La situation économique de la France a plombé le référendum

Posté le mai 25, 2005, 12:00
6 mins

Le référendum de dimanche prochain sur le Traité constitutionnel européen, qui était imperdable pour Chirac, il y a encore dix semaines, est bel et bien, aujourd’hui, sur le point d’être perdu par celui qui a seul décidé de l’organiser. Mais qui aurait dit alors qu’une majorité de Français se détermineraient contre un texte soutenu à la fois par l’UMP, l’UDF, et le Parti socialiste ?
Rappelons néanmoins que ce n’est pas Chirac qui a lancé l’idée de cette Constitution, mais le chancelier allemand Gerhard Schröder, dans la foulée du Traité de Nice, signé le 26 février 2001. Proposition à laquelle la France s’est tout d’abord opposée aussi bien en la personne du Président de la République qu’en celle de son Premier ministre, à l’époque Lionel Jospin. Ce n’est qu’un an plus tard que la France se ralliera à cette idée d’inspiration fédéraliste, en imposant Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la Constituante, dénommée plus modestement, pour faire peur le moins possible aux anti-fédéralistes « Convention européenne ».
Dans l’esprit des membres de la Convention européenne, non seulement le Traité établissant une Constitution pour l’Europe introduit des changements dans le fonctionnement des Institutions de l’Union, mais encore, sa ratification revient à accorder un blanc-seing aux pères de l’Europe qui se sont succédés aux responsabilités depuis près de cinquante ans. C’est le sens de la partie III qui, en volume, représente l’essentiel du texte de ce document et dont Valéry Giscard d’Estaing a indiqué qu’on aurait pu fort bien s’en passer puisqu’il ne constitue qu’une simple reprise d’un certain nombre de directives en vigueur. Mais, puisque cette partie III figure dans le Traité, sa présence signifie qu’on demande aux électeurs français d’approuver rétrospectivement tout ce qui s’est fait jusqu’à présent au niveau européen, presque toujours sans qu’ils soient consultés, puisque l’unique référendum organisé en France sur les questions européennes remonte à 1992 avec l’adoption du Traité de Maastricht. C’est évidemment ce quitus qu’une grande partie des électeurs français refuse de donner à l’oligarchie politique en général et à Jacques Chirac en particulier.
Bien sûr, il en serait sans doute autrement si la situation économique était différente, car on sait qu’il y a une corrélation très étroite entre les votes politiques des électeurs et la situation économique qu’ils vivent au moment où ils votent. Les exemples récents des élections américaines et britanniques l’ont démontré une fois de plus.
Or la situation économique de la France a rarement été aussi mauvaise depuis trente ans. Après une quasi-récession en 2003, la croissance a péniblement atteint 2 % en 2004 et va à nouveau se ralentir en 2005. A ce niveau-là, le chômage, loin de décroître, comme le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a cru pouvoir s’y engager, va inexorablement repartir à la hausse.
La situation des finances publiques est catastrophique. La dette publique qui ne devait pas dépasser 60 % du Produit Intérieur Brut est déjà au-delà de 65 %, tandis que le déficit qui devait être maintenu sous la barre des 3 % est à plus de 3,6 %…
Comme toujours, nos dirigeants accusent la conjoncture. Le dollar était trop faible. Le pétrole était trop cher. Maintenant, il y a les Chinois qui nous envahissent avec leur textile… S’agissant du dollar et du pétrole, nos voisins britanniques s’accomodent fort bien de leur prix. Quant au textile chinois, nos dirigeants savent depuis longtemps que les quotas disparaissaient au 1er janvier 2005. On saura dans quelques mois si l’OMC, qui est le juge de paix de la concurrence mondiale, tient pour légales les entraves concoctées par les Etats-Unis et par l’Europe pour freiner les entrées de produits chinois. Mais on peut en douter.
Dans un monde globalisé, où la compétition économique est désormais sans entrave, les entreprises, pour gagner, doivent être impérativement déchargées des fardeaux qui pèsent sur elles au titre de l’Etat-providence. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne, où les impôts et cotisations sociales pesant directement sur les entreprises sont faibles, tandis que ceux qui pèsent directement sur les particuliers sont proportionnellement plus élevés que chez nous. Libérer les entreprises d’une partie importante des charges qui pèsent sur elles, telle est la réforme essentielle que Chirac n’a pas su faire en 2002. Et qu’il paye. Sans même attendre 2007.

[Notre page Référendum sur la Constitution Européenne et intégration de la Turquie]

5 réponses à l'article : La situation économique de la France a plombé le référendum

  1. Adolphos

    02/06/2005

     » He oui, les français viennent enfin de comprendre que la représentation nationale était FACTICE  » Cette blague ! EVIDEMENT qu’elle est factice, mais ce n’est pas là l’important. L’important c’est de suivre les régles de la démocratie, c’est à dire son formalisme. Lui seul est une garantie (relative) de LIBERTE. « Pour que le chomage diminue en France, il faudrait une croissance superieur a 3.5%. » Ou libérer le marché du travail, et libéraliser les services. Du nerfs ! -PPS !

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  2. sas

    02/06/2005

    …pour moins de chômeurs = croissance supèrieure= lapalisse. SOLUTION RAPIDE ET NOVATRICE POUR CREER LES EMPLOIS: défendre avec acharnement les structures artisanales et pme …casser la prédation des chambre de commerce et des tribunaux de commerce,REPRENDRE EN MAIN REPUBLICAINE la gestion des faillites en france.De manière plus large,interdir et extirper les franc-maçons (affairiste:pléonasme)des circuits de gestion de l’économie:banque,assurance,reglementation,tribunaux de commerce,administrateur,liquidateur,chambre de commerce,services fiscaux,justice….partout ou ils utilisent leurs pouvoirs directes et par délégation à la :PREDATION,VOL,ACCAPAREMENT,CREATION DE MONOPOLE DE FAIT,CONFISCATION DES FONDS PUBLIQUES ET COMMUNS,DEREGLEMENTATION…etc,etc Bref rendre le terrain économique français, libre et concurentiel…où seul la compétence et la rentabilité sera un critère objectif de choix…la qualité ou l’excellence ce qui constitue l’entipode de ce que developpe actuellement les « frères » de france. Je prophétise des milliers d’emplois durables et non subventionnés…mais « ils » ne toucheront plus un rond.ALORS SAS

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  3. TEO

    01/06/2005

    Cher lecteurs et lectrices, Merci a M. Dumait de rappeler les fondamentaux; Pour que le chomage diminue en France, il faudrait une croissance superieur a 3.5%. De plus, pour que le chomage diminue durablement, il faudrait que cette tendance se maintienne durablement. Autant dire que le declin Francais actuel ne fait que commencer. Cordialement, TEO

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  4. sas

    27/05/2005

    He oui, les français viennent enfin de comprendre que la représentation nationale était FACTICE et non représentative d’un modèle loyal et démocratique…il était temps…la non-confrontation avec MR lepen en avril…aurait du dèjà les inquiter lourdement. STISFACTION les francs maçons du gnlf et du GO connaissant les méthode de triches usuelles (utilisation des cahiers d’émargement resté vierge de signatures) ils appelent tous au vote…bien Dernier point , si le NON passe , la france économique va tanguer…effectivement l’euro va se déprecier par rapport au dollard…mais les appatrides de la finance internationnale et les fonds de pension vont nous faire morfler…quitte à lacher tout ou parti des 60% qu’ils ont au CAC 40…et je crois que c’est pour cela que le droit commun CHIRAC s’agitte dans tous les sens… A JC LAHITTE,je te conseille de sortir tes éconocrocs(ce qui te reste de ta retraite laborieuse francaise) du monde de la finance française et europeene…car le retours de bâton pour « les goyes » va être sévère. Amicalement et à te faire sourir respectueusement sas

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  5. Adolphos

    26/05/2005

    Il y a aussi une inquiétante révolte contre les élites. Certes, journaliste et hommes politique ont été trés arogant, traitant les électeurs de débile et leur ordonant presque de voter oui pour maintenir la paix dans l’EUrope et autre fariboles. Mais est-ce la premiére fois qu’on raconte n’importe quoi dans les média ? Les Français ne veulent plus écouter, les élites ne veulent plus dire la vérité; on est mal parti et la situation est inquiétante.

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