Non au monopole d’émission de la monnaie

Posté le octobre 22, 2008, 12:00
8 mins

Contre toute évidence, Nicolas Sarkozy, comme tous les autres étatistes, impute la responsabilité de la crise à une insuffisance de la régulation par les États et les organismes internationaux.

En toute logique, il propose donc un plus strict encadrement des opérations financières et un renforcement de la coopération internationale. On n’est pas loin de l’idée d’un gouvernement économique mondial. Pourtant, un tel projet serait aussi funeste qu’il l’était à la fin du xviiie siècle, quand Emmanuel Kant rédigeait son projet de « traité de paix perpétuelle » et évoquait les risques despotiques d’un pouvoir universel…

Depuis 250 ans, pour l’essentiel, tout l’acquis de la science économique tient en un seul mot « concurrence ». D’ailleurs, à de rares exceptions près, chacun en convient, même les ennemis de la liberté, ceux-ci voulant juste, disent-ils, introduire de la soi-disant sécurité, des pseudo-garanties, des limites et quelques exceptions…

C’est dans ce contexte que la concurrence entre agents économiques est devenue, de nos jours, universellement, « libre », mais « encadrée » : l’établissement professionnel est soumis à des diplômes et des qualifications, tandis que, par exception, certains secteurs et certaines activités échappent à ce principe universel de la libre concurrence.

Si bien qu’aujourd’hui, si l’on considère l’ensemble des activités économiques, en France comme ailleurs, elles se retrouvent soumises à un couple de forces antagoniques faisant intervenir une part de libre concurrence et une part de contrôle public
. Aucune activité ne bénéficie d’une concurrence pure. Mais certaines sont plus libres que d’autres…

Les activités liées à la monnaie font partie, depuis longtemps, des plus réglementées. Car longtemps l’émission de la monnaie fut tenue pour un pouvoir régalien légitime. Cela se dit encore. Mais il n’y a strictement aucune raison pour que la monnaie, les activités de banque et les services financiers, comme toutes les autres activités économiques, ne soient pas plus efficaces dans un bain de concurrence que dans celui d’une tutelle étatique.

Rien ne s’y oppose, si ce n’est la volonté des hommes de l’État, non pas de servir au mieux leurs concitoyens, mais plutôt de conserver dans leurs mains les rênes d’un pouvoir, qui pourtant les dépasse. Une monnaie mondiale serait une catastrophe. L’euro a surtout servi de prétexte au laxisme des États. Et les banques centrales, Fed ou BCE, ont fait beaucoup pour favoriser la crise. En gérant avec brutalité leurs monopoles d’émission.

En vérité, personne ne connaît les bonnes règles de gouvernance d’un monopole d’émission monétaire. Les économistes libéraux les plus accommodants avec le système de notre économie mixte – tel Milton Friedman – plaidaient pour qu’on ait au moins une politique monétaire stable, tant du côté des taux d’intérêt que de la progression de la masse monétaire. Mais les plus radicaux des penseurs libéraux – tel Hayek – adhéraient au principe de la libre concurrence entre les monnaies.

Ce débat n’est pas académique. La politique de la Fed, suivie par presque toutes les autres banques centrales, est directement à l’origine de la crise économique actuelle. Elle a été laxiste sur le long terme, encore plus laxiste après le 11 septembre 2001 et subitement restrictive début 2007. D’où le retournement du marché de l’immobilier, l’éclatement de la bulle et la catastrophe des subprimes. Pour éviter que cela ne se reproduise, faut-il conserver ces monopoles, ces tendances à la concertation mondiale permanente, ou, au contraire, leur tourner le dos ? Il me semble que la réponse est évidente : il convient de laisser jouer beaucoup plus de concurrence au sein de la sphère financière.

Il n’y a aucune raison pour que les affaires financières soient systématiquement mondialisées
. Un système où l’épargne remplacerait le crédit pourrait être largement décentralisé. Car l’épargne renvoie à la proximité, tandis que le crédit renvoie à la sécurité, qui mène à la centralisation.

De toutes les façons – comme le reconnaît lui-même Nicolas Sarkozy –, rien ne sera plus demain comme avant. Il s’imagine qu’un aréopage de technocrates, choisi parmi ceux qui sont les responsables directs de la crise, saura demain gérer la sphère financière de façon plus raisonnable. C’est du mauvais constructivisme. Il vaudrait mieux faire confiance à d’autres acteurs : les banques qui n’ont pas succombé aux dérives des subprimes, les agents économiques dont le développement s’appuyait sur leur épargne. Et des économistes indemnes du virus de la pensée unique !

16 réponses à l'article : Non au monopole d’émission de la monnaie

  1. Sebaneau

    2 novembre 2008

    Ce Bernabeu est un charlatan,  un ignare,  un analphabète prétentieux  comme il en existe  tant en matière monétaire.
    Alain Dumait,  lui,  sait de quoi il parle.

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  2. sas

    29 octobre 2008

    Avis aux amateurs…..

    le mutualisme est une invention maçonnique……dérogatoire et source de tous les vices ,nombres de mutuels et de banques mutualistes finissent en faillite ou en coupe rêglée……seule leurs gestions sont plus tolérante…..mais terminent toujours de la même facon: voir les mutuel de fonctionnaire de martinique, voir la charte cooperative internationale du credit dit agricole etc,etc,etc

    Ponpon d’or pour le credit agricole vu qu’ils ont déjà copieusement sodomiser 5 700 000 sociétaires et actionnaires (petit j entend)….en 1989 je crois , les socialos pour libérer du cash ,ont vendu a perte la participation détenu par l’etat , sous estimé , à quelques larrons initiés,(7 milliards de francs), expertisées 700 milliards quelques semaines après……..cette argent revennat de plain droit aux sociétaires et aux agences"caisses locales" actionnaires des caisses régionnales elles memes actionnaires de la caisse nationnale actionnaire de la CASA……ces 7 milliards seront placé dans des paradis fiscaux et serviront a racheter les créances douteuses de la banque verte…..qui aurait du être cnsidérée en faillites en martinique et guadeloupe a cette époque……des officines maçonniques se chargeront de récuperer les créances et renegocier les dettes……qui relève exclusivement de l’activité de banquier…..donc illegallement. certains actif seront bradés entre frères et d’autres sociétaires seront dépouillés et mis à la rue…..plutot profanes….

    Aucunes des plaintes pénales précises déposées, a l appuie du très bon livre documenté  "LES DEMONS DU CREDIT AGRICOLE" ne sauront prospéré…..non lieux et classement sans suite se succéderont…..et mieux encore lex directeur genarale de martinique , franc maçon notoire qui sera condamné en correctionnelle pour detournement de fond et prise de participation….à 11 millions d euros de dômmage……après une pseudo grève de la faim relayée par les supports maçonniques locaux (rfo)…..LE CREDIT AGRICOLE LOCALE abandonnera l execution de la peinne prononcée RAMENANT ARBITRAIREMENT LES DOMMAGE A 800 000 EUROS…….le frère directeur ayant juré qu’il n’avait plus le sous…..

    C’est vrai que depuis ,il c’est investie dans la politique locale du l UMP………

    que c’est beau le mutualisme…

    sas

    tous c’estfaits sont avérés, vérifiables et reposent sur des pièces précises……si il reste un juge d instruction prôfane et équitable EN FRANCE……qu il me contacte. 

    nb) c’est 1,6 milliards d euros qui auront été effacés et balnchies entre la martinique et la guadeloupe…

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  3. VITRUVE

    28 octobre 2008

    AVE

    merci Mr Bernabeu pour cet édifiant article qui apporte un éclairage et un complément  trés pertinent au texte d’ Alain Dumait.

    Les quelques pétards mouillés qui vous sont adressés ci-dessus montrent avec éclat la puissance révélatrice de la gifle ainsi que la méconnaissance complète même de la part des spéculateurs et des prosélytes du système bancaire actuel; méconnaissance d’ arcanes dont nous sommes tous les victimes. Il est bon que des gens comme vous éclaircissent cet état de fait et vulgarisent une vérité qui , je l’espère franchira la barrière des milieux autorisés, pour ne pas dire "initiés" comme dirait SAS que je salue ici.

    Ingénieur de formation, n’étant pas un homme d’argent, j’ai toujours eu, au long de ma carrière, le plus grand mépris et la plus grande méfiance envers les banquiers ( les crédits soit disant "mutuels" encore plus!), je comprends mieux aujourd’hui pourquoi.

    merci aussi pour les références historiques qui sont le ciment de cette intervention.

    VALETE

     

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  4. Nicolas Bernabeu

    27 octobre 2008

    "Nous" c’est nous :

    http://www.pauljorion.com/blog/ (blog de Paul Jorion sur lequel participent aux échanges tous les défenseurs de la cause : Jorion, Holbecq, Derruder, Chouard, Jégu, Bayard, Vidal, etc…)
    http://pagesperso-orange.fr/jegu.jean/index.html (site de Jean Jégu)
    http://www.bayardmacroeconomie.com/macroeconomie.htm (site de Jean Bayard)
    http://www.bankster.tv/
    http://www.liberonslamonnaie.blogspot.com/ (site d’Alain Vidal)
    http://www.michaeljournal.org/ilenauf.htm (point de vue de Louis Even)

    http://www.societal.org (site d’André-Jacques Holbecq)
    http://www.fauxmonnayeurs.org
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/05/01/72-non-ce-n-est-pas-trop-cher-le-financement-des-besoins-collectifs-est-rendu-sciemment-ruineux (site d’Etienne Chouard)

     

    Pour approfondir le sujet et en discuter…

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  5. Daniel

    26 octobre 2008

    Nicolas Bernabeu: 

    "Nous ne souhaitons pas éliminer les banques mais…"  

    "Nous"  c’est qui?

    Et puis, nationaliser les banques?   juste pour que les prédateurs changent de nom???.   Pas d’intérêts? pourquoi pas si vous pouvez imaginer un système cohérent pour faire tourner la machine. Il faudrait développer mais ce forum se renouvelle aprés une semaine et ne permet pas d’approfondir les sujets.

     

    Fiat Munus:  

    "Les milliards de prêts pourris consentis par les banques américaines ne sont donc sortis de la poche de personne…  il suffit donc de considérer ces prêts comme remboursés…."  

    C’est pour le moins du bon sens,  aprés déduction des 10% de placements réels au départ qui eux,  ont de fortes chances d’être le fruit d’un échange normal entre deux citoyens libres. 

    Finalement, nous remboursions habituellent un prêt virtuel à 90%  avec de l’argent gagné péniblement et concrêtement. Comme c’était trop facile, tous ces menteurs, donc immatures,  ont tiré un peu plus sur la ficelle; pour qu’elle casse, comme le font les petits enfants qui, par la provocation  cherchent la limite…  

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  6. Fiat Munus

    26 octobre 2008

    Nicolas Bernabeu : «Il faut rejeter complètement l’idée, sans doute enfouie au fond de votre esprit que, pour qu’un banquier puisse vous proposer un crédit, il faut qu’un épargnant soit passé avant vous à la banque pour y déposer des économies, et qu’en fin de compte, c’est l’épargne d’un autre que le banquier vous prête, en prélevant sa commission au passage»

    Excellente nouvelle! Les milliards de prêts pourris consentis par des banques américaines ne sont donc sortis de la poche de personne, personne n’y a perdu un liard de ses économies; ils ont été créés ex nihilo comme la lumière par le Père Bon Dieu au premier jour. Fiat munus et munus fuit.

    Il suffit donc de considérer ces prêts comme bel et bien remboursés et… d’en consentir d’autres.

    Ce serait tout de même plus simple de décréter que, dorénavant, tous les prêts se feront à fonds perdus, non?  Ça marche déjà pour l’Afrique, suffit de généraliser, et tout ira bien.

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  7. Daniel

    25 octobre 2008

    Un grand MERCI à Nicolas Bernabeu qui donne un éclairage essentiel sur l’argent à des citoyens qui n’ont pas eu la curiosité de chercher des informations sur des systèmes établis, institutionnalisés et qui donnent l’impression d’être inbousculables. Nous avons tendance  à faire confiance à des professionnels dont nous imaginons que s’ils sont rémunérés, c’est qu’ils le méritent au moins un peu.  Nous sommes tellement occupés à chercher des solutions pour survivre qu’on arrive à penser que cette situation de survie est naturelle.

    Sylvain

    Il me semble que vous ne répondez pas aux arguments proposés par Nicolas Bernabeu. Où parle t-il de supprimer les banques?  Si vous voyez dans son raisonnement des vices cachés, nous serions heureux d’en avoir connaissance.

    Alain Dumait

    "Que les activités de banque  soient  plus efficace dans un bain de concurrence…"  Je suis convaincu de votre désir d’honnêteté, mais…

    Les banques sont plus prés d’une situation de monopole que d’une situation de concurrence.  C’est bien tout le problème. Elles sont en position d’imposer leurs désordres parcequ’elles fonctionnent grace à des privilèges que n’ont pas chacun des citoyens. Ce privilège permet  de réduire des concitoyens à l’esclavage .  Des hommes sains d’esprit ne peuvent concevoir de tels désordres primaires dés lors que l’Etat accepte et protège de tels systèmes. Pas plus que des hommes sains d’esprit au siècle dernier ne pouvaient concevoir la montée du racisme et ses plans monstrueux.
    Ne cautionnez pas les travers du libéralisme au nom de la liberté quand le libéralisme s’organise pour priver les autres de liberté…  ou bien soyez plus clair sur les valeurs que vous dites défendre.  

     

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  8. Nicolas Bernabeu

    25 octobre 2008

    @ Sylvain :

    Je préfère travailler à construire ce rève que rester résigner !

    Nous ne souhaitons pas éliminer les banques mais les rendre publiques à but non lucratif car la monnaie étant le sang de l’économie libérer cette monnaie c’est libérer l’économie :

    Une économie libérée des intérêts à payer c’est une économie qui peut se développer, qui peut embaucher, qui peut augmenter les salaires…

    Quel intérêt avez-vous à épargner ? Vous n’en avez déjà aucun ! Le seul intérêt est d’avoir son argent en sécurité plutôt que de le garder chez soi… Sinon les banques ne partagent aucunement leurs bénéfices. Des taux d’épargnes entre 2 et 4 % c’est au niveau de l’inflation et votre pouvoir d’achat reste le même. Par contre quand vous demander un crédit les taux vont de 5% (immobilier) à 20% (crédit à la consommation) et elles se font les couilles en or. Les livrets d’épargne ne sont pour les banques que des produits d’appel afin d’attirer les liquidités et pouvoir ainsi créer 9 fois plus de monnaie qu’ils prêteront lors des crédits et seront bénéficiaires par la perception des intérêts…

    Quand aux Etats et politiciens, s’ils font cela en toute connaissance de cause c’est que ce sont des fous qu’ils faut vite enfermer !! Je pense plutôt qu’ils sont liés à ces banquiers et industriels (leur paient-ils leurs campagnes électorales ?) et que les favoriser est prioritaire pour eux plutôt que de favoriser l’intérêt des petits citoyens…

    Ce système est instable par nature, il ne faut pas le modifier mais le remplacer !

    Répondre
  9. Sylvain

    25 octobre 2008

    @Nicolas Bernabeu – c’est beau, le rêve, mais ce n’est pas constructif. Éliminez les banques et vous n’avez plus d’économie (regardez autour de vous aujourd’hui !). Quel intérêt – c’est le cas de le dire – aurais-je à épargner 100 euros si celui qui en profite ne me rétrocède pas une partie de ses bénéfices ? Tout est là. Et quant aux États, ils ont contracté leurs emprunts en toute connaissance de cause (ils savaient bien qu’un taux d’intérêt serait appliqué et quel était ce taux). Accuser les prêteurs pour l’insouciance des emprunteurs me semble être au mieux… une licence poétique, au pire une cécité dangereuse. Comment ? Vous voudriez mettre l’économie sous la coupe des politiques alors que n’importe quelle entreprise, si elle avait géré comme l’ont été nos états, aurait fait faillite tous les 3 ans depuis ’70 ? Soyons sérieux…

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  10. sas

    24 octobre 2008

    allez expliquer ca au 12 famille qui forment la reserve federale américaine…..

    12 banques familliale privées….

    sas

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  11. Nicolas Bernabeu

    23 octobre 2008

    « Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’ il y aurait une révolution avant demain matin » (Henry Ford, industriel).

    « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une armée debout. Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation » (Thomas Jefferson, ex-président des Etats-Unis).

    Ce post a pour but d’informer les citoyens sur deux grosses arnaques dont nous sommes tous victimes : le pouvoir de création monétaire par les banques privées et l’interdiction pour l’Etat d’emprunter sans intérêts auprès de sa banque centrale ! Vous allez en saisir les conséquences…

    COMMENT SE FAIT LA CREATION MONETAIRE ?

    Il faut rejeter complètement l’idée, sans doute enfouie au fond de votre esprit que, pour qu’un banquier puisse vous proposer un crédit, il faut qu’un épargnant soit passé avant vous à la banque pour y déposer des économies, et qu’en fin de compte, c’est l’épargne d’un autre que le banquier vous prête, en prélevant sa commission au passage (l’intérêt)…

    Alors en réalité d’où vient cet argent que les banques nous prêtent ? Elles le créent ex nihilo (à partir de rien) !!! Un système extrêmement obscur que l’on veille à maintenir dans l’ombre, soit que l’on pense qu’il est affaire de spécialistes que l’esprit du commun des mortels ne saurait appréhender, soit que le mettre en pleine lumière risquerait de pousser les esprits "éclairés" à se rebeller…

    Les banques commerciales possèdent le (scandaleux) privilège de vous vendre (par l’intérêt) de l’argent qu’elles ne possèdent pas !! Elles le créent à chaque demande de crédit (que ce soit pour un particulier, une entreprise ou un Etat), ce qui augmente la masse monétaire mondiale.

    Bien sûr il existe des limites à cette création monétaire : les banques commerciales doivent avoir un certain niveau de fonds propres de l’ordre de 10%. Donc en fait elles peuvent créer 9 fois plus d’argent qu’elles n’en possèdent réellement. Par exemple si une banque reçoit 1 million d’euros de la banque centrale, elle pourra créer 9 millions d’euros pour les proposer en crédit. Si vous déposez 1000 euros sur votre compte, elle pourra créer à partir du néant 9000 euros qu’elle pourra d’ailleurs vous préter en réclamant un intérêt. Et vos 1000 euros, eux, ne bougent pas de votre compte, elle ne les prête pas, ça l’autorise juste à créer plus d’argent ! C’est d’ailleurs cette création monétaire privée non contrôlée qui est responsable de l’inflation car elle ne suit absolument pas la création de richesses réelles.

    Réclamer un intérêt (qui bien souvent double la somme empruntée) sur de l’argent qui est tiré du néant est selon nous non légitime pour des organismes privés alors que cela pourrait l’être par des institutions publiques comme les banques centrales qui ne sont responsables en fait que de 8% de la création monétaire totale (92% de la monnaie étant sous forme électronique que les banques privées créent sans aucun travail en quelques secondes par une simple écriture sur votre compte avec leur ordinateur).

    D’autant plus que cela est la cause première d’une dette publique impossible à rembourser ! Si un Etat comme la France n’avait pas léguer en 1973 le droit régalien d’émettre la monnaie, les contribuables français verraient leurs impôts décroitre de 50 milliards d’euros chaque année soit les intérêts de la dette que nous payons tous les ans et la dette serait totalement remboursée depuis 2006 !

    PETIT HISTORIQUE POUR LES USA ET LA FRANCE :

    Venant d’Amérique, Benjamin Franklin, en 1750, s’étonnait de voir une foule de chômeurs et de mendiants dans les rues de Londres. Il décrivait ainsi les colonies d’Amérique: « Impossible de trouver de population plus heureuse et plus prospère sur toute la surface du globe… Dans les colonies, nous émettons notre propre papier-monnaie, nous l’appelons Colo Script, et nous en émettons assez pour faire passer facilement tous les produits des producteurs aux consommateurs… Nous contrôlons notre pouvoir d’achat et nous n’avons aucun intérêt à payer à personne ».

    Sous la pression des banquiers anglais, le Parlement anglais interdit cette pratique, obligeant les colons à utiliser une monnaie à intérêts, en quantité insuffisante. La circulation monétaire dans les colonies se trouva ainsi diminuée de moitié en un an, « à tel point que les rues des colonies étaient remplies de chômeurs » dit Franklin.

    Et à propos de la décision de Lincoln (alors Président des Etats-Unis) d’émettre une monnaie sans intérêts, Lord Goschen, porte-parole des Financiers, écrivit dans le London Times : « Si cette malveillante politique financière provenant de la République nord-américaine devait s’installer pour de bon, alors, ce gouvernement fournira sa propre monnaie sans frais. Il s’acquittera de ses dettes et sera sans aucune dette. Il aura tout l’argent nécessaire pour mener son commerce. Il deviendra prospère à un niveau sans précédent dans toute l’histoire de la civilisation. Ce gouvernement doit être détruit, ou il détruira toute monarchie sur ce globe ». La monarchie des contrôleurs du crédit… En 1861, l’Etat reprit le contrôle de l’émission et de la circulation d’une monnaie sans intérêts.
    La production agricole et industrielle redémarra, le chômage disparut. En 1865, après l’assassinat du président Lincoln, les banques privées imposèrent de nouveau une monnaie avec intérêts. En dix ans, le pouvoir d’achat chutant de moitié, il y eut 55 000 faillites avec tout un cortège de chômage et de misère… Logique, car les banquiers, avec les intérêts, prenaient la moitié de l’argent que les gens gagnaient en travaillant.

    Finalement, le 23 décembre 1913, le Congrès américain votait la loi de la Réserve Fédérale, qui enlevait au Congrès lui-même le pouvoir de créer l’argent. Les banquiers privés avaient gagné la partie. Un membre du Congrès, Charles A. Lindbergh déclara : « Cette loi établit le plus gigantesque trust sur terre. Lorsque le Président Wilson signera ce projet de loi, le gouvernement invisible du Pouvoir Monétaire sera légalisé… Le pire crime législatif de tous les temps est perpétré par cette loi sur la banque et le numéraire ».

    Salmon P. Chase, Secrétaire du Trésor sous Lincoln, déclara publiquement, peu après le passage de la loi :
    « Ma contribution au passage de la loi des Banques Nationales fut la plus grande erreur financière de ma vie. Cette loi a établi un monopole qui affecte chaque intérêt du pays. Cette loi doit être révoquée, mais avant que cela puisse être accompli, le peuple devra se ranger d’un côté, et les banques de l’autre, dans une lutte telle que nous n’en avons jamais vue dans ce pays ».

    En France, même processus : certains hommes politiques ont essayé de lutter : Vincent Auriol, 1934, ministre des finances du Front Populaire : « Les banques je les ferme, les banquiers je les enferme ! » ; en 1945 le Général de Gaulle nationalise la Banque de France, le crédit est sous tutelle publique, l’’État a recouvré son autorité sur la monnaie, ce qui ne durera pas. L’article 25 de la loi du 3 janvier 1973 de Pompidou et Giscard d’Estaing "interdit au Trésor public d’être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France". La France ne peut plus emprunter à sa banque centrale sans intérêt ! Elle doit désormais emprunter sur les marchés financiers avec intérêt : fini l’ordre des salariés et des entrepreneurs, finies les Trente Glorieuses, la monnaie se renforce, le chômage augmente, les salaires stagnent, la dette explose…

    Un exemple, "l’emprunt Giscard" : pour 6 milliards de francs empruntés en 1973, l’Etat a finalement remboursé au total 80 milliards de francs en 1988 !!

    Comment voulez-vous que les finances de la nation se portent bien avec un tel déséquilibre entre le montant emprunté et le montant remboursé ?

    La raison invoquée de maintenir l’inflation n’est pas valable (cf. article "pourquoi la dette n’est pas remboursable par les économies"), le peuple français s’est fait arnaqué par des politiciens au service d’intérêts privés !!

    [Pour info, George Pompidou était un banquier, il a travaillé pour la banque Rothschild de 1954 à 1958 et de 1959 à 1962 (cf. wikipédia)… Coincidence ?]

    En 2003,10% du PIB a basculé du côté du profit et de la rente. La mondialisation, d’une certaine manière, est un basculement de l’économie au profit des créanciers, des boursiers, des rentiers, des financiers…

    Les statuts de la Banque de France, calqués (et aggravés en quelque sorte) sur ceux de la Bundesbank, gardienne du temple de la monnaie forte, seront copiés par la Banque Centrale Européenne. L’ordre des créanciers règne en Europe.

    LES CONSEQUENCES POUR LA FRANCE :

    Entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1021 milliards d’euros, alors que nous avons payé 1300 milliards d’euros d’intérêts ! Si nous n’avions pas eu à emprunter ces 1021 milliards d’euros sur les marchés monétaires, c’est-à-dire si nous avions pu créer notre monnaie, faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées, la dette qui était de 229 milliards d’euros début 1980 serait totalement remboursée depuis 2006 grâce aux économies réalisées chaque année et nous disposerions en plus d’un solde de trésorerie positif de plus de 110 milliards d’euros !

    Pensez-y : 1300 milliards d’euros d’intérêts payés pendant 29 ans, c’est en moyenne 45 milliards d’euros par an soit 120 millions d’euros par jour que nous transférons aux déjà plus riches !

    En 2008, c’est 52 milliards d’euros qui seront prélevés sur notre travail, désormais les intérêts de la dette absorbent 95% de l’impôt sur le revenu !

    Autrement dit, si la France pouvait emprunter à une banque centrale sans intérêts :
    – nous pourions quasiment supprimer l’impôt sur le revenu dans notre pays et résoudre le problème du pouvoir d’achat
    – ou utiliser cette somme pour construire des infrastructures ou les maintenir tels les hôpitaux, les maternités, les bureaux de poste, les écoles…
    – ou commencer à réparer les dégats environnementaux causés par la course à la croissance c’est-à-dire la course au remboursement des dettes…
    Dans tous les cas en faire bon usage au lieu d’engraisser les rares qui ont les moyens d’acheter notre dette !

    Concernant l’intérêt, il est le premier responsable de la pauvreté dans le monde et de l’élargissement de la fracture sociale. Puisque les prix que vous payez sont constitués à 40-45 % du seul poids des intérêts, comme l’ont mis en évidence dans leurs études Magrit Kennedy et Ralph Becker, vous imaginez la somme colossale qui est transférée du monde économique au monde financier ! Il contribue à l’asphyxie du premier et à la congestion du second ; il provoque surtout le transfert de la richesse des plus démunis vers les plus nantis.
    Magrit Kennedy, dans l’étude qu’elle présente dans son livre "Libérer l’argent de l’inflation et des taux d’intérêts", met en évidence que pour la population allemande, classée en 10 tranches de revenus, lorsque l’on fait la balance entre les intérêts créditeurs, versés à l’épargne, et les intérêts débiteurs prélevés au crédit, le solde n’est positif que pour la 10e tranche, celle des plus riches, équilibré pour la 9e et négatif pour les 8 autres. Elle souligne aussi que le solde est d’autant plus négatif que l’on est pauvre et d’autant plus positif que l’on est riche.

    PROPOSITION :

    Toute création de monnaie doit relever des Etats par l’intermédiaire des banques centrales. Cette création monétaire doit être interdite aux banques commerciales !

    La monnaie créée est prêtée sans intérêts (!) par la Banque Centrale aux Etats et aux collectivités publiques afin de financer des dépenses d’investissement, d’aide à des secteurs à vocation d’intérêt collectif tels que l’éducation, la santé et la protection de l’environnement, et en cas de crise ou de catastrophe naturelle seulement. Cela est exclu pour les dépenses de fonctionnement et d’amortissement qui devront être financées par les rentrées fiscales.

    La Banque Centrale détermine la quantité de monnaie proposée et les taux d’intérêt auxquels les banques commerciales peuvent emprunter entre elles et auprès d’elle-même afin de soutenir la création d’emploi, de limiter l’inflation et de permettre un développement économique durable.

    " Si jamais le peuple américain autorise les banques privées à contrôler leur masse monétaire, les banques et les corporations qui se développeront autour d’elles vont dépouiller les gens de leurs possessions jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront sans domicile sur le continent que leurs pères avaient conquis" (Thomas Jefferson, Lettre au Ministre des Finances Albert Gallatin en 1802).

    [Jefferson a prédit 2 siècles à l’avance la "crise des subprimes" et les millions d’américains jetés à la rue car dépossédés de leurs maisons qui appartiennent désormais aux banques… Trouvez-vous toujours légitimes la création monétaire privée et l’intérêt bancaire ?]

    "Si vous voulez rester esclaves des banquiers et payer le coût de votre propre esclavage, laissez-les continuer à créer de l’argent et contrôler le crédit de la nation" (Sir Josiah Stamp, économiste).

    Répondre
  12. Luc SEMBOUR

    22 octobre 2008

     

    Cette question des Banques Centrales est très intéressante et beaucoup d’économistes vont devoir s’y intéresser.

    En fait posséder une Banque Centrale qui fabrique de la monnaie acceptée par le public est un atout énorme et très convoité. Tout roitelet en rêvait.

    En fait tout le système est pendu dans le vide. Seule la volonté du public d’accepter (ou l’impossibilité de refuser) la monnaie émise par X ou par Y, lui donne sa valeur. Aujourd’hui encore le pouvoir de faire tourner une planche dont le public accepte les billets est plus grand que celui de posséder la célèbre Pierre Philosophale. D’où la valeur formidable du fond de commerce de la Fed et de celui de la BCE. Ces fonds de commerce se sont bâtis avec le temps, et représentent un pouvoir trop intéressant, trop utile à ses détenteurs, trop vital pour se laisser perdre sans combattre.

    Imagine-t-on qu’une ligue des petits commerçants pourrait facilement faire vaciller Wal-Mart? La banque Centrale Suisse avec son CHF, celle du Japon avec son Yen, et bien d’autres, sont donc obligées de se positionner en fonction des deux grands actuels, comme Allain Afflelou dans les galeries marchandes d’AUCHAN ou de CARREFOUR.

    Techniquement, les banques centrales ne sont probablement plus indispensables et les ordinateurs pourraient traiter avec aisance une vaste foire de cotation de milliers de monnaies nouvelles émises par autant de banques privées, et ceci avec autant d’efficacité que les quelques dizaines actuelles.

    Mais demander aux USA ou à la BCE de ne plus se financer à bon compte avec leurs émissions, revient à toucher aux fondations de l’équilibre mondial. Par exemple la fabuleuse armée des USA sert finalement de police de la planète, que ceci plaise ou non aux esprits rebelles. Il est bien évident que le monde serait beaucoup plus à feu et à sang qu’il n’est, sans cette armée, de même qu’une ville sans police est immédiatement la proie du pillage et de la loi des bandes organisées.

    Pour qu’une telle armée ait la crédibilité nécessaire pour assurer l’ordre (seule la crédibilité compte), elle doit avoir une puissance largement supérieure à toutes les autres. Or les armes permettant de faire croire à cette surpuissance sont impossibles à financer par un seul état (bombardiers B1 à 1 milliard de USD pièce, dizaines de sous-marins atomiques faisant 250 m de long à 10 milliards pièce tout équipés etc.etc…).. Il faut donc bien que le monde entier mette la main à la poche en acceptant de stocker massivement du dollar US comme s’il s’agissait de lingots d’or, ou de sacs de blé.

    Les réserves de la BCE ne sont presque que des dollars. 80 % des dollars américains en circulation le sont HORS des USA. Refuser les dollars et les rendre à la Fed est en fait impossible. Et qui souffrirait le plus d’une dévaluation massive de 80% du dollar US ? Certainement pas les USA qui aiment à penser qu’ils peuvent s’organiser en quelques années pour vivre en autarcie. 

    Le fond de commerce de la Fed est très bien accroché.

    LS

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  13. Noël Hanssler

    22 octobre 2008

    J’ignorais que la concurrence existait dans l’émission monétaire.
    Je pensais que cette dernière était simplement passée de l’autorité publique à la sphère privée (aux USA et en Europe, ailleurs je ne sais pas). C’est-à-dire que la monnaie, jadis émise par une institution financée par l’impôt général, l’est aujourd’hui au profit d’actionnaires touchant dividende, c’est-à-dire que vous et moi payons non plus la monnaie au prix coûtant mais en servant un bénéfice à quelques grands financiers.
    Cela ne semble gêner personne.

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  14. Dombert

    22 octobre 2008

    J’ai rien compris.

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