux cotisations volontaires (telle la Prefon).

On peut aller plus loin, la masse salariale majorée d’un certain pourcentage lors de l’étude du bilan en vue du calcul des impôts correspond à certains risques et obligations, appréciés forfaitairement.
Ne pas fonder le financement du Système Social sur les pseudo « cotisations » portant sur les salaires, cela existe dans certains pays tels le Danemark et la Grande Bretagne et, justement, le chômage y est moins grave qu’en France. La relation est automatique, tout impôt (même qualifié autrement) fondé sur les salaires crée du chômage.

Au-delà on peut aller jusqu’à envisager, comme Christine Boutin (qui est tout, sauf une femme de gauche), un revenu universel qui viendrait alors en déduction du salaire sans modification aucune du revenu salarial, ce qui est beaucoup plus rationnel que le système du RMI qui dissuade parfois son bénéficiaire de chercher un emploi.

Ce qui a trop souvent entraîné la sous-estimation du problème gravissime du chômage persistant, c’est qu’on ne s’est pas rendu compte du fait que c’était là quelque chose d’insidieux et bien pire que des sujets à la mode, parfois graves, mais concernant seulement peu de gens au total, tels « la drogue » ou le dopage des sportifs. Ces choses peuvent détruire des gens isolés. Là il s’agit d’un problème global beaucoup plus grave, car plus répandu et qui est beaucoup plus social qu’économique, même s’il détruit in fine l’économie.

Des expressions comme « cotisations sociales », « salaire différé », « salaire brut », ne sont pas des mensonges ordinaires mais des mensonges pervers car ils dissimulent une réalité économique et sociale. Restent deux problèmes : par quoi remplacer ces impôts affectés : par l’impôt sur les sociétés ? Ou la TVA ?

Et encore, au-delà d’un financement indépendant des salaires, faut-il laisser une petite part de prélèvement social, part minime et sur laquelle les salariéss auraient un certain contrôle individuel dans son affectation ?

6 réponses à l'article : Les salaires ne devraient pas financer la Sécu

  1. Jaures

    16/06/2007

    A glace: Allez y! Délocalisez-donc votre "petite épargne" et vous avec! Si vous rêvez d’un monde où chacun s’occupe de soi en ignorant, ou si possible, en écrasant les autres vous le trouverez aisément. Jusqu’à ce qu’un autre, plus coriace ou plus malin, fasse main basse sur votre pécule. Quand vous serez ruiné, revenez donc chez nous. Nous vous accueillerons sans rancune.

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  2. Glace

    15/06/2007

    Puis-je faire humblement remarquer à Joe RES  que , pour un particulier , les revenus financiers sont ceux de l’épargne des revenus financiers ?

    Ben, simple, je délocalise ma petite épargne ailleurs ….

    Ciao, cio, , bye  !!!

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  3. Jaures

    15/06/2007

    A Marc: Avant de qualifier de "conneries" les propos des autres, il importe de les lire. C’est justement parceque les retraités payent la CSG qu’il est nécessaire de l’augmenter afin de faire baisser la part des salaires (car les retraités ne cotisent pas aux URSSAF). Je vous engage donc à relire plus attentivement mon post.

    Quant à votre diatribe populiste sur les fonctionnaires, qu’attendez-vous donc si cette charge est si avantageuse, pour postuler aux nombreux concours ouverts anonymement. Votre évidente supériorité vous permettra rapidement de faire une carrière profitable et de tout repos. Pour votre gouverne, de nombreuses villes, croyant faire des économies, ont privatisés certains services (transport, entretien de locaux, …) elles ont dû faire marche arrière devant les plaintes des administrés et les surcoûts. Enfin, quand vous comparez les autres pays, veillez à regarder les prestations publiques qui existent en France et celles qui font défaut dans les autres pays: les Allemands, par exemple, aimeraient bénéficier de notre école maternelle ou de nos crèches et les Portugais auraient certainement aimer profiter de nos pompiers l’été dernier où des milliers d’hectares de forêt ont disparu faute d’entretien et de secours.

    Les services publics, on rale de les payer; mais ils ne sont jamais assez dotés quand on en a besoin.

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  4. Marc

    14/06/2007

    Jaurès, avant d’écrire des conneries, il faut se renseigner ! Les retraités payent la CSG, les organismes de retraite en retiennent les montants ! Quand à considérer les fonctionnaires comme des producteurs de richesses en France, il faut être complètement barge ! Les autres pays Européens, ont  pour la plupart, la moitié de fonctionnaires, voire pour certains, ( l’ESPAGNE et l’ITALIE ) 3 fois moins de fonctionnaires que nous, font-ils plus mal ? Certainement pas ! Ce qui se traduit par : nos fonctionnaires dans leurs grande majorité, ne foutent pas grand chose ! Leur productivité est nulle ! Un cantonnier dans une entreprise privée, produirait 2 à 3 fois plus de travail , quand au enseignants, s’ils  travaillaient seulement comme la moyenne de leurs collègues Européens, celà permettrait de supprimer 200 000 postes d’enseignants inutiles, idem pour les policiers, nous sommes le pays le plus fliqué d’Europe, et pour quel résultat ? Bref , dire que les fonctionnaires sont utiles, est une con nerie ! Leur travail, quel qu’il soit, serait bien plus rentable en étant privé, celà éxiste dans certains pays, et ces pays sont loin devant nous ! 

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  5. sas

    14/06/2007

    Au manche a couille de la fonction publique……pour info

    Les enseignants en martinique ont une prime correspondant au montant de leur CSG; c’est ça l’égalité de traitement dans notre ripoublique……

    en clai eux et beaucoup d’autre ne paye pas la csg……..seuls les cons du privés y sont contraint.

    Satisfaisit sur l’emission sur la chaine planête sur la franc maçonnerie , le GO et sont hegémonie dans nos institution……à l’insue de leur plein gré……en secrêt……et dans une hypocrisie générale hors d’atteinte.

    L’etat c’est eux…….pour faire claire et simple, et c’est le mis en examen baueur , qui nous explique avec naturel le cheminement des lois , départ les loges, puis les fraternelle , et ensuite l’assemblée nationnale……très démocratique et populaire profane que tout ce bordel obscur et diabolique.

    Chacun doit enfin comprendre pourquoi ils ont été excommuniés….

    sas

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  6. Jaures

    13/06/2007

    Je rejoins Barrucand sur un point: il n’est pas sain que la sécu ne soit financée uniquement par les salaires. A ce sujet, je relève une inexactitude: la CSG ne s’applique pas aux seuls salaires mais à l’ensemble des revenus, y compris financiers. Son élargissement serait donc une bonne chose car elle permet d’étendre l’assiette des cotisants et de concerner les retraités qui profitent largement de la sécu. Par contre il ne faut pas qu’elle soit déductible car cela pemettrait d’en exonérer partiellement les plus aisés par rapport aux non-imposables.

    Par ailleurs, il est faux de ne pas considérer les fonctionnaires comme des producteurs: un enseignant, un policier ou un cantonnier produit un service, donc une richesse (la preuve est qu’il existe des métiers similaires dans le privé).

    Enfin, la sécu est gérée paritairement, donc contrôlée par ceux qui la financent (salariés et employeurs). Si vous souhaitez que ces partenaires sociaux soient plus représentatifs, il faut appeler à la syndicalisation de masse. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai.

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