Socialistes, euro et ruine de l’économie française

Posté le mars 07, 2017, 11:44
6 mins

 » Notre projet n’a jamais été un projet de réforme. Beaucoup de pays étrangers pensent que la France est irréformable. Ils n’ont pas tout à fait tort. C’est vrai.  » Telle est la dernière sortie mémorable de M. Macron.

Devenu président, il laisserait, selon ses déclarations, le peuple faire lui-même le changement d’en bas. C’est ce qu’on appelle de la démagogie. Cet homme entérine le naufrage de notre économie et en fait même un argument de campagne.

Comment croire que les marchés financiers continueront éternellement de prendre la signature française au sérieux après des propos aussi irresponsables de la part du favori (selon les sondages) de la campagne ?

Nous finirons, avant longtemps, par enterrer enfin l’euro.

Nous ne sommes, en réalité, jamais passés sous un régime de monnaie unique commune car, d’une part, les taux d’intérêt sont différents d’un pays à l’autre et, d’autre part, les billets sont différenciés selon le pays d’émission par un code. L’Allemagne imprime X sur ses billets, la France U et la Grèce Y. Nous avons, en revanche, un taux de change fixe. Cet attelage est plus allemand qu’autre chose, mais le taux de l’euro vis-à-vis des devises étrangères est une moyenne pondérée des taux de change potentiels qu’aurait chacune des 19 devises nationales de l’amalgame si celles-ci flottaient librement.

Un jour viendra où les Français seront avisés du fait que les 1 000 euros qu’ils ont sur leur compte sont devenus 1 000 francs. Dans la semaine qui suivra, leur franc sera évalué par le marché et perdra peut-être 10 % ou 15 % par rapport au taux de change de l’euro actuel contre le dollar US, par exemple.

Mécaniquement, l’inflation importée apparaîtra (5 %, voire plus). La dette française émise en euros sera payée au taux initial légal de 6,55957 francs. Les créanciers seront donc floués. Ils n’auront plus la possibilité d’exiger leur remboursement en euros, mais des accords bilatéraux seront trouvés avec certains gros prêteurs, afin de compenser leur perte. La dette française sera gonflée de ces compensations.

Les épargnants français perdront automatiquement 5 % par an de pouvoir d’achat, si ce taux d’inflation hypothétique se confirme et nul ne sait ce qu’il adviendra durant les années suivantes.

En Allemagne, la situation sera inverse. Le mark prendra de la valeur contre le dollar US de référence. Donc le remboursement de sa dette fera des heureux. Les épargnants allemands gagneront en pouvoir d’achat, l’inflation sera inexistante et le taux d’intérêt sera faible.

Pour les banques et institutions détentrices de dettes souveraines des pays à devise nationale fondante, la note sera salée et c’est par cette entourloupe monétaire que l’on annulera autoritairement et partiellement les dettes publiques des pays dits du « Club Med ».

Pour l’Allemagne, la perte subie par les créditeurs nationaux sera compensée par la réduction de la dette publique du fait de l’appréciation du mark que la Bundesbank pourra émettre à discrétion sans risque de le dévaloriser.

Pour la France, le mécanisme favorable allemand ne jouera pas, car son franc sera lui aussi fondant (bien que dans une moindre mesure que la lire ou la peseta). Donc elle devra assumer la perte sèche subie par ses banques sans rééquilibrage par la monnaie.

Au final, la France sortira de l’aventure « euro » avec une industrie meurtrie, une dette publique colossale, des épargnants appauvris et un taux d’inflation élevé. L’Allemagne en sortira avec une industrie renforcée, un endettement tenable, une inflation faible, une devise de réserve prestigieuse et des épargnants enrichis.

Il faut se souvenir que M. Mitterrand, prince de l’incompétence socialiste, était rentré en 1990 des pourparlers avec Helmut Kohl, à qui la France avait (selon les journalistes) tordu le bras pour lui faire accepter la monnaie commune, en déclarant avec arrogance : « J’ai cloué la main de l’Allemagne sur la table de l’euro. » Notre grand homme venait en fait de signer l’acte de sabotage de notre économie et du projet européen pour le plus grand profit de l’Allemagne réunifiée.

M. Kohl donnait, en réalité, aux Français, le droit formidable de s’endetter à taux allemand pour acheter des produits allemands, tout en les privant du rééquilibrage de leur compétitivité plus faible par la dévaluation naturelle de leur monnaie.

Merci pour vos services, MM. Mitterrand, Delors et Trichet ! Vous rentrerez dans l’Histoire de France !

5 réponses à l'article : Socialistes, euro et ruine de l’économie française

  1. quinctius cincinnatus

    13/03/2017

    Le Cercle Necker , formé de Hauts Fonctionnaires, vient de passer au crible le projet économique d’ Emmanuel Macron ; sa conclusion est sans appel ( … à l’ aide ou d’ air ) : c’ est la continuation ( en moins  » violent  » ) de la politique économique, fiscale et budgétaire de François Hollande ; sa base mathématique ? la PERSISTANCE de taux bas qui permettraient un remboursement  » indolore  » de la charge de la dette tout en ramenant la dette elle même d’ un point !

    Votez François Fillon ! Ne laissez pas au second tour s ‘installer un duel Macron v/s M. Le P. puisqu’ on en connait par avance l’issu inéluctable

    l’ article peut être consulté sur le site du  » Figaro « 

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  2. quinctius cincinnatus

    10/03/2017

    Depuis l’ élection de Donald Trump le nombre d’ emplois créés aux E.U. dépasse toutes les attentes !

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  3. quinctius cincinnatus

    10/03/2017

    En effet pourquoi  » En Marche  » ( anagramme d’… Emmanuel Macron ) serait il un  » parti  » réformateur ? pourquoi un associé de la Banque David Rothschild de Paris voudrait il réformer ce qui après-tout le nourrit et la nourrit : les prêts bancaires c’ est à dire la dette ? tant qu’ il y aura encore quelque richesse à piller le  » système  » perdurera … là dessus on ne peut pas donner tort à … Mélenchon

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  4. BRENUS

    08/03/2017

    Bien d’accord avec QC. Et j’ajouterais que, pour avoir des années durant travaillé dans l’import, un fournisseur prend d’énormes risques d’afficher une monaie au taux de change trop déséquilibré. Quelle que soit la qualité de ses produits. Il arrive immanquablement un moment où le « client » ne peut tout simplement plus acheter. Et croyez moi, c’est sinistre de voir une très belle unité de production a l’arrêt et en voie de liquidation, faute de débouchés pour ses produits. Aussi, l’Allemagne pourrait peut être s’acheter des truffes noires françaises , mais cela lui ferait une belle jambe. Un ilot riche au milieu d’un océan de pauvreté, ça craint, comme disent les djeuns.

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  5. quinctius cincinnatus

    07/03/2017

    Monsieur Nokolus , à ma connaissance jamais les conséquences d’ une sortie de l’ euro n’ ont été exposées de façon si succincte et avec autant de clarté , bravo ! un bémol cependant : l’ Allemagne perdrait beaucoup de parts sur le marché français !

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