Sarkozy, le bouclier fiscal et l’ISF

Sarkozy, le bouclier fiscal et l’ISF

Recevant mercredi 31 mars, les députés UMP à l’Élysée, Nicolas Sarkozy leur a déclaré qu’il ne reviendrait pas sur le « bouclier fiscal ».

Cette déclaration devrait logiquement réjouir les électeurs de droite qui ont, entre autres raisons, voté pour l’actuelle majorité pour en finir avec la gabegie des dépenses publiques. Malheureusement, il est difficile de se satisfaire de cette déclaration du chef de l’État.

D’abord, parce qu’elle a été instantanément suivie de déclarations de divers participants, comme Christian Jacob ou Claude Goasguen, déclarant en substance : « Rassurez-vous, il n’est pas fermé à une évolution! » La communication politique étant ce qu’elle est, soit ces députés ont parlé pour se faire « mousser » dans les journaux sans que rien dans le discours de Sarkozy ne laisse entendre quoi que ce soit de semblable; soit ils ont révélé des failles qui se trouvaient vraiment dans le discours de Sarkozy (à moins que ce ne soit sur son ordre). Bref, il n’est pas possible hélas ! d’exclure que le discours de fermeté soit un discours de poudre aux yeux.

Et surtout, n’oublions jamais que le bouclier fiscal, c’est essentiellement le refus de toucher à l’ISF. Et donc le refus d’entendre les électeurs de droite.

Pour la énième fois, il faut redire que ce ne sont pas les plus riches qui paient l’ISF, mais les classes moyennes supérieures. Et il faut redire que ce sont surtout les plus pauvres qui souffrent de cet ISF, puisque cela fait autant d’investissements, donc d’emplois, en moins dans notre pays.

Là aussi, le legs de Chirac est lourd: depuis 25 ans, tous les poids lourds de la droite sont persuadés que la défaite de 1988 est due à l’abolition de l’ISF. C’est absurde, mais c’est ainsi.

Bref, en écoutant ce discours de fermeté, je suis inquiet à un double titre: d’abord, je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy ait l’intention de tenir; ensuite, même s’il a l’intention de tenir, ce bouclier fiscal sert essentiellement à cacher la reculade sur l’ISF. Au fait, savez-vous que le nombre d’assujettis à cet impôt imbécile ne cesse d’augmenter…et que la recette totale baisse?

En 2008, 565 966 foyers le payaient (en hausse de 7,2 % par rapport à 2007) et ils ont payé en moyenne 6732 euros (soit une baisse de 11,9 % par rapport à 2007).

Personnellement, je suis prêt à abandonner tous les boucliers fiscaux de la création aux braillards de la gauche démagogue, contre une simple abolition de l’ISF!

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(3) Commentaires

  • Marc Répondre

    De toutes les manières,les réformes,les vraies,celles suceptibles de faire revenir la croissance en France,ne seront pas faîtes ! Ces réformes auraient dû être faîtes tout de suite dans la foulée des élections en 2007 ! Au lieu de cela,qu’a t-on vu? Un gouvernement,qui à peine les élections terminées, se hâtait de partir en vacances au lieu de se mettre au  boulot ! Résultat,aucune réforme n’a pu être menée à bien,que des réformettes ! Les 35 h,la connerie du siècle,elles sont toujours là ! Cette hérésie,coûte à la France, chaque année,plus de 4,7 milliards d’heures de travail perdues ! Soit depuis 10 ans que cette connerie qui assassine des milliers d’emplois,aura coûtée à la France,plus de 47 milliards d’heures de travail ! Les Chinois nous disent merci pour notre connerie, et notre fainéantise ! Continuons comme cela,et dans moins de 10 ans la France sera passée du 3ème rang Mondial qu’elle occupait en 1971,au 10 rang,et peut-être même 11ème ! Pauvre France ! Personne ne parle de la réalité de notre situation économique,combien de Français savent que 10% de la population,nos élus, et la fonction publique,s’accapare à son leur seul profit,la moitié du PIB rien que pour les salaires ! La France,c’est 11 fonctionnaires pour 100 habitants,les Etats-Unis,c’est 8,l’Allemagne,c’est 6,l’Italie et l’Espagne,c’est 4 ! Et encore l’Italie en diminue encore le nombre ! Bravo Berlusconi ! Lui au moins à  des couilles !    

    14/04/2010 à 18 h 33 min
  • Nostradamus Répondre

    La « rupture » ne va pas jusqu’à se démarquer de la bêtise de Chirac qui a perdu en 1988, non parce qu’il avait supprimé l’IGF en 1987 (ancêtre de l’ISF) mais tout simplement parce qu’une grande partie des électeurs de Barre du 1er tour lui ont « refait » le « coup » (quelle « finesse » dans les deux cas !) que certains de ses électeurs du 1er tour de 1981 avaient fait à VGE, en votant au second pour Mitterrand ! => résultat : 10 ans de gouvernance effective du PS et cerise sur le gâteau, 5 ans de plus grâce à la « judicieuse » dissolution, précédée d’un durcissement de l’ISF, signé Juppé. On a vraiment la Droite la plus bête du monde ! Air connu, hélas !!

    14/04/2010 à 10 h 43 min
  • Anonyme Répondre

    Deux questions fondamentales à ceux qui veulent la fin du « bouclier fiscal » : – Qu’est-ce qui est indispensable au fonctionnement de l’économie et par conséquent au progrès dont elle est porteuse : 1 – La pauvreté ? ou 2 – La richesse ? – La fuite des capitaux a un double effet à l’égard de l’économie d’un pays : 1° Elle la prive d’une partie de ses moyens 2° Elle offre ces mêmes moyens à des économies concurrentes. 1 – Vrai ? ou 2 – Faux ? L’état dans lequel 40 ans d’aveuglement ont mis le pays nécessite que ceux qui – à droite comme à gauche – se font les apôtres d’une égalité de façade et d’une compassion calculée, nécessite une réponse par oui ou par non à ces deux questions. La suite dépend d’une prise de position sans détours ni circonvolutions démagogiques de leur part.

    08/04/2010 à 14 h 10 min

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