Construire l’Europe avec Nicolas Sarkozy

Posté le mai 23, 2007, 12:00
7 mins

Aussitôt intronisé, le nouveau Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, s’est envolé pour Berlin afin de se concerter avec Mme Angela Merkel, Chancelière d’Allemagne, dans le but de relancer la construction européenne, mise en panne par les référendums négatifs de France et de Hollande.

Je me réjouis pour ma part de la détermination affichée dans cette affaire par notre nouveau Président, car l’édification d’une Europe forte et unie est absolument indispensable dans le monde actuel, désormais constitué de blocs humains d’importance économique et politique considérable : États-Unis, Chine, Inde, Panarabie, qui exercent sur l’Europe d’énormes pressions de toute nature auxquelles elle est et sera incapable de résister si elle ne parvient pas à réaliser son unité politique.

Bien entendu, il ne saurait être question d’effacer pour autant les vieilles nations historiques qui la constituent et qui sont toutes ensemble à l’origine de la civilisation planétaire. Néanmoins, les discours de « repli national » de MM. Le Pen et De Villiers sont totalement anachroniques. J’eusse été probablement de leur avis lorsque j’avais dix-huit ans. Mais le monde n’est plus ce qu’il était lorsque j’avais dix-huit ans et moi non plus.

Ces messieurs nationalistes sont donc restés manifestement très jeunes, mais, en l’occurrence et de ma part, ce n’est pas un compliment. L’Europe peut parfaitement se constituer en confédération au sein de laquelle chaque nation garderait une large autonomie. Je m’étonne d’ailleurs que Philippe de Villiers, qui est mieux placé que quiconque pour savoir que nos provinces sont de plus en plus vivantes et beaucoup plus autonomes qu’elles ne l’étaient sous les IIIe et IVe Républiques, ne soit pas capable de concevoir qu’une Europe harmonieuse puisse se construire sans pour autant étouffer les nations.

Laisser le NON à l’Europe à l’ultra-gauche

Comme le savent nos lecteurs, j’ai milité pour le OUI au projet de Constitution européenne, malgré tous les défauts de ce texte (à commencer par sa longueur démente) que je n’ai pas été le dernier à dénoncer. Mais la vie est faite de compromis et de deux maux, il faut choisir le moindre. Or, l’adoption d’une Constitution mal ficelée était préférable, à mon sens, à son rejet pur et simple. L’Europe qui se constitue aujourd’hui est loin d’être idéale, nous le savons tous. Or, quelque panache qu’il puisse y avoir à chercher la forme idéale, c’est aussi prendre le risque de n’aboutir à rien. Et comme disait quelqu’un : La femme idéale n’est pas facile à trouver, mais en attendant, on peut toujours se marier.

D’autre part, il ne faut pas oublier que le NON au projet de Constitution européenne n’a été obtenu que par la collusion contre-nature entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche, la première par refus d’une certaine dose de supranationalité, la seconde par refus du libéralisme. Que les gauchistes aient la hantise du libéralisme, cela peut se comprendre, puisque dans un système qui privilégie la libre concurrence des talents, il est bien évident que les bons à rien sont nettement défavorisés. En revanche, que les nationalistes, qui ne cessent de se poser en défenseurs de la civilisation européenne menacée, soient allés sans vergogne mêler leurs bulletins « NON » à ceux de l’ultra-gauche, dans le seul but de torpiller l’Union européenne, ne plaide ni pour leur bon sens ni pour leur bonne foi. Et je suis effaré de constater qu’ils continuent de se vanter en toute inconscience d’avoir commis cette bourde.

Je ne sais pas comment Nicolas Sarkozy compte s’y prendre pour relancer un projet de Constitution. Mais ce serait une erreur de concocter cela entre gouvernements et de l’entériner par des votes parlementaires. Le suffrage universel doit seul en décider, afin de donner au texte une légitimité indiscutable. Que l’on présente aux citoyens de France et d’Europe un texte constitutionnel court, clair, sans répétitions ni lourdeurs, qui ne traite que des principes essentiels, et qui surtout trace nettement les frontières de l’Europe, passant notamment dans le détroit du Bosphore, et je suis sûr que les électeurs le voteront majoritairement, même si quelques entêtés murés dans leurs casemates ne veulent pas lâcher leur pré carré.

Recommander cet article sur les sites de syndication d’information :

14 réponses à l'article : Construire l’Europe avec Nicolas Sarkozy

  1. david

    28/05/2007

    cet article pro-europeen (ou plutot pour le systeme europeen) me fait doucement rire. voici un article qui me semble-t-il suffit a ridiculiser une fois de plus les utopistes europeens:

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml

    Encore une brillante demonstration de la pusillanimite, de la naivete d’une europe qui s’ouvre a l’autre sans se mettre en situation de s’assurer que reciprocite il y aura.

    le plus savoureux de l’article etant:

    ‘Le déficit commercial entre l’Union européenne et la Chine s’est élevé à 130 milliards d’euros en 2006, a rappelé Benita Ferrero-Waldner.

    "C’est un déficit énorme et c’est pourquoi nous voulons vraiment obtenir l’accès au marché. J’ai vraiment évoqué le sujet", a-t-elle insisté.’

    Promis jure: la fonctionnaire a vraiment essaye de defendre nos interets ce coup la
    (enfin elle en a parle c’est deja ca…)

    Répondre
  2. Anonyme

    28/05/2007

    27/05/07    – "les 4-Vérités"

    A ceux qui pleurent(1) sur le méchant procès que l’on ferait par avance au gourvenement "SARKÖZY-FILLON"  sans lui laisser le temps de se mettre en place, qu’il me soit quand même permis de rappeler les raisons de mon propre scepticisme, même si, comme je l’ai dit et redit, je pense que l’on doit accorder au nouveau Gouvernement un délai de grâce….

    Tout d’abord, je me demande comment, au cours de sa campagne, Nicolas SARKÖZY a pu réaffirmer qu’il voulait "une droite enfin décomplexée" (sic) si c’est pour, à peine intrônisé, se refuser manifestement à gouverner à droite en truffant son premier Gouvernement de gens qui affichent des opinions de gauche…

    Et même refuser, sous les injonctions du CRIF (cf. à ce sujet l’article du "CANARD ENCHAÎNE du 18 mai) de prendre comme Ministre des Affaires Etrangères le seul homme ayant manifesté à ce poste sa capacité à défendre les intérêts supérieurs de la FRANCE : Hubert VEDRINE. Selon le président du CFIF, Roger CUKERMAN (depuis remplacé à ce poste), cité par "LE CANARD ENCHAÎNE", "Védrine est pire que les anti-israëliens du Quay d’Orsay". Consérérant comme un "casus belli" (sic) sa nomination au Quay d’Orsay…  IL faut dire qu’HUBERT VEDRINE lui-même, "estimant essentiel que le Ministère des Affaires étrangères soit fort, doté de moyens suffisants de conception et d’éxécution, et que son rôle central dans l’ensemble des négociations que nous avons à mener pour défendre nos intérêts et promouvoir nos valeurs soit reconnu" (fin de citation), devait décliner la proposition sarközienne, faute d’obtenir la garantie de "moyens suffisants.

    Résultat, la FRANCE a hérité au fauteuil de VERGENENNES le trotsko-soixante-huitard Bernard KOUCHER, des mains de Nicolas SARKÖZY, celui-là même qui préténdait "liquider l’héritage de MAI-68" (sic) ! Il est vrai que, le 16 mai, jour de son investiture, le 9ème président de la Cinquième République déclarait "vouloir faire de la défense des droits de l’homme et de la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l’action diplomatique de la France dans le monde…"(fin de citation), toutes "priorités" qui, outre qu’elles ne mangent pas de pain, mettront de côté les véritables urgences de la FRANCE pour défendre ses intérêts (pas seulement culturels ou linguistiques !) dans ce même monde. Ce qui laisse prévoir que Bernard KOUCHNER sera le right man, sinon pour la France, du moins pour les nouveaux objectifs (loin de ceux qu’il avait fixés pendant sa campagne) de son patron à l’Elysée.

    Cela ne m’empêche pas de rappeler que ce même Bernard KOUCHNER avait, pendant la campagne présidentielle, alors qu’il attendait lui-même tout de Marie-Ségolène ROYAL, dénoncé Nicolas SARKÖZY ". Celui-ci, selon lui, "n’éprouve aucune honte à pêcher dans les eaux de l’extrême droite (….) singulièrement dangereux, voire complètement irresponsable(…) et capable d’une dérive historiquement scandaleuse". (fin de citation). Ce qui m’amène à poser la question : en acceptant le poste de Ministre des Affaires Etrangères, celui qui s’était illustré comme porteur de sac de riz, tout comme par ses méfaits lors de son proconsulat au KOSSOVO, espère-t-il empêcher la dérive extrème-droitiste du Président SARKÖZY, ou sait-il déjà que celui-ci n’avait pris, en pêchant dans le vivier des idées du FRONT NATIONAL, qu’une posture "marketing" qu’il n’avait pas l’intention de tenir. Je crains d’être obligé de parier sur la seconde alternative !

    D’autant que le nouveau Ministre des Affaires Etrangères, après avoir rappelé les "valeurs" qu’il défend depuis ses premiers engagements trotsko-soixante-huitards, s’est empressé, dès sa nomination de déclarer "Je porterai haut ces valeurs ("défense des idéaux de solidarité et de progrès", sic) de la diplomatie française" (cité par "LE MONDE", 19/05/07)

    Pour être complet, et pour ne pas m’en tenir au seul Bernard KOUCHNER, je citerai le nouveau rallié qui vient d’accepter un poste de secrétaire d’Etat (en attendant mieux) : Eric BESSON qui disait de SARKÖZY : "Son culot, son aplomb, son ambition, sa soif inextinguible de reconnaisance sociale et de pouvoir sont légendaires (…) celui qui prétend vouloir "être jugé sur ses résultats"  n’a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action. Ceux d’un médiocre ministre de l’Economie et des Fiances et ceux d’un ministre de l’Intérieur survolté mais peu efficace (….). Ses erreurs, ses échecs ? C’est toujours la faute des autres (…). Le vernis ne tiendra pas (…), le "pragmatisme sarközien" se nourrit de revirements." (fin de citation). Remarque personnelle : hier, c’était la faute à CHIRAC et à VILLEPIN. Je crains que, demain, une fois de plus, ce soit la faute à l’UNION EUROPENNE, ou même, pourquoi pas, au mondialisme dont, incontestablement, Nicolas SARKÖZY est l’un des partisans. Ceci n’empêche pas cela chez les politiciens de tous bords qui n’en sont pas à une contradiction près dès lords qu’il s’agit de masquer leurs tares !

    Je laisse au lecteurs de ce forum de complèter ce propos en faisant les remarques, tout aussi justifiées, que l’on peut faire à propos d’autres nominations à des postes de Ministres. A commencer par François FILLON qui, le 9 décembre 2004, sur FRANCE-INTER (in "Questions d’Info") s’était prononcé pour "LA TURQUIE DANS l’UNION". Tout comme KOUCHENER, JOUYET, etc.

    Cordialement, Jean-Claude THIALET

    (Sources : "RIVAROL" < http://www.rivarol.com > et "LE LIBRE JOURNAL" http://www.francecourtoise.info >)

    Répondre
  3. Anonyme

    26/05/2007

    Pierre Lance est parfois sacrément gonflé en prenant tout le monde pour des abrutis.

    D’abord, il écrit : "Bien entendu, il ne saurait être question d’effacer pour autant les vieilles nations historiques qui la constituent [l’Europe] et qui sont toutes ensemble à l’origine de la civilisation planétaire."

    Il ne faut pas pousser.  Et la Chine, l’Inde et le monde Arabe qui, lorsque nous étions encore au sombre haut moyen-âge, vivait dans les soieries et autres raffinement sans parler des sciences, technologies et arts dont les croisés ont ramené le courant en Europe par la suite ?

     

    Maintenant, en ce qui concerne la Constitution Européenne, j’ai voté NON pour des raisons précises :

    Il est hors de question d’accepter un texte abscon de 245 pages, véritable salmigondi bureaucratique comprenant même des parties qui n’ont rien à voir avec une constitution.  La Constitution des USA fait 15 pages clairement rédigées.  Je cite souvent Boileau :

    "Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement,

    et les choses pour le dire vous viennent aisément".

    Donc, Je n’achète donc pas un âne dans un sac, moi.  Ce texte est issu des méninges tourmentées et confuses de Giscard qui a fortement contribué à casser ce pays.  Comment avoir confiance en ce pauvre type ?  Et PL a raison en parlant de répétitions et lourdeurs…  Bonjour cannabis poliamyde

    J’ai toujours prôné une CONFEDERATION des Etats Européens car dans les confédérations (différentes des fédérations), chaque Etat reste essentiellement souverain sur son territoire tout en concédant des accords et règles solidaires avec l’ensemble des pays de la confédération.  Et si les Ministères des Affaires étrangère/immigration des pays de la CEE avaient intelligemment établi un réseau informatique de gestion des visas AVANT de faire l’espace SHENGEN, nous ne serions pas dans ce sombre merdier où nous végétons.

     

    Répondre
  4. Jean-Claude THIALET

    26/05/2007

    A Philippe LANDEUX

    Merci et bravo pour vos propos pleins de bon sens et de raison. Il faut préciser que, dans notre "démocratie populaire" (l’expression est d’Elisabeth LEVY, journaliste à "Marianne")(1), dès lors que l’on ne vote pas comme l’exigent les gens qui nous gouvernenent avec la complicité des médias, des syndicats, des Associations et des lobbies, on est qualifié de passéïstes, de nostalgiques, de retardataires, que dis-je ? d’anachroniques selon le mot de Pierre LANCE, etc. quand ce n’est pas pire. C’est oublier que l’HISTOIRE a des retours de balancier. Et que, ce qui est à la mode aujourd’hui devient franchement ringard le lendemain, tandis que ce qui était considéré la veille comme ringard, devient à la mode… Combien d’Empires plus solides que l’UNION EUROPENNE sont ainsi tombés dans le néant ?

    Courage, on les aura, les Euro-mondialistes de tous poils qui voulant notre disparition, nous font le coup du mépris !

       Bon dimanche, cordialement, Jean-Claude LAHITTE

    (1) elle date de l’entre-deux tours de la Présidentielle de 2002 !

    Répondre
  5. Jean-Claude THIALET

    26/05/2007

    A Philippe LANDEUX

    Merci et bravo pour vos propos pleins de bon sens et de raison. Il faut préciser que, dans notre "démocratie

    Répondre
  6. ozone

    25/05/2007

    Il est dommage que l’une des predictions ne s’est pas concretisèe;

    "Si le NON l’emporte il pleuvra pendant quarante jours"…..Dixit François Bayrou

    Les nappes phrèatiques en auraient eu bien besoin…..

     

    On enrage de penser l’occasion en or qu’a donner le NON a nos dirigents de revenir sur le devant de la scene de l’UE au lieu de se coucher honteusement face a la camarille de Bruxelles.

    Je crois (quelqun confirme?) que le tribunal constitutionnel Allemand (peut ètre a t’il une autre denomination) s’est refusè de ratifier  le TC a cause du NON Franco-Hollandais;

    Les allemands auraient dit NON .

    Les Anglais aussi.

    Aurait’on oser les traitès de tous les noms comme nous l’avons ètès?,bien sur que non.

    Les espagnols,auquels ils n’ont pas presenter le chapitre III,se sont deplacès a trente pour cent,le soixente dix pour cent qui en resulte semble plus a prendre en consideration que le cinquante cinq pour cent d’un pays fondateur avec un fort taux de participation.

    Lu sur un forum Iberique;"ils les feront voter jusqu’a ce qu’ils disent OUI",visionnaire?,non,mème pas ça.

    Et que dire des deux cents milles elècteurs luxembourgeois a cotè des cinq millions de NON Français?

    Decidament les comptables europeistes font des comptes bien particuliers.

    Répondre
  7. merle des isles

    25/05/2007

    Bonjour, votre article ne manque pas d’intérêt, mais mon Dieu, quel manque de discernement! Quand on peut voir aujourd’hui combien les hommes et les Peuples, partout    dans le monde se sarifient pour leurs indépendances. Quand on voit combien la notion même de souveraineté Nationale est au centre de tous les débats démocratiques. Quand les coutumes et les traditions s’enracinent toujours plus fortement dans tous les pays , sans exception, quand la disparition des frontières entraine les pires excès économiques et financiers , dont une "certaine classe" de personnages redoutables corrompus, et même criminels s’est emparé au sommet des "pseudos états ultra-libéraux" ! NON, l’avenir , ce n’est ni la Région ni le village planétaire, c’est bien sûr LA NATION SOUVERAINE. ELLE SEULE, est à même de protéger chaque citoyen , non pas comme un vulgaire "consommateur/producteur" , mais comme un HOMME RESPONSABLE DU DEVENIR DE SES COMPATRIOTES ET PAR LA -MÊME DE LA PLANETE ENTIERE AUX TRAVERS D’ECHANGES INTERNATIONAUX JUSTES ET EQUILIBRES.

    Répondre
  8. Gérard Pierre

    24/05/2007
       Deux personnes peuvent parfaitement partir de positions diamétralement opposées, et se rejoindre sur une même conclusion. C’est présentement mon cas avec l’article de monsieur Pierre Lance.
     
       En l’occurrence : « . Le suffrage universel doit seul en décider, afin de donner au texte une légitimité indiscutable. Que l’on présente aux citoyens de France et d’Europe un texte constitutionnel court, clair, sans répétitions ni lourdeurs, qui ne traite que des principes essentiels, et qui surtout trace nettement les frontières de l’Europe, passant notamment dans le détroit du Bosphore, et je suis sûr que les électeurs le voteront majoritairement », …… je contresigne.
     
       En revanche, je retrouve chez monsieur Pierre Lance cette avidité à vouloir maîtriser les raisons du NON de 55% d’entre nous, très caractéristique chez les 45% qui votèrent OUI et que nous ne morigénons pas pour autant. Il reconnaît « tous les défauts de ce texte (à commencer par sa longueur démente) », mais pense que « l’adoption d’une Constitution mal ficelée était préférable à son rejet pur et simple », et d’en déduire, comme pour fuir une réalité que l’on se refuse, consciemment ou non à voir : « le NON au projet de Constitution européenne n’a été obtenu que par la collusion contre-nature entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche ».
     
       Ceci me paraît expéditif et réducteur. En considérant que l’extrême gauche draine une dizaine de pourcents et l’extrême droite une quinzaine au mieux de sa forme, cela signifie que 30% des Français ont voté contre le projet de traité constitutionnel pour d’autres motifs. Appartenant à ces trente pour cent là, et n’entendant jamais énoncer MES RAISONS, assez communes aux personnes qui m’entourent, que l’on me permette de rappeler ici ce que j’écrivis à l’époque, juste avant le référendum :
     
      «  Constituant géographiquement l’une des cinq parties du monde, l’Europe forme l’extrémité occidentale du bloc eurasiatique. Limitée à l’Est par la lourde chaîne de l’Oural et au sud-est par la haute barrière du Caucase, elle est, partout ailleurs, bordée par la mer qui la pénètre en profondes échancrures. D’une superficie de 10,5 millions de kilomètres carrés, l’Europe compte plus de 700 millions d’habitants.
     
       Ce territoire, sa population et son économie exercent une fascination inquiétante sur un cénacle restreint et polymorphe composé de financiers guindés et calculateurs, de politiciens aux convictions à géométrie variable, de plumitifs verbeux et évanescents, d’économistes lénifiants, de sociologues pontifiants, et d’une cohorte d’accompagnateurs concupiscents et diserts.
     
       Le microcosme polyglotte, ainsi constitué, tente d’en contrôler la direction en organisant ou en différant des coups d’état démocratiques. Sous couvert d’un prétendu projet de traité constitutionnel, plus apparenté à un statut de société internationale à but lucratif qu’à une constitution d’Etat, il tente de dissoudre le peuple par le biais du suffrage universel, direct ou indirect selon les endroits.
     
       La méthode est machiavélique ; les différentes étapes en sont les suivantes :
     
    Ø      Rédaction d’un texte volumineux et illisible,
    Ø      Production de chantres, si possible talentueux, intéressés aux conséquences de la démarche, procédant suivant le triptyque éprouvé:
    *         du procès d’intention (dire NON c’est être CONTRE l’Europe, ……)
    *         de l’amalgame (dire NON c’est être extrémiste, xénophobe ………….)
    *         de la « guignolisation » (passéiste, étriqué, replié ……….)
    Ø      Injonction claire : c’est à prendre ou à laisser (on ne refera pas une constitution sur mesure pour vous !)
    Ø      Assurance au bon peuple ( ça ne changera rien à tout ce qui vous tient à cœur)
    Ø      Affolement (si c’est NON, ce sera CATASTROPHIQUE)
    Ø      Conditionnement (notre PARTENAIRE allemand, l’Espagne EXEMPLAIRE,….)
    Ø      Mobilisation des électeurs acquis,
    Ø      Démobilisation des opposants,
    Ø      Obtention de 50,01 % de votes favorables.
     
       Le résultat acquis, les décideurs seront légalisés par le suffrage direct de la lassitude capitulante ou celui indirect de la suffisance élitiste. La population n’aura plus ensuite qu’à participer à des représentations imposées, au montage desquelles elle ne sera plus jamais conviée. Les petits porteurs, pardon, je voulais encore dire électeurs, seront muselés. Les conseils d’administration de l’entité Europe pourront se tenir dans des salles à l’acoustique feutrée, entre initiés pensants et compensés. »
     
       Relisant aujourd’hui ce texte, je ne le renie pas. Nous avons entendu depuis les constitutionnalistes, plus préoccupés d’exégèse que d’efficacité, nous expliquer tout et son contraire. Nous avons su depuis, comment furent « acquis » le OUI espagnol et le OUI allemand. Nous avons entendu depuis le point de vue de la Grande-Bretagne ou de la Pologne.
     
       S’il suffit, pour ne pas froisser la susceptibilité du premier de la classe (*) auquel le souverain peuple correcteur colla une note en dessous de la moyenne avec la mention « hors sujet », de ne pas appeler cela un plan bis, soit, nous l’appellerons autrement. La crise de sultanite qu’il nous fit alors est déjà dans les oubliettes.
     
       OUI à l’Europe, tel est le credo des 30% de français qui, comme moi votèrent NON, …… mais pas l’Europe confuse, nébuleuse, ingérable et engluée qui nous a été proposée.
                                  ***************************
    (*) Feu (politiquement) monsieur Valéry Giscard d’Estaing.
    Répondre
  9. Jean-Claude THIALET

    24/05/2007

    24/05/07  – "Les 4 Vérités"

    Semaine après semaine, Pierre LANCE prouve à ses fidèles lecteurs qu’il s’est laissé influencé "politiquement" par les gens qui nou gouvernent. Et que, quand il reproche à Jean-Marie LE PEN des "discours anachroniques" sous le prétexte que celui-ci, tout en étant viscéralement "européen" (ce que Pierre LANCE semble vouloi ignorer), veut défendre la survie de la France en tant qu’entité géopolitique et culturelle, c’est lui-même qui se trompe en refusant de voir les réalités de l’UNION européenne telle que nous l’ont fabriquée lezs focntionnaires de Bruxelles avec l’aval des gens qui nous gouvernent…

    Tous les gens de bonne foi, à commencer par Pierre LANCE (dont je n’ai personnellement jamais douté de la bonne foi), s’accordent à reconnaître que "L’EUROPE" (entendez par là l’UNION européenne !) est en panne (euphémisme), mais personne ne veut admettre que c’est parce qu’elle a été mal ficelée dès l’origine, que l’on a pratiqué la fuite en avant en ouvrant de plus en plus largement les portes du "club" à n’importe qui, en attendant la TURQUIE, mais aussi parce qu’on a laissé progressivement des fonctionnaires irresponsables la diriger.

    On peut toujours ironiser sur les "NONNISTES" qui, le 29 mai 2005 ont rejeté, en France et en Hollande (1) le projet d’une prétendue CONSTITUTION EUROPENNE qui n’était en réalité qu’un fâtras de textes où seuls quelques experts ppuvaient s’y retrouver. Mais ce refus était celui du peuple (lequel n’est ni de droite ni de gauche !) qui avait fini par comprendre que, quelle que soit leur nationalité d’origine, cette prétendue EUROPE  qu’on leur proposait n’aurait plmus rien d’humain.

    Je crains que Pierre LANCE se trompe lourdement quant aux possibilités de Nicolas SARKÖZY de faire évoluer les choses dans le bon sens. Même s’il en a la volonté. Ce dont il est permis de douter après l’avoir vu imposer, pour la première fois dans l’histoire de la "REPUBLIQUE", le drapeau européen dans sa "photo officielle", avant d’ aller, d’une certaine façon, faire allégeance (comme un vassal à son suzerain) au "Président" José-Manuel BARROSO. Surtout quand on sait qu’il s’était fait accompagner pour la circonstance de deux "européistes" antilibéraux (en bons socialistes qu’ils sont tous les deux) : Bernard KOUCHNER et Jean-Pierre JOUYET dont on sait, notamment, qu’ils sont partisans convaincus de l’entrée de la TURQUIE dans l’UNION… Il est à noter que le projet de "Traité" européen de Nicolas SARKÖZY prévoit, notamment, la création d’un Président de l’UNION EUROPENNE, ce qui transformerait, selon la comparaison plaisante de Jean-Marie LE PEN, les dirigeants des différents pays en simples "gouverneurs". A commencer par Nicolas SARKÖZY lui-même qui, en France, a décidé de faire de "son" peremier ministre un simple grand commis… Mais sans doute SARKÖZY dont l’ambition n’a pas de limite, se voit-il déjà "Président" de l’UNION EUROPENNE. Quand on se souvient qu’il a annoncé qu’un mandat de cinq ans lui suffirait …

    En conclusion, je trouve les propos de Pierre LANCE bien léger. Notamment lorsqu’il écrit "on peut toujours se marier". Oubliant que, derrière chaque mariage raté il y a des souffrances, des disputes incessantes qui débouchent toujours sur un divorce.  Je ne sais pas si je fais partie de ces "entêtés murés dans leur casemate", même si je sais déjà que je ne suis pas de ceux qui ne veulent rien lâcher de leur pré-carré, mais ce que je sais, c’est que je refuse de me voir imposer une prétendue EUROPE ouverte à tous les vents d’une concurrence commercaile de plus en plus sauvage et à une immigation qui, non seulement n’a plus rien d’européenne (même lorsqu’elle vient de Roumanie ou de Bulgarie), mais prétend nous imposer à plus ou moins long terme sa culture, ses moeurs et sa religion, sans rien nous apporter en échange. Il me paraît plus que temps de donner un grand coup de frein à cette "EUROPE" de moins en moins européenne. Et Nicolas SARKÖZY se serait honoré en commençant, dès sa première visite à Bruxelles, par exiger du "turcophile" qu’est incontestablement José-Manuel BARROSO, d’arrêter tout net les négociations avec la TURQUIE. Vis-à-vis de ce pays qui n’a qu’un nez européen, les dirigeants successifs de l’UNION, par leur lacheté congénitale,  doublée d’un faux humaniste mondialiste, se comporte comme une belle qui donne des gages en se laissant courtiser jusqu’au jour où elle ne pourra plus refuser de "s’ouvrir" sans mériter à juste titre le courroux de l’amant éconduit ! Oui, je sais, on nous "rassure" en nous didsant c’est pour 2015. Mais il sera trop tard si on ne dit pas NON tout de suite ! Je crains que l’on ne puisse pas compter sur "nôtre" nouveau présidant pour dire NON, NON et NON, et arrêter la farce !

    Et, bien qu’ayant été

    (1) comme l’auraient fait TOUS les peuples de l’UNION EUROPEENNE si on avait eu l’honnêteté de les consulter

    Répondre
  10. Nico

    24/05/2007

    L’auteur de l’article n’a visiblement rien compris du concept de souveraineté nationale.

    Qui plus est, toujours le même argument de "l’union fait la force". Reste que 27 faiblesses n’ont jamais fait une force!

    L’UE est un mammouth bureaucratique, qui nous condamne à payer des amendes et arracher nos pommiers. On ne sauvera rien avec des fonctionnaires de cet acabit, arrêtons la fuite en avant.

    Répondre
  11. ozone

    23/05/2007

    Deni stupefiant de democratie,deja.

    Et qu’a fait sa chère europe quand le communisme et tombè en Russie?…Sa monnaie unique,très urgent parait’il,applaudir le laisser faire laissez aller..

    Cela ne pouvait donner qu’un Poutine (on a eviter Girinoski) , Mais de nos jours,en se dirige a grands pas vers un debut de nouvelle guerre froide,elle aura belle mine l’europe avec "son gaz" de l’autre cotè.

    Role positif de l’UE avez vous dit?

    Répondre
  12. Philippe Landeux

    23/05/2007

    Je ne savais qu’en France les extrêmes de droite et de gauche représentaient plus de la moitié du corps électoral. Je ne le savais pas parce que ce n’est certainement pas vrai. Mais alors, que deviennent les arguments de Pierre Lance sur les motivations du NON au référendum ? Ne sont-elles pas plus complexes ?
    Pour ma part, les raisons pour lesquelles j’ai voté NON n’ont jamais été évoquées par personne, ce pour une raison simple, c’est que l’on a voulu stigmatiser les partisans du NON en les faisant passer pour des fachos ou des gauchos.
    Mais qui me dira le secret de comment faire à 25 ce que l’on a pas les cou…… de faire chez soi ? Qui m’expliquera que plus on est nombreux et hétérogènes plus il est facile de réaliser la démocratie (qui est déjà un leurre chez nous) ? Qui essayera de me faire avaler qu’une union fondée sur une monnaie unique n’a pas pour raison d’être le fric (qui n’a pas de patrie) ?
    Bref, l’Europe est a priori nécessaire pour résoudre les problèmes créés par la construction européenne elle-même. On nous dit que l’on ne peut rien faire par nous-mêmes…. forcément, presque toutes les compétences (lol) ont déjà été transférées à l’Europe. Mais qu’en a-t-elle fait ? Que peut-on encore lui confier ? Et pourquoi faire ? Pourquoi l’Europe se protègerait-elle, nous protègerait-elle, quand la simple et légitime idée de vouloir se protéger ou être protégé est présenté comme le fait d’arriérés. Le problème, ce ne sont pas les Chinois ou je ne sais qui. Il vient de nous, Français ou Européens. Tant que nous n’aurons pas la volonté de faire cesser que l’on nous marche sur les pieds, on l’aura dans l’os. C’est vrai pour la France, c’est vrai pour l’Europe (qui n’ose même pas définir ce qu’elle est ou du moins où elle s’arrête). Il n’y a pas besoin d’être gros (en l’occurrence un gros légume) pour survivre. Une petite travailleuse vaut mieux qu’une grosse fainéante (chacun aura compris que je parle des nations).

    Répondre
  13. eau_rage

    23/05/2007

    Pierre Lance a beaucoup d’humour : il nous explique qu’il est parfaitement possible de construire une Europe politique sur le mode fédéraliste tout en conservant les "vieilles nations historiques". Vraiment ? Mais alors comment expliquer que les 3/4 de nos lois sont d’ores et déjà de pures retranscriptions nationales de directives européennes ? Où est donc la souveraineté sans laquelle il n’est point de nation ? Et quand les peuples sont-ils donc consultés dans cette affaire ? Quant à Nicolas Sarkozy, sa "solution" pour relancer la construction européenne, c’est tout bêtement de se passer de l’avis du peuple français : voilà l’idée toute particulière que notre nouveau Président se fait de la démocratie.

    Répondre
  14. jean dort

    23/05/2007

     

    Nepas être de gauche à 18 ans est déja le signe d’une "maladie" "gènes et tics"… Le devenir après 50 ans est une tare!!! …

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)