Riches et développement économique

Posté le 20 novembre , 2017, 1:40
5 mins

Je m’attendais, certes, à des réactions à mon article du n° 1116, et je m’en réjouissais parce que cela ne serait pas la peine d’écrire si c’était pour ne pas apporter d’idées un peu différentes de ce que l’on lit partout et donc susceptibles de choquer.

Mais j’avoue que la réaction de M. Schiehl (n° 1118) m’a surprise, au point que je me demande s’il a réellement lu cet article.

Je l’ai sous les yeux, et je n’y trouve rien de ce qu’il y a lu. Je n’y ai pas dit que la richesse d’un pays provenait des riches et il n’y était nullement question de cette richesse collective.

Richesse dont il pense à juste titre qu’elle tire une partie de sa source dans le progrès technique et l’accroissement de la productivité.

Mais dont il voit aussi la cause dans l’épargne, considérée comme ce qui n’est pas consommé. Or une épargne non consommée, c’est précisément cette forme de thésaurisation égoïste dont je pense qu’elle nuit à l’économie et plus encore aux pauvres.

Ce n’est qu’au moment où elle est consommée, par la dépense raisonnable ou par l’investissement dans des entreprises et des activités utiles et rentables, que l’épargne contribue à l’enrichissement collectif. Mais c’est l’objet de sa réponse, non celui de mon article.

L’objet de mon article, c’était de constater qu’à partir du moment où les très hauts salaires sont honnêtement gagnés, ce dont seuls peuvent décider ceux qui les paient (à savoir, dans les grandes entreprises privées, les actionnaires qui prélèvent ces salaires sur leurs bénéfices) et à partir du moment où, dans ces entreprises, les salariés modestes peuvent néanmoins subvenir à leurs besoins grâce à leur salaire (car on ne saurait, évidemment, accepter qu’un salarié faisant honnêtement son travail ne puisse satisfaire ses besoins essentiels), l’inégalité, même importante, des revenus n’a rien de scandaleux.

Et qu’au contraire, dans le cas où les pouvoirs en place imposeraient une très faible amplitude des rémunérations, il n’y aurait plus personne pour pouvoir faire le type de dépenses qui permet la création d’entreprises dont les activités ne se contentent pas de répondre aux besoins les plus élémentaires.

S’il n’y a personne pour pouvoir acquérir des biens plus luxueux, il ne se créera pas d’entreprises pour les produire, et donc pas de nouveaux emplois. Si bien que la « classe moyenne prospère » dont parle M. Schiehl n’aura aucun moyen de naître. En revanche, ceux qui sont aujourd’hui sans emploi le resteront, voués à la misère ou à l’assistanat.

Bien entendu, la dépense raisonnable des riches ne rend pas riches tous ceux qui travaillent pour satisfaire les goûts et désirs qu’ils sont en mesure de financer, mais elle leur donne un emploi avec un salaire décent et certains d’entre eux, grâce à leurs capacités supérieures, accéderont à cette « classe moyenne prospère » et quelques-uns deviendront riches eux-mêmes.

Certes, il y a des pays qui comptent beaucoup de très riches sans que le sort des pauvres en soit, si peu que ce soit, amélioré. Mais, dans ces pays, ces riches tirent-ils leurs hauts revenus de la rémunération d’une activité dont ceux qui la paient estiment qu’elle vaut autant ? Et en consacrent-ils au moins une partie à des dépenses et des investissements qui permettent à de plus modestes d’améliorer leur sort ? Il me semble, d’une part, qu’il s’agit essentiellement de richesses qui ne proviennent pas de leur activité et que, d’autre, part, ils préfèrent réduire en esclavage une population à leur service plutôt que de l’aider à sortir de la grande pauvreté.

Ce n’était pas de ce type de richesse ni de ce type de comportement que je parlais (pas plus que des salaires mirobolants de certains joueurs de balle au pied).

3 Commentaires sur : Riches et développement économique

  1. HOMERE

    25 novembre 2017

    Mais pourquoi donc les français épargnent ils si égoïstement ?
    Eh bien,ma foi,c’est :
    1 Parce qu’ils ont les moyens de le réaliser et pas ceux de les soustraire au fisc, par évasion exotique,
    2 Parce que l’insuffisance politique de créer les conditions propres à stabiliser les prélèvements et à maîtriser les dépenses inconséquentes les obligent à thésauriser pour s’en prémunir…c’est aussi simple que celà !!!
    Nous savons tous ici,sauf ceux qui feignent de l’ignorer,que l’épargne des français est la garantie souveraine des emprunts dont nous usons et abusons pour éviter que les riches abondent dans des placements à la rentabilité minable !!
    C’est pure honte que de décliner des âneries de cet acabit !!

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  2. quinctius cincinnatus

    23 novembre 2017

    le paris d’ Emmanuel Macron est le suivant : …

    il pense qu’ en faisant des ” cadeaux ” aux ” patrons ” ceux ci vont se transformer en ” investisseurs … industriels ” sur le territoire français … j’ ai de gros doutes : ils prendront l’ argent et iront le ” placer ” ailleurs

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  3. quinctius cincinnatus

    20 novembre 2017

    Madame,

    pour être bien comprises les choses doivent être exprimées clairement … ainsi …

    je suis, depuis toujours, un adversaire du capitalisme financier et, pour ce qui vous concerne, votre propos ne peut être clair puisque tous vos articles laissent à penser que vous n’ êtes pas si hostile que cela à ce type de capitalisme

    à cette occasion j’ apporte mon soutient entier , pour une fois, à Mr Myard

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