L’ultra-constructivisme : doctrine des oligarchies

Posté le novembre 06, 2013, 10:04
6 mins

Tout élu voit arriver à lui, chaque jour, de nombreuses demandes d’intervention. Ce sont souvent des appels au secours. Cer­tains sont pathétiques… Celui-ci demande un logement, celle-là une place en crèche… Et personne, en effet, n’écrit à son maire ou son député pour lui dire de construire moins d’HLM, d’ouvrir moins de crèches.

Telle est l’origine, évidemment grégaire, en système politique représentatif, de cette vulgate constructiviste catastrophique partagée par l’ensemble de notre classe politique.

François Hollande est simplement encore plus constructiviste que ses prédécesseurs. C’était d’ailleurs là tout son programme. Et c’est ce programme qu’il prétend appliquer, envers et contre tout. Les reculades et renoncements de son gouvernement n’étant que de simples péripéties. Pas des changements de ligne.

Les preuves abondent et les illustrations sont quotidiennes, certaines éminences, sur ce plan, se prêtant mieux que d’autres à la caricature.

Vincent Peillon inscrit son action à la tête de l’Éducation nationale dans la plus pure tradition laïque anti-religieuse. Anti-catholique, précise-t-il. L’École est faite, selon lui, pour former des militants d’une religion républicaine, pour terminer l’œuvre de la Révolution, qui a échoué, car elle n’a pas su changer les esprits… Et, pour s’assurer le concours encore plus dévoué des moines-enseignants, il n’hésite pas à leur promettre de nouvelles réductions de leurs horaires de travail !

Tout bon militant UMP se sent prêt à manifester en entendant ça ! Mais sait-il que c’était à peu près la position d’Alain Juppé en 1985, avant l’éphémère Reconquista de 1986 ? (Il disait : « L’école doit former des citoyens »)…

Cécile Duflot entend bloquer les loyers, pour les faire baisser. C’est évidemment confondre observation et recherche des causes. Les propriétaires privés, en silence, la traitent de folle et même de voleuse… Mais savent-ils que le monstre du logement social, avec ses lois attentatoires aux libertés fondamentales et au droit de propriété, doit davantage aux hommes politiques de la droite et du centre qu’à l’ultra-gauche ?

Ce constructivisme est à l’œuvre encore plus systématiquement, mais de manière plus brouillonne, sur le terrain de la politique dite « industrielle ». Nonobstant trois quarts de siècle d’échecs répétés et souvent cuisants, les technocrates qui peuplent les allées du pouvoir n’en démordent pas : il faut que l’État s’occupe de tout ! On atteint alors les sommets de l’hyper-constructivisme. Pour quelques succès toujours mis en avant (le spatial, l’atome, l’aéronautique, les TGV – dont la première caractéristique commune est d’avoir été des programmes dispendieux en argent public, sans doute utiles, mais peu rentables), combien d’avions renifleurs et de filières sans avenir ? Tant il est vrai que les innovations les plus fortes se moquent des subventions et des plans bureaucratiques.

Quant à la politique économique, dont l’arme principale est le budget, et donc, depuis 40 ans, le déficit systématique, on commence à en mesurer (enfin !) la colossale finesse…

Reste à considérer, dans ce très rapide survol, la politique monétaire qui détermine très largement la santé de toute la sphère financière.

Jusqu’à l’élimination complète de l’or dans le fonctionnement du système monétaire international, en 1971, on pouvait considérer que, si la monnaie de papier, émise par des instituts aux ordres des politiciens, était d’un usage généralisé, la monnaie métallique, à laquelle le dollar était en principe encore rattaché, demeurait d’un ordre supérieur. Aujourd’hui que toute corrélation a officiellement disparu, on peut mesurer les dégâts de cette folie, qui, au départ, n’avait d’autre motif que les soi-disant besoins des États, tout à fait excessifs par rapport aux moyens des contribuables.

Ces questions monétaires et financières (qui seraient d’une simplicité biblique en système de monnaie-or) échappent à la compréhension du plus grand nombre. (C’est d’ailleurs une caractéristique inhérente à toute forme de constructivisme : la complexité, comme rideau de fumée…) Mais qui ne voit que les taux d’intérêt artificiellement ultra-bas sapent les bases de toute allocation rationnelle des ressources financières, et loin de favoriser la croissance, nous plongent durablement dans la dépression ?

Le constructivisme, vraie doctrine de l’oligarchie, au plan national comme mondial, est à l’origine de tous nos maux.

C’est pourquoi j’enrage quand je vois mes amis de droite, à l’UMP ou au FN, si impatients d’y apporter leur concours…

4 réponses à l'article : L’ultra-constructivisme : doctrine des oligarchies

  1. quinctius cincinnatus

    07/11/2013

    je ne vois ps très clairement ce que serait le  » constuctivisme  » ;
    pour moi cela ressemble davantage à  » l’esprit du temps  » qu’à un projet pensé et élaboré par un groupe unitaire dans le but précis de détruire la Société Naturelle
    si on se reporte à l’époque du bas-empire ( romain ) on peut tout aussi bien dire que la nouvelle Religion ( chrétienne ) a agi pareillement : détruire le paganisme … sans y parvenir entièrement aboutissant chez certains peuples à un syncrétisme néo-chrétien néo-païen
    par contre ce qu’on peut admettre comme réel c’est bien le pragmatisme des oligarchies; Goldman-Sachs en étant le plus beau fleuron, qui surfe sur les failles du système démocratique et capitaliste

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  2. BRENUS

    06/11/2013

    Je ne pense pas qu’il s’agisse uniquement « d’inculture économique » de la part des français, encore que la non-qualité des programmes de l’E.N en la matière – et dans d’autres- . et l’enbrigadement de se servants y participent pleinement – il faut lire des pages « d’économie » façon EN, C’est à pleurer. Mais plus encore la véritable raison est que les français veulent absolument pratiquer la politique de l’autruche, espérant on ne sait quoi, et refusant de voir des évidences que le plus taré ne peut que constater.

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