Sécurisation de l’emploi : réjouissances et inquiétudes

Posté le janvier 30, 2013, 11:50
3 mins

Le 11 janvier, plusieurs syndicats (tous les syndicats prétendument représentatifs des salariés et du patronat, sauf la CGT et FO) ont signé un « accord national interprofessionnel », intitulé « accord de sécurisation de l’emploi ».

Cet accord doit être repris par le parlement pour avoir force de loi et, à l’heure actuelle, on ignore si le parlement le reprendra tel quel ou y introduira des modifications – au risque de faire « capoter » une négociation qui a été, selon tous les acteurs et observateurs, particulièrement difficile.

Mais il est probable que le parlement assume l’ensemble de l’accord, puisque François Hollande s’en est félicité comme d’un succès personnel.

Il faut d’abord se réjouir de la démarche. Il est infiniment plus sain que les représentants des salariés et des employeurs (même si je conteste vigoureusement que ces syndicats soient représentatifs des uns et des autres) discutent du droit social que de le faire traiter par un parlement totalement ignorant des réalités économiques.

Au demeurant, il serait plus sage d’aller au bout de la logique et de donner un véritable pouvoir législatif à ces accords (on voit mal ce que la discussion parlementaire va apporter de ce point de vue).

En tout cas, cet accord rompt heureusement avec une logique de lutte des classes qui rendait impossible tout accord entre patrons et salariés.

Par ailleurs, sur le fond, il existe également plusieurs motifs de réjouissance. En particulier, le droit du travail découvre quelques souplesses, dont il avait bien besoin (en termes de temps de travail, de rémunération et de licenciement).

En revanche, je crains que les petites entreprises ne fassent les frais de cette négociation entre syndicats soi-disant patronaux (mais représentant, en réalité, les grandes entreprises) et syndicats soi-disant représentatifs des salariés.

À mon sens, toute souplesse devrait concerner en priorité les petites entreprises. Or, on constate qu’un certain nombre d’assouplissements (en particulier en matière de licenciements collectifs) concernent les sociétés… de plus de 50 salariés.

Je crains fort que, comme pour les 35 heures, les grandes entreprises soient en réalité bénéficiaires de l’accord (alliées objectives de l’extrême gauche qui se réjouit d’avoir davantage de salariés en situation de précarité !), mais que bien des petites entreprises meurent de ces nouveaux droits des salariés imposés sans contrepartie de souplesse dans leur cas…

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)