Veillons à ce que le 10 mai 2012 ne soit pas la réplique financière de la déroute militaire de mai-juin 1940

Posté le juin 04, 2012, 12:00
6 mins

La réflexion géopolitique doit dépasser l’analyse nationale puisque nous vivons plus que jamais dans un univers mondialisé dont notre dette est un symbole, puisqu’elle est détenue à 75 % par des créanciers étrangers.

L’euro, qui se voulait un moteur de l’économie européenne, s’est révélé une drogue servant à camoufler le laxisme de la plupart des Etats avec des budgets déficitaires empruntant à des taux bas grâce à la bonne santé des économies sérieuses comme l’Allemagne.

Le laxisme a une limite : la Grèce se trouve en dépression grave avec ses banques fragilisées, l’Espagne et le Portugal suivent la même pente, quant à la France elle vit une campagne électorale détachée des réalités. Répétons-le : détachée des réalités au point que les observateurs étrangers sont unanimes à déplorer que les débats sur notre réalité économique et les réformes indispensables soient occultés par les politiques.

Pourquoi comparons-nous notre situation à celle de mai-juin 1940 ? Parce que nous retrouvons le même aveuglement. En mai 1940, nous débâtions du théâtre aux armées et du slogan « nous vaincrons par ce que nous sommes les plus forts ». En avril 2012, le débat politique porte sur l’augmentation des salaires et du recrutement de fonctionnaires, sans débattre de l’effondrement de notre industrie, de notre balance commerciale et de nos dépenses publiques qui obligent à une fiscalité croissante. La croissance ne proviendra que de la renaissance de l’industrie.

Quant à la géopolitique, avec l’ébranlement du Moyen Orient, elle aussi est absente de nos analyses, comme si la France était isolée du monde !

Pour revenir à notre comparaison historique, ce ne sont pas les blindés allemands qui nous guettent aujourd’hui, mais les agences de notation et nos créanciers, qui demanderont des comptes et nous dégraderont sans état d’âme si nos programmes ne sont pas à la hauteur des réalités économiques.

Or la dégradation de la France prendrait une dimension géopolitique étant donné que nous sommes encore la cinquième puissance mondiale. Barak Obama, David Cameron et Angela Merkel s’inquiètent déjà, car un défaut français risquerait d’ébranler le château de cartes de la finance mondiale.

Georges Soros, le gourou financier, dans plusieurs interviews, nous met en garde, sans que le monde politique ne s’en émeuve. Nous en avons parlé dans notre dernière chronique. Il est clair que la France ne peut faire face à une dégradation de sa note, sans séisme financier, alors que nous devons emprunter plus de 100 milliards d’euro cette année.

Nos trois grands partenaires, Allemagne, Angleterre, Etats Unis, nous regardent donc avec inquiétude, car une France dégradée ébranlerait le monde financier avec des conséquences tant économiques que sociales imprévisibles par leur ampleur.

Que signifient, dans un tel contexte, nos joutes politiciennes ?

Les semaines qui viennent risquent d’ailleurs de se révéler majeures pour l’avenir de la France et de l’Europe. Nos concitoyens perçoivent intuitivement l’ampleur de la crise et attendent que l’on réponde à leurs inquiétudes.

Personne ne peut citer le nom des gouvernants de mai-juin 1940, balayés par la tourmente militaire. Où nous mènerait une nouvelle crise qui mélange la géopolitique, l’économique et le social ?

L’histoire doit servir de leçon, chers amis : réclamez une politique à la hauteur des défis qui nous sont imposés. Soyons unis pour une demande de vérité.

2 réponses à l'article : Veillons à ce que le 10 mai 2012 ne soit pas la réplique financière de la déroute militaire de mai-juin 1940

  1. Anonyme

    05/06/2012

    Excellent article, mais….’faut pas trop en demander… « Nos concitoyens perçoivent intuitivement l’ampleur de la crise et attendent que l’on réponde à leurs inquiétudes. » Ah bon ?!!! Apparemment non puisqu’ils ont voté contre l’austérité et les réformes de fond et pour la distribution des profits de ceux qui bossent. Ils ne perçoivent rien du tout, oui, l’inculture aidant. « Où nous mènerait une nouvelle crise qui mélange la géopolitique, l’économique et le social ? » A une guerre civile, au mieux, hélas.  » réclamez une politique à la hauteur des défis qui nous sont imposés. Soyons unis pour une demande de vérité. » Tu parles, les Français ne réclament que de l’assistance et des boulots peinards bien rémunérés avec plein de vacances. Les Français sont un peuple cannabis. Ils en sont même venus à fumer la moquette parce que c’est cool, tendance et branché. il ne faut pas trop en demander à un peuple avec une mémoire de poisson rouge car ils n’ont pas encore intégré la pente déclinante abrupte de 1981 après celle en pente douce depuis 1973.

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  2. greg

    04/06/2012

    Nous sommes déjà dans la drôle de guerre, nous ne pouvons que nous préparer au choc.

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