Nos politiciens trichent avec l’économie

Posté le octobre 10, 2004, 12:00
8 mins

La reprise américaine passe au-dessus de nos têtes. Les chiffres du chômage continuent leur montée inexorable. Le Sénat rosit fortement. Les sondages sont très méchants pour le Premier Ministre et son Président. La dernière élection présidentielle est très loin dans le passé, elle fait partie d’une autre tranche de l’histoire…
Nous en sommes arrivés là pour une raison toute simple. Il est impossible de tricher avec les lois de l’économie. Or, en France, les hommes politiques croient qu’on peut impunément tricher.
Quand l’État charge de contraintes économiques ou fiscales les entreprises, elles intègrent ces contraintes dans leurs prix de revient et vendent donc plus cher ce qu’elles produisent et les prix montent. Puis, quand on met en même temps ces entreprises en concurrence avec des entreprises étrangères qui ne supportent pas ces charges, elles ne sont plus compétitives. Elles délocalisent quand elles en ont les moyens, car la délocalisation coûte très cher, ou elles ferment. Le chômage grimpe. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous annonce un tel événement.
Quand l’État réduit volontairement les revenus de ceux « qui gagnent trop » pour introduire plus de « justice sociale » dans le pays, ceux qui gagnent trop fuient et vont s’installer sous des cieux meilleurs. La France se vide de ses entrepreneurs. Depuis 50 ans, avec la Sécurité Sociale, l’État français a volontairement empêché les revenus des chirurgiens de progresser, tout en augmentant de façon très importante les contraintes qui pèsent sur leur métier. Aujourd’hui, pratiquement, plus aucun étudiant en médecine ne veut plus choisir ce beau et difficile métier, lourd de responsabilités. La France commence déjà à manquer cruellement de chirurgiens.
Quand l’État impose volontairement les capitaux, sans lesquels aucune entreprise ne peut acheter des machines ou aucun appartement ne peut être construit, les capitaux fuient le pays. L’outil de travail des salariés ne s’améliore pas, les salaires stagnent et l’entreprise devient moins compétitive. Les logements deviennent rares et le prix des loyers monte.
Quand l’État augmente la demande par des transferts fiscaux massifs, tout en réduisant les capacités de l’appareil de production, il expose le pays à l’inflation. Il contraint la banque centrale européenne à avoir une politique de création monétaire plus restrictive, donc il freine un développement rapide du PIB.
Tandis que des enfants de 10 ans comprennent ces mécanismes économiques simples, on a l’impression que des énarques de 50 à 70 ans sont strictement incapables de les comprendre. Quand ils ont le pouvoir, ils ne suppriment pas les lois existantes, mais ils en rajoutent…
On oblige par exemple à ne travailler que 35 heures par semaine, sans avoir prévu que cette nouvelle contrainte mettrait en état de dépôt de bilan les hôpitaux publics ou les cliniques privées. On veut créer un nouvel impôt sur le capital pour aider les pays pauvres, sans prévoir que cette opposition à la libre circulation des capitaux maintiendra dans la pauvreté ceux qu’on veut aider…
On ne supprime pas toutes les lois poussant les entreprises à délocaliser, mais on crée de nouvelles lois s’opposant à la délocalisation.
On ne rend pas à la loi de l’offre et de la demande le soin de déterminer les revenus des chirurgiens, mais on veut contraindre les étudiants à « choisir » la chirurgie.
On continue à imposer le capital, mais on a envisagé d’accorder une amnistie fiscale à ceux qui reviendront, ou une réduction des droits de succession…
On maintient le système inflationniste installé en France et on accuse la banque centrale d’être responsable du chômage.
Aujourd’hui, plus on veut introduire de « justice sociale », plus on crée au contraire des pauvres, des chômeurs, des exclus.
Il faut arrêter le massacre.

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Propositions parlementaires


Gilles Artigues, 39 ans, député UDF de la Loire, propose que les conseillers régionaux ne soient plus élus en même temps sur l’ensemble du territoire mais, au contraire, à des dates variables, afin de faire en sorte que le scrutin porte sur des enjeux régionaux et ne constituent plus, au contraire, une échéance électorale intermédiaire de politique nationale.
Yannick Favennec, 46 ans, député UMP de la Mayenne, pour lutter contre la fraude à l’assurance maladie, propose de subordonner l’utilisation de la «carte vitale » à la justification de l’identité du porteur.
Jean-Claude Flory, 38 ans, député UMP de l’Ardèche, propose de porter jusqu’à 30 ans la durée de la période de sûreté pour tous les cas de condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre ou assassinat précédé ou accompagné de viol, de torture ou d’acte de barbarie.
Alain Suguenot, 52 ans, député UMP de la Côte-d’Or, propose que soient créées des délégations parlementaires à la mondialisation afin que les deux assemblées soient mieux informées de la politique du gouvernement dans ce domaine.
Nathalie Kosciusko-Morizet, 31 ans, députée UMP de l’Essonne, propose que le Conseil économique et social soit désormais dénommé Conseil économique, social et environnemental.
Marylise Lebranchu, 57 ans, députée socialiste du Finistère, propose que soit créé un poste de contrôleur général des prisons qui serait nommé pour six ans par le chef de l’État.
Thierry Mariani, 46 ans, député UMP du Vaucluse, propose que les membres des Cabinets des responsables des collectivités territoriales, non fonctionnaires, bénéficient d’un statut officiel.
Jacques Myard, 57 ans, député UMP des Yvelines, demande au Premier Ministre le renvoi immédiat du président du Groupement d’Intérêt Public de la candidature de Paris pour les J.O. de 2012 pour avoir, à Athènes, tenu une conférence de presse en anglais.
François-Xavier Villain, 54 ans, député du Nord, propose d’humaniser les règles qui président aux contrôles des URSSAF (150 000 contrôles sur place par an contre 40 000 seulement pour l’administration fiscale).

3 réponses à l'article : Nos politiciens trichent avec l’économie

  1. Thierry

    12/10/2004

    Cher Agamemnon, Malheureusement, la France d’aujourd’hui ne vote plus pour des politiques de droite et des politiques de gauche: elle vote pour des socialistes de droites et des socialistes de gauche…Le dialogue politique est mort, les discours ne se distingues plus qu’a coup de « projets/reformettes ». Aucune des vraies questions ne sont abordées par la classe politique d’aujourd’hui: ni le chomage, ni les retraites, ni la sécu….rien.. La guerre droite-gauche, c’est la guerre des clones!!!

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  2. Trissotin

    10/10/2004

    Encore un petit effort, M. Tremeau, vous allez devenir anarchiste…

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  3. AGAMEMNON

    10/10/2004

    A chaque élection nationale, les Français croient avoir à faire un choix de société, entre « la Gauche » et « la Droite ». En fait, ils ne choisissent rien du tout. Quel que soit le président élu, quelle que soit la majorité envoyée à l’Assemblée, l’administration continue à gouverner, la paperasserie socialisante à s’entasser, les fonctionnaires à proliférer, les interdictions à s’enchevêtrer dans un maillage toujours plus étroit, ruineux pour le pays et dangereux pour les libertés individuelles (voyez le Gouvernement Raffarin, avec ses tirelires automatiques le long des routes, son permis à points peau de chagrin pour les jeunes, le renforcement des contrôles sur ceci ou sur cela – termites, amiante, plomb, bientôt le gaz – lors des transactions immobilières, etc.) On nous dit que cette année le PIB va « croitre de X pour cent ». Mais, dans ce total, combien de vraie croissance et combien de « croissance » fictive, seulement due au vibrionnisme paperassier, qui s’accroit d’année en année ? Lorsque la Chine connait une croissance de 10% par an, c’est de la vraie croissance. Lorsque la France fait état d’un petit 2% (les meilleurs années), c’est essentiellement la traduction comptable de la montée du formalisme administratif et de la paperasse (voyez les marchés publics). Prenons un exemple : lorsqu’on installe un radar automatique (100 000 euros pièce, remboursé en trois jours. Bonjour l’augmentation de la pression fiscale…), cette opération entre dans le PIB et concourt à sa « croissance ». Mais la France s’est-elle pour autant enrichie ? En fait, chacun sent dans sa vie quotidienne, que nous nous appauvrissons chaque jour, nonobstant la satisfaction de nos technocrates tous plus ou moins socialisants.

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