Le Brexit et le retour des peuples

Posté le juin 27, 2016, 4:30
6 mins

Le grand événement de la semaine a, sans conteste, été le Brexit, c’est-à-dire la nette victoire du « Leave » au référendum organisé par David Cameron en Grande-Bretagne.

Je peux bien avouer que je n’y croyais plus. L’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, et la propagande honteuse qui s’en était suivie sur la prétendue responsabilité des tenants du Brexit dans ce « climat de haine », me semblaient devoir enterrer le Brexit.
Et je peux bien avouer aussi que ma joie a été d’autant plus grande que je m’étais mieux résigné.

Pourquoi cette joie ?

Tout d’abord, parce que ce vote est un gigantesque camouflet pour l’oligarchie. Malgré les énormes moyens de propagande, le peuple britannique a nettement dit son rejet de cette technocratie arrogante qui prétend toujours savoir mieux que les peuples ce qui est bon pour eux.

Je savoure ce message simple : nous voulons nous gouverner nous-mê­mes, selon nos propres coutumes.

Par l’un de ces paradoxes dont l’histoire a le secret, ce message simple et de bon sens est devenu subversif dans le monde occidental. Mais il n’en a que plus de prix.

La deuxième raison de ma joie est qu’à l’ensemble des pays européens, les Britanniques montrent qu’il n’existe aucun « sens de l’histoire ». Ce qui a été fait peut se défaire. Rien n’est irréversible hormis la mort, en ce bas monde !

C’est ainsi la défaite de cette vieille thèse hégélienne et marxiste, récupérée par les oligarques qui se disent libéraux, tout en étant parfaitement allergiques aux libertés concrètes des hommes et des peuples.

Enfin, un dernier élément entre en ligne de compte dans cette joie. Nous assistons sans doute à l’un des premiers coups de boutoir contre le « totalitarisme soft » de l’Union européenne.

Pour fêter le Brexit, j’ai revu avec bonheur la fameuse vidéo de l’ancien dissident soviétique Vladimir Bou­kovski comparant l’Union européenne à l’URSS, avec cette conclusion sublime : « J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché ! »

Bien sûr, tout n’est pas comparable entre UE et URSS, mais cette prétention de la nomenklatura à construire une ère nouvelle, un peuple nouveau, un homme nouveau, sur la disparition de toute racine et de toute identité ; cette prétention à l’irréversibilité du processus ; cette prétention à savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous ; bref, le fondement même de la « construction européenne » est tout à fait analogue à l’URSS.

Comme les Soviétiques, les eurocrates détruisent notre identité par « humanisme », pour notre « bonheur ». Mais nous ne voulons décidément pas de ce bonheur-là.

D’autant moins que ça ne marche pas : cette tabula rasa menace gravement la paix et la prospérité.

Que va-t-il désormais se passer ?

La première possibilité, c’est que le vote des Britanniques soit détourné : les oligarques peuvent, sinon les contraindre à revoter jusqu’à ce qu’ils votent « bien », du moins enliser les négociations jusqu’à l’arrivée d’un nouveau gouvernement plus conformes à leurs vœux…

Si le Brexit a vraiment lieu, malgré la complexité de l’opération (il faut renégocier des centaines de traités et de dossiers au cours des deux prochaines années), l’Écosse et l’Irlande du Nord, majoritairement hostiles au Brexit, pourraient réclamer leur indépendance, donnant le signal d’un ré­gionalisme militant. Ainsi reviendrait-on progressivement au Moyen-Âge et à la féodalité.

On peut aussi espérer que l’Union européenne entende le coup de semonce et revienne au principe de subsidiarité supposé constitutionnel pour elle, mais appliqué exactement à l’envers (l’UE abandonne aux États membres ce qu’elle ne peut ou ne veut pas faire). Auquel cas, le Brexit ne serait pas seulement une bonne nouvelle pour le « self-government » des Britanniques, mais aussi pour le nôtre.

Il y a, en revanche, aussi des raisons de craindre la politique du pire. On peut tout aussi facilement imaginer que les oligarques, lassés de prendre des claques chaque fois que les peuples prennent la parole, cessent de la leur donner et accélèrent le processus d’intégration fédérale.

On peut même craindre que la Grande-Bretagne ne soit rapidement « remplacée » par la Turquie. N’ou­blions pas que le genre de monstre constructiviste qu’est l’UE a besoin de croître pour ne pas s’effondrer sous son propre poids…

En un mot, l’avenir est pour le moins indécis, et probablement inquiétant, mais, en attendant d’y voir plus clair, rien ne nous interdit d’applaudir à ce retour des peuples et des identités et à cette déroute de l’oligarchie !

11 réponses à l'article : Le Brexit et le retour des peuples

  1. Nicolas

    06/07/2016

    Vozuti. Vrai.
    Mais vrai de tous les LR/UDI/PS/Verts, Meluche, dupont etc..,
    Le régime , apres les jeux et les commentaires sur les dits-jeux que nous avons payés au prix fort avec toutes les rétro-commissions , va nous fabriquer un joli attentat en manœuvre de diversion.
    Ça ne marchera pas, malgré les bougies des bisounours.
    Alors, il va en venir à la dictature reelle
    « Régime » = Alliance PS/fausse droite vendue et fausse gauche vendue.

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  2. quinctius cincinnatus

    05/07/2016

     » nous voulons nous gouverner nous mêmes selon nos propres coutumes  » affirme avec une vaillance et une foi de Croisé Mr De Thieulloy

    les Anglais ( Angles, Saxons et Normands) peut être mais  » nous  » ?

    avons nous seulement un Farage dans nos parages ? rappelez moi quel a été le destin politique de De Villiers ?

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  3. Claude roland

    30/06/2016

    Ce qui a très probablement poussé les Anglais au Brexit :
    – L’immigration incontrôlée (et ils ont la chance d’être une île)
    – Le bordel administratif de Bruxelles
    – Le manque d’horizon positif sur le devenir du boxon qu’est l’UE.
    Point positif : ils ont eu les coui… de donner un avis différent de celui de leurs dirigeants.

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  4. Nicolas

    28/06/2016

    @Boutte, comme l’assassinat d’Anna Lindh n’a pas empéché le NON suédois de 2003 à l’€. Tout traître à sa patrie, doit se poser la question « quand les maîtres décideront-ils que je suis plus utile mort que vivant? ».
    Cf Nemtsov aussi

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  5. Nicolas

    28/06/2016

    Le peuple a voté . Soubresauts : presse frenchie : interview de « citoyens britanniques entre () de là multiculturalite) qui regrettent leur vote et annoncent que des membres de leur famille aussi » . Bon ?. Vous misez au PMU, vous perdez la course, vous demandez qu’on refasse la course. Normal. ?Refaire la votation : 3 millions de signatures contre 17 millions de bulletins de vote. Mais, 39000 de la Cité du Vatican ??? Qui compte 800 personnes et Non British ? 500 des Îles Tonga ? (Là, c’était un gag) Marion Marechal Le Pen s’est amusée aussi.., Nos « politiques  » : ils vont du « le peuple n’a pas à voter sur des sujets aussi complexes », Caresche, Juppé, Le Maire, etc… tous, « il élit des parlementaires, qui eux, sont à même de juger »? à : « il faut plus d’intégration, plus d’Europe  » Donc, le peuple est débile . Dont acte. Les vieux ne doivent pas voter en GB, les jeunes ne doivent pas voter en France. Dont acté.
    Les « non-éduqués  » (classes populaires) les whites, les blancos, ne doivent voter nulle part. Un boche (euh… Allemand) vient de dire : le probleme, ce n’est pas le Brexit, le pb, là, maintenant, c’est la population. Oups… Donc, remplacez la population ? Ben, c’est en cours depuis 30ans et nous atteignons le point culminant. Et ici, en France, juste avant le point de non-retour.
    Les conséquences : ah que ! On va voir ce qu’on va voir. ? La City va se déplacer à Paris . Ouais, mais la presse frenchie occulte soigneusement le projet de fusion des Bourse de Francfort et de la City, qui est dans les tuyaux depuis longtemps, les actionnaires allemands ayant jusqu’au 12 juillet pour se prononcer.
    Alors, les myriades d’emplois annoncés par les LR à Paris …?
    Le siège sera probablement à Francfort.
    Attention, Hollande , voyant l’implosion de l’UE proche, accélère la signature de TAFTA. Il a sa feuille de route.
    Prenons tous notre destin en main, empêchons cette énième forfaiture.

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  6. Boutté

    28/06/2016

    L’assassinat a momentanément rééquilibré les intentions de vote mais l’effet se sont vite estompés lorsque les Anglais se sont posé la question élémentaire : « A qui le crime profite t’il ? »
    Madame Cox est donc morte pour rien .

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    • Bistouille Poirot

      28/06/2016

      @Boutté
      Pas complètement. Il fallait certes un assassinat pour espérer faire basculer le vote, Mais les assassins ont mis la pédale douce quand une Saint Barthélémy s’imposait.
      Des humanistes ces tueurs, je vous le dis…

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  7. betsynette

    28/06/2016

    Le peuple Anglais a voté , il a choisi de quitter cette europe qui ne veut plus rien dire, elle ne protège pas, laisse entrer toute la chienlit, on ne renvoie pas les illégaux, tout devient papier supplémentaire, le coût des aliments n’est que hausse.
    Et j’entends sur demande de référendum pour la France, des petites paroles qui font voir ce que sont ces politiciens, juppé pour parler de lui, dire, qu’il ne fallait pas demander aux peuple Français, car il ne savait pas les tenants et les aboutissants, vous voyez ce que pensent de nous ces malhonnêtes.

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    • Boutté

      28/06/2016

      et de plus nous asservit aux USA .
      Veuillez excuser les fautes de mon précédent papier .

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    • Jaures

      28/06/2016

      Pourquoi vous précipiter ainsi, betsynette ?
      Vous avez jusqu’aux prochaines élections le temps de voir ce que devient un pays qui sort de l’U.E. Vous pourrez ainsi juger sur pièces et, si comme vous le pensez, une sortie ne peut avoir que des effets positifs, cette observation vous permettra de d’amener des arguments concrets aux derniers réticents.
      Rien ne vaut le criterium de la pratique.

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    • vozuti

      30/06/2016

      juppé,le repris de justice arrogant, considère qu’il est le seul autorisé à donner son avis…son avis est impératif et non négociable: transformer l’europe en grand empire islamique.

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