L’inflation, la dette et les réformes nécessaires

Posté le avril 04, 2012, 12:00
7 mins

La dette remplace au­jourd’hui l’inflation. Un rappel historique permet de le comprendre.
Le règne de l’inflation en Europe a duré plus de 25 siècles :

– En 630 av. J.-C., Ardys, roi de Lydie, a mis en circulation les premières pièces de monnaie connues en Occident, qui contenaient de l’or et de l’argent, provenant du Pactole, le fameux fleuve coulant en Lydie.
– C’est de 560 av. J.-C. que date la première inflation connue des archéologues. Ils ont, en effet, analysé des pièces découvertes à Éphèse, dans le temple d’Artémis, la déesse de la chasse. Pièces offertes par Crésus, le petit-fils d’Ardys, et identiques aux pièces déjà fabriquées, mais contenant moins d’or…
– Et, pendant plus de 2 600 ans, pratiquement tous les gouvernements ont utilisé l’inflation pour financer leurs dépenses excessives. Ils se sont bien évidemment attribué le monopole de la création monétaire, punissant de la peine capitale les faux-monnayeurs.
– En 1715, pour éponger les dettes héritées de Louis XIV, le Régent fait appel au « financier » John Law. Celui-ci met en circulation des billets en papier. Ainsi est née, en Europe, la monnaie dite « fiduciaire ».
La porte est alors ouverte à tous les excès. Et, depuis, des gouvernements succombent sans arrêt à la tentation et font « marcher la planche à billets ». Mais le peuple n’aime pas les désordres monétaires et des troubles so­ciaux, parfois très graves, apparaissent presque toujours.
– Le 4 janvier 1973, pour s’opposer à l’inflation, les pays européens retirent aux gouvernements le monopole de la création monétaire et le transfèrent à leur banque centrale. Avec une consigne très précise pour la banque de France : aligner l’inflation française sur l’inflation allemande.
Le règne de l’inflation s’achève, celui de la dette commence.

Car, depuis 1973, aucun gouvernement français n’a modifié son comportement. Chaque gouvernement continue à vouloir plaire à ses électeurs, en leur donnant de l’argent d’une façon ou d’une autre, sans pour autant augmenter les impôts. Ils empruntent donc de l’argent.
En 1977, La dette de la France n’est encore que de 70 milliards d’euros. En 1991, elle atteint déjà 400 milliards d’euros. En 1999, elle monte à 800 mil­liards. En 2012, enfin, elle dépasse le chiffre faramineux de 1 700 milliards…
Cette situation catastrophique devient insupportable.

Comment sortir de la dette ?

Les responsables français semblent ignorer que nos entreprises sont maintenant soumises à la concurrence de toutes les entreprises étrangères.
Il faut donc modifier nos lois en tenant compte de cette réalité incontournable et en respectant une chronologie. Il faut d’abord relancer l’économie, puis rembourser la dette.

Huit réformes nous semblent nécessaires :
1) Il faut modifier la parité fixe liant entre elles les anciennes monnaies européennes. Elles ne correspondent plus à la réalité économique. On peut le faire, soit en revenant aux monnaies nationales et en laissant le marché déterminer la valeur relative des monnaies ; soit en conservant l’euro. Une dévaluation d’au moins 16 % semble nécessaire. Nos entreprises redeviendront alors compétitives.
2) Il faut supprimer la progressivité de l’impôt sur le revenu.
3) Il faut supprimer l’impôt sur la fortune (l’ISF).
4) Il faut supprimer tous les impôts touchant les entreprises (en imitant la Suède).
5) On peut alors, au besoin, augmenter la TVA, sans diminuer le pouvoir d’achat des consommateurs. Car la TVA impose les produits venant de l’étranger et la concurrence pousse les entreprises à abaisser leurs prix. Ici, il faut imiter l’Allemagne.
6) Il faut simplifier radicalement la fiscalité française en n’ajoutant plus une nouvelle loi aux anciennes lois, mais en les remplaçant. Il faut imiter l’Italie.
La France deviendra ainsi un paradis fiscal attirant les entreprises et les riches, et imitant le Luxembourg ou Monaco.
Ensuite, quand la reprise économique sera là, on mettra en place les mesures s’opposant à la dette. Sinon, le chômage ne peut qu’augmenter.
7) Il faut rembourser la dette, en augmentant au besoin la TVA, durant quelques années.
8) Il faut cesser de dépenser plus qu’on ne gagne. Surtout en réduisant les dépenses.
Il faut, sans hésiter, copier ce qui réussit ailleurs.

12 réponses à l'article : L’inflation, la dette et les réformes nécessaires

  1. HOMERE

    08/04/2012

    Demandez vous pourquoi et pour qui le Traité de l’UE a fondé les seules prérogatives de la Banque Centrale Européenne à la  lutte exclusive contre l’inflation et non pas contre le chômage ? alors vous aurez les réponses appropriées….rappelez vous les interventions du  genre " il existe un niveau incompressible du chômage" …..

    Mais le petit Flamby va nous arranger celà aux petits oignons….avec l’aide de Jaurès devenu Ministre de l’Economie et du Chômage…..

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  2. Toni

    06/04/2012

    Hans et srodrigue, des propos très jutes … de très bons commentaires.

    En l’état actuel des choses, les beaux principes de Mr Jaures risquent d’être furieusement remis en cause à partir de l’automne 2012. Dire qu’il faudra que ça soit le FMI qui exige que nous engagions des réformes de l’état providence …

    Hans vous parlez de l’immigration incontrôlée … C’est ce qui finira par achever des gens comme le syndicaliste local. Par contre nous aurons un pays complètement ruiné, bien souvent l’oeuvre du communisme hélas.

    Le Venezuela, le Mexique avec leurs bons niveaux de criminalité …. c’est ce qui nous attend en France.

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  3. Toni

    06/04/2012

    Jaures, ce que vous entendez par "effort national" fait que je fais depuis longtemps tout mon possible pour en rester à l’écart. Le hazard de la vie a aussi fait que j’en ai été souvent éliminé en éssayant parfois d’y participer. Je ne me sens pas lié à cette notion "d’effort national".

    Et les riches étrangers Mr Jaures ? La liberté de circulation, la libre circulation des marchandises et des capitaux avec les accords de Schengen ? ça vous dit quelque chose ?

    Heureusement qu’elle y ait cette liberté de circulation des marchandises et des capitaux avec l’europe … ça évite d’avoir à se supporter des zigotos de votre genre.

    Nous voulons bien participer à l’éffort national mais pour ma part avec un taux maximum de prélèvements obligatoires de 40% grand maximum. Allez c’est mon jour de bonté, il va de soit que je paierai la tva si je monte un commerce.

    Si il y a plus de 40% de prélèvements obligatoires, je considère qu’investir de mon temps et de ma personne en France est une perte de temps. Cela veut dire que je ne prendrai jamais le risque de monter une entreprise avec des gens comme vous.

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  4. srodrigue

    05/04/2012

    Comment voulez-vous être élu en promettant des larmes et du sang ? Tous les Français ou presque touchent un petit bakchich : celui-ci habite un HLM, celui-là ne paie pas d’impôt, celui-ci possède un appartement de fonction (pour un salaire de 1400 euros par mois svp), celui-là encore travaille à la RATP, parfois, et ce dernier ne possède qu’un appartement minable dans le 20e mais souhaite surtout que les prix ne cessent de grimper, ce qu’ils font justement à vitesse grand V ! Tous touchent un petit quelque chose sans savoir que ce petit quelque chose est retenu … sur son salaire in fine (carte orange, ticket resto, chèque vacance, cadeau de noël du CE – que des attrape-nigaud où chacun paie plus qu’il ne reçoit). Chacun à donc faussement l’impression de profiter un peu des autres et ne veut surtout pas que ça cesse. Allez dire à tout ce beau monde : « Égalité! » Finis les passe-droit qui nous tuent (parce que la fonction publique empoche bien entendu le plus gros du pactole), on remet tout à plat, on taxe léger mais on taxe tout le monde, finis les emplois où on peut ne rien faire ou même nuire à vie sans être viré, vive la flexisécurité, vive l’impôt nominal, et vive l’État tout petit ! C’est du gros bon sens, mais nos concitoyens sont malheureusement si intoxiqués à l’État qu’ils croient providence que je doute qu’ils puissent se réveiller à temps. Nos politiciens nagent dans la vague ? Ils ne seront pas élus s’ils ne le font pas. Qui irait voter contre les « avantages » dont il bénéficie ? Robin des Bois (version : je vole à ceux qui possèdent pour remettre à ceux qui possèdent, tout en prenant 90% de commission au passage) a malheureusement de beaux jours devant lui… Le gros bon sens n’y fera rien. La démagogie a gagné le jour où l’Église s’est fait chourer le monopole de la morale par la gauche…

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  5. HansImSchnoggeLoch

    05/04/2012

    <<…. des enfantillages du genre: "imitons le Luxembourg et Monaco, devenons des paradis fiscaux"…. >>
    À chacun son jouet, aux riches le jeu de monopoly avec les cases Monaco et Luxembourg en bonus et à l’intervenant le jeu de la marelle avec ses pôôvres. Que ne faut-il lire sur ce site?
    Il est évident que si on importe tous les ans 200 000 pôôvres sans compter les clandestins et qu’on n’a pas encore résolu la pauvreté des importés des ans passés on ne fait qu’augmenter la précarité. Le problème ne sera jamais résolu et on appauvrira ou dégoutera les dernières vaches à lait qui contribuent encore dans ce pays. Elles iront donc brouter là on l’herbe est moins parsemées d’orties et de chardons.
    Mais cet intervenant est trop borné et/ou trop envieux pour comprendra cela. Tant pis pour lui et ses semblables.

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  6. quinctius cincinnatus

    04/04/2012

    le point huit est de loin le plus intéressant et …  le plus difficile à mettre en place :le "dynamisme"  économique du pays ayant  depuis longtemps comme unique moteur la consommation et donc les recettes de la  T.V.A. , risque dans un pays "nationalisé" de couper l’arrivée d’essence aux moteurs industriels encore productifs etc …  les autres étant essentiellement des variables d’ajustement y compris l’inflation cachée ( insuffisante pour relancer les exportations ) … il n’y a donc pas d’autres solutions que  soit  : sortir de l’euro , avec le risque d’une dévaluation massive qui ruinera les petits  retraités et les bas salaires , soit et mieux de revenir à un écu flottant en zone euro ( et non pas à un Euro du Nord et un à Euro du Sud comme le souhaite la R.F.A. )
    et c’est en cela que les propositions de N.D-A. sont intéressantes de même que celles de Hollande de rediscuter les traités européens

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  7. Jaures

    04/04/2012

    Il est toujours plaisant de lire sous la plume d’un "éditorialiste économique" des enfantillages du genre: "imitons le Luxembourg et Monaco, devenons des paradis fiscaux". Un peu comme ces enfants qui pensent qu’en se confectionnant des ailes d’oiseaux ils pourrons voler.
    C’est oublier que si Monaco ou le Luxembourg sont riches, ce n’est pas parce qu’ils sont des paradis fiscaux, mais parce qu’ils étaient riches qu’ils ont pu le devenir. Le Luxembourg et Monaco ce sont un peu moins de 550 000 habs à eux deux.  Si l’on créait une principauté regroupant Auteuil Neuilly Passy Puteaux, on pourrait sans problème créer un paradis fiscal. D’ailleurs, c’est un peu le cas puisque la population y paye peu d’impôts locaux et bénéficie à plein des niches fiscales. On pourrait donc y instituer un taux extrêmement bas, le besoins en infrastructures et solidarité étant nuls et l’offre médicale pléthorique. Comme le Grand Duché ou la Principauté, on peut sous-traiter la sécurité du pays et l’affaire est jouée ! Plus qu’à accueillir les riches étrangers qui répugnent également à participer à l’effort national !

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  8. Frank

    04/04/2012

    C’est un article plein de bon sens. Bon sens dont sont dépourvus tous nos dirigeants d’où le désastre d’aujourd’hui et la catastrophe de demain (mouvements sociaux à venir et émeutes urbaines dans une guerre civile larvée)

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  9. Martino

    04/04/2012

    La dette n’est pas résorbable par de nouvelles levées d’impôts ou la création de nouvelles taxes. Vous faites fausse route sur ce point. Par un effet levier sur les déficits et les emprunts, la dette est maintenant inextinguible. L’austérité ne permettra pas d’en venir à bout. Faute de remettre nos fondamentaux économiques à plat on se retrouve, en l’état des choses, avec une dette imprescriptible. Hausse des impôts et restriction des dépenses n’y changeront rien! Tout juste cela assurera aux créanciers un petit répit. 

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  10. François

    04/04/2012

      M. Trémeau, je comprends et approuve vos propositions pleines de bon sens. A l’exception de la première. En fait, je ne sais pas si je l’approuve ou non car je ne la comprends pas.
      Je l’aurais bien comprise du temps de l’Ecu, monnaie commune mais pas en circulation. Mais avec l’Euro, vraiment, je n’arrive pas à comprendre comment pratiquement votre proposition peut s’appliquer…
      Pouvez vous éclairer ma lanterne, s’il vous plaît?
      Je tiens à préciser qu’il n’y a aucune ironie dans mon propos, seulement le souhait de comprendre .

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  11. R. Ed.

    04/04/2012

     

     

    La TVA impose les produits venants de l’étranger ???

    Je crois que la TVA impose TOUS les produits.

     

    Encore un pays qu’il faut imiter, la Grande Bretagne, qui impose une TVA à ZERO % sur les produits de première nécessité, ce qui évite d’imposer de la même manière les plus riches et les plus pauvres d’entre nous.

    Bien sûr, il vaut mieux imposer les pauvres, ils sont beaucoup plus nombreux !!!

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  12. Jaures

    04/04/2012

    Voilà donc le but ultime ! Quand tous les pays du monde seront des paradis fiscaux, le Paradis sur Terre sera enfin une réalité !

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