Non à la relance économique keynésienne

Posté le novembre 26, 2008, 12:00
6 mins

Nous sommes inondés d’informations nous annonçant une crise économique avec une augmentation massive du chômage. Tous les responsables politiques parlent bien évidemment de relancer l’économie.

Malheureusement, 95 % des mesures proposées sont de type keynésien ou marxiste. Il faut augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs. Les entreprises doivent augmenter les salaires et réduire leurs bénéfices. La Sécurité sociale doit augmenter ses retraites. Le gouvernement doit augmenter ses fonctionnaires et embaucher de nouveaux agents. Le gouvernement doit construire des lignes de TGV et embaucher des chômeurs. Etc, etc, etc.

Dans un tel type de relance, les apparences sont trompeuses. En effet, immédiatement, le chauffeur de la SNCF qui voit son salaire passer de 1 000 euros à 1 100 euros profite d’une augmentation de revenus de 100 euros. Les keynésiens ont donc raison. Mais, si la SNCF met à sa disposition le même train, le chauffeur ne transportera pas un passager de plus pendant son temps de travail. Le prix des billets va donc augmenter.

Le chauffeur va pouvoir consommer plus. Mais, si la production du pays n’a pas augmenté d’un kilo de pain, les prix vont automatiquement augmenter. Car la demande est devenue supérieure à l’offre. Et l’inflation rétablit automatiquement l’équilibre.

Au bout de quelques mois, à cause de l’inflation, l’augmentation de salaires du chauffeur ne relance plus la demande. Car elle a relancé l’inflation qui a réduit le pouvoir d’achat de tous de 100 euros. Mais le chauffeur conserve une augmentation un peu inférieure à 100 euros. Le chauffeur perçoit son augmentation de salaire. Il ne perçoit pratiquement pas l’inflation dont cette augmentation est responsable. Ceci le poussera à se mettre en grève une autre fois pour obtenir une nouvelle augmentation de salaire.

Finalement, il ne s’agit pas d’une augmentation du pouvoir d’achat global. Il n’y a qu’un transfert de pouvoir d’achat. Plus le nombre des personnes qui disposent d’une augmentation de leurs revenus est grand, plus l’inflation augmente sans relance de l’économie. C’est la « stagflation ».

Les électeurs français, les énarques français, les responsables médiatiques français et les responsables politiques français sont persuadés que la relance de type keynésien est efficace. Et, depuis 1970, chaque nouveau ministre des finances a mis en place sa propre relance keynésienne. Une quinzaine de relances ont été effectuées. Le chômage n’a pas diminué.

Le monopole de l’Éducation nationale semble responsable de cet état de fait. On n’y enseigne pas ce qu’est une entreprise, avec son compte d’exploitation et son bilan. Ce qu’est la concurrence. Marx et Keynes sont les inspirateurs de notre enseignement et des livres qui sont mis à la disposition de nos élèves. Milton Friedman n’existe pas. Il est donc tout à fait normal que l’opinion publique et ses représentants croient à l’efficacité de la relance keynésienne.

Il n’y a qu’un seul moyen de relancer l’économie. Il faut que la SNCF offre à ses chauffeurs des trains qui transportent plus de passagers. Des trains qui lui permettent de payer tous ses chauffeurs cent euros de plus, tout en augmentant en même temps ses bénéfices. Car la SNCF, comme toutes les entreprises, n’a pas de fonds secrets. Elle doit prévoir l’avenir et disposer d’argent pour financer de nouveaux investissements, de nouvelles améliorations de la productivité. Si une entreprise ne fait pas de bénéfices, les banques ne lui prêteront pas d’argent…

Il est difficile de situer Nicolas Sarkozy. Ses mesures de relance sont parfois keynésiennes, parfois monétaristes. Par contre, Martine Aubry est une pure marxo-keynésienne, donc ce qu’elle propose aggravera le mal.

Il est difficile de situer Obama. Il semble cependant moins keynésien que Nicolas Sarkozy. Tant mieux pour la France qui profitera de la bonne politique de relance des USA !

11 réponses à l'article : Non à la relance économique keynésienne

  1. Jean

    01/12/2008

    Pourquoi prend-on toujours l’exemple des chemins de fer britanniques ou de l’électricité californienne pour montrer tout le mal qu’engendre les privatisations. C’est vraiment de la mauvaise foi vu que ce sont des privatisations mal faites, incomplètes, et très réglementées. Es-tu de mauvasise foi Jaures? Pourquoi ne prends-tu pas plutôt comme exemple le métro de Hong Kong ou le fret suisse, la déreglementation et privatisation du marché de l’électricité en Suède etc…(il y a plein de bon exemples).


    "Sur la relance, Trémeau raisonne dans l’absurde. Si on ajoute des wagons à un train mais que personne ne les occupent parce que les prix sont trop élevés et les salaires trop bas, cela ne créera pas un sou de richesse. Il faut mieux répartir les bénéfices en redonnant au travail les fruits qui, confisqués par des actionnaires cupides, ont servi à la spéculation sans contribuer aux investissements. Nous payons aujourd’hui le choix de donner plus aux actionnaires et de remplacer les augmentations de salaires par des accès au crédit."

    Pauvre de toi Jaurès, relie le permier commentaire noname et l’article de Trémeau. Tu viens de nous démontrer une fois de plus que les socialistes n’ont strictement aucune compréhension des problèmes économiques si ce n’est une vision populiste et simpliste.

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  2. HansImSchnoggeLoch

    01/12/2008

    Jaures <<Sur la relance, Trémeau raisonne dans l’absurde. Si on ajoute des wagons à un train mais que personne ne les occupent parce que les prix sont trop élevés et les salaires trop bas, cela ne créera pas un sou de richesse. Il faut mieux répartir les bénéfices en redonnant au travail les fruits 1) qui, confisqués par des actionnaires cupides, ont servi à la spéculation sans contribuer aux investissements. Nous payons aujourd’hui le choix de donner plus aux actionnaires et de remplacer les augmentations de salaires par des accès au crédit.>>

    Les actionnaires, ces cupides! Sans actionnaires il n’y a déjà pas d’entreprises, on peut directement sauter par dessus les 2 questions suivantes.

    Pourquoi les prix sont-ils trop élevés? Il faut bien répercuter les charges quelque part, autrement une entreprise 2) coule à force d’être trop philanthrope. Dans ce cas le patron est considéré comme un sot, autrement c’est un salaud par définition socialo. Les sots ayant pratiquement tous disparus, c’est au tour des salauds de se faire éliminer, voyons ce qu’il en restera vers la fin de l’année prochaine…

    Pourquoi les salaires sont-ils trop bas? Quand 45 % du salaire sont confisqués par les charges sociales 3), il ne reste en effet plus grand chose dans l’enveloppe à la fin du mois.

    1) les fruits de la SNCF ont toujours eu le goût amer du déficit.

    2) à moins d’être dans les pattes de l’état, auquel cas des subventions puisées dans les revenus des entreprises vertueuses sont accordées avec largesse.

    3) nommées par euphémisme "revenus différés", "revenus détournés" serait plus adéquat!

     

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  3. Jaures

    29/11/2008

    Bon exemple: en Grande Bretagne, la privatisation des chemins de fer a été une sacrée réussite. Profitant du bon état du réseau, les compagnies se sont partagé le butin sans investir une livre. Résultat, plus de 2000 conducteurs licenciés, des prix à la hausse, 20% de pannes et retards en plus et, surtout, des accidents dramatiques faisant plusieurs dizaines de morts. A l’arrivée, la nécessité pour l’état d’investir plus de 10 milliards de livres pour simplement sécuriser le réseau !

    Ceux qui critiquent la SNCF et la RATP, pourtant bien malmenés par la droite au pouvoir, devraient prendre le train et le métro en Angleterre, comme ça, pour voir.

    Sur la relance, Trémeau raisonne dans l’absurde. Si on ajoute des wagons à un train mais que personne ne les occupent parce que les prix sont trop élevés et les salaires trop bas, cela ne créera pas un sou de richesse. Il faut mieux répartir les bénéfices en redonnant au travail les fruits qui, confisqués par des actionnaires cupides, ont servi à la spéculation sans contribuer aux investissements. Nous payons aujourd’hui le choix de donner plus aux actionnaires et de remplacer les augmentations de salaires par des accès au crédit.

    Par ailleurs, Trémeau oublie que, de 1997 à 2002, la France a cumulé croissance, baisse du chômage et inflation modérée en relançant par l’emploi (emplois jeunes, 35 heures). Dans le monde du travail, que Trémeau ne doit guère fréquenter, on commence à se remémorer cette période où on luttait pour obtenir des augmentations de salaires, pas pour essayer dans l’angoisse de sauvegarder son emploi quitte à travailler le dimanche ou à sacrifier une part de sa rémunération.

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  4. EVIL

    28/11/2008

    Cher Monsieur, pour augmenter le nombre de passager dans les trains il suffit de rajouter des voitures derrière la loco !!! L’exemple d’Air france aurait été plus judicieux…..

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  5. Anonyme

    27/11/2008

    ozone t’es sûr que ca va bien? T’as toute ta tête?

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  6. Anonyme

    27/11/2008

    Non seulement le transfert de revenus de la relance keynésienne ne permet pas de relancer l’économie, il engendrera une inflation (qui aura pour conséquence une augmentation des taux d’intérêts, ce qui freinera la croissance future. Aïe!), mais il détruira l’épargne qui aurait autrement été utilisée pour augmenter la productivité donc le niveau de vie des francais.

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  7. Jean-Pierre

    26/11/2008

    L’exemple de la sncf est édifiant et la 1ere action urgentissime à mener face à ce mammouth soviétique est sa privatisation.

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  8. ozone

    26/11/2008

    Une bonne pt’ite guerre serait plus plaisente a Sieur Trémeau..?

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  9. chevalier teutonique

    26/11/2008

    http://antifachisme.blogspot.com

    Mon blog contient une réfutation, que j’avais faite il y a très longtemps, de la théorie keynésienne. Jetez-y un oeil. C’est dans " Petit papa Noël, quand tu descendras du Ciel ".

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  10. BAISIR

    26/11/2008

    Tout à fait d’accord,la relance keynésienne engendrera à terme une inflation proportionnelle à la masse monétaire artificielllement crée et injectée dans les circuits économiques et financiers.Si l’on additionne l’ensemble des moyens financiers injectés dans le monde en quelques semaines on peut raisonnablement prévoir vers 2010 une hyper inflation à deux chiffres.Alors les mêmes Etats devront recourir à des hausses inconsidérées des taux d’intérêt,freins à l’investissement et la croissance.Non seulement on n’étudie plus Milton Friedman mais on a aussi oublié Hayek!

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