Nous n’avons plus droit à l’erreur : nos politiques en ont-ils conscience ?

Posté le 07 août , 2013, 9:51
4 mins

Nos compatriotes ont le moral en berne et le constat ne varie plus depuis des mois, car, pour eux, chômage et pouvoir d’achat restent leur priorité. Pour tenter d’y faire face, nos gouvernants multiplient les mesures de compensation comme des emplois aidés et le recrutement de 60 000 nouveaux professeurs. Il est possible que le pari officiel d’un moindre chômage en fin d’année soit constaté, mais à quel prix ?

Une évidence doit en effet être rappelée : la création de richesses ne peut provenir que des secteurs productifs que sont l’agriculture, l’industrie et le tertiaire marchand. Fonction publique et formations diverses ne sont pas des recettes, mais des dépenses. Certaines de ces dépenses sont certes nécessaires, avec deux contre parties inéluctables : soit l’endettement, soit des alourdissements fiscaux.

Aujourd’hui, la fiscalité semble la voie privilégiée avec sa contrepartie inévitable : la baisse de l’investissement, source future de l’emploi, et la baisse du pouvoir d’achat. Or sans achats suffisants, la croissance est absente et l’emploi touché : « le serpent se mord la queue » et comme un malheur arrive rarement seul, nous tombons sur la réalité budgétaire où là aussi nous devons bien constater que le retour à l’équilibre se trouve contesté.

Tentons d’expliquer cette pénible réalité en rappelant les dernières mesures et quelques chiffres. L’alourdissement de la fiscalité atteint un niveau excessif qui aboutit à stériliser investissement, emploi et croissance. Pourquoi ? Parce que les prélèvements atteignent 47% du PIB, un record, encore aggravé par une dépense publique de 57% du même PIB, alors que notre budget reste, malgré tout, en lourd déficit.

Devant de telles données, on ne peut que s’inquiéter d’un autre chiffre : le montant de notre endettement et son financement. Heureusement, jusqu’à présent nos créanciers nous consentent des taux d’intérêt historiquement bas, mais qui réclament malgré tout une part majoritaire de l’impôt sur le revenu.

Que se passerait-t-il si le petit 2% d’intérêt actuel passait à 4% ?

Devant un tel risque, on ne peut que déplorer le débat houleux entre Paris et Bruxelles, alors que l’économiste du FMI, Olivier Blanchard,publie un grand éditorial dans le journal Les Echos où il fait part de son doute sur le présent et l’avenir de la macroéconomie.

Sa première interrogation touche un Japon avec sa dette de 250% du PIB et qui continue à ouvrir les vannes du Yen à tout va. Blanchard parle de pari en rappelant une évidence : « Si un pays a 0% du PIB de dette publique, il n’a aucun problème, s’il a 400% du PIB, c’est intenable ».

Sachons lire son avertissement entre les lignes. La relance à tout prix a forcément ses limites et nous rejoignons sa demande pour une politique « macroprudentielle » afin d’éviter une effet domino : la chute d’une banque entraînant l’effondrement du système financier.

Concernant la France, elle est sous surveillance dans l’attente des réformes attendues. Les investisseurs étrangers qui suspendent aujourd’hui leurs projets témoignent de leur perplexité devant notre difficulté à agir. Le temps nous est pourtant compté et le débat sur les retraites est significatif de notre timidité.

Les vacances donnent un sursis, mais la rentée de septembre sonnera la fin de l’armistice. Les Français le savent, espérons qu’ils seront écoutés.

Hubert de Beaufort

avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame

4 Commentaires sur : Nous n’avons plus droit à l’erreur : nos politiques en ont-ils conscience ?

  1. 9 août 2013

    Nous sommes entrés en décroissance depuis un certain temps, cependant que Chine et Brésil sont entrés en croissance. Regarder les 2 plateaux de la balance : chacun son tour !

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  2. poulet gerard

    9 août 2013

    Le gouvernement est entré dans les sables mouvants et les mesures qu’il met en place ne le fera que s’enfoncer. Il ne peut plus avancer ni reculer et il disparaitra en 2017 .Espérons que ce sera pour longtemps

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  3. Roban

    8 août 2013

    Le gouvernement nous prend tous pour des demeurés (encore qu’il doit y en avoir quelques uns, j’espère qu’il y en aura moins en 2007), comme si les emplois aidés ou le recrutement dans la fonction publique pouvait relancer la croissance. C’est le contraire, ils ne feront qu’augmenter la dette publique qu’il faudra compenser par des impôts nouveaux !

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