Un vaste chantier monétaire attend Sarkozy

Un vaste chantier monétaire attend Sarkozy

L’inflation a contraint la Banque centrale européenne à augmenter ses taux. Elle met moins de crédit sur le marché. La progression de l’économie est ralentie et notre pouvoir d’achat est réduit d’autant : nous sommes maintenus dans une pauvreté relative et le chômage ne peut qu’augmenter…

De plus, chaque pays européen a ses propres comportements inflationnistes. Depuis des décennies, les Français ont ainsi une inflation par les coûts bien supérieure à celle des Allemands. En 30 ans de parité fixe unissant franc et mark, plus de dix dévaluations du franc avaient été nécessaires pour « remettre les pendules à l’heure », c’est-à-dire pour rendre à nouveau les entreprises françaises compétitives. Il arrive toujours un moment où l’inflation par les coûts chasse et les clients et les investisseurs. L’euro a bientôt dix ans et aucune dévaluation n’a eu lieu. Clients et investisseurs quittent les entreprises françaises. Si l’on croit les chiffres donnés par jpchevallier.com, (et ils sont à notre avis parfaitement crédibles), il serait actuellement nécessaire de dévaluer le franc de 6 % environ. (Et la lire de 13 %…).

Nos entreprises, nos PME en particulier, ne sont plus compétitives. Et les économistes qui en douteraient peuvent observer la dégradation inexorable et catastrophique de notre commerce extérieur. Sous l’influence de la chancelière allemande et de ses collègues européens, Nicolas Sarkozy semble avoir abandonné la baisse des taux de la BCE qu’il demandait avec insistance. « L’euro fort » n’empêche pas les entreprises allemandes d’exporter de plus en plus dans le monde entier.

Une telle opération aurait été une erreur. Elle aurait augmenté l’inflation, sans augmenter la compétitivité de nos entreprises. Elle aurait ensuite contraint, comme cela s’est toujours passé, la BCE à appliquer une politique de crédit très rigoureuse, source de plus de pauvreté et de chômage.

Mais le refus de baisser les taux de la BCE ne résout pas pour autant le problème majeur qui atteint nos entreprises, nos PME tout particulièrement. Il faut impérativement supprimer ou réduire de façon drastique les charges qui pèsent sur elles. La France peut le faire et doit le faire. Elle doit amener les charges pesant sur les entreprises françaises au niveau des charges pesant sur les entreprises irlandaises.

Il y a urgence à le faire. Car, quand le chômage dépasse 10 % dans une catégorie sociale, la violence apparaît. Et Vitry le François montre que deux groupes de « jeunes » sans emploi peuvent s’entre-tuer dans une calme petite ville de province.
Il est évident qu’un tel comportement rendant les entreprises françaises immédiatement compétitives exportera le chômage français en Allemagne ou en Italie et notre économie redémarrera.

Mais, dans deux ou trois ans, apparaîtront à nouveau les signes de moindre compétitivité en France. À moins que dans le même temps, tous les Européens adoptent le même comportement que les Français vis-à-vis de l’inflation par les coûts ?

Nos banquiers centraux devront trouver d’ici là un moyen technique permettant de modifier suffisamment souvent la parité liant l’ancienne monnaie (le franc) à l’euro.

Un énorme travail monétaire urgent attend donc le nouveau président de l’Europe. D’abord, abandonner dans toute l’Europe les politiques sociales inflationnistes et les remplacer par des politiques non inflationnistes. C’est possible, mais c’est un énorme travail. La BCE pourra alors augmenter notre pouvoir d’achat et ainsi réduire le chômage.

Ensuite, trouver un système permettant de conserver l’euro (et ses avantages), tout en pouvant en modifier suffisamment souvent la parité liant l’ancienne monnaie à l’euro.

Avec de bons ordinateurs, des simulations peuvent être faites…

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(5) Commentaires

  • sas Répondre

    La seule réforme monétaire imlpérative pour l europe…….et le reste du monde est de remettre en place L ‘ E T A L O N      O R;………pour que les usuriers yankees cessent de battre du papier……

    et cessent de nous vampiriser……

    IMPERATIF……urgent,vital…….et pereine…

    sas qui dit que la masse monétaire d’un pays doit être garantie par la masse d or détenu dans le dit pays…..

    sinon le jeu est faussé……et ce sont toujours les mêmes qui jouissent des déreglementations ou des statuts d’exceptions….toujour toujour.

    SAS non original…..

    22/07/2008 à 13 h 06 min
  • Je suis fou d'Ingrid Répondre

    La phrase qui m’a enthousiasmé dans ce très beau texte du savant M. Trémeau:

    "Il est évident qu’un tel comportement rendant les entreprises françaises immédiatement compétitives exportera le chômage français en Allemagne ou en Italie et notre économie redémarrera."

    Cette  perle magnifique qui révèle un très grand économiste m’a laissé pantois, sans voix.

    22/07/2008 à 4 h 48 min
  • sas Répondre

    Sarközy en irlande…..

    "……casse toi pauvre…..CON……"

     

    excellent…….décidément ca devient de plus en plus drôle…..

    SAS

    21/07/2008 à 17 h 50 min
  • ozone Répondre

    "Ensuite, trouver un système permettant de conserver l’euro (et ses avantages), tout en pouvant en modifier suffisamment souvent la parité liant l’ancienne monnaie à l’euro"

    J’suis pas financier,mais là je cale…

    Si je compend bien,on revient a l’ECU et a la monnaie nationale?

    Ou alors,retroactivement on nous pique des EUROS que l’on nous a fourni il y a dix ans?

    Puisque le Franc n’éxiste plus

    Aux fourches citoyens…..

    20/07/2008 à 18 h 09 min
  • Florin Répondre

    Donc, d’après M Trémeau l’on se doit de dévaluer … le franc français et la lire italienne … par rapport à l’euro, qui les a remplacées … "On doit pouvoir trouver une solution", mais oui biensur …

    et la marmotte continua d’emballer les tablettes de chocolat …

    M. Trémeau nous propose de revenir au 31 déc 1998, dernier jour (de liberté, failli-je écrire) avant l’euro … et de changer à posteriori le taux de change historique 1 euro = 6,55957 francs. Allez, un euro pour dix balles, et nos problèmes seront réglées.

    Banco, ça nous rajeunirait de dix ans !!!  où est-ce qu’on signe  ???

    Bon, trêve de rêve (pour la SF, j’ai ma carte UGC) :  j’ai senti quelque part qu’il ne fallait pas voter Mimit’ et Chirac – et voilà que M Trémeau nous propose carrément de voter pour Jules Verne, Superbatman et la machine à remonter le temps (et la pente, si possible) !!!

    Jusqu’à récemment, on voulait réduire les coûts au niveau chinois ; maintenant, il faudrait réduire les mêmes coûts au niveau irlandais !! (ça manque franchement d’ambition, là!).

    L’euro, "surévalué" en France, permet quand-même aux Allemands d’exporter, et encore, massivement. Donc le problème est bel et bien ailleurs.

    POUR CERTAINS PRODUITS, ON REGARDE D’ABORD LES PRIX ; pour d’autres, leurs qualité, technicité, fiabilité. Quand j’achète un pyjama, je regarde le prix et pas la marchandise ; quand j’achète une chemise, je regarde les deux; et si j’achète un costard, je regarde le prix en dernier. Résultat des courses, ce n’est pas en fabriquant des pyjamas que l’on fera fortune …

    J’ai envie de dire à tous ceux qui passent leurs journées à gémir ici : sortez-vous les doig.._ pardon, mettez-vous au travail ! Ni le taxes, ni les coûts ne justifient vos échecs. Comment font les Allemands (pour ne pas parler des Suisses !!!) pour offrir des salaires mirobolants, une bonne protection sociale (pas besoin qu’elle soit exigée par la CGT) tout en exportant et en restants compétitifs ??? Hé bien,
    EN CHOISISSANT LEUR STRUCTURE DE PRODUCTION, pardi !

    Savez-vous qu’il y a en France des entreprises TEXTILES qui EXPORTENT en Chine ??? Ils ont trouvé le bon produit, très haut de gamme, si cher qu’en France c’est invendable. ET OUI ! lorsque l’on se bouge les méninges sans faire sniff-sniff à longueur de journée, on finit par avancer dans la bonne direction.

    Dans sa volonté de nous servir pour la énième fois son indigeste salade niçoise, M. Trémeau fait un détour ahurissant par Vitry-le-François et les bandes ethniques. Dans le droit fil de la gauche française, il prétend découvrir un rapport entre chômage (qui baisse !!!) et la violence tribale (qui, elle, augmente !!!)
    Mais non, cher Monsieur : dussions-nous vivre mille ans au paradis des travailleurs, il y aura toujours des bandes ethniques, des trafics, du racket, de la prostitution etc etc; quel rapport avec le monde du travail (si ce n’est que ce dernier fournit la clientèle de ces activités) ?

    De grâce, ne mélangeons pas tout; la salade niçoise est bonne, mais uniquement dans l’assiette.

    17/07/2008 à 1 h 28 min

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