Une nouvelle crise financière s’annonce !

Posté le août 23, 2016, 9:18
6 mins

À première vue, rien de catastrophique ne devait arriver à Fortis au début de l’automne 2007. Cette holding venait d’ailleurs de racheter le géant hollandais ABN-AMRO.

Pendant les 9 mois qui ont précédé la formation du gouvernement Leterme, début 2008, con­sacrés à des palabres partisanes, la tempête financière dé­vastait pourtant les USA.

De son côté, le comte Maurice Lippens, à la tête de Fortis, avait déjà procédé à une première dilution de capital pour trouver les deniers indispensables à l’achat d’ABN-AMRO.

Et la pilule passait mal auprès de certains gros actionnaires, qui se dégagèrent donc, anticipant la catastrophe.

Par contre, pour les centaines de milliers d’actionnaires crédules, les millions de clients et les dizaines de milliers d’employés, « tout allait très bien, Madame la Marquise »…

Depuis quelques années, on nous avait assuré, juré et promis que la « transparence et la bon­ne gouvernance seraient les deux mamelles de la finance ». Des lois avaient été mises en place le 1er janvier 2005, et c’est le comte Lippens lui-même qui en avait été l’artisan !

La déconfiture qui a secoué le groupe Fortis est donc un cas d’école.

Tout le petit monde de la planète finance était parfaitement informé depuis août 2007 de la crise des subprimes. Mais beaucoup refusèrent d’affronter la vérité en face.

Le gouvernement Leterme intervint alors, bafouant les lois et les règlements, et nationalisa le groupe Fortis durant le week-end du 27-28 septembre. Pour­quoi ? Au prétexte qu’il fallait sauver les petits épargnants et le personnel ! En réalité, parce que le gouvernement tremblait à l’idée de voir des files de clients hurlant devant les banques pour réclamer leur fric.

Donc Leterme injecte des dizaines de milliards d’euros dans la banque Fortis.

Le 2 octobre, c’est au tour de Dexia d’être recapitalisée.

Mais le summum sera atteint le week-end du 5 octobre : la spoliation pure et simple des actionnaires de Fortis. Sans assemblée générale des actionnaires, le groupe Fortis est dépecé, les bijoux étant répartis entre copains, alors que les actifs toxiques restent dans la holding Fortis.

L’action, qui avait coté 30 € au printemps 2007, ne valait plus que 0,60 € début octobre.

Mais tira-t-on la leçon de la crise de 2008 ? Non !

Les bilans de nombreuses ban­ques européennes sont truffés d’actifs pourris. Les banksters ont continué à spéculer avec les dépôts des clients. La BCE a in­jecté des centaines de milliards d’euros dans le système.

Depuis le 1er janvier 2016, les clients ne sont plus propriétaires de leurs comptes bancaires, mais seulement « créanciers » de la banque et rien ne garantit les dépôts inférieurs à 100 000 €, malgré les déclarations mensongères des États.

En inondant la planète de mil­liers de milliards de dollars, les USA ont créé des « bulles » qui éclateront inévitablement.

Ces dernières semaines ont vu la concrétisation des craintes à l’égard des banques, en particulier la déliquescence du système bancaire italien.

Plus préoccupant, la Deutsche Bank, première banque allemande, porte le titre peu enviable de « banque la plus dangereuse au monde », avec des engagements hors-bilan de 50 000 milliards d’euros.

Avec la baisse des taux d’intérêt, les banques ne peuvent plus être rentables sur leur métier de base. De plus, l’excès de réglementations les pousse à investir dans des activités plus risquées.

En Italie, la banque Monte dei Paschi di Siena est en quasi faillite, avec 47 milliards d’euros de créances douteuses.

Une législation européenne en vigueur depuis 2014 précise qu’en cas de faillite, les premiers 8 % du capital sont supportés par les actionnaires, avant que l’État puisse intervenir. Mais les actionnaires de la majorité des banques italiennes sont des petits porteurs. Or, une faillite provoquerait leur ruine et ils ne comprendraient pas que la BCE soutienne les systèmes financiers irlandais, grec et portugais et non le système financier italien. Certes, mais c’était avant cette fameuse réglementation !

Et ne croyez pas que seules la Deutsche Bank et Monte dei Paschi soient concernées.

Nos brillants décideurs avaient-ils pensé à ces cas de figure si « improbables » ?

17 réponses à l'article : Une nouvelle crise financière s’annonce !

  1. quinctius cincinnatus

    26/08/2016

    Arthus fait justement remarquer que TOUTES les banques centrales viennent au secours ( par l’ émission de liquidités larga manu ) des gouvernements laxistes [ avec leurs dépenses publiques ]

    d’ autre part, une banque ne vit que sur les taux de ses prêts ; si ceux ci sont ( pour ainsi dire ) négatifs elle cherche ailleurs un moyen de sortir la tête hors de l’ eau le plus commun étant la spéculation

    que ce soit Obama, Draghi , la Banque d’ Angleterre ou celle du Japon aucune n’ est économiquement vertueuse

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  2. quinctius cincinnatus

    24/08/2016

    nous sommes ( au moins ) deux  » néo- fascistes  » *** sur ce blog

    *** car nous avons beaucoup appris et surtout retenu des erreurs des  » fascistes « 

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    • Jacky Social

      25/08/2016

      @QC: avec un raisonnement comme celui-la, on explique aussi comment des Jaures croient encore que le socialisme est rationnel et que la gauche a appris de ses erreurs. Pourtant, les memes recettes produisent toujours les memes plats, erreurs apprises ou pas. Ensuite de quel fascisme parlez-vous? De la Liberte ? Du moins d’etatisme ? Ou bien du fascisme au masque de Jaures, le vrai, le pur, le dur? En deux mots, en quoi consiste votre neo-fascisme?

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  3. druant philippe

    24/08/2016

    @jacky :

    les multinationales sont à la base du mondialisme destructeur et de l’ encouragement à l’ immigration – invasion .
    Je ne les trouve guère libéraux mais plutôt monopolistiques vu la taille énorme qu’ ils atteignent , ils détruisent le tissu de PME et imposent leur loi partout .
    Avec un taux de 15% d’ Isoc pas besoin de flat tax !
    Pour l’ IPP , un effort doit être accompli pour diminuer fortement les taux d’ imposition et supprimer bien des complications .

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    • Jacky Social

      24/08/2016

      @druant: c’est vous qui le dites ! Je ne suis pas contre la fiscalite car je ne suis pas contre l’etat dans ses taches regaliennes. C’est ce qu’on appelle la minarchie. Sur les multinationals, vous n’avez pas tort, MAS alors ou est l’etat dans ses taches regaliennes? Pour l’IPP, d’accord. Seriezvous liberal, druant?

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  4. druant philippe

    24/08/2016

    J’ oubliais , avec 15 ou 20% de taux de base , on peut aussi supprimer les taux réduits : voilà de la vraie simplification , bande de libéraux de carnaval suceurs de multinationales mais se foutant comme un poisson d’ une pomme des PME/ PMI et TPE .
    L’ impôt des personnes physiques pourrait être lui aussi simplifié car son calcul est particulièrement ardu (des tonnes de réductions plus absconses les unes que les autres ) et des taux progessifs trop élevés .

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  5. druant philippe

    24/08/2016

    @jacky :

    ils pourraient supprimer des déductions (revenus de brevets – déduction pour investissement – déduction pour capital à risque voire le tax shelter)) d’ impôt des sociétés pour financer la diminution du taux de base de l’ ISOC .
    Un taux facial de 15% pourrait alors même être envisagé !!!!!!
    On pourrait alors vu la faiblesse du taux de base taxer toutes les plus values réalisées ou latentes en supprimant le régime tordu de la taxation étalée des + values .

    De plus , cela faciliterait grandement la rédaction de la déclaration idoine .

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    • Jacky Social

      24/08/2016

      @druant: ce qe vous proposez, c’est du tripatouillage a la Jojo Cancrelure, dont j’arrose la raie chaque jour en imaginaire. Une flat tax pour les entreprises et pour les personnes physiques, voila la solution (10% pour les PP et 15% pour les entreprises. Suppression des allocs en tout genre, privatisation de la CQ et des retraites. Les multinationales font partie integrale de l’economie et symbolisent aussi la puissance d’un pays. En Belgique, il ne reste que Solvay, l’Union Miniere (auj. Umicore) et le P$. Bon, pour le P$, pas de $ouci$, mais plein de $ou$$ou$ a se faire, ceux des autres sans contrepartie. Quant a Solvay et l’UM, combien de temps encore? Ils ont deja desinvesti tout ce qu’ils ont pu. Ce n’est plus qu’une question de temps. Inbev est bresilien, meme si son QG restera a Louvain pour l’instant. Comme chacun sait, un QG, c’est un reservoir d’emplois, c’est clair. Le PDG pourra regarder les infos a la RTBF. Mittal, meme avec ses grrrranz avantages fiscooww, s’est barre et il a bien fait. Je suis liberal et n’ai que faire de l’extreme-drwattte. En fait, les seuls idees que nous avons en commun, c’est la mefiance de l’islam, l’une des quatre races humaines et ce sont les darwinisses qui vous le disent. A plus.

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  6. Jacky Social

    24/08/2016

    Il est facile d’accuser les banques et les « banksters ». Cependant, le gouvernement belge avec aux finances Johan Van Overtveldt souhaite faire passer l’impot des entreprises a 20% et pour compenser propose d’augmenter le precompte immobilier. C’est merveilleux. Si 20% d’impot sur les entreprises est une excellente idee, pourquoi ne pas proposer une revision a la forte baisse des depenses publiques? Non, jamais de la vie, on ne remet rien en question. L’austerite, c’est pour les autres. Et pourquoi pas pour l’etat vampire et cannibal? Les banques, je m’en tape. J’ai pas d’argent. Et si j’en avais, mon capital ne resterait pas une seconde en Belgique. Starve the Left !

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    • Le Ket

      24/08/2016

      Les « banksters » sont des charognards qui passent leur temps à leur jeu favori : la spéculation !

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      • Jacky Social

        24/08/2016

        @Le Ket: Si les banques sont des charognards, mais qu’avez-vous a dire de l’etat et ses « services » qui sont de plus en plus chers et de plus en plus mediocres? Moi, je n’attends rien, ni des banques, ni de l’etat.

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  7. Boutté

    24/08/2016

    La crise des subprimes, mère de toutes les faillites connues depuis . . . souvenons nous que c’est aux Clinton qu’on la doit . C’est le beau Bill qui a autorisé ce montage ultra dangereux aux banques des USA , contre l’avis du congrès consulté alors.

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  8. Le Ket

    23/08/2016

    A l’automne 2008, les gouvernements européens et la BCE tenaient les banquiers à leur merci et pouvaient leurs imposer la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires.

    Ils ne l’ont pas fait et bien au contraire ont octroyé 4.585 milliards d’euros de prêts au système bancaire européen.

    Actuellement plus de 70% des banques européennes se trouvent en quasi faillite, dans une situation pire que celle de 2008 et l’on amuse la galerie avec des « .stress tests » ridicules et enfantins.

    Un krach monstrueux est en gestation et ses conséquences risquent d’être 100 fois plus dramatiques que ce que nous avons vécu il y a 8 ans.

    BON APPETIT ! ! !

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    • quinctius cincinnatus

      23/08/2016

      dans la réalité historique ce sont les banquiers qui tiennent à merci les gouvernements … tout le monde n’ est pas Philippe le Bel ! … une  » bonne  » Révolution c’ est celle qui pend les banquiers et rosse les politiques !

      l’ anarchiste de Droite

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      • Le Ket

        23/08/2016

        @ Quinctius : comme en Islande où le peuple a changé la constitution en 2009, arrêté les banquiers, puis jugé et emprisonné les banksters, sans se plier aux diktats du FMI et en refusant de rembourser les dettes aux Pays-Bas et à l’Angleterre.

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  9. quinctius cincinnatus

    23/08/2016

    donc faut il repasser par la case du dirigisme étatique ?

    cela se défend

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  10. quinctius cincinnatus

    23/08/2016

    ce qui repose la double question :

    – faut il sortir de l’ euro ?

    – avant de renationaliser les banques ?

    pour limiter le désastre

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