Retour à l’étatisme des années 70

Posté le janvier 30, 2005, 12:00
5 mins

Jacques Chirac a profité des cérémonies de présentation des vœux du début de l’année pour annoncer la mise en place d’une nouvelle grande politique industrielle.
Elle s’inspirera du rapport rédigé par le président du groupe Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa. Elle se traduira par la création, dès cette année, d’une « agence pour l’innovation industrielle », dont le président sera, sans nul doute, le même Jean-Louis Beffa…
Le Président de la République a énuméré une longue liste de secteurs qui, selon lui, n’attendraient qu’un coup de pouce sous la forme d’un financement public supplémentaire, en matière de recherche ou de développement, pour déboucher rapidement sur un surcroît d’activités et donc d’emplois.
Certes, on ne parle plus comme il y a trente ans de « créneau » qui, fort du soutien de la puissance publique, devait hisser la France aux tous premiers rangs mondiaux, aussi bien dans le domaine de l’électronique, du téléphone, la mécanique, la machine-outil, et même la génétique ou la biologie.
Mais l’idée est la même : quelques technocrates brillants savent mieux que le marché ce qu’il conviendra de produire demain et donc d’inventer aujourd’hui.
On n’en est plus à définir au sein d’une commission administrative les caractéristiques des fixe-chaussettes mais, quand il s’agit d’énergie, d’espace, de transports publics et de toutes sortes de techniques de pointe, la tentation demeure très forte de faire plutôt confiance aux têtes d’œuf.
Pourtant, depuis le « plan-calcul » jusqu’au fiasco de « l’informatique pour tous », tous ces programmes publics ont soit échoué lamentablement, soit fourni des résultats médiocres.
Pour prouver le contraire, on cite toujours les centrales nucléaires, la fusée Ariane ou bien le programme Airbus. Mais, comme le notait Bernard Zimmern (iFrap) dans sa tribune libre publiée par « Le Figaro » du 10 janvier, on serait effaré si on faisait le total de l’argent public dépensé par emploi dans ces domaines. En outre, s’agissant du nucléaire, comme aucune installation n’a encore été entièrement démontée, aucun site réhabilité, on peut difficilement établir un bilan sincère, incluant ce que les économistes appellent les « externalités ».

Libérer l’économie et les entreprises


Pour créer durablement de la croissance et de l’emploi, il faut et il suffit de libéraliser l’économie, de favoriser la création d’entreprises et surtout de permettre aux créateurs de trouver facilement l’argent dont ils ont besoin pour mener à bien leurs premières opérations tout au long des premières années des premiers pas de leur « boîte ».
Les pays qui créent davantage d’emplois que nous ne sont pas ceux qui ont mis au point une politique industrielle plus faramineuse mais au contraire, ceux qui, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, favorisent les créateurs d’entreprises, et ceux qui les financent, les « business angels ».
Pour la prospérité de notre pays et l’emploi de nos enfants, l’important n’est pas de savoir ce que sera demain la place de la France dans l’activité qui résultera du développement d’une nouvelle pile à combustible, de l’énergie solaire, ou des bio-médicaments ; c’est de savoir que de nouvelles entreprises pourront se créer en grand nombre et se développer en ayant accès directement à l’épargne privée. Le reste, le marché et les entrepreneurs s’en occupent…
Aujourd’hui comme hier – et, il y a trente ans, nous étions dans cette période de l’après choc pétrolier qui justifiait tous les regains de dirigisme –, ceux qui nous gouvernent, dans le secret de leurs bureaux, reconnaissent souvent que le volontarisme industriel ne peut pas mener bien loin. Mais ils sont pressés : la prochaine élection présidentielle est pour 2007. Il faut créer de nouveaux emplois.
La politique qu’ils préconisent échouera. Mais, espèrent-ils, elle fera bien illusion une fois encore…

3 réponses à l'article : Retour à l’étatisme des années 70

  1. N.

    31/01/2005

    Quand on entend parler de Chirac on hésite entre vomir et s’écrouler de rire… Il mêne une politique d’un autre âge et ment à son électorat comme un arracheur de dents. De plus ce débris compte se représenter en 2007 (sûrement pas pour échapper à la justice hein ! ne me faites pas dire ce que je pense trop fort 🙂 ) alors il faut que les chiffres soient bon et que l’électorat se fasse entuber (avec ou sans vaseline) comme d’habitude.

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  2. ben

    30/01/2005

    Tout cela est malheureusement vrai…Les solutions permettant une progression de la croissance et de l’emploi sont bien connues(libéralisme…)mais la France continue sa politique étatique qui est un véritable non-sens économique.

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  3. olivier trehard

    30/01/2005

    Chirac me fait penser à ces châtelaines désargentées qui continuent à avoir leurs pauvres. Ce charmant garçon est assis sur un coffre fort vide. Vends d’abord quelques bijoux supplémentaires mon coco pour assurer tes fins de mois.(France télécom, autoroutes, EGF…) Il est comique d’assister à des réunions de théorie économique, dans le désastre actuel. Il fait penser aux prêtres qui discutaient du sexe des anges dans Sainte Sophie de contantinople, quand les Turcs étaient sur les remparts. Ce Chirac me plaît de plus en plus, il devient drôle…

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