Les syndicats maîtres du jeu ?

Posté le 16 mai , 2017, 9:23
5 mins

Après l’effondrement de la candidature Fillon, et en analysant les causes objectives de la victoire d’Emmanuel Macron, il est clair pour moi que nous avons changé de siècle.

Nous sommes passés de l’intelligence humaine tout court à l’exploitation de toutes les ressources que permet l’intelligence artificielle.

Seuls des jeunes de notre temps, qui utilisent un ordinateur depuis leur petite enfance, en connaissent toutes les potentialités.

Le nouveau président de la République française et ses conseillers ont montré qu’ils maîtrisaient parfaitement l’outil qui permet à un inconnu de rassembler sur son nom des centaines de milliers, voire des millions de fans – et, en l’occurrence, à un surdoué ambitieux d’avoir l’audace d’affronter les vieux briscards de la politique.

En ce domaine, le passage par la banque a dû lui faire découvrir la force immense de la Toile !

Face à lui, Fillon et son équipe n’ont manifestement pas fait le poids. Ils se sont enferrés dans une mauvaise communication, cabinet noir ou pas.

Pendant que d’autres s’épuisaient en promesses diverses et variées à partir de programmes déjà ficelés, Emmanuel Macron s’en abstenait, ce que lui reprochaient ceux qui n’avaient rien compris à sa technique.

Or, celle-ci relève d’une utilisation rationnelle des médias de notre temps, et en particulier de la toile, très fréquentée par les jeunes de tous bords et de toutes religions, pour annoncer au gré du vent médiatique telle ou telle mesure qui pouvait plaire à un groupe d’électeurs – et certes déplaire aux autres, mais qu’importe : à chaque annonce, il gagnait progressivement des électeurs.

Au fil du temps, en disant une chose et son contraire, en parlant par exemple de crime con­tre l’humanité à propos de la colonisation, il a certes révulsé une partie de l’électorat, mais en a conquis d’autres, et le total de ces conquêtes lui a permis ainsi de battre sur le fil les tenants des techniques anciennes.

Mais c’est au pied du mur que l’on voit le maçon.

Accordons à notre nouveau Président, qui a contre lui une majorité d’électeurs (il n’a réuni sur son nom que 43,63 % des suffrages exprimés en décomptant. votes blancs et abstentions), le temps de faire ce qu’il a promis dès qu’il sera en fonction.

Ces 43,63 % ne lui permettront probablement pas de rassembler une majorité à la chambre des députés, mais il pourra faire passer ses projets avec le 49-3 et entrer dans le mouvement.

Mais, comme on l’a vu dès dimanche, les véritables maîtres du jeu pourraient être les syndicats des services publics, qui peuvent, sous l’impulsion d’un tribun marxiste talentueux, Mélenchon, bloquer par la rue toute mesure qui leur paraîtrait préjudiciable au maintien de leurs avantages particuliers.

Cette situation peut devenir insurrectionnelle, casseurs en tout genre aidant.

Cela pourrait amener le président à donner, comme le prévoit la constitution, la responsabilité du maintien de l’ordre à l’armée, via l’article 16 de la constitution, comme le fit le Général de Gaulle lors du putsch d’Alger qui lui avait fait craindre, 24 heures durant, un raid sur Paris. Perspective inquiétante, on le voit, si Emmanuel Macron était obligé d’y recourir.

Il faudra bien, dans l’avenir, réguler ce système qui permet à n’importe quel ambitieux de créer un parti en un clin d’œil. Car, même si cela se passait bien cette fois, qu’en sera-t-il à l’avenir ?

René Crignola
Neuilly-sur-Seine (92)

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Macron et Drahi

2 Commentaires sur : Les syndicats maîtres du jeu ?

  1. SD-Vintage

    18 mai 2017

    De manière plus classique, E. Macron avait une énorme puissance financière, la quasi totalité des médias, des adversaires idéals, un gros coup de pouce du Canard enchainé et de quelques juges, un candidat LR non soutenu par l’appareil LR et allié aux “sulfureux” Sens commun, sans compter sa lenteur, son incapacité à réagir et ses réformes manquant de souplesse.
    Celui qui contrôle les médias et la justice contrôle le peuple.

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    • macron brigitte

      19 mai 2017

      un tantinet superficielle cette analyse !

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