Une vraie politique sociale, « ultra-libérale »

Posté le mai 29, 2004, 12:00
6 mins

En France, de l’extrême droite à l’extrême gauche, 90 % des hommes politiques affirment que si l’État n’intervient pas dans le domaine économique, le marché édifie une société injuste qui ne peut qu’aboutir à de graves désordres par manque de cohésion sociale. Seul Madelin, et ses amis, semblent d’un avis contraire. Mais Madelin fait partie du groupe UMP et le président de ce groupe à l’Assemblée nationale, Jean Louis Debré, vient de prononcer une phrase sans appel « Ne laissons pas les intégristes du libéralisme orienter la politique de notre pays ». On ne comprend plus très bien ce que Madelin fait à l’intérieur de l’UMP…
En France, l’Éducation nationale est totalement acquise aux conceptions keynésiennes et marxistes et ne sont officiellement agréés comme livres scolaires que ceux qui diffusent ces idées. Nos manuels scolaires véhiculent tous l’idéologie marxiste et quand un professeur veut enseigner une autre vision du comportement économique, il doit faire des photocopies tirées d’autres livres pour ses élèves. Il prend de sérieux risques pour son avancement.
Tout un système de règles intangibles désigne chaque année celui qui doit présider le jury d’agrégation. Or, cette année ces règles ont désigné Pascal Salin. Depuis le départ de Jacques Garello à la retraite, Pascal Salin est pratiquement le seul professeur d’économie qui enseigne ce qu’est la réalité du marché. Immédiatement, les universitaires marxisés, soutenus par la presse marxisée, ont tiré à boulet rouge sur cet homme dont la seule tare est de croire à l’économie de marché. Ils exigeaient que la présidence du jury lui soit retirée…
En France, actuellement, l’opposition accuse le gouvernement de poursuivre une politique « ultra-libérale » qui ne favoriserait que les riches et les patrons. Or pour redistribuer et introduire plus de « Justice Sociale », l’État nous prend, par les prélèvements obligatoires, la moitié de nos revenus. Or, bien qu’il baisse certains impôts, notre gouvernement en augmente d’autres. Et comme c’est loin d’être suffisant, il emprunte chaque année des sommes considérables. Ce seront nos enfants qui rembourseront les dettes issues de la folie redistributive de leurs parents.
En France, tous ceux qui sont payés par l’État (et ils sont légions) n’hésitent pas à se mettre en grève pour obtenir des augmentations de revenus : l’argent qui est dans les caisses de l’État étant à tout le monde, ils ne lèsent personne en en récupérant un peu plus pour eux. Toutes ces grèves très françaises sont le symbole de notre grande Cohésion Sociale…
En France, nous fabriquons la pauvreté grâce aux interventions de l’État qui depuis cinquante ans, pèsent de plus en plus lourdement dans l’économie. Or chaque fois qu’il intervient, il réduit la liberté des individus, donc la production des richesses. Un individu qu’on oblige à travailler 35 heures par semaine produit, donc gagne, beaucoup moins, qu’un individu qui travaillerait 45 heures. Au lieu de gagner 1 285 euros par mois, il n’en gagne plus que 1 000. C’est exactement la même chose pour l’ensemble des Français. Si nous voulons vraiment éliminer la pauvreté, laissons le libre-choix du temps de travail.
En France enfin, au nom de l’égalité, nous fabriquons de plus en plus d’inégalité. Il y a d’un côté les privilégiés travaillant dans le cadre de la fonction publique qui ont la sécurité de l’emploi à vie, des retraites et des couvertures maladies à faire rêver. Et de l’autre, ceux qui travaillent dans les entreprises exposées à la concurrence internationale, écrasées par les charges et les impôts que les gouvernements successifs n’ont pas réduits. Elles ferment ou partent. Il y a aussi d’un côté ceux qui rapportent plus que le SMIC à leur employeur. Ils trouvent un emploi. Mais ceux qui rapportent moins que le SMIC à leur employeur sont exclus du marché du travail. La dernière augmentation du SMIC de 5 % a automatiquement créé 200 000 chômeurs supplémentaires.
En fait, seuls les « ultralibéraux » sont capables de réaliser une vraie politique sociale…

7 réponses à l'article : Une vraie politique sociale, « ultra-libérale »

  1. Didier

    03/06/2004

    En accord avec la réflexion de Philippe, je crains que les observations de Guy Millière (« il est déjà trop tard ») ou de Bernard Trémeau développée dans ses articles ne soient de plus en plus proches de la vérité. Chaque jour au cours de conversations informelles, dans la rue, dans les commerces, ailleurs, je suis « surpris » que de plus en plus de gens de tout horizons, de tout âge, déclarent ouvertement avoir le projet de partir, ou d’autres simplement jouent avec cette idée. Certains ont déjà sauté le pas, sans bruit, ni vague. Et ceux qui en ont été les témoins de leur départ, et reçoivent des infos de leur nouvelle vie, parlent… Et suscitent d’autres envies de ce genre, toujours dans le même sens. Je n’avais jamais vu autant de méfiance sur l’avenir de notre pays, il semble que la motivation principale est de de tenter de mettre son futur, celui de leurs enfants, à l’abri des chocs programmés. Il m’est arrivé de regarder les gens qui passent…de plus en plus de vieux et de femmes voilées.

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  2. Philippe

    01/06/2004

    Hélas (ou heureusement)le pays s’enfonce doucement dans la décadence…. A force de « mieux savoir ce-qui-est-bon-pour-le-peuple » les technocrates finissent de vider le pays de ses entrepreneurs et de ceux qui sont créatifs. Un glacis… la France est devenue immobile, figée dans une social-médiocrité qui ne peut aboutir qu’à un effondrement final. Ce que les politiques (de la gauche dite de gouvernement ou de la droite dite parlementaire) auront réussi au bout du compte c’est celà. J’approuve, bien sûr, l’analyse de B Trémeau, mais enfin il faut, gravement, et définitivement clamer que tous ces politicards sont des cons!

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  3. Christophoros

    31/05/2004

    A JF. Il est difficile de qualifier de « socialistes » les convictions de Jack London. Admirateur de Kipling, il fait l’apologie du « struggle-for-lifer », voir « the Call of the Wild » ( stupidement traduit par l’Appel de la Forêt ), le Loup des Mers ( ou la rédemption d’un fils à papa ), et Martin Eden. Toute son oeuvre est attachante même certains livres moins connus comme l’inclassable « Vagabond des Etoiles » ( comment résister psychologiquement à la torture ) qui a fait l’objet d’une adaptation géniale par France Culture ( mais oui ! ) il y a déjà un quart de siècle. Cordialement.

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  4. jacques furlainac

    31/05/2004

    Pour X. Malgré ses convictions socialistes Jack London était hyper ambitieux et dépensier et l’écrivain le mieux payé aux USA en son temps! Faites ce que je dis mais pas ce que je fais…. Travailler à 13 ans lui a-t-il vraiment nuit, ou est-ce une cause de son succès futur?

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  5. COCHONDEPAYANT

    30/05/2004

    On voudra bien m’excuser pour une incidente non directement liée au grave sujet abordé par J. Rouxel. Mais un bref articulet paru dans « Les 4 vérités » du 29 mai (p 3) me fait réagir. Je lis que les contribuables français vont payer ce mois-ci – et sans doute aussi les mois suivants d’ailleurs – les fonctionnaires haïtiens. Ca me fait penser au mot du Général de Gaulle : « C’est beau, c’est grand, c’est généreux, la France ». En attendant, je vais bientôt verser mon obole au titre de l’impôt « sur la fortune » (sic), une somme au demeurant ridicule et qui aura coûté sans doute 5 ou 6 fois plus cher en démarches diverses que ce qu’elle va rapporter. Mais je suis rasséréné : si ça peut servir à payer un petit gueuleton à un tonton-macoute et à sa belle d’un soir au bord d’une crique, dans la moiteur tropicale une fois le soir venu après une rude journée de travail, je n’aurai pas épargné pour rien.

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  6. X

    30/05/2004

    La « vraie politique sociale » des « ultralibéraux » il me semble qu’on a déjà pu la voir à l’oeuvre historiquement. Jack London, par exemple, l’a fort bien décrite, lui qui, à 13 ans, travaillait en usine aux États-Unis jusqu’à 18 heures par jour (mais sans doute est-ce en accord avec le « libre-choix du temps de travail » que vous exaltez tant) pour 10 cents de l’heure… Lui aussi qui, étant déjà un écrivain reconnu, eut à coeur de s’immerger dans le petit peuple de Londres – capitale de l’empire britannique et ville la plus riche au monde – durant plusieurs mois déguisé en pauvre hère pour en ramener le récit de la misère la plus noire dans « The People of the Abyss », souvent traduit en français par « Le Peuple d’en bas » (auquel j’imagine qu’un premier ministre de l’ « Angleterre d’en bas » devait sûrement déjà vanter avec assurance « l’intelligence de la main » et autres fadaises de la sorte). Ceci n’enlève rien à la mise en coupe réglée des ressources de l’État par une coterie d’escrocs divers, ni au néant d’idées des apparatchiks de la méphitique éducation nationale (défiez-vous donc d’ailleurs de ne pas leur ressembler sous ce rapport…). Mais pour conclure : « La vie n’est pas le travail : travailler sans cesse rend fou. » Charles de Gaulle, cité par André Malraux dans « Les chênes qu’on abat »

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  7. ADAM SMITH

    29/05/2004

    L’idéologie du « service public » (sic) est en effet un véritable corset intellectuel, prêt-à-porter obligatoire en dehors duquel il n’y a point de salut. Nous avons, parait-il un gouvernement inspiré par l’idéologie libérale, mais nous n’avons jamais été autant imposés, corsetés, bureaucratisés. Quelle signification peut avoir la baisse de l’IRPP pour un jeune qui gagne le SMIC et qui se fait rançonner de 90 euros parce qu’il s’est fait flasher sur la route, pour un prétendu « excès de vitesse »(sic), par une tirelire automatique ? Une société est-elle vraiment libérale quand l’essentiel de ses flux économiques passent par des marchés publics ? Les zélateurs de la décentralisation réalisent-ils que celle-ci, avec le cortège de dépenses inutiles et somptuaires qu’elle entraine, avec ses fonctionnaires, ses juges, ses multiples contrepoids bureaucratiques (juges des comptes, etc.), est un formidable facteur de bureaucratie, d’impôts supplémentaires et, finalement, de socialisme ? « Le jour de libération fiscale » (jour à partir duquel le français travaille pour lui et non plus pour la collectivité), calculé par Les contribuables associés tourne cette année autour du 14 juillet. Encore s’agit-il d’une moyenne, qui comprend les smicards et les bas salaires. Pour le Français moyen réellement contributif, ce doit plutôt être autour du 1er septembre. Moi, une société dans laquelle on travaille trois jours sur quatre pour le percepteur, j’appelle ça une société socialiste.

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