Pouvoir d’achat et temps de travail

Posté le 05 février , 2019, 2:46
6 mins

L’ensemble de la classe politique, depuis quarante ans, a fait croire aux travailleurs français que l’on pouvait vivre mieux en travaillant moins.

Depuis « l’union de la gauche » et ses 110 propositions, utopiques pour nombre d’entre elles, que Mitterrand a mises en place dès son arrivée en 1981, notre pays s’enfonce dans la décadence économique.

Le grand mensonge a été de faire croire qu’en réduisant la durée du travail et en abaissant l’âge de départ en retraite (60 ans au lieu de 65), les Français, parce qu’ils seraient les meilleurs, pourraient concurrencer leurs voisins qui, eux, continuaient à travailler plus.

Deux années plus tard, après 3 dévaluations (3 % en 1981, 5,75 % en 1982 et 8 % en 1983), le gouvernement Mitterrand 2 fut obligé de faire volte-face – mais, malheureusement, sans revenir sur les deux causes majeures que sont la réduction du temps de travail et l’abaissement de l’âge de la retraite.

On aurait pu croire que la droite, revenue au pouvoir en 1995, abrogerait ces deux mesures. Que nenni ! Chirac et son Premier ministre de l’époque, un certain Juppé, tentèrent une réforme des retraites mais, devant la rue, la retirèrent 4 jours après !

Nouvelle cohabitation de 1997 à 2002 et, là, on frise la « folie ». En effet, persuadés qu’ils n’allaient pas gagner les législatives, les socialistes ajoutent à leur programme la baisse du temps de travail à 35 heures.

Martine Aubry, « la dame des 35 heures », fut chargée de la mise en œuvre. On peut juger de sa malhonnêteté. En 1991, la droite avait proposé les 35 heures, mais sans obligation. À l’époque, devant plusieurs milliers de militants CFDT au Zénith, Mme Aubry déclarait : « Je ne crois pas qu’une mesure généralisée de réduction du temps de travail créerait des emplois. » Elle récidivera en février 1993, en conseil des ministres : « Il n’est pas responsable de parler des 35 heures. »

C’est donc cette même personne qui imposera les 35 heures.

Le seul chef d’État qui l’encouragea fut le chancelier Gerhard Schröder qui tint ce langage : « Je suis pour les 35 heures … en France, ça sera très bon pour notre industrie. » La démonstration en a été faite dans les dix années qui suivirent.

La droite a, bien sûr, « hurlé », lorsque cette mesure fut rendue obligatoire, mais s’est refusée à l’abolir, aussi bien Chirac que Sarkozy – qui, faute de courage, a essayé, vainement, d’en réduire la nocivité.

Le Président « normal » a fait ce qu’il savait faire, c’est-à-dire rien, si ce n’est un retour à la retraite à 60 ans, que Fillon avait réussi à passer à 62 ans.

Son successeur a été hypocrite. Dans sa fonction de conseiller économique de Hollande, lors d’une réunion avec le mouvement ETHIC, il a convenu que les 35 heures avaient fait beaucoup de mal à notre économie.

Il a même envisagé de rejoindre la communauté des entrepreneurs après son éviction, allant jusqu’à déclarer, la semaine précédant sa nomination comme ministre de l’Économie, dans « Le Point » sa détestation de cette loi.

La semaine suivante, il ne la trouvait plus si mauvaise que ça. On peut penser que son poste d’alors ne lui permettait pas d’imposer sa suppression. Mais, maintenant, « Jupiter » ne le fait toujours pas.

La situation actuelle, chamboulée par la révolte des Gilets Jaunes, est la suite logique de tous les renoncements et lâchetés de nos politiciens.

Le Président actuel ne fait pas exception : il se défausse de sa responsabilité en demandant au peuple de lui donner les solutions. En temps de guerre (et nous y sommes en économie), est-ce qu’un général va demander au deuxième classe de lui dire ce qu’il doit faire ?

Alors qu’une majorité de Français souhaite avoir un vrai chef à la tête du pays, est-il concevable de prendre en considération des revendications à conséquences économiques telles qu’on les voit poindre : augmentation de 40 % du SMIC et des retraites, baisse du temps de travail à 32 heures, spoliation des riches (comme si ce n’était pas déjà le cas) et, cerise sur le gâteau, augmentation du nombre de fonctionnaires ?

À cause de ces quarante années de mensonges politiques, nos compatriotes ont en moyenne un pouvoir d’achat 30 % inférieur à celui de nos amis allemands – et, comme par hasard, 30 % de temps de travail en moins (de la sortie d’école à la retraite) !

Oui, n’en déplaise à mon parti, « trop de Français oublient le sens de l’effort ». Mais les coupables ne sont pas les Français ; ce sont nos hommes politiques qui, depuis quarante ans, leur font croire au « Père Noël ».

4 Commentaires sur : Pouvoir d’achat et temps de travail

  1. HansImSchnoggeLoch

    6 février 2019

    Les américains disent “there is no free meal” et ils ont raison..
    En France on pense comme le Chef Gusteau dans Ratatouille que n’importe qui peut cuisiner et qu’en plus les mets sont gratuits.
    Seul le parti d’Antonia Ego ose critiquer cette conception mais elle est très seule.

    Les asservis des ex-pays de l’Est disaient: “ils font semblant de nous payer et nous faisons semblant de travailler”.
    En France on serait assez bien payé, mais le fisc ramasse presque la moitié de la mise en déductions diverses.
    Et ce qui reste ne suffit pas pour fréquenter le restaurant “Gusteau”.
    Dommage on goûterait bien d’un de ses plats fut-il concocté par un rat.

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  2. IOSA

    6 février 2019

    Quand la baignoire fuit de partout, il ne sert à rien d’ouvrir en grand le robinet des impôts et si pour une fois on bouchait les trous ?

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    • kavulomkavulos

      7 février 2019

      Là est toute la question. Si vous êtes dans un bateau qui prend l’eau de partout, est-il préférable d’écoper à en crever, ou de commencer à boucher les trous.

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      • HansImSchnoggeLoch

        8 février 2019

        Pour Macron pas de problèmes, il marche sur l’eau lui.

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