Pour sortir de la crise, sortons de l’État-providence

Posté le juillet 04, 2012, 12:00
4 mins

Les 28 et 29 juin derniers, un nouveau « sommet de la dernière chance » se réunissait à Bruxelles.
Les médias français nous ont abondamment expliqué que François Hollande avait fait « plier » la chancelière allemande. La réalité est assez éloignée de cette présentation.

Il est vrai que l’Allemagne a été plus accommodante que d’habitude. Elle a, en particulier, accepté que le mandat de la Banque centrale européenne change et lui permette de recapitaliser directement les banques.

Cela a, en particulier, une conséquence immédiate : l’Espagne et l’Italie vont pouvoir demander des fonds, pour faire face à la gravissime crise de la dette qui les frappe, sans être instantanément placées sous tutelle de la BCE et de la Commission et du FMI.

Et, à dire vrai, je crains que cette acceptation de Mme Merkel ne soit pas une excellente nouvelle, puisque cela va donner aux plus mauvais élèves de la zone euro le sentiment que la punition est retardée – et donc que la triche et la paresse sont encore tolérées pour quelque temps.
Cependant, cette acceptation est purement symbolique, pour deux raisons opposées.

Tout d’abord, la BCE, l’UE et le FMI ne seront pas moins favorables à la rigueur budgétaire demain qu’hier.
Et, surtout, l’interdiction de recapitaliser les banques sur fonds européens était une barrière de papier : la BCE avait toute latitude pour financer les États qui pouvaient, quant à eux, prêter aux banques à des taux très inférieurs au marché. C’était bien de la recapitalisation déguisée.
Les médias français se sont bien gardés d’insister sur le maintien du veto allemand contre la mutualisation des dettes.

Mais, l’essentiel, c’est que Mme Merkel a obtenu l’acceptation de son fameux « pacte budgétaire ». Ce qui devrait imposer à François Hollande d’appliquer la « règle d’or » qu’il contestait à Nicolas Sarkozy…

Pour ma part, je serais évidemment ravi que les socialistes deviennent enfin raisonnables en matière budgétaire.

Cependant, cette série de sommets « pour sauver l’euro » commence à devenir lassante. Aucune mesure technocratique n’a permis de sortir de l’impasse. Il est temps que la politique redevienne prioritaire. Non pas la politique démagogique qui creuse le déficit par ses mesures clientélistes, mais la politique nationale qui choisit les priorités et les missions de l’État. Il est de plus en plus clair que ce n’est pas à l’État de s’occuper du logement ou de la culture.

Pour sortir de la crise de la dette, sortons de l’État nounou !

15 réponses à l'article : Pour sortir de la crise, sortons de l’État-providence

  1. HOMERE

    10/07/2012

    Pour faire dans l’esprit Joressien, et afin d’afiner son postulat que de piquer le pognon des gens et d’en faire  des confettis serait une théorie vaseuse de chez les socialos, je propose que les prélèvements fiscaux affectés à des actions bien explicitées dans leurs objectifs, fassent l’objet d’analyses au terme des dites actions,de manière à bien observer les résultats y relatifs.

    Alors nous aurons : soit un résultat positif qui satisfait le cochon de payeur, soit un résultat négatif.Dans ce dernier cas, l’état rembourse le porc de payeur avec l’intéret correspondant à la période considérée. En quelque sorte un prêt à taux zéro dans le premier cas, et au taux en vigueur dans le deuxième…….

    C’est ce que les socialos, qui ne comprennent rien aux affaires sérieuses, appellent le "donnant/donnant"

     

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  2. F

    10/07/2012

      Quand les socialistes n’ont plus d’argument, ils se rabattent sur la caricature. Le parti montre l’exemple depuis 15 ans, les troupes suivent…

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  3. ozone

    09/07/2012

    On ne sortira pas de "la crise" dans la mondialisation telle quelle s’est faite.

    Vous pouvez tourner autour du pot a loisir,on n’en sortira pas.

    Mathématiquement impossible,le transfert de points de croissance consentis l’empéche tout simplement,un effet produit une conséquence qui produit d’autres effets et ainsi de suite.

    La boule de neige.

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  4. HansImSchnoggeLoch

    09/07/2012

    L’état providence ou l’état socialiste est comparable au champ de Higgs dont la découverte vient d’être révélé il y a quelques jours au monde. Il alourdit la dynamique de l’industrie privée et en fin de compte l’ossifie. Les bosons ou fonctionnaires issus de ce champ s’accrochent chacun à tous les segments de l’industrie comme des tiques à des chiens.
    Le résultat peut être admiré de tous, un chômage record et une balance import / export dans l’infra-rouge. Nul  besoin de CERN pour découvrir ce fiasco.

    Continuez les mignons socialos vous irez loin. Le prix Nobel est en vue…

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  5. quinctius cincinnatus

    06/07/2012

    @ F

    j’espère pour vous qu’à l’issue de votre cycle de conférences vous serez patenté :

                                            " responsable mais pas coupable "

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  6. Jaures

    06/07/2012

    Finalement, je vous trouve tous bien socialistes avec vos "domaines régaliens"!
    Qui vous empêche de privatiser l’armée et la police ? De même la Justice, on peut tout à fait imaginer de lancer un appel d’offres pour que des entreprises de services juridiques proposent des prestations "clé en main" en fournissant juge, avocat, greffiers. Le service serait réglé ensuite par les justiciables condamnés. en cas d’insolvabilité, la charge laissée serait répartie sur les autres délinquants moins pauvres.
    De même, des diplomates professionnels peuvent être contractuellement embauchés puis évalués sur résultats.
    Franchement, vous comptez relever la France avec vos réformettes de gauchistes tièdes ?

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  7. F

    05/07/2012

      Les socialistes nous répètent que ce qui est prélevé par l’état étant redistribué, il participe à la richesse commune et donc n’appauvrit pas… ils réinventent par là le mouvement perpétuel qui, comme chacun sait est une hérésie. Poussons le raisonnement à l’extrême et imaginons un système où il n’y aurait que l’argent des uns qui est prélevé pour alimenter d’autres qui eux même dépenseront pour etc… etc…

       D’abord, il faut partir d’argent existant. Qui est arrivé comment? Puis, pour durer indéfiniment, il faudrait que ce système ait un rendement de 1. Ce qui est contre TOUTES les lois naturelles connues. Ne serait ce que par l’inflation, il est évident que cette "redistribution" perdra de sa valeur au fil du temps.

      Ensuite, par l’accroissement des bénéficiaires ce système est voué à la paupérisation. Sans même parler d’immigration qui flanquerait un bazar pas possible, le seul accroissement naturel de population entraînera un appauvrissement progressif qui se cumulerait avec la limitation précédente. Le cas typique est les 35 heures où, en partageant la même chose en part de plus en plus nombreuses, cela ne peut aboutir qu’à un appauvrissement…

      Un mouvement ne peut rester entretenu QUE par apport d’énergie extérieure (dans le cas qui nous intéresse, par CREATION de richesse) ce qui ne peut être fait par l’impôt qui ne crée rien, mais seulement par le travail, qu’il soit humain ou de capitaux .

      Et cette création, ce n’est certainement pas la redistribution qui en est à l’origine puisqu’elle ne fait que répartir différemment ce qui existe sans AUCUN apport. (répartition qui s’accompagne forcément d’une perte puisqu’aucun rendement ne peut être égal à 1: exemple, il faut bien payer ceux qui sont chargés de la répartition et qui n’apportent pas de richesse supplémentaire).
      Bref, l’impôt , indispensable par ailleurs appauvrit forcément. Il est donc indispensable de le limiter au strict nécessaire.
      Cela dit, je vous laisse car je me suis inscrit à un week end de conférences sur la responsabilité. (Quelle horreur)…
     

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  8. ozone

    05/07/2012

    Supprimons des délits,moins de délits moins besoin de jugements.

    Alors celui de séjour irrégulier passe a la trappe

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  9. PAULAU

    05/07/2012

    Au plus un domaine est régalien, au moins l’Etat s’en occupe.

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  10. F

    05/07/2012

      Quinctius, si les domaines régaliens sont dans un état pitoyable, c’est justement parce que l’état s’occupe de tout et s’en occupe par conséquent mal. En se limitant à ces domaines, il aurait des chances de s’en occuper correctement.
      Défense et Diplomatie ne sont pas prioritaires pour ce gouvernement, c’est vrai. Il n’en demeure pas moins que ce sont des domaines régaliens. C’est à dire que personne ne le fera à sa place.
      Ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’autres domaines où des gens plus compétents, mieux outillés et surtout plus responsables peuvent le faire avec bien plus d’efficacité.

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  11. quinctius cincinnatus

    04/07/2012

    @ F

    les domaines " régaliens " ( cela fait tout drôle dans un République de parler ainsi ) sont dans un …état pitoyable … et il y en a déjà deux ( parmi ceux que vous citez ) qui NE SONT  PAS PRIORITAIRES … la Défense et  la Diplomatie  … quant aux deux autres tout dépendra JUSTEMENT du LEGISLATEUR … et avec Madame Taubira ,comme Garde des Sceaux , on peut déjà affirmer sans risque de se tromper que l’affaire est dans le sac et bien ficelé … pour ce qui concerne Emanuel Valls il m’étonnerait fort que François Hollande lui donne les coudées franches pour la raison bien simple qu’il n’est à ce poste que pour donner l’ILLUSION  … et que jamais il ne l’autorisera à épauler par sa présence les hommes qui dépendent de lui  … ainsi il lui a déjà VIOLEMMENT INTERDIT de se rendre en Guyane Française après l’affaire des orpailleurs … ce qui n’est pas bon signe

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  12. ozone

    04/07/2012

    Explication tout a fait partial et partielle de la "crise".

    Ceux qui appliquent toute ces belles mesures ne tiennent leur tête hors de l’eau que parce qu’ils ne sont pas dans l’euro.

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  13. R. Ed

    04/07/2012

    Sept nouvelles lois par jour ( toutes comprises, y compris arrêtés municipaux), et lpratiquement jamais qui sont abrogées ( à part celle de la peine de mort )

    Et chaque citoyen est sensé connaître la loi (heu…, non, LES lois), la raison pour laquelle les juges au tribunal sont en permanence le nez fourré dans le code pénal.

     

    Puis, il y a la """ jurisprudence """ pour mettre la – pardon les – cerises sur le gâteau.

     

    Y doit y avoir quéqu’ chose comme 36 000 lois., soit plus de lois que de mots dans un dictionnaire.

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  14. Jaures

    04/07/2012

    Le ministère du logement se contente pour l’essentiel de redistribuer l’impôt sous forme d’aides au logement. Plus de 5 milliards su les 7 du ministère y sont consacrés. Si vous fermez ce ministère, il y aura plus de mal logés et moins d’activité sur ce secteur car qui vous dit que l’argent économisés par les contribuables (particuliers, entreprises) se reportera sur ce secteur plutôt que vers l’épargne ou les voitures de luxe ? De même, le ministère de la Culture gère pour l’essentiel les musées, les bibliothèques nationales et le patrimoine. pensez-vous que l’Eglise pourra collecter assez d’argent pour entretenir et restaurer les cathédrales ?
    F, aux Etats-Unis où l’enseignement est en grande partie privée, les étudiants sont si endettés que leur salaire, une fois dans le monde du travail, est insuffisant pour rembourser le financement de leurs études. On craint même qu’une bulle de ce crédit explose dans quelques années.
    Plus généralement, les pays où l’Etat est moins présent se portent-ils plus mal que les autres ? Le RU se porte-t-il mieux que le Danemark ? L’Irlande que la Suède ? Le Portugal que les Pays-Bas ?
    Et si ce qui compte n’était pas le prélèvement obligatoire, c’est à dire la part de l’Etat dans l’Economie, mais la manière dont ce prélèvement est géré ? Et, de même, l’argent qui n’est pas géré par l’Etat est-il toujours utilisé durablement pour le bien commun ?

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  15. F

    04/07/2012

      " Ce n’est pas à l’Etat de s’occuper du logement et de la culture".
    S’il n’y avait que cela, Monsieur Rouxel! En fait l’Etat devrait se limiter à ses domaines régaliens: Défense, Justice, Police, Diplomatie.
    Pour le reste, s’il est légitime qu’il y légifère, il n’a pas à s’en occuper directement.

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