Martine Aubry, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy et les Français

Posté le juin 22, 2010, 12:00
6 mins

Nicolas Sarkozy et les Français derrière lui ont subi cette semaine deux très importantes décisions.
Martine Aubry a décidé de s’opposer au recul de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans.
Angela Merkel a décidé de réduire de façon importante les contraintes inflationnistes pe­sant sur l’économie allemande.
Nicolas Sarkozy pense qu’il vaut mieux faire l’inverse…

Les médecins sont les principaux responsables des difficultés financières de la caisse d’assurance-retraite par répartition des Français. En effet, en 1945, les Français mouraient en moyenne à 65 ans. En 2010, ils meurent en moyenne à 81 ans. Et, tous les ans, leur durée de vie augmente de 3 mois.
Depuis 60 ans, les dépenses de la caisse d’assurance-retraite augmentent très rapidement tous les ans. De plus, avec la fin du « baby boom » en 1974, et la durée de plus en plus longue des études, le nombre des Français qui se mettent au travail diminue chaque année.
Plus de retraités et moins d’actifs tous les ans. Telle est la réalité démographique.

Martine Aubry n’ignore pas ces réalités démographiques. Mais elle sait que pour une majorité de Français, la retraite à 60 ans est un droit acquis. Et l’on ne touche pas aux droits acquis.

Les socialistes refusent donc d’augmenter l’âge de la retraite et proposent une augmentation des impôts des riches : entreprises, actionnaires et « riches ».
Malheureusement, les entreprises sont bien plus imposées en France qu’en Allemagne ou en Pologne : elles délocalisent déjà. Elles vont délocaliser encore plus.

Malheureusement, les « ri­ches », très imposés en France, délocalisent leur domicile fiscal hors du pays
. Pratiquement tous les joueurs de notre célèbre équipe de football nationale imitent Johnny Hallyday et ont déjà leur domicile fiscal à l’étranger. Ce que propose Martine plaît à ses électeurs, mais augmente automatiquement la fuite vers l’étranger des entreprises et des dépenses effectuées par les riches.
Et comme Martine fait de telles propositions pour être élue en 2012, Nicolas décide de l’imiter.

Il y aurait bien une solution très intéressante sur le plan économique, car elle réduirait en même temps le gouffre de l’assurance-maladie : réduire le remboursement des frais de maladie. Les retraités n’auront plus assez d’argent pour se soigner. Nicolas le fait, comme tous ceux qui l’ont précédé.

La gestion peu rigoureuse de l’économie française depuis 1945 est responsable des difficultés que Nicolas rencontre auprès d’Angela. Car, en plus, depuis 10 ans, la France a décidé qu’une monnaie l’unirait à l’Allemagne. Avant 1999, on dévaluait tous les 3 ans. Depuis, c’est impossible. Le déficit de notre balance commerciale avec l’Allemagne augmente tous les mois et il est devenu un gouffre sans fond.
Nicolas a bien demandé à Angela d’être moins rigoureuse dans la gestion de l’économie allemande. Elle n’a pas apprécié du tout cette requête et la presse allemande a été scandalisée.

Nicolas a donc dit à Angela qu’il allait mieux gérer l’économie française, mais sans parler de rigueur, car les Français n’aiment pas ce mot.
Angela a alors brutalement décidé de mettre en place en Allemagne une gestion encore bien plus rigoureuse de l’économie allemande. Théoriquement, pour donner à Nicolas le bon exemple. Mais, en pratique, pour rendre les entreprises françaises encore moins compétitives. Donc exporter le chômage de l’Allemagne vers la France.
Cette semaine, les décisions de Martine et d’Angela compliquent très sérieusement la vie de Nicolas et rendent très brumeux l’avenir des Français…

Une réponse à l'article : Martine Aubry, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy et les Français

  1. Florin

    25/06/2010

    "Avant 1999, on dévaluait tous les 3 ans. Depuis, c’est impossible."

    Ah, ENFIN !!! Trémeau finit par accepter l’idée qu’il est impossible, (contrairement à ce qu’il proposait depuis des mois, voire des années), de dévaluer le "franc" qui n’existe plus … Tout arrive à temps pour qui sait attendre.

    Pour l’économie, on a compris. Passons à l’Histoire :

    Dites, M Trémeau : combien de dévaluations entre 1989 et 1999, par exemple ???  (Je sens qu’on va rigoler un bon coup, là).

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