Xavier Musca : un monétariste aux commandes

Posté le mars 09, 2011, 12:00
7 mins

Xavier Musca vient d’être nommé très discrètement secrétaire général de l’Élysée. Peu de jours avant, Jean-Claude Trichet, patron de la Banque centrale européenne, venait de proclamer haut et fort que la politique de relance par augmentation de la demande était une bêtise, car elle ne produirait que de l’inflation. Il fallait donc l’abandonner et relancer l’économie en réduisant les charges touchant les entreprises. Les entreprises ayant moins d’euros à payer diminueraient leur prix. Les prix, au lieu d’augmenter, baisseraient.

Xavier Musca a succédé à la direction du Trésor à Jean-Claude Trichet. Il est un des principaux membres de l’équipe d’économistes français qui travaillent avec Trichet à la BCE. Toutes ses interventions publi­ques montrent qu’il adhère to­talement aux idées de Trichet.

Par ailleurs, Xavier Musca a pendant 2 ans, de 1979 à 1981, été élève de Sciences Po avec Nicolas Sarkozy. Les deux hommes se sont estimés. Une solide amitié les a unis. Le fait que l’un ait choisi une carrière politique et l’autre une carrière administrative ne les a pas séparés. Au contraire. Car, à plusieurs reprises, ils ont eu l’occasion de travailler ensemble et de s’estimer à nouveau un peu plus.

Xavier Musca était très heureux à la direction du Trésor, où il défend avec intelligence et âpreté les intérêts de la France en Europe. Il est à la fois admiré et redouté de ses collègues étrangers, allemands en particulier.

Malheureusement pour lui, Nico­las Sarkozy le veut à son service rapproché à l’Élysée et, le 26 février 2009, la place de Secrétaire général adjoint à l’Élysée est libre. Xavier Musca cède, après une longue résistance. Il est difficile de résister à un grand ami, Président de la République de surcroît. Xavier Musca a en horreur les contraintes imposées aux hommes politiques par la médiatisation.
Il devient donc Secrétaire général adjoint à l’Élysée et a pour patron Claude Guéant. Mais il a obtenu de Nicolas Sarkozy le droit de conserver certaines des activités de directeur du Trésor qui lui tiennent à cœur.

Puis, arrive le remaniement du 27 février 2011. Le Secrétaire général devient ministre de l’Intérieur. C’est donc tout à fait normalement que le Secrétaire général adjoint succède au Secrétaire général.
Xavier Musca refuse d’abord, puis accepte finalement.

Il dirige donc à l’Élysée la petite équipe d’une douzaine d’énarques qui se réunit tous les matins à 8 h 30. Cette réunion est présidée par Nicolas Sarkozy, quand il est à Paris. Tous les jours, des décisions sont prises et immédiatement transmises aux ministres pour application. De ces décisions dépend l’avenir économique et politique de la France, donc des Français.

Or, à notre connaissance, c’est la première fois depuis 40 ans qu’en France, le dirigeant de cette équipe est un spécialiste de la monnaie, totalement persuadé, comme son ami Jean-Claude Trichet, que la relance par une augmentation de la demande est une bêtise. Pour relancer, il faut diminuer les charges pesant sur nos entreprises. Les prix baisseront et notre pouvoir d’achat augmentera. Dans tous les pays où cette méthode a été utilisée (Irlande ou Brésil par exemple), le retour au plein emploi est arrivé en une année.

Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde, et tous leurs proches collaborateurs, ne peuvent pas ignorer les certitudes de Xavier Musca.
Si notre analyse est exacte, à l’occasion d’un vaste et bruyant remaniement ministériel, une discrète modification à la tête du Secrétariat général de l’Élysée annonce un bouleversement radical de la politique économique et monétaire de la France. On passe d’une politique keynésienne, enfonçant le pays dans le chômage, à une politique monétariste qui devrait le sortir de l’ornière en une année.

Pour que cette nouvelle politique réussisse, il est indispensable que l’équipe au pouvoir fasse pénétrer ses certitudes dans l’opinion publique. Avec l’aide des médias. C’est tout à fait possible.

5 réponses à l'article : Xavier Musca : un monétariste aux commandes

  1. Sorbier

    12/03/2011

    C’est une blague cet article !!!

    La baisse des charges…. l’exemple iralandais…. mort de rire !!!

    Vous ne voyez pas que l’économie mondiale est en train de sombrer sous le poids de la dette et de la fausse monnaie ?

    Répondre
  2. Prudhomme

    12/03/2011

    ll  faut que :1) les élites comprennent
                                               décident d’agir dans l’intérêt général !!!!
                                               comprennent que"tant que l’on a pas bien compris la liaison de toutes chose et l’enchainement des causes et des effets on est accablé par l’avenir"(Alain)
                          2)Les citoyens sont submergés par une multitude d’informations parcellaires , de détails, non hierarchisés, souvent déformés, ils ont du mal à voir clair !!!!!
                           3) une campagne d’information objective avec l’aide d’émissions du style "c’est pas sorcier" ou de bandes dessinées type schadoc débloquerait en grande partie la situation ….

    Répondre
  3. mapayul

    12/03/2011

    « Pour que cette nouvelle politique réussisse, il est indispensable que l’équipe au pouvoir fasse pénétrer ses certitudes dans l’opinion publique. Avec l’aide des médias. C’est tout à fait possible. » Vous êtes encore de ceux qui croient que la situation va s’améliorer tout simplement parce que nos politiques vont comprendre ce qu’il faut faire ??? Vous savez ce qu’on dit dans pareille situation : quand les poules auront des dents, … Moi je ne crois plus que nos zélites puissent s’améliorer. Comme disait l’autre, on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés.

    Répondre
  4. rednes

    12/03/2011

    Pour ce qui me concerne et l’expérience acquise à observer la politique en France depuis 1938 me font penser que notre pays est aux ordres de la CGT et que le moindre changement provoque la levée des masses de fonctionnaires qui bloquent le pays……

    Répondre
  5. Eliya Waiche

    09/03/2011

    Je vais prier très fort Milton Friedman que ce soit juste.

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)