Nos retraites manquent de souplesse

Posté le juillet 01, 2009, 12:00
6 mins

Pour résorber le déficit de la Sécurité sociale, Brice Hortefeux, ministre du Travail jusqu’à la semaine dernière, vient de relancer l’hypothèse du recul de l’âge de la retraite.

Bernard Thibault, le patron de la CGT, lui a immédiatement rétorqué qu’en période de chômage, ce serait bloquer des postes de travail au détriment des plus jeunes, qui pourraient encore moins qu’aujourd’hui accéder l’emploi. Il n’a pas tort. La vraie raison du déficit, c’est le chômage. Si tous les chômeurs avaient un emploi, ils cotiseraient et toutes les branches de la Sécurité sociale seraient en excédent. On l’oublie trop souvent. Le vrai remède consiste donc à mener une politique économique globale qui nous fasse au plus tôt sortir de la crise.

La question des retraites mérite, malgré tout, d’être débattue, à condition que ce soit du point de vue de notre conception de la vie et de la société. On a toujours tort de ne poser les problèmes qu’en termes comptables ou même économiques. On n’y apporte alors que de mauvaises solutions, des solutions technocratiques et non pas politiques. Il ne faut pas confondre le but et les moyens. On ne doit pas non plus oublier que l’égalité n’est pas l’uniformité. Quand les situations et les aspirations sont diverses, les remèdes doivent être différents ; sinon on crée des injustices.

Pour certains, quitter la vie active est une libération. On pourrait même dire une nécessité. Qu’on songe aux métiers pénibles physiquement ou nerveusement, au travail de nuit, qui sont d’autant moins supportables que l’âge avance et qui usent prématurément ceux qui les pratiquent. Mais pour d’autres, prendre sa retraite, c’est être mis hors jeu, n’être plus considéré comme bon pour le service. C’est un coup pour le moral. Pire : se dire, à 55 ans, dans la pleine force de l’âge et en possession de tous ses moyens intellectuels, qu’on est à cinq ans de la retraite, c’est particulièrement déprimant !

Edgar Faure disait qu’on ne devrait pas calculer l’âge d’un individu à partir de sa naissance, mais à partir de sa mort. Judicieuse remarque. Il devrait en être de même pour l’âge de la retraite : il faudrait déterminer qu’on la prend, par exemple, à 25 ans… du décès. Utopie ? Point du tout. Nous disposons de statistiques qui nous permettent d’apprécier l’espérance de vie selon le métier exercé. On peut donc parfaitement fixer des âges différents pour un chercheur au CNRS et pour un ouvrier du bâtiment. Ce ne serait d’ailleurs pas une nouveauté.

La généralisation d’un système de demi-retraite est une autre possibilité. Le travail à temps partiel, quel que soit l’âge, doit être favorisé autant que possible. Il est par exemple souhaitable pour les mères de famille. Il l’est plus encore dans le cas qui nous occupe. Tous les métiers ne s’y prêtent pas aisément, mais il n’en reste pas moins qu’à partir d’un certain âge, le cumul entre une retraite à mi-temps et un emploi également à mi-temps devrait être la règle, la proportion entre l’un et l’autre pouvant d’ailleurs être différente selon les cas et aussi évoluer au fil du temps, pour aboutir à ce qu’on appelle une retraite progressive.

Ces deux pistes mèneraient à des « réformes » qui, pour une fois, ne seraient pas les cache-misère d’une régression sociale et qui, néanmoins, auraient à coup sûr un effet bénéfique sur l’activité économique, aussi bien que sur les comptes sociaux de la nation.

18 réponses à l'article : Nos retraites manquent de souplesse

  1. IOSA

    07/07/2009

    [email protected]….

    Tout à fait d’accord avec votre commentaire.

    A quand les yeux ouverts…mais éveillés ?

    D’autre part, je relève souvent que vous avez une appréciation particulière en ce qui concerne le corps enseignant et pour être plus précis, sur la politique gouvermentale "enseignée" à l’ensemble des enseignants.

    Le mensonge d’ Etat a toujours existé et de mon temps à l’école on apprenait en histoire……que nos ancêtres étaient des gaulois, que vous soyez d’ Algérie, du Viêtnâm, de la Guadeloupe ou même français, il fallait l’apprendre par coeur.

    Gallo-romains, les Francs et les sarrasins…..y a plus ?

    Le même petit mensonge pour ceux qui avaient Cathé obligatoire……Dieu voit tout, alors pourquoi le confessionnal ?

    Bourrage de crâne depuis l’enfance pour en faire des moutons tout à fait convenables à ceux qui tiennent les rennes du pouvoir imaginaire.

    Quoi de mieux que des victimes consentantes ?

    IOSA

     

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  2. Daniel

    07/07/2009

    Iosa:     Il est important de faire ressortir que le travail est infini.  En effet, en affirmant que c’est le travail qui manque, le peuple entérine qu’il doit subir cela comme une fatalité que ni la droite ni la gauche ne peuvent changer puisque cet état de fait  ne dépendrait plus d’eux.   Ce super mensonge du chômage est ainsi un outil de désinformation, de culpabilité mais aussi l’outil principal d’une véritable guerre. Et dans cette guerre, les victimes devront prendre conscience de leur laisser aller dans leurs analyses et leurs tendances à accepter la facilité. Ils aiment ce qui brille (  comme précise Magny).  Ils aiment ce qui est miroir aux alouettes…    ils l’ont. 

     En plus, ils le choisissent démocratiquement (le meilleur sytème!.. )  puisque l’école  les multiplient et les préparent à cautionner ce super mensonge et même à se battre pour que ce super mensonge ne soit pas remis en question: reconnaitre qu’on a participé à sa propre destruction n’est pas aussi confortable qu’imaginer qu’une fatalité incontournable en était la cause.( boutade au passage:   cela permet d’affirmer que Dieu n’existe pas, ça évite de se fouiller le tronc de la même façon que d’autres en veulent un qui soit prémaché, défini par une religion  ).       

      

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  3. Daniel

    06/07/2009

    Florin:  il doit y avoir un malentendu qui doit venir du fait que vous lisez un peu trop vite. Avez vous réfléchi  que chaque fois que vous râlez, vous exprimez le fait que quelque chose n’a pas été fait ou a été mal fait! .  Cela signifie en clair qu’à chacune de vos interventions, vous estimez que quelque chose est à faire. A vous seul, compte tenu de vos observations généralement justifiées, vous avez en réserve de quoi occuper tous les Français 24 H sur 24!.  Arrêtez SVP, n’en jetez plus, les Français n’en demandent pas tant… 

    Par exemple et pour simplifier,  par ces lignes, je prends du temps non rémunéré pour vous expliquer que,   parce que  cette époque est gérée par des irresponsables, c’est toujours l’argent qui marque la limite du travail réalisable. Si mon raisonnement est reconnu comme juste, le temps passé à l’élaborer devient un temps monayable pour des gens normaux. S’il est faux, cela devient du temps gaspillé. Si ce temps gaspillé a été rémunéré, c’est de l’argent gaspillé qui ne reviendra pas dans le circuit utile à la vie car je le dépenserai comme je l’ai "gagné":   aussi malhonnêtement que possible, pour ne pas dire aussi bêtement que possible, en bon égoïste et irréaliste qui voudra en gagner encore davantage et encore plus facilement.  Je transposerai cet argent, c’est à dire l’argent gagné à la sueur du front d’un autre  vers du superflu.  Mon pouvoir sur celui qui a produit utile augmenterait par sa fragilisation d’autant plus dans le cas où le prélèvement est rendu obligatoire.  D’autres parts, celui qui me paierait  pour du vide n’aurait plus cet argent pour de l’utile, du nécessaire à sa propre vie.   

     Si j’ai le droit  de  répèter l’opération pendant 40 ans avec retraite assurée et que 10 millions de personnes sont ainsi rémunérées pour du vent, la part utile revenant au travail qui sert la vie va diminuer progressivement d’année en année pour devenir une dette exponentielle, une situation de survie. 

      Il serait donc nécessaire de débattre suffisamment pour comprendre comment nous sommes bernés par ceux qui  sont rémunérés pour le gaspillage, c’est à dire la destruction des emplois et des hommes.   

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  4. Magny

    06/07/2009

    Superbe commentaire du 3 juillet Daniel .

    Oui ce n’est pas le travail qui manque , il est infini , au contraire des besoins qui eux sont finis . Mais la société de consommation , cette petite maline , a inventé la publicité ( cette propagande déguisée ) pour augmenter ces besoins en quantité , tout les diminuant en qualité ( car avec de la qualité on a moins besoin de quantité ) . De même les valeurs les plus saines ( par essence anti-bourrage de crâne ) sont déconsidérées au profit des réflexes mentaux les plus bas ( j’ai la plus grosse voiture , j’ai le plus grand salaire , j’ai raison parce que j’ai le plus haut diplôme , etc … ) .

    Ainsi avec du strass et des paillettes on détourne les âmes du spectacle des étoiles et on les enivre comme des chiens avec des senteurs toujours plus propres , toujours plus belles , bref : on les saoule d’orgueil . Nos ancêtres avaient du sang sur les doigts , beurk , du cambouis aussi , rebeurk , beaucoup d’inhibitions aussi , ridicule ! Ah , comme on est bons , beaux et propres … nous ! Et surtout moi ! Moi , moi , et moi …

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  5. IOSA

    06/07/2009

    [email protected]….

    Mais on y est déjà dans la vase et jusqu’au cou et du moment que l’on puisse toujours respirer, les autres (les profiteurs) ne vont pas se gener pour nous faire encore les poches.

    La théorie de la vache à lait de la franc-maçonnerie de [email protected]…. semble coller de plus en plus.

    IOSA

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  6. HansImSchnoggeLoch

    05/07/2009

    Iosa <<Ce n’est donc pas pour demain l’épanouissement de l’innovation dans la création.>>
    Malheureusement non, avant que cela ne s’améliore, il faudra auparavant que cela empire, au point d’atteindre la vase.

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  7. IOSA

    05/07/2009

    [email protected]… & [email protected]….

    Dans votre optique, le travail est certes infini, mais dans la pratique et les conditions actuelles il ne l’est pas du tout puisque l’ Etat ne réinjecte pas la totalité  des sommes (ou la majorité des taxes et impôts) dans le circuit financier français ( celui qui sert au peuple et non celui qui sert à engranger des milliards d’euros aux actionnaires des grosses entreprises (lobbys bancaires, automobiles, transports, pharmaceutiques, pétroliers, etc, etc) et ce qui reste après la paie des milliers de fonctionnaires sur-avantagés, n’est que la dette publique que nous assumons tous au nom du développement européen et mondial.

    L’ Economie d’aujourd’hui est basée sur l’endettement des peuples au profit d’ une minorité vivant sur notre crédit.

    Pourquoi voulez qu’ils changent la donne ?

    – Huile de colza comme carburant moins polluant  = déficit pour les pétroliers et moins de taxes pour l’ Etat.

     -Taxe dite de carbone =  véto de l’industrie automobile, parce que les "anciens véhicules polluants" ne le sont plus et donc déficit des ventes de véhicules et taxes afférentes.

    Dénominateur commun…… les taxes d’ Etat.

    Ce n’est donc pas pour demain l’épanouissement de l’innovation dans la création.

    IOSA

     

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  8. HansImSchnoggeLoch

    04/07/2009

    Daniel <<Ce n’est pas le boulot qui manque: il est infini.">>

    Si chaque génération s’était limitée à ne produire que ce qui existait auparavant nous en serions encore à la chandelle. L’innovation et la création, si on les laisse s’épanouir librement , sont capables de créer des nouveaux produits que personne ne connait encore. Daniel a raison, le boulot ne viendra pas à manquer à ceux qui en veulent.

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  9. Florin

    04/07/2009

    @Daniel :"ce n’est pas le boulot qui manque: il est infini."

    FAUX et archi-FAUX !!! les besoins sont limitées, la productivité augmente constamment, dire que le boulot, même en partant des besoins NON solvables, est infini, est une ineptie.

    Et je ne parle même pas des lubies ecolo, qui préconisent une restriction globale de la consommation ACTUELLE (comme si tout le monde avait déjà trois limousines en bas de chez soi, et qu’à la limite, en y faisant attention, on pourrait se limiter à une seule …)

    Combien de fois pouvez-vous manger par jour ? et combien d’écrans-plasma pouvez-vous entasser dans votre baraque ? combien de costards dans votre armoire ?

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  10. Daniel

    04/07/2009

    Dagmar : 

        merci de nous rappeler que nous pouvons nous assurer où on on veut en attendant de s’assurer si l’on veut. Nous sommes libres …  un peu. Mais qu’il semble difficile de changer nos comportements d’assistés et d’assurés! . Ou plutôt de rassurés…  La peur individuelle délègue le risque qu’il y a à vivre et enrichit  les systèmes d’assurances et les pouvoirs qui y sont rattachés. C’est déjà le choix de la mort. Ainsi on paye 2 fois financièrement et 2 fois psychiquement.     

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  11. Daniel

    03/07/2009

    Iosa :  ce n’est pas le boulot qui manque: il est infini.  Ce qui manque ce sont les fonds pour réaliser les multiples chantiers qui ne peuvent être entrepris alors que les besoins sont soit urgents, soit prévisibles. Dans ce problème de fonds détournés,  il y a le problème de l’injustice dans la répartition, bien sûr, mais il est secondaire et sert à cacher l’essentiel.    Il y a surtout l’immense gaspillage qui est culturellement implanté. Culture qui permet de rémunérer, c’est à dire de récompenser  des gens qui détruisent mieux que ceux qui construisent.  Et comme ces casseurs officiels sont mieux récompensés, ils inversent l’idée et imaginent que c’est leur intelligence qui est reconnue et pire, indispensable.    

    Nous rejetons le sens de la Vie , donc de l’intérêt commun sur le long terme, pour servir l’intérêt immédiat de sa propre vie, vision à court terme. Egoïsme de droite et égoïsme de gauche se disputent la primeur de la conn..   à la française pour le plus grand "bonheur" de leurs élites dans le genre. 

    Observons les musulmans prisonniers pendant toute leur vie d’un dogme qui peut leur faire avaler que tuer des incroyants les envoient au paradis. Pour faire bon poids, vierges à "gogos"; c’est le cas ! . Cela nous parait tellement ridicule qu’on en sourit …  jusqu’à ce qu’on  comprenne que pour eux c’est trés, très sérieux.     Nous subissons exactement de la même manière, sans le comprendre, la déformation par les dogmes de l’Education Nationale qui nous conditionnent toute notre vie durant.   Et comment mesurer juste avec un appareil faussé. Comment un appareil faussé pourrait-il se mesurer lui même?  

    Une des réponses incontournables: responsabilité personnelle et professionnelle à long terme  de toute personne qui accepte d’utiliser un bulletin de vote. Jusqu’à ce que le principe de la responsabilité devienne un réflexe, une culture, la mesure de l’intelligence "humaine",  loin des QI qui mesurent une mécanique.   

     

     

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  12. IOSA

    02/07/2009

    Une retraite à mi-temps ?????

    Oui comme celà, même à moitié mort on bosse encore…..

    Demain, j’irai acheter une demi bouteille de lait et une demi baguette et au bar du coin un demi bien frais.

    Mais il n’a rien compris l’auteur ?……… Y’a plus de boulot pour les non retraités !

    IOSA

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  13. HansImSchnoggeLoch

    01/07/2009

    Jeandu26: <<je n’ai encore pas trouvé à ce jour un tableau clair et compréhensif avec le budget (entrées sorties) de la Sécurité Sociale.>>
    Ce tableau doit exister, mais ne doit circuler que parmi les initiés. Si on permettait à ce que l’élite appelle "le grand public" de le lire il y aurait un remake de 1789 et la guillotine fonctionnerait nuit er jour!

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  14. 22decembre

    01/07/2009

    Voila une série de bonnes idées !

    Encore faut-il qu’elles soit négociées et acceptées par tous !

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  15. jeandu26

    01/07/2009

    Bonjour,
    je n’ai encore pas trouvé à ce jour un tableau clair et compréhensif avec le budget (entrées sorties) de la Sécurité Sociale.
    Apparemment il n’en existe pas …..
    Pourquoi ??

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  16. Lambda

    01/07/2009

    Il m’a toujours semblé que le fait d’arrêter de travailler à une date donnée, était pour la moins aberrant. Pour ne pas dire, idiot.
    Effectivement l’âge de la retraite devrait être libre ! A chacun de s’arrêter, et à l’âge qu’il aurait choisi. Naturellement, la pension servie serait au prorata des versements effectués.
    Une solution – parmi bien d’autres – serait aussi de "moduler" le départ. Partant du principe qu’il y a, en général, cinq jours travaillés par semaine, il me semblerait envisageable de diminuer le travail hebdomadaire d’une journée par semaine et par année, et ce, quatre ans avant le prise de retraite. Ainsi, on passerait à la semaine de quatre jours, puis la semaine de trois jours, pour terminer la dernière année par un seul jour de travail dans la semaine. Cela permettrait aussi de "passer la main", et de donner une formation un peu plus étoffée aux nouveaux qui arrivent dans la monde du travail. Et qu’on ne me disent pas que les jeunes frais émoulus sortant des écoles sont des puits de sciences, quand on voit les âneries qu’ils peuvent sortir, on se dit qu’ils ont souvent beaucoup à apprendre.

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