Retraite : « réforme » et absurdités

Posté le septembre 04, 2013, 10:15
47 secs

J’ai commencé à travailler à 15 ans, 45 heures par semaine avec deux semaines de vacances. L’âge légal de départ en retraite était 65 ans. L’espéran­ce de vie ne dépassait alors guère cet âge. Aujour­d’hui, l’espérance de vie s’est allongée, l’entrée dans la vie active se fait beaucoup plus tard, la plupart des métiers sont moins pénibles, la retraite a été avancée, et nos politiciens jurent qu’il est interdit d’y toucher. Cherchez l’erreur !

Roger Saint-Pierre
La Rochelle (17)

Courrier des lecteurs des 4 Vérités Hebdo

6 réponses à l'article : Retraite : « réforme » et absurdités

  1. AG

    05/09/2013

    1. Ce qui compte, ce n’est pas l’allongement de la durée de la vie, mais la durée de la vie en bonne santé : or, celle-ci est, en moyenne, de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes.

    A partir de ces âges-là, les individus commencent à être atteints, en proportion de plus en plus grande, par les maladies chroniques, caractéristiques des « vieux » : diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires, Parkinson, Alzheimer. Ils commencent aussi à éprouver une baisse des diverses fonctions : vue, ouïe, réflexes, mémoire, capacité à recouvrer des fatigues, etc.

    – Or, être à la retraite en n’ayant plus qu’une partie de ses capacités ou en souffrant une partie de la journée, ce n’est pas vivre, c’est supporter le temps. La retraite ne se conçoit qu’en en jouissant à plein, autrement c’est une arnaque…

    2. L’allongement de la vie a été dû, précisément… à ce qu’on a avancé l’âge de la retraite ! Au-delà de 60 ans, en effet, les divers stress (physiques, psychologiques) sont beaucoup plus durement ressentis et concourent plus fort à la survenue des maladies, donc au raccourcissement de la vie.

    – Et de fait, on a constaté que la tendance, observée depuis la fin de la guerre, à l’allongement de la vie, avait tendance à se ralentir, voire à s’inverser dans nombre de pays industriels, et ce, notamment sous l’effet de la crise économique.

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  2. 04/09/2013

    Certes le temps de travail hebdomadaire était à 45H, mais le travail se trouvait à proximité du domicile, aujourd’hui, personne n’associe le temps consacré aux trajets pour se rendre à son travail. Quand aux regimes de retraite, il n’y aurait pas cette polémique si nous connaissions le plein emploi, et par conséquent une augmentation du nombre de contributeurs.

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    • AG

      05/09/2013

      Denisot

      – Il est vrai que le nombre de contibuteurs (c’est-à-dire de la population active) importe. Mais :

      1. Les contributeurs ne soutiennent pas la population retraitée à bout de bras mais avec la production qu’ils fournissent (et dont l’argent : salaires + profits + retraites) n’est que la contrepartie monétaire. Or, ce qui importe, c’est cette production, elle-même fruit de la productivité : or celle-ci a augmenté tout au long du siècle, et bien plus que la population âgée. En 1913, 45 % d’agriculteurs nourrissaient 42 millions d’habitants. Aujourd’hui 3 % en nourrissent 65 millions.

      2. Depuis 30 ans, les gains de productivité ont été inégalement partagés : entre capital et travail, le partage s’est déplacé de 7 à 8 points au moins en faveur du capital. Si la répartition était restée la même, les contributions salariales, assises sur des salaires plus haut, auraient équilibré les caisses de retraite.

      3. Ce qui pèse sur la population active, ce n’est pas seulement la population âgée mais aussi la population jeune. Or, alors que la première a augmenté, la seconde a diminué : ce facteur est systématiquement omis par ceux qui nous présentent une vision apocalyptique des retraites.

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      • quinctius cincinnatus

        05/09/2013

        dans le point 3 il faut préciser …

        … une population jeune véritablement active ( c’est à dire suffisamment nombreuse et éduquée pour créer de la richesse )

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        • AG

          06/09/2013

          Quinctius Cincinnatus

          – La population jeune ne peut être véritablement « active » : même la jeunesse qui reçoit l’éducation la plus élevée, moyennant les études les plus longues (Normale Sup, Polytechnique, médecine, Ecole des Chartes, ESSEC), jusqu’à 24/25 ans, est une population qui ne « rapporte » pas encore. Elle pèse donc sur la population active.

          – Par ailleurs, entre la génération dite du baby-boom (1946-1961 en très gros) et la génération suivante, il y a environ 200.000 naissances de moins. En toute logique, rien que par effet mécanique, sans faire d’efforts, il devrait y avoir 200.000 emplois pourvus automatiquement.*

          – Le problème, c’est que la crise et les diverses modifications entreprises dans un sens ultralibéral ont vidé une grande partie de ces emplois de cette substance : ce sont souvent des CDD, et même des CDD à temps partiel.

          – * Des esprits chagrins ont fait remarquer qu’un « vieux » qui part à la retraite ne libère pas automatiquement un poste pour un jeune car les postes ne sont pas les mêmes. Cette remarque, en bonne partie, est spécieuse.

          – Parce que le poste atteint par le vieux en fin d’activité peut être un poste d’encadrement auquel ce « vieux » aura accédé au cours des années lentement, mais qui pourra être pourvu immédiatement par un jeune, bien mieux formé à son entrée dans la vie active que le vieux ne l’était dans la sienne,

          – Parce que dans le cas où le vieux part, il libère une place qui est occupée par un plus jeune de quelques années, lequel libère un autre poste et ainsi de suite jusqu’au plus récent entrant.

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