Pour une sortie graduelle de l’euro

Posté le 09 mai , 2017, 1:57
6 mins

De l’avis général, Marine Le Pen a perdu le débat du 3 mai, notamment sur la question de la sortie de l’euro. Il me semble pourtant qu’elle aurait pu défendre sa position, et critiquer celle de son adversaire. J’ai donc tenté d’imaginer ce qu’elle aurait pu répondre :

Il faut d’abord rappeler que la monnaie remplit plusieurs fonctions, puisqu’elle est à la fois moyen d’échange, étalon de valeur et instrument de réserve.

Il faut aussi rappeler que cette monnaie peut être fiduciaire (comme celle de l’État qui devrait en garantir la valeur) ou scripturale (comme celle des banques qui créent cette monnaie évanescente, qui apparaît avec le crédit et disparaît quand il est remboursé, qui permet ainsi les échanges commerciaux et les plus grandes spéculations).

Le capitalisme financier, que représente M. Macron, se nourrit du mélange de ces monnaies et de ces fonctions. Car la même monnaie permet au travailleur d’acheter ce dont il a besoin avec son salaire ; elle permet d’utiliser des prestations familiales à n’importe quelle fin, y compris le financement du terrorisme ; et cette même monnaie permet au capitalisme financier de spéculer sur les monnaies, sur les valeurs et les transferts des entreprises, avec le plus grand mépris des personnes.

Ce capitalisme financier est distinct du capitalisme industriel. Le capitalisme initial, c’est celui de l’artisan qui économise pour investir dans un outil, mais tous les ouvriers n’ont pas le moyen d’investir, et c’est de là qu’est né le capitalisme industriel par lequel ceux qui ont de l’argent prennent le risque de l’investir dans des machines qui seront utilisées par des ouvriers. Les richesses ainsi produites permettent à l’investisseur et à l’ouvrier d’en partager les résultats. Bien sûr, comme dans tout système, il y a des abus, mais c’est ce capitalisme industriel qui a sorti une grande partie de l’humanité de la pauvreté. Alors que le capitalisme financier ne crée aucune richesse.

Quant à l’euro, personne n’i­gnore que la zone euro est la moins compétitive, même en Europe. Dans les 10 dernières années, le PIB réel par habitant, ajusté pour tenir compte de l’inflation, a progressé aux États-Unis de +3,3 % et de +0,6 % dans l’Union européenne et régressé dans la zone euro : -1,8 %. Toute monnaie doit être en accord avec l’économie d’un pays. À défaut, nous arrivons à la dette grecque qui devient absolument insoutenable. Bientôt, ce sera le cas de l’Italie et l’Espagne, puis de la France. Donc la remise en cause de l’euro est inéluctable. Pour ce faire, faut-il attendre le naufrage ?

L’économie est la spécialité de M. Macron, mais on peut se demander au bénéfice de qui, quand on voit les résultats qu’il a obtenus, pour lui d’un côté, et pour le pays de l’autre, en tant que conseiller économique, puis ministre des Finances, de M. Hollande. Pendant ces quatre ans, alors que tous les facteurs économiques mondiaux étaient favorables, il a conduit la France aux pires résultats qu’elle ait jamais connus : de mai 2012 à août 2016, les prélèvements obligatoires sont passés de 900 à 1 000 milliards par an (+ 11 %), la dette publique de 1 800 à plus de 2 200 milliards (+22 %), l’ensemble des chômeurs de moins de 5 millions à plus de 6 millions (+ 20 %).

Tout cela étant le résultat de la politique que M. Macron a appliquée et qu’il va poursuivre, dont fait partie cette monnaie inadaptée qu’il défend, et des abus d’un capitalisme financier dont il est le représentant. Capitalisme financier qui entend avoir de plus en plus la main sur la souveraineté nationale, son élection à la tête de l’État en est la démonstration.

À ce titre, il veut favoriser encore plus l’immigration, puisque c’est bon pour les bénéfices de ce capitalisme, qui veut voir des populations désargentées venir dans des pays disposant de richesses, afin de redistribuer celles-ci en vue de financer de la consommation, tout en bénéficiant de main-d’œuvre bon marché.
Le but est de consommer le plus possible en redistribuant les richesses économisées et en produisant au plus bas prix, pour le profit de ce capitalisme.

Ce dernier se fait sans vergogne l’allié des pays pétroliers musulmans qui sont, à la fois, des grands capitalistes et le moteur d’une immigration de masse.

La volonté de Marine Le Pen de sortir par étapes de l’euro et de retrouver une monnaie nationale interfère avec cette politique, et c’est ce qui inquiète le capitalisme financier, mais, malgré sa défaite à l’élection présidentielle, il est probable que le peuple français commence à comprendre le bien-fondé de la politique qu’elle propose.

3 Commentaires sur : Pour une sortie graduelle de l’euro

  1. BRENUS

    15 mai 2017

    N’ayant aucune prétention de compétence monétaire, je me garderais bien de discourir sur le sujet, même en citant d’éminents scientifiques. Il me parait, tout bêtement – merci de ne pas applaudir à cet aveu de médiocrité – que le simple bon sens, celui qui faisait autrefois la valeur de la pensée française mais qui hélas à sombré, doit nous conduire à considérer qu’il n’est pas tenable pour nous de rester dans une monnaie (euro) qui n”est autre qu’un mark sous coté. A moins de nous transformer rapidement par miracle nous ne pouvons pas nous aligner en compétitivité sur les produits allemands, même lorsque ceux ci sont assez pipeau, mais made in germany. Non pas que nous ne soyons pas capables techniquement d’égaler et même de dépasser les fameuse machines outils teutones qui ne sont sont pas grattées pour piquer les brevets français de solutions supérieures aux leurs dans nombre de cas. J’ai opéré dans la machine outil durant des années et il fut un temps, croyez moi, où un tour Cazeneuve par exemple était très au-dessus de ceux de ses concurrents allemands. Seulement, peu à peu, il est devenu invendable à son prix,. La boite a été siphonnée et la marque vendue aux espagnols de l’époque, c’est tout dire. Pareil pour les machines de tôlerie Loire passée en espagne (prononcer lo-i-ré) d’autres ont été reprises pour leur technique et liquidées par les japonais. La CGT a fait son maximum pour dézinguer notre industrie et la Plaine Saint Denis, alors temple du meilleur de la MO française est devenue une terre d’habitation de racailles détestant le France mais la bouffant jusqu’au trognon. Et avec cela vous voyez micronet donner des cours d’accueuil de migrants dans des écoles françaises à la télé (hier encore avec les flash backs lècheurs de fion sur la télé.

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  2. BRENUS

    12 mai 2017

    C’est parfaitement vrai et à la fois invraisemblable que MLP se soit débrouillée comme un manche face à micron au sujet de l’euro. Pourtant, il ne manque pas de gens clairvoyants et clairs sur le sujet ,dans son parti et plus encore, ailleurs, comme Asselineau, qui a balayé à fond tous les aspects de cette position. Pas possible MLP devait être sur les rotules, face à l’illusioniste. A moins que ce dernier n’ait utilisé à fond les techniques de la PNL qui marchent souvent assez bien. Surtout sur des individus très fatigués.

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    • Hilarion

      12 mai 2017

      Le sujet de la monnaie est très complexe, et si l’on faisait un micro trottoir, trouver des gens capables de donner un avis pertinent sur le sujet reviendrait à trouver une aiguille dans une botte de paille. Les simples citoyens ne sont d’ailleurs pas les seuls dans ce cas, il suffit d’écouter la cacophonie générée par les économistes eux mêmes sur le sujet pour comprendre. Que Marine Le Pen n’ait pas pu faire un cours d’économie sur le thème de l’€ en cinq minutes est assez compréhensible, à supposer d’ailleurs qu’elle ait du sujet une maîtrise suffisante. Le Prix Nobel 1988 d’économie Maurice Allais de formation scientifique, X Mines a écrit sur le sujet des choses fort instructives dont on pouvait conclure que la monnaie unique usitée par des économies aussi disparates que celles des différents pays pilotés par “Bruxelles” n’avait non seulement pas de sens, mais ne pouvait que déboucher sur des catastrophes. Le même M.Allais avait prévu dès les années 95 la crise survenue en 2008 qui était le résultat d’une déconnection entre le capitalisme productif et le capitalisme purement financier qui, pour improductif qu’il soit, n’en était pas moins fixé sur le premier comme le vampire sur sa victime. M. Allais quel que soit son talent et un raisonnement appuyé scientifiquement a été occulté par les médias. Mais on sait bien au pays de Descartes qu’il ne suffit pas d’avoir raison pour être écouté, surtout si cette vérité remet en cause de puissants intérêts.

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