Sarkozy : il a osé le Karcher mais a eu peur de la rigueur

Posté le avril 23, 2008, 12:00
8 mins

Un fantastique candidat à l’élection présidentielle, comme Nicolas Sarkozy l’a été, il y a un an, ne devient pas forcément un grand chef d’État. Les exemples abondent.

Le champion de l’UMP à l’élection du 22 avril 2007 l’a emporté grâce à ses qualités exceptionnelles et à un positionnement parfait : à droite, sans complexe, en rupture avec son prédécesseur (et longtemps son mentor…)

Mais ce positionnement semble n’avoir tenu que le temps d’une campagne. Car ni l’ouverture à gauche, ni l’acceptation de la Constitution européenne, version Traité de Lisbonne, n’étaient vraiment dans la ligne de la rupture annoncée. Plutôt à l’inverse.
Quant à la réforme – terme finalement préféré à celui de rupture par le Président –, elle n’était envisagée qu’à la condition d’être acceptée par les personnels concernés eux-mêmes, y compris par les syndicats, hier qualifiés de forces vives et aujourd’hui appelés à devenir plus forts (plus riches aussi, peut-être ?…).

Deux conceptions s’affrontaient au sein de la majorité : les partisans de la réforme nette, franche et rapide, et les ceux de la réforme douce, par consensus. Le Premier ministre et son ministre de l’Économie appartenaient aux premiers. La majorité du groupe UMP aussi. Mais l’Élysée faisait et fait toujours confiance au talent manœuvrier du président et de ses conseillers, en tête desquels l’inusable Raymond Soubie (entré dans son premier cabinet ministériel en 1969, et conseiller social du Premier ministre dès 1974 !), pour convaincre les tenants du statu quo et faire bouger les conservatismes.

Sans doute la réforme douce, consensuelle, ne permet-elle pas les bouleversements, mais elle limite les risques de crise sociale. Tel était le raisonnement officiel. Il pouvait se défendre. À la condition de produire rapidement plus de fruits. Car il est certain qu’une méthode plus énergique, mise en œuvre sans délai, aurait déjà permis d’engager et d’observer le redressement que chacun attendait, et qui risque de ne pas se produire avant longtemps…

La méthode présidentielle a été théorisée la 4 avril dans une allocution prononcée symboliquement à Bercy, devant une assemblée d’élus et de hauts fonctionnaires, après la deuxième réunion du « Conseil de modernisation des politiques publiques ». Le chef de l’État a dit : « Ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c’est la réforme qui permettra les économies ».

Au-delà de la part de jeu de mot d’une telle formule – sans doute soufflée par son conseiller et inspirateur Henri Guaino –, on comprend que deux logiques sont possibles. La première consiste, de l’intérieur, à inciter toute l’administration (de l’État, pour commencer), du niveau central au service voire au bureau décentralisé, à se remettre en question, à se moderniser, pour être plus performant et éventuellement plus économe.
C’est ainsi qu’au ministère de l’Intérieur, on a fait des propositions pour rationaliser les procédures du permis de conduire et faire des économies sur l’envoi de la propagande électorale… En mettant bout à bout le rendement attendu de plusieurs centaines de mesures de cette nature on arrive à des économies potentielles de quelque sept milliards d’euros. Mais, pendant ce temps-là, le déficit de l’exercice budgétaire en cours est de l’ordre de 50 milliards. La méthode Sarkozy est bonne, mais pas du tout à la hauteur du problème posé.

La seconde méthode aurait consisté à ce que le pouvoir politique fixe un objectif ambitieux de réduction des dépenses, sans doute de l’ordre de 20 % du total des engagements de l’État, demande à un petit groupe d’experts de préciser la nature et la dimension des coupes, et ensuite seulement se concerte avec les intéressés sur les modalités.

C’est ainsi que cela se passe partout, dans toute entreprise contrainte à se redresser, et même aujourd’hui au journal « Le Monde » !
Contrairement à ce que semble croire le Président, toujours, ce sont les économies qui font la réforme ! C’est parce que telle banque doit équilibrer ses comptes qu’elle annonce illico un plan de licenciements, et que le jour même son cours de bourse remonte ! Non pas, comme le prétendent nos journalistes économiques de gauche, pour saluer la casse sociale, mais parce que c’est le gage d’une gestion plus performante et d’une compétitivité retrouvée.

La pédagogie, la vision, la cohérence sont dans les économies elles-mêmes. En leur tournant le dos, Nicolas Sarkozy a non seulement joué petit bras. Il s’est surtout privé d’une méthode simple et éprouvée, qui se nomme la rigueur ! Et qui a marché partout où elle a été mise en œuvre…

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7 réponses à l'article : Sarkozy : il a osé le Karcher mais a eu peur de la rigueur

  1. Anonyme

    28/04/2008

    Pour faire simple, mais être très clair:

    MITERRAND en 1981 s’est fait élire en escroquant les voix du "petit peuple " de gauche, tandis que SARKOZY, s’est fait élire en 2007, en escroquant les voix du petit peuple de droite.

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  2. Jean-Claude THIALET

    24/04/2008

    24/04/08    "Les 4-Vérités"

    Rien à dire à cet article d’Alain DUMAIT sinon que ceux qui se sont laissés abuser par les paroles verbales ("Karcher", ‘voyous", etc) de Nicolas SARKÖZY  du temps où celui-ci était Ministre de l’Intérieur, ou par ses belles promesses de campagne présidentielle, n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Et ceci pour les raisons suivantes :

         – Nicolas SARKÖZY est l’héritier naturel du calamiteux  Chirac (dont il fut le "fils putatif’) et le président tout aussi naturel d’un parti gouvernemental (l’UMP) qui est, avec le PARTI SOCIALISTE, le co-responsable de la situation désastreuse de la FRANCE. Et il s’est bien gardé, au cours de ses discours d’avant comme d’après la Présidentielle, de reconnaître le véritable bilan, et d’en assumer la responsabilité.

         – après avoir prétendu nettoyer les banlieues au kärcher, etc.¨, loin de procéder à ce grand nettoyage dont il était (est toujours) incapable, Nicolas SARKÖZY n’a eu d’autre souci que de supprimer la "double peine", seule sanction que craignent véritablement les voyous allogènes qui encombrent de plus en plus majoritairement le terriroire national (1), ainsi d’ailleurs que nos prisons surpeuplées. Montrant ainsi qu’il confondait le "verbe" à l’action.

        – depuis le début de son mandat, Nicolas SARKÖZY n’a cessé de jouer l’agité des écrans de TV, en prétendant faire des "réformes" qui ne sont que cautères sur une jambe de bois, et dont il s’est bien gardé, pour certaines d’entre elles de faire savoir à ceux qui ne savent ni voir ni compter, qu’elles coûteraient plus cher aux finances publiques que les économies qu’elles prétendent rappeler. Ainsi, des "contreparties" obtenues par les Syndicats de Cheminots pour l’alignement de leur retraite sur le régime commun !

        – de même, avecses 166 propositions destinées à faire (sur le papier seulement !)  7 milliards d’euros d’économies sur 4 ans, ne peuvent abuser que ceux qui ne veulent pas voir que les quelques 1,75 milliard d’économies d’euros par an que cela représentera ne pourra en aucun cas résorber le déficit budgétaire annuel de près de 40 milliards d’euros, et encore moins contribuer à la réduction d’une dette cumulée qui atteint près de trois-mille-milliards d’euros. Un enfant de dix ans comprendrait aisément cela. Apparemment pas plus les fidèles de Nicolas SARKÖZY que ses (de plus en plus nombreux) contempteurs qui continuent à réclamer une augmentation de leur sacro-saint "pouvoir d’achat" .

        – pour ceux qui voudraient (enfin) savoir à quoi s’en tenir sur la véritable personnalité de Nicolas SARKÖZY, je conseillerai, outre la lecture du livre de Phiiippe RIDET (3)("Le Président et Moi", Albin Michel) qui dévoile les dessous électoraux (j’osera dit l’imposture) du candidat SARKÖZY, la consultation, via Google" du thème astral (il y a plusieurs études) du président discoureur. Se non é vero, é bene trovato … 

    Personnellement, je me refuse désormais à écouter Nicolas SARKÖZY (particulièrement dans son "one man show " télévisuel de ce soir !. Je commencerai à le croire quand il aura le courage de dresser un bilan exact de l’état de la France (dans tous les domaines : financier, économique, éducatif, emploi, sécurité, immigration, etc. et de l’imputer à qui de droit : essentiellement, donc, à l’UMP, aux P.S. et à leurs vassaux (UDF, PC"F" et Verts"). Et ensuite aux actes qui découleront nécessairement de cet "état" …  "L’HEURE DE VERITE" que nous annoncent unamimement les médias à la botte n’est manifestement pas pour ce soir.

        Toujours cordialement, Jean-Claude THIALET

    (1) pour l’anecdote, à peine revenu à Paris, j’ai été agressé hier, à midi, dans le hall de mon immeuble (Paris XV°) par deux "chances pour la France". Au cours des trois heures que j’ai dû passer au Commissariat de Police du quartier, j’ai pu faire un sondage d’opinion, tant auprès des policiers que des "clients" (la plupart "allogènes") (2) : tous étaient au moins d’accord sur un point : l’expulsion de TOUS les allogènes qui commettent des délits en FRANCE. Y compris ceux qui ont la double nationalité par "droit du sol" !

    (2) parmi ces "clients un sympathique Magrhébin qui venait réclamer avecforce que la Police le débarssase de son rejeton. Celui-ci, âgé d’à peine une douzaines d’années avait déjà commis maintes bêtises (chapardages, menu traffic de cannabis, violences, dont la dernière en date l’agressiond’un jeune garçon, etc.) et son père devait m’avouer que, lui ayant un jour administré à son fils une sévère correction, c’est lui qui avait été embarqué par la Police sur plaine de l’intéressé. Il est inutile de vous dire que ce père de famille est reparti "bredouille". J’avoue ne pas avoir osé lui conseiller de remettre en fonction la "dpouble peine" en exilant le chenapan dans le pays d’origine de ses ancêtres.

    (3) un journaliste "embarqué" à bord de la nef sarközienne et qui semble aujourdh’ui cracher sur son idole, comme certains caphorniens crachent au vent après avoir affronté ceux du Cap Horn !

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  3. Jean-Claude THIALET

    24/04/2008

    24/04/08    – "Les 4-Vérités"

    Après avoir lu l’article de Guy MILLIERE, je pense qu’il faudrait rectifier  comme suit le titre "L’ECOLOGISME DES RICHES TUE LES PAUVRES" : "l’ECOLOGISME IMPOSE AUX PAYS RICHES PAR TOUS LEURS PARASITES".

    En y réfléchissant bien, toutes les mesures que veulent imposer les pays prétendus "riches" aux pays prétendus "en voie de développement" (et par voie de conséquence) aux "pauvres" de tous les pays, leur ont été imposées par des lobbyes "écolos", au nombre desquels GREENPEACE. Ces mesures "écologiques", parce qu’elles imposent à ceux qui les appliquent des "surcoûts" parfois très importants qui venant s’ajouter aux surcoûts salariaux et sociaux les mettent de plus en plus en position d’infériorité commerciale  par rapport à ceux qui n’appliquent ni les mesures écologogiques, ni les mesures salariales ou sociales. Et il faudrait se poser la question de savoir qui sont ces "écologistes" patentés ? D’où viennent-ils ? Qu’ont-ils fait de concret, de constructif;, de productif, dans leur vie en dehors de pratiquer une sorte de terrorisme de l’écologie ? Et surtout qui les financennt, qui financent leurs nombreuses Associations ? Ils devraient méditer cette phrase de CARLYLE : "Tu te plains de ton époque ? Tu la trouves mauvaise ? demande-toi ce que tu as fait pour la rendre meilleure !". Meilleure autrement qu’en paroles ou actes à caractère "terroriste" !

    Avec une question subsidiaire : n’y aurait-il pas des passerelles entre ceux qui voudraient imposer l’écologie industrielle ou autre à des pays qui sont en train de s’industrialiser pour rattraper leur retard(parfois à marche forcée comme c’est le cas pour la Chine) et ceux qui voudraient voir la démocratie et les droits de l’homme être appliqués ipso facto dans des pays (généralement les mêmes !)  qui émergent à peine de lustres de communisme, de dictature pu d’Islamisme, sans se souvenir que leur propre pays a mis des siècles pour émerger économiquement et/ou appliquer tant bien que mal la "démocratie" ou les "droits de l’Homme". Les "écolos" et le "droitsdel’hommistes" ne seraient-ils pas d’abord des "semeurs de merde’" (celle-ci n’est pas forcément "écologique", n’importe quel paysan chinois d’autrefois pourrait en témoigner !) qui ont fait de l’écologie, des droits de l’Homme, etc. un juteux fonds de commerce, outre une bonne conscience (ainsi, j’imagine, qu’à leurs bailleyrs de fonds !), leur permet de gagner (parfois confortablement) leur vie. Sans se soucier de mettre en pratique dans leur vie quotidienne leurs sacro-saints principes. Pas seulement  en matière de transports intercontinentaux ! Tout en se donnant l’ailibi de payer ostenseiblement, de temps en temps seulement; le surcoût CO2, un luxe de "riches" qu’effectivement les "pauvres" n’ont pas les moyens de se payer ! 

    Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que je pense qu’il faudra continuer indéfiniment à empoisonner la planète et les gens qui la peuplent, pas plus qu’il ne faudra continuer à bafouer impunément les Droits de l’Homme (sans oublier ceux du Citoyen !) comme on le fait même en France, pays grand donneur de leçons en tous genres s’il en est. Ce que je mets en cause, ce sont les "professionnels" de l’écologie qui, outre leur "terrorisme" pas seulement verbal, agissent comme s’ils pouvaient eux-même s’affranchir des règles qu’ils veulent imposer aux autres. Des gens qui se sont beaucoup remués en France pour imposer leur "diktat" écologique aux "principaux" candidats à la Présidentielle au printemps dernier, qui se sont manifestés pour revendiquer le "Grenelle de l’Environnement" et qui sont devenus bien silencieux depuis, et ce alors que l’on est par exemple en train de laisser s’implanter les OGM en France ! Les HULOT, les ARTUS-BERTRAND et tous les autres …

       Cordialement, Jean-Claude THIALET 

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  4. IOSA

    23/04/2008

    Quand le vent tourne…les députés font de même, mais la faute à qui ?

    Il n’y a qu’à regarder dans l’entourage de Sarko et voir qui pousse aux fesses dans la bétise, que dis-je ? LES BETISES toutes plus grosses les unes que les autres que notre Président accumule.

    Mais comme il a un contrat à durée déterminée de 5 ans sans période d’essai, il va falloir se le taper 4 ans de plus, avec son aéropage de lèches bottes.

    Pour ce qui en est de la rigueur, elle est pour le peuple et surement pas pour ses copains ( crésus & Co).

    Sarko c’est le feuilleton DALLAS à lui tout seul et pourtant il se prend pour le "prince charmant".

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  5. Florin

    23/04/2008

    Toute réforme est condamnée à l’échec, aussi longtemps que les deux hélices de l’avion tournent dans des directions contraires : vers des économies dans le budget national, et vers le gaspillage le plus éhonté au niveau régional et local, dans les satrapies socialistes.

    QUI AURA LE COURAGE DE FORCER DELANOE à ARRETER Paris-plage, la voirie en folie etc etc ????

    La droite nous "rend" ce que la gauche s’empresse de nous reprendre : NOTRE pognon !!!

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  6. EIFF

    23/04/2008

    Les députés UMP sont très déçus par Sarkozy

    "Ils ont fait campagne pour la Ligue du Nord et on leur sort un seau de gauche caviar !" analyse Nicolas Dupont-Aignan.

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