Réduire le nombre de fonctionnaires

Posté le 17 octobre , 2018, 4:05
19 mins

Jusqu’à présent, M. Macron excelle, comme ses prédécesseurs, à augmenter la pression fiscale sur les Français. Mais il n’a encore rien annoncé de tangible dans le domaine des réductions de dépenses de l’État Moloch. Les économies ne se feront pas sans une réduction importante du nombre d’agents de la fonction publique, qui sont environ 5,5 millions de personnes.

Son objectif, bien modeste, de réduire ce nombre de 120 000 pendant son quinquennat est déjà hors d’atteinte car presque rien n’a été fait jusqu’ici.

La simple réduction annoncée de 1 800 postes dans l’Éducation nationale, qui en compte plus d’un million, soulève des protestations. Chaque fois que l’on évoque ces problèmes, on cristallise les attaques de tout bord : offense aux agents dont on a l’air de dire qu’ils ne font rien, casse du service public, incohérence au moment où il faut plus d’effectifs dans les services de sécurité, de défense, de justice et de santé. À croire que la fonction publique est intouchable en république.

C’est oublier :

– Que les postes ne correspondent pas tous à des besoins. L’État et les collectivités territoriales ont embauché à tour de bras, par pur souci électoral ou pour faire baisser les statistiques du chômage.

– Que le temps de travail hebdomadaire théorique de 35 heures est, dans les faits, rarement effectué, avec certains écarts incroyables : conducteurs de la SNCF, environ 27 heures, aiguilleurs du ciel 21 heures
par semaine, 100 jours par an, etc.

– Que l’informatisation facilite de nombreuses tâches et entraîne des gains de productivité presque jamais compensés par des réductions d’effectifs.

– Que l’absentéisme moyen est deux fois plus élevé dans le public que dans le privé.

– Que les agents publics dans les pays comparables au nôtre sont, toutes choses égales par ailleurs, nettement moins nombreux. Ces pays sont-ils pour autant moins bien administrés ?

– Que, quand on embauche un fonctionnaire, l’État s’engage pour 60 ans au moins en comptant la retraite.

Oui, il y a globalement trop de fonctionnaires ou assimilés chez nous, même si, par secteur d’activité, le constat peut parfois être inverse. On peut et on doit en réduire le nombre. Ce n’est pas les stigmatiser. Ils sont utiles, indispensables. J’ai été moi-même agent de l’État toute ma vie. Mais il en faut le nombre nécessaire ; pas plus. Ce nombre s’apprécie par secteur d’activité. S’ils participent à la vie de la collectivité, c’est elle qui les paye et il est donc normal qu’elle s’assure de leur nécessité.

Évidemment, il y a des secteurs d’activité où les effectifs doivent être renforcés : sécurité, défense, justice, santé peut-être. Les gains doivent être faits sur le reste, en fonction des priorités.

M. Fillon, dans son programme électoral, avait proposé de réduire de 500 000 le nombre de fonctionnaires et assimilés en 5 ans, ce qui avait fait hurler même parfois dans son propre camp. Était-ce si absurde ?

On peut se livrer au petit calcul suivant. Il y a donc en France environ 5,5 millions de fonctionnaires ou assimilés. L’absentéisme dans la fonction publique est de 11 %, alors qu’il est de 6 % dans le privé : 11 %, cela représente 605 000 agents absents en permanence de leurs lieux de travail.

Si ce taux était ramené à 6 % comme dans le privé, il y aurait seulement 330 000 absents ; économie : 275 000 postes qui pourraient être supprimés.

Comment faire ? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’établissement de trois journées de carence pour le « public » (d’ailleurs dans un simple souci de justice sociale avec le « privé ») compenserait sans doute la suppression de ces postes.

Plus que 225 000 postes à trouver pour atteindre l’objectif.

Considérons alors les corporations dont le temps de travail est de loin inférieur aux 35 heures. Les agents de la fonction territoriale, par exemple, travaillent en moyenne à peine 32 heures. Sans parler des postes inutiles créés dans beaucoup de secteurs.

Il est probable que les 225 000 postes restant à supprimer pourraient être trouvés là. La suppression des 35 heures donnerait une souplesse supplémentaire.

Le principal obstacle viendrait des délais nécessaires pour conduire des travaux qui devraient aller dans le détail, des délais de formation à de nouveaux emplois, etc.

L’objectif est sans doute plus lointain que celui d’un quinquennat. Raison de plus pour ne pas se mettre davantage en retard. Mais on n’en prend pas le chemin.

 

La version longue de cet article est disponible ci-dessous pour les abonnés :

 

Vous devez vous connecter ou vous abonner pour avoir accès à ce contenu.

ARTICLE PRÉCÉDENT

Fiscalisme

5 Commentaires sur : Réduire le nombre de fonctionnaires

  1. NOX

    21 octobre 2018

    Réduire le nombre de fonctionnaires permet de faire baisser le chômage. La Grande Bretagne en a fait récemment la démonstration avec le gouvernement Cameron. Il a supprimé un nombre considérable d’emplois de fonctionnaires, plus de 500 000. Et pour chaque emploi public supprimé il y a eu deux emplois privés créés…

    Répondre
  2. HANSIMSCHNOGGELOCH

    18 octobre 2018

    Le fonctionnariat est un moyen pratique pour faire baisser la courbe du chômage.
    Tous les gouvernements de ces dernières 40 années s’en sont servis.
    C’est le résultat de l’état-stratège qui voulait nous montrer qu’il savait péter plus haut que son cul.
    Remettre le nombre de fonctionnaires dans des proportions utiles est mission impossible.
    Il fallait y penser avant.

    Conclusion: la descente aux enfers continue sous Macron, ce pays est foutu

    Répondre
  3. quinctius cincinnatus

    17 octobre 2018

    à propos de l’ efficacité du fiscalisme

    à Neuilly sur Seine, mais oui dans quel monde vit on ma brave dame, un homme d’ une trentaine d’ années a été abattu par des tireurs ” scotérisés ” ( non il ne s’ agissait pas de Bidochon ) au volant de sa Porsche Cayenne ( trop drôle … Cayenne ) toute neuve

    ce jeune-homme exerçait le modeste emploi de … vigile ( oui vous avez bien lu, vigile et défense de rire dans les rangs )

    son prénom est Mohammed , ce qui est surprenant vous en conviendrez,; son frère cadet a déjà été ” abattu ” sans que l’ enquête de police ait pu donner le début d’ une explication à l’ honorable … famille pour faire son deuil de cette exécution sommaire ; le police se pose aussi des questions pour ce second décès bien regrettable et … gratuit !

    moi j’ ai eu un rappel pour UNE note de garage non transmise ! mais qu’ un vigile roule en Porsche Cayenne ne semble pas ” questionner ” le moindre du monde le Fisc Grand Inquisiteur

    Répondre
    • HANSIMSCHNOGGELOCH

      18 octobre 2018

      Neuilly, Cayenne et Mohammed.
      Surtout pas d’amalgame car la loi veille…

      Répondre
  4. quinctius cincinnatus

    17 octobre 2018

    il ne faut pas seulement les ” réduire ” ( sic ) , il faut aussi les faire travailler et si possible … efficacement !

    mais comment le pourraient ils avec ces avalanches de lois , textes et directives qui chaque jour s’ accumulent sur les bureaux ?

    Répondre

Répondre

  • (pas publié)