La crise politique française ne fait que commencer

Posté le juin 05, 2005, 12:00
6 mins

La quasi-totalité des classes politique et, plus encore, médiatique, faisait campagne pour le oui au référendum du 29 mai. Or, ce bourrage de crâne, sans être suffisant, fut néanmoins efficace, comme un certain dimanche 5 mai 2002. De même que les sondeurs sont amenés à rectifier certaines intentions de vote, de même pourrait-on rectifier le résultat officiel du référendum, en soutenant que, si les médias avaient été plus équitables, donnant autant la parole au oui qu’au non, ce n’est pas 55 % que ce dernier aurait totalisé, mais peut-être 60 ou 65 % !  Un tel décalage entre la France “officielle”, sa classe politique, sa classe parlante, et le peuple réel, n’a jamais été atteint en France, ni sous la République, ni sous l’Ancien régime. Nous avons affaire à une crise institutionnelle de première importance.
La solution politique pourrait résulter de la démission du Président de la République et l’organisation d’une nouvelle présidentielle. Mais Jacques Chirac refuse absolument cette hypothèse. Son gouvernement, quel qu’en soit le Premier ministre, n’ayant plus d’autorité car sans majorité légitime, on peut s’attendre et même craindre que le pouvoir véritable soit, jusqu’aux prochaines élections présidentielles de 2007, capté par des lobbies, des groupes de pression, en particulier les syndicats, manipulés par des gauchistes, professionnels de l’agitation.
Mais il n’est même pas sûr qu’une nouvelle élection présidentielle suffirait à sortir de la crise. Car il n’est pas certain, évidemment, que, demain, avec un Président nommé Jospin, Hollande ou Fabius, Sarkozy ou Villepin, les choses soient radicalement différentes.
La France du non n’est représentée à l’Assemblée que par une poignée de parlementaires qui ne doivent d’ailleurs leur siège qu’aux largesses de feu l’Union de la gauche. Philippe de Villiers doit à l’UMP son fief de Vendée. Tandis que personne, à part les intéressés eux-mêmes, ne récrimine contre l’exclusion du Front National, principale formation représentative de la France exclue et en révolte.
On peut préférer le scrutin majoritaire au scrutin proportionnel. Mais, pour être démocratique, le scrutin majoritaire doit s’inscrire dans un clivage droite-gauche dont aucune force n’est exclue. Pour que la démocratie fonctionne en France, et qu’elle trouve une traduction parlementaire, il faut rétablir le scrutin proportionnel ou bien, au moins, cesser de diaboliser le Front National.
Il n’y aura pas de solution à cette crise sans que la France du non, y compris le Front National, soit représentée à l’Assemblée Nationale.
Car le non déposé dans le fond des urnes dimanche dernier va bien au-delà de la question posée à propos du projet de Traité de Constitution européenne. Ce n’est pas seulement un non à un texte, ni même à la construction européenne, c’est un non à un système politique où des politiciens, tous issus de la caste technocratique, n’ont pour le peuple soi-disant souverain, qu’un parfait mépris.
C’est pour ne pas avoir été consultés sur l’élargissement de l’Europe à la Roumanie et à la Bulgarie (avant la Turquie), que les Français ont voté non à la Constitution. Au plan intérieur, c’est parce qu’ils n’ont jamais été consultés une seule fois sur la politique menée depuis trente ans par tous les gouvernements successifs en matière d’immigration, qu’ils votent et qu’ils voteront de plus en plus non aux propositions qui leur sont faites par les politiciens professionnels français.
Comme Jean-Jacques Walter (voir page 3), le plus grand nombre de nos concitoyens estime sans doute que l’Islam n’est pas compatible avec les valeurs occidentales, qu’une communauté arabo-musulmane de 6 à 8 millions d’individus n’a rien à faire de bien et de bon en France. Cette opinion majoritaire est confortée par les affrontements qui ont lieu chaque jour dans les villes ou les cités où cette minorité fait la loi. Pourtant, la classe politique ne veut pas entendre ce cri de la France profonde. Tant que ce sera le cas, la crise politique continuera…

6 réponses à l'article : La crise politique française ne fait que commencer

  1. LESTORET

    07/06/2005

    Cher Mr Dumait, c’est devenu une rengaine de dire que nos politiciens sont des incapables et qu’ils forment ainsi la majorité, laissant le moins incapable prendre la tête. Le monde entier et de nombreux français savent depuis longtemps que la France n’est plus une démocratie au sens international du terme, et cela depuis De Gaulle, même si les libertés fondamentales sont assurées ce qui n’est pas niable. Et c’est sans doute à cause et sur ce terreau que le FN a pu propérer d’une part et que l’immigration a pu se développer d’autre part. Je veux dire à cause de l’inorganisation des corps politique et administratif. La rebellion du peuple français contre le Traité Constitutionnel qu’on voulait lui imposer est justement, en négatif, l’expression d’un ras le bol qui va mener on ne sait où pour l’instant. Mais sûrement pas vers un développememnt de la démocratie et encore moins vers l’institution de la « proportionnelle » que vous prônez. Les forces vives de la Nation: radio, presse, télé et discours officiels se sont déchaînés ensemble en faveur du OUI, sans succès. C’est un peu comme un coup d’état manqué. Mais notre Monarque reste en place et ses hommes vont retapisser le terrain. Qui a protesté plus de quarante huit heures ??? Quel Journal pu quelle Radio ???

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  2. SAS

    07/06/2005

    A merle des isle et adolphos…pour info la france est réellement une ripoublique…nous avons bouté la monarchie attachée au foncier (donc attachée à la france) au profit de roturiers sectaires appatrides qui ont encore plus de privilèges honteux que les précédents…ceci dit la france 60 millions de gaulois ou assimilés,45 millions d’inscrits, et 24 millions d’exprimés soit pour 1 parti 12 millions de votants activiste qui prétendent diriger les autres….qui peut croire 5 minute…qu’1 homme peut en imposer à 6 autres…c’est « encore là » l’expression de l’imposture du modèle démocratique porté par les « initié » de notre pays depuis 1789…la démocratie promotionnée par les franc maçons portent en elle , arethmetiquement parlant,sa perte….vous mettez 10 cons d’un côté et 1 intelligent de l’autre…démocratiquement la solution des cons sera comunément retennue. Jusqu’à ces jour, le système des « frères » était le moins mauvais…mais comme dévolue à leur propres intérêts financiers et anti chrétien…ce modèle leur explose à la gueule…et ca c’est bien… SAS

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  3. TEO

    05/06/2005

    Cher Lecteur, cher M.Adolphos, Le fait que le chef de l’etat n’ai pas a demissionné est davantage une une exception qu’une regle: Dans la plupart des pays occidentaux en general et anglophone en particulier, la gifle du 29 mai aurait du mené a un « vote de non-confiance » ce qui aurait eu pour effet des elections anticipés. Il ne s’agit pas d’un « Putch permanent »: des pays comme le Royaumes-Unis, le Canada ou l’Australie fonctionne sur ce theme sans que cela soit penalisant, mais au contraire legitimise et credibilise la formation au pouvoir. En ce qui a trait a la majorité, j’ai peur que vous n’ayez raison….C’est peut-être cela qui fut sanctionné le 29 mai : l’absence d’alternative entre un socialisme de droite ET de gauche et un Front National diabolisé ? Peut-être que la vraie panne se trouve du coté de l’absence « d’offre politique » viable et de courage politique ? Cordialement, TEO

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  4. Patrick

    04/06/2005

    L’immigration a jouée un grand role dans les référendums en France et Pays-Bas et est peut etre bien la véritable explication de la victoire du NON. Bien sur nos technocrates et les médias minimisent tout! mais que va t’il se passer lorsque aux prochaines municipales, des villes (par exemple Trappes ) vont devenir des municipalités islamistes? A lire l’étude suivante:http://www.institut-thomas-more.org/showNews/36

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  5. merle des isles

    04/06/2005

    Bonjour juste un mot . BRAVO MONSIEUR DUMAIT . Vous avez bien raison dans votre raisonnement. Quant à Adolphos, que d’inepties ! 1/ La démocratie n’a que les règles que le pouvoir en place veut bien lui accorder. Le scrutin majoritaire dans un pays saccagé par les « lobys » médiatico-politiques, les menteurs et les « voleurs institutionnels » englués dans les nauséeuses affaires!! NON CE N’EST PAS LA DEMOCRATIE, C’EST LA DICTATURE RIPOUXBLICAINE. 2/ La NATION? Enfin Adolphos UNE NATION SANS LE PEUPLE ? VOUS Y CROYEZ VRAIMENT ? A bientôt!!

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  6. Adolphos

    04/06/2005

    « Son gouvernement, quel qu’en soit le Premier ministre, n’ayant plus d’autorité car sans majorité légitime, » Il faut arreter de raconter n’importe quoi ! La démocratie à ses régles, et l’on ne mélange pas toutes les élections en permanence. Le gouvernement actuel est totalement légitime tant que le parlement le veut bien. Parlement issue de l’élection de 2002 et légitime par définition et principe jusqu’en 2007. Si les électeurs ont changé d’avis le 29 mai 2005, ou même le lendemain de l’élection de 2002, c’est leur probléme, ils n’avaient qu’à mieux réfléchir avant de voter. Sinon vous instaurez quoi ? Le putch permanent ! (Au reste on ne voit pas quel majorité autre que celle d’aujourd’hui émergerait en cas d’élection, étant donné le chaos à gauche.)  » le non déposé dans le fond des urnes dimanche dernier va bien au-delà de la question posée à propos du projet de Traité de Constitution européenne. Ce n’est pas seulement un non à un texte, ni même à la construction européenne, c’est un non à un système politique où des politiciens, tous issus de la caste technocratique, n’ont pour le peuple soi-disant souverain, » Le peuple n’est pas souverain. C’est la NATION qui est souveraine, nuance. Ensuite vous faite dire beaucoups de choses au Non, comme les gauchistes. Méfions-nous des interprétation hatives.

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