Subventions publiques et clientélisme

Posté le novembre 18, 2009, 12:00
7 mins

Entretien avec Jean-Baptiste Leon

Animateur de l’Observatoire des subventions
http://observatoiredessubventions.com/

L’Observatoire des subventions a tout juste un an d’existence. Parlez-nous de la genèse de ce projet.

L’Observatoire et son blog, observatoiredessubventions.com, sont une composante de Contribuables Associés. L’Observatoire a été créé à la demande des membres de notre association qui, elle, ne touche aucune subvention ! Nous nous sommes donc jetés à l’eau durant l’été 2008. Comme le meilleur moyen d’avoir la confirmation qu’une idée est bonne, c’est de la faire financer par ceux qui la réclament, nous avons lancé sur Internet une campagne d’appel de dons. C’était parti ! Notre but : tenter d’installer un peu plus de transparence là où l’opacité est la loi du genre. Notre premier cheval de bataille demeure les subventions aux associations. Mais nous avons ouvert le « champ de tir » aux gaspillages d’argent public en tout genre : dépenses somptuaires, clientélisme, dysfonctionnement de l’État et des collectivités locales…

Pouvez-nous nous citer quelques exemples de subventions « abusives » ?

Info exclusive de l’Observatoire : le département de Loire-Atlantique finance la CGT. Il a versé 60 000 euros au syndicat pour l’organisation de son congrès national en décembre 2009. C’est ce qu’on appelle, en période de crise, le sens des priorités… En 2008, c’est le conseil régional Rhône-Alpes qui avait déboursé 40 000 euros pour les métallos CGT. Les adieux de Rachida Dati au ministère de la Justice ont pris la forme d’un livret de 102 pages.
Tout à sa gloire et à son effigie, avec ce titre pompeux : « Parce qu’il fallait moderniser la justice de la France, pour l’adapter au XXIe siècle ». Coût total : 29 300 euros, selon la chancellerie, pour 6 000 exemplaires, soit 4,88 euros la brochure. Sans compter les frais d’envoi. C’était jour de promo chez Dati or !
À Marseille, quatre associations fictives, œuvrant dans le secteur dit de la « politique de la ville », ont touché indûment, entre 2005 et 2007, plus de 700 000 euros de subventions de la part de la région PACA. Au menu de cette bouillabaisse associative : montage de dossiers bidons, fausses identités, domiciliations étranges, objectifs flous… Ces associations ont bénéficié de complicités au sein même du conseil régional !

On ne compte plus ces associations escrocs. L’exemple marseillais n’est que la partie visible d’un système où l’opacité règne en maître. On achète des voix et la paix sociale à coup de subventions. Clientélisme quand tu nous tiens… Le conseil régional d’Ile-de-France a voté une subvention de 23 000 euros, en mai 2009, à l’association dite de prévention du sida des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence (qui se décrivent comme des « nonnes du XXIe siècle » pour les communautés lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre). Cette aide va à la production d’un documentaire sur les activités de l’association. La Mairie de Paris le financera à hauteur de 19 927 ?. L’État (Direction générale de la Santé) versera 5 000 ?. Le documentaire sera ainsi subventionné à 100 % par le contribuable.

Avec la crise, assiste-t-on à une baisse des subventions ?

Dette publique oblige, l’État réduit – peu, cela dit – la voilure. À son corps défendant, je pense : son credo, c’est subventionner pour mieux régner, on le voit avec le plan de relance. Il n’en va pas de même des collectivités locales, qui sont toujours atteintes de subventionnite aiguë. Le désengagement de l’État ne fait pas que des heureux, par exemple dans le marigot associatif. Au début de l’année, un collectif d’associations et de syndicats d’extrême-gauche a lancé un appel pour « un renforcement et une sécurisation des financements publics » : Ligue des droits de l’Homme (LDH), la Cimade, ASTI (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés), Droit au logement (DAL), le Collectif des associations de Seine-Saint-Denis… Le gang des pleureuses ultra-subventionnées a encore frappé !

Y a-t-il des députés et des politiques qui vous rejoignent dans votre action ?
Tout élu qui lutte pour une diminution de la dépense publique est notre « ami » ! Nous soutenons certaines initiatives d’élus sur notre blog. Ils sont parfois nos meilleurs informateurs. Dernièrement, nous avons encouragé le combat de Lionel Tardy contre les comités Théodule et autres commissions, où, entre happy fews dûment sélectionnés et subventionnés, l’on débat du sexe des anges…

3 réponses à l'article : Subventions publiques et clientélisme

  1. CHRISTOPHE

    25/11/2009

    Cest curieux,nous n’avons plus de nouvelles de notre socialiste de service.Ah oui je me souviens

    Jaures.

    Coucou Jaures,on te lit plus ?

    Mais que se passe t-il?

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  2. sas

    22/11/2009

    Celui qui contrôle la réglementation et la distribution des subventions…..celui là a le véritable pouvoir en france…..

    certains réseaux s’en sont partriculièrement inspiré…

     

    sas

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  3. Daniel

    21/11/2009

    On peut rappeler que les subventions sont un moyen d’avantager les uns au détriment des autres: la discrimination, principe de base du racisme, est organisée par l’ Etat et ses sbires. Certaines associations sont utilisées comme le cheval de Troie. L’apparence de l’innocence et de la vertu  pour un usage politicard avec placement des copains et détournements de fonds.

    Mais il y a plus grave.   Si on observe le milieu agricole, ce sont les agriculteurs qui ont accepté de devenir des pollueurs intensifs qui ont été "récompensés", pendant que d’autres ont fait leur métier: nourrir leurs concitoyens avec des produits sains, et en ont été punis… pas droit aux subventions.  

    Quand aujourdhui les pollueurs se retrouvent victimes et acteurs de leurs propres cancers professionnels, les politiques et administratifs qui se sont servis des subventions pour organiser ces crimes continuent à toucher des retraites 5 à 10 fois supérieures à celles de leurs victimes… Mais comme les victimes ne montent pas à la cheville de l’élite qui les a envoyé au cimetière, (à moins que ce ne soit une question de race, ou peut être d’espèces)  on ne va quand même pas jouer à Brigitte Bardot,  ça les ferait ricaner.    C’est beau un pays qui reconnait comme faisant partie de l’élite des irresponsables qui font joujou avec la vie des autres sans jamais payer leurs méfaits !. L’état d’élite étant récompensée selon un principe socialiste de droits/privilèges,  l’élite utilise ensuite ce principe d’assistanat pour acheter d’autres consciences!… et comme moyen de gouvernement: diviser pour régner.  La pollution de l’esprit est élevée au rang de "culture" et enseignée comme un objectif de vie individuelle par notre Education Nationale.  

    Et parmi les "droits à",  la subvention est un outil trés souple qui permet de cibler et  trier les personnes.  Plus besoin des critères de couleurs de peau qui constituaient un préjugé trop visible et une barrière à l’efficacité d’un racisme qui a bien d’autres cordes à son arc.

    Le "Droit à"  (mais aussi le "Droit" psycho rigide)   a-t-il quelque chose à voir avec l’Esprit que cherche un être libre et évolué?.

     

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