Un nouvel âge d’or…pour certains !

Un nouvel âge d’or…pour certains !

Le titre du film d’Howard Hawks « Les hommes préfèrent les blondes »  aurait très bien pu s’intituler « Les blondes préfèrent les milliardaires »… Tourné en 1953, c’est l’histoire de deux chanteuses de cabaret: Lorelei Lee (Marilyn Monroe) et son amie Dorothy Shaw (Jane Russell). Dorothy rêve d’un grand amour, Lorelei d’une rivière de diamants en épousant le fils d’un milliardaire. Cette dernière ne cache pas à son futur beau-père ses ambitions de faire un beau mariage. L’Amérique traverse un nouvel âge d’or – référence à un capitalisme débridé et narré avec sarcasme par Mark Twain dans son livre The Gilded Age (1873).
Après la grande dépression de 1929 que certains surnommèrent ironiquement la « grande compression », les mansions de Long Island furent converties en écoles ou orphelinats. Certes, il y avait encore des rejetons de dynasties, mais leur emprise sur la société n’avait rien de comparable à celle de leurs aïeux, que la presse avait surnommé les « barons voleurs ». Pendant la guerre froide, un chef d’entreprise américain n’avait ni plus ni moins que le statut social peu reluisant d’un technocrate du régime adverse qu’il fallait sinon abattre du moins contenir en donnant l’exemple à la nation. Un chief executive officer (CEO) ne faisait jamais la couverture des magazines et son salaire ne dépassait pas vingt fois celui d’un ouvrier de son usine.
Depuis le début des années quatre-vingts, l’écart se recreuse au profit exclusif des très riches. La croissance ne devrait-elle pas profiter à tout le monde ? Le Wall Street Journal  a martelé que « la marée soulèvera tous les bateaux, yacht et barque compris ».
La vérité est tout autre. On assiste à un retour en vogue de mansions qui ne souffrent guère la comparaison avec la Maison Blanche… Un cabinet d’architectes s’est spécialisé dans la construction de mansions d’au minimum deux cent pièces pour satisfaire la mégalomanie de ses clients. L’affaire de l’appartement de 600 m2 des Gaymard est une peccadille.
Cette rapidité à faire fortune n’a d’égale que sa forte concentration vers le haut d’une échelle jusqu’alors insoupçonnée du grand public. Le divorce tumultueux de Jack Welch, l’ancien patron de General Electric, en a donné un aperçu. Dans un contrat léonin concédé par le conseil d’administration qui est à sa botte, Jack Welch disposera jusqu’à la fin de ses jours d’un avion de la compagnie pour ses déplacements en dehors du luxueux appartement sur Park Avenue à Manhattan mis gracieusement à sa disposition. Les frais de bouche de Welch feraient saliver le couple Chirac… Ces privilèges, qui sont estimés à deux millions de dollars par an, ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
 Les 13 000 foyers les plus riches ont déclaré au fisc des revenus qui égalent ceux des vingt millions d’Américains qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le revenu médian de ces ménages est de 17 millions de dollars par an. Après déduction de l’inflation, le revenu réel des ménages de la classe moyenne n’a augmenté que de 10% (de 32000$ à 35000$) par an, alors que celui des grands chefs d’entreprise a été multiplié par 28 sur la période allant de 1970 à l’année 2000.
Quand Lee Iacocca, le patron de Chrysler, acquit la célébrité en 1980, les autres chefs d’entreprise étaient encore dans un moule technocratique. Dans son livre « Le Nouvel État Industriel » paru en 1967, Paul Galbraith résuma la déontologie de cette époque révolue : « Une saine gestion de l’entreprise implique un exercice restreint du pouvoir qui ne doit s’accorder qu’avec parcimonie des compensations financières… » Greed works ! La cupidité est devenue l’alpha et l’oméga des écoles de gestion.
Le cinéma et la littérature ont propagé cette culture de l’argent gagné sans sueur. Le film d’Oliver Stone « Wall Street » et l’ouvrage à succès de Tom Wolfe « The Bonfire of the Vanities » apparurent en 1987, une année charnière où les derniers fusibles de décence ont sauté. Si Marilyn Monroe était encore de ce monde, elle n’aurait que l’embarras du choix pour se trouver un milliardaire.
Dans son carnet intime, Scott Fitzgerald fit une étrange confession : « Je ne possédais pas les deux trucs supérieurs que sont le grand magnétisme animal ou l’argent, mais j’avais les deux qualités qui sont juste en-dessous: la beauté et l’intelligence. Aussi j’ai toujours eu la meilleure fille que je voulais. » Mon cher Scott, vous avez connu l’utopie socialiste mais vous ne seriez pas moins navré aujourd’hui par l’indécence des rémunérations des chefs d’entreprise, le reste n’est que littérature…

Partager cette publication

(6) Commentaires

  • grandpas Répondre

    Monsieur Martoïa Même aprés déduction,le revenu des ménages américains a augmenté de 10% selon vos écrits,ils ont de la chance car celui de nos compatriotes à pris un sacré coup au popotin, Si on continue à la même vitesse la descente aux enfers,on aura juste le temps de faire coucou à un LUCIFER hagard et de continuer la chute vers le vide intersidéral ou même les chevaliers au sabre lazer ne pourront plus rien pour nous. Pour les congratulations d’un tel scénario,remercions sans aucun ordre précis: L’euro et ses augmentations qui n’existent que dans les porte-monnaies des ménages qui comme tout le sait; ne savent pas compter(tous des crétins,ces besogneux à la petite semaine) Nos hommes politiques qui s’accordent d’un commun accord des petites augmentations salariales 70 %(au prix ou est le caviar,le Chateau PETRUS faut pas déconner quand même) et qui malgré tout çà ne sont pas capables de gouverner cette chienlit qu’est devenue notre misérable pays. Plus tout ce que nous ne savont pas(manquerez plus que ça qu’on leurs disent tout à ces boeufs ignares) Je me dit que mt nous avons encore un peu de chance et de bonheur,DANONE est encore français,d’accord l’horizon s’assombrit, GALOUSEAU DE VILLEPIN s’en occupe de façon sérieuse,j’espére pour les employés « LES DANONISTES » qu’ils connaissent des priéres comme « LE NOTRE PERE » en espérant pour eux qu »ils n’aient pas besoin d’entonner le « DE PROFONDIS ». Mais il est vrai monsieur que je ne suis qu’un nain en économie puisque je n’ai fréquenté aucun cours d’économie de grandes universités, simplement un petit professeur mais au combien sévère monsieur PORTMONET. Bien à vous

    22/07/2005 à 22 h 10 min
  • Bernard Martoïa Répondre

    une erreur s’est produite dans la mise en page, veuillez lire comme suit : Après déduction de l’inflation, le revenu réel des ménages de la classe moyenne n’a augmenté que de 10% (de 32000$ à 35000$) alors que celui des grands chefs d’entreprise a été multiplié par 28 sur la période allant de 1970 à l’année 2000. commentaire : comme le revenu de la classe moyenne stagne, celle-ci se réduit comme une peau de chagrin. L’Amérique n’est plus une société de classe moyenne mais une société divisée entre riches et pauvres…

    22/07/2005 à 7 h 56 min
  • Pickett Répondre

    Critiquer cette concentration de richesse ne reléve pas d’une volonté collectiviste. Une nation qui se divise entre rentier, nouvelle aristocratie, et qui passe leur temps a dépenser leur fortune et des pauvres, nouveaux serfs, qui passent leurs temps à survivre ressemble plus à une société féodale qu’à une société libérale. Les états unis sont devenus forts en n’ayant pas de classes qui vivait sur le plus grand nombres en les plongeants dans la miséres. A partir du moments ou la majorité des capitaux sont investis dans des manoirs, des yachts, des bijoux et non plus dans des entreprises qui créent et innovent la société stagne.

    20/07/2005 à 13 h 36 min
  • grandpas Répondre

    aprés lecture,je me suis dit des villas de 200 pieces bonjour les couloirs! Je propose comme architecte d’intérieur: DENIS BAUPIN le grand,afin d’y installer son sublime tramway. OLIVIER BESANCENOT le sublime, comme maitre à tout(ne rien) faire. NOEL MAMERE le gay-marieur,pour baptiser de façon républicaine la construction de la batisse,et si des cas se présentent mariés les ouvriers qui se sont connus sur le site. Une fois débarrassés de ces tois olibrius,nous serons peut être moins encombrés. Arrétons de rever,personne ne nous prendra les triplés de la gauche bobo.

    17/07/2005 à 19 h 46 min
  • Alborg Répondre

    Intéressant. Mais je ne vois vraiment pas ce que Scott FITZGERALD a à voir avec « l’utopie socialiste », vraiment! Un peu bizarre, cette chute.

    17/07/2005 à 15 h 40 min
  • deception Répondre

    Je tien a ne pas felicite l’auteur de cette article qui reprend a merveille les « theses » d’au minimum « le postier besanceno » .Les riches gagne trop , il faut repartir equitablement les richesse , ben voyont vous qui ete si malin aller arbitrairement decider de qui aura combien , bein venue en france , bein venue en URSS .Fort heresement les americain son sortie de ces coneries marxiste et dailleur je croi n’y ont jamais aderer du moin de de fasson bien moin significative que dans ce pauvre pay . Qu’elle avantage a devenir chef d’entreprise si l’on ne gagne pas plus que ses propres employer ? Repartissez les richesses pauvre coco et vous verez la productivite s’effondrer ,le pouvoir d’achat tout autan et vous obteindrez la france d’aujourdhui et certainement la france de demain qui ressemblera plus a l’URSS qu’aux si « egoistes » USA . Jespere avoir mal compris l’article et si c le ca je me verai obliger de m’excuser, se qui sera compenser par le faite que je serai rassurer que ce journal qui permet deja a un Pierre Lance antiamericain notoire casi pathologique de s’exprimer sans mm avertir du haut degres de stupiditer , (il faudrai peu etre metre un lien vers le Nouvelle observateur et comparai les analyses, peu serai surpris de voir la conivance) ne vire totalement a gauche . Et il est etonant le chiffre donner par Alain Dumai de 2000 victimes le 11/9 sauf erreur de ma part (il est ardue de se renseigner dans ce pay , heresement le web est la )il y avait plus de 3000 victimes .

    17/07/2005 à 13 h 06 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Vous venez d'ajouter ce produit au panier: