Le NON irlandais

Le NON irlandais

Jeudi 12 juin, les Irlandais ont rejeté par référendum le traité de Lisbonne, qui avait vocation à remplacer le Traité constitutionnel européen, rejeté en 2005 par les Français. Le score est sans appel : 53,4 % pour le non. Il est aggravé par une faible participation : 53,1 %. Ce qui signifie que les personnes qui, intellectuellement, étaient favorables à la ratification, n’ont pas jugé bon d’exprimer cette adhésion. En d’autres termes, les seuls à s’être vraiment intéressés au traité sont… les « nonistes » !

Mais, au-delà de ce score net et sans bavure, ce qui est frappant, c’est, une nouvelle fois, le profond décalage entre les « élites » et les peuples.
Après avoir chanté sur tous les tons que le non au référendum serait une catastrophe planétaire, nous entendons aujourd’hui les caciques de l’Union européenne expliquer que ce n’est pas le vote de quelques centaines de milliers d’Irlandais qui nous empêchera de réaliser la grande et belle Union…

Ainsi le Quai d’Orsay a-t-il déclaré le 13 juin : « Nous prenons acte de la décision démocratique des citoyens irlandais avec tout le respect qui lui est due (sic), même si nous la regrettons. […] Le traité de Lisbonne a été signé par les chefs d’État ou de Gouvernement des 27 États membres et la procédure de ratification est déjà achevée dans 18 pays. Nous espérons donc que les autres États membres poursuivront le processus de ratification. Nous sommes convaincus que les réformes contenues dans le traité de Lisbonne sont nécessaires pour rendre l’Europe plus démocratique et plus efficace et qu’elles lui permettront de répondre aux défis auxquels sont confrontés ses citoyens. »

Ce qui, en français courant, se traduirait ainsi : « Votez oui, votez non ; peu importe, nous nous chargeons de tout ! » Et ce qui donne aux grandes déclarations sur le respect dû à la décision démocratique du peuple irlandais et sur la future Europe pleinement démocratique une saveur assez cocasse.

Il est permis de ne pas considérer que les peuples sont toujours bien placés pour apprécier les conditions de leur propre bonheur. Mais il est difficile de se moquer plus cyniquement d’un vote populaire, soi-disant pour faire triompher une démocratie plus parfaite…

Il est probable que ce que les Irlandais ont rejeté soit d’abord cela : une démocratie qui, selon le mot de Brecht, préférerait dissoudre le peuple, plutôt que de le voir « mal » voter. Nous pouvons les assurer que les Français partagent leur avis !

Partager cet article sur Facebook

Recommander cet article sur les sites de syndication d’information :

Partager cette publication

(16) Commentaires

  • VITRUVE Répondre

    AVE
    attention dans mon dernier post, il y a un piège…
    Qui sera le premier à le découvrir?
    Une FRAISE TAGADA au gagnant
    VALE

    24/06/2008 à 16 h 03 min
  • VITRUVE Répondre

    AVE

    et en attendant les héros de Sabra et Chatila (orthographe pas assumée) vont défiler sur les Champs Elysées devant le nain et sa cour…
    Aujourd’hui , à eux seuls , avec la politique de défense préconisée par les States et Bruxelles, ils peuvent mettre une torchée à toutes les armées européennes réunies…

    Si j’avais le fond mauvais, je dirais que les protocoles sont entrés en phase de concrétisation….mais bien sur, comme il s’agit d’un faux…en tout cas à la lecture, c’est plus clair que les centuries d’Alcofribas Nasier

    VALE

    23/06/2008 à 19 h 40 min
  • EcranBleu Répondre

    Ce qui est bien, c’est que les masques sont tombés. Désormais, tout le monde peut voir (à part les illuminés du bulbe) que l’UE se transforme en nouvelle URSS.

    La commission de Bruxelles veut devenir le politburo, un ramassis de bureaucrates non-élus qui se voient en dictateurs perpétuels. Les parlements nationaux deviennent de simples chambres d’enregistrements qui prennent leurs ordres de Bruxelles.

    Maintenant que nous connaissons le véritable objectif (la mise en place d’une dictature européenne, au service d’une "élite" mondialisée qui estime que le concept de "Nation" est obsolète, qui méprise la plèbe et s’estime supérieure) nous pouvons décortiquer les décisions mises en place sans l’accord des peuples depuis 35 ans :

    • L’immigration folle et sans contrôle a pour seul et unique objectif de "briser" les peuples autochtones pour diminuer l’opposition naturelle qui ne manquerait pas de se manifester si le peuple comprenait les détails de ce qui se passe et de ce que "l’élite" leur réserve.
    • La mise en place de systèmes collectivistes partout en Europe a pour seul et unique objectif de contrôler la vie des gens dans les moindres détails. Si l’État contrôle vos finances, il contrôle votre vie. Si on met des taxes débiles sur l’essence, on contrôle votre liberté de mouvement en rendant le coût des déplacements élevés. Si on vous met des impôts sur le revenu très rapidement progressifs et élevés, l’élite est assurée de contrôler qui peut devenir suffisamment riche pour pouvoir se consacrer à autre chose qu’au travail. Ainsi, l’élite contrôle qui peut effectivement se présenter aux élections. Dans une démocratie, ce qui compte vraiment, ce n’est pas qui a le droit de vote mais qui peut être élu. En contrôlant qui peut s’enrichir (ou plutôt en s’assurant que personne issu de la plèbe ne pourra le faire) on peut contrôler qui pourra se présenter aux élections. La loi qui limite qui peut se présenter à la présidentielle sert le même objectif, via les "500 signatures" d’élus nécessaires. Seuls ceux qui ont été adoubés auront le réseau nécessaire pour les obtenir.
    • La volonté de désarmer le peuple a été mise en place via l’interdiction pour le bon père de famille d’avoir une arme à feu. L’armée est aussi la cible de cette volonté. Cela a commencé avec Chirac et la suppression du service militaire. Jospin a coupé les crédits pour s’assurer que l’armement ne pourrait pas être entretenu. Récemment, Sarkosy a annoncé qu’il allait en rajouter une couche via la suppression de postes de militaires professionnels. L’objectif est ici limpide : désarmer la France pour qu’elle ne puisse plus se défendre et qu’on puisse lui imposer la volonté de Bruxelles, de force si nécessaire.
    • L’ouverture totale des frontières au niveau économique est une aberration. On demande aux peuples d’Europe qui ont des systèmes sociaux couteux d’être en compétition avec la Chine et l’Inde et autres pays où les travailleurs sont exploités et sont, dans les faits, des esclaves modernes. Pas besoin d’être un grand économiste pour comprendre qu’il n’y a pas photo. L’objectif est ici de s’assurer que le peuple vit dans l’angoisse permanente de perdre son travail et ses revenus. Ainsi, le peuple est trop occupé à survivre au quotidien pour avoir le temps de s’intéresser à ce que mijotent les "élites".

    La conclusion de tout ceci est que les dirigeants européens actuels (qui se sont autoproclamés les "élites") sont coupables de la plus grande trahison de toute l’histoire de l’humanité. Pour la première (et probablement dernière) fois dans l’histoire de l’humanité, des dirigeants ont délibérement décidé de remplacer leurs propres peuples en laissant leurs pays se faire envahir, afin de s’enrichir.

    Il est grand temps que les peuples d’Europe ouvrent les yeux et prennent conscience qu’il a été décidé de les sacrifier (ainsi que leurs descendants) pour mettre en place une utopie fumeuse (pléonasme). Si le peuple se laisse faire et ne réagit pas rapidement, Bruxelles pourra mettre en place une dictature européenne et nous assisterons alors a une horreur que nous espérions tous ne jamais voir de nouveau. Dans les faits, ils auront mis en place un IVème Reich.

    22/06/2008 à 22 h 51 min
  • Matrix Répondre

    La prochaine fois la question devra etre :

    "Ne seriez-vous pas contre l’abrogation du Traite de Lisbonne  ?"

    Le peuple repond NON ca veut donc dire OUI. Si le peuple repond OUI ca veut dire OUI aussi… Sinon il aurait fallu qu’ils disent SI… Mais cette reponse n’existe pas.

    ‘faut jouer sur la semantique… Ha !

     

    22/06/2008 à 9 h 05 min
  • sas Répondre

    Mon chèr eiff……ca doit s’appeler le droit d’ingérence…..

    toujours plus prompte a appliquer aux autres ,ce qu’ils sont incapable de faire eux-même……

    ainsi va cette france….

    sas

    21/06/2008 à 13 h 53 min
  • EIFF Répondre

    Ce qui est étonnant, et même inquiètant, c’est de voir que aucun responsable politique de droite comme de gauche n’a encore réclamé la démission immédiate du ministre Kouchner, qui a continuellement voulu troubler le vote par ses menaces et ses insultes contre le peuple irlandais, et qui aujourd’hui encore, s’ingère dans les affaires du gouvernement irlandais en faisant des pressions et du chantage alors que juridiquement ce traité ( véritable torchon fourre-tout élaboré par une centaine de technocrates non élus ) est mort.

    20/06/2008 à 14 h 31 min
  • augusto p Répondre

    j aime bien la phrase de l auteur:
    " les personnes qui intellectuellement devaient voter  oui ne se sont pas deplacées "
    donc je fait partie des bulots ( diplomé d un doctorat  trouvé dans une pochette surprise ) qui ont toujours voté "non " a la bureaucrassie mondialiste totalitaire
    cqfd
    entierement d accord avec eiff

    19/06/2008 à 16 h 38 min
  • sas Répondre

    Pas politiquement correcte mon article ?……sur le fait que brian cowen ,brillantisime 1 er ministre irlandais.. et agent européiste……n’ai pas lu la constitution concocté par naguy bocsa…pas le temps dit il et imbuvable….

    sas INTERESSANT……sacré cohen va…

    19/06/2008 à 14 h 53 min
  • Fdg Répondre

    Voici ce pense Vladimir Bukovsky ( ancien dissident soviétique de la construction de l’europe) c’est très édifiant, à voir absolument ! (version sous-titrée en français).

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/ue%253Durss/video/x572w0_ue-urss-dictature_news

    19/06/2008 à 12 h 01 min
  • Daniel Répondre

    eiff:   

     excellent résumé des crimes actuels organisés par ceux qui se prennent pour l’élite avec l’aide des collabos dont on a acheté le silence par quelques privilèges rassurants. Les Nazis aussi se voyaient comme l’élite,   notion qui ne peut être conçue que par des cerveaux malades.   Les Nazis ne voyaient pas non plus de  crime dans leur organisation tant ils étaient convaincus de leur supériorité!  donc de l’impossibilité d’être dans l’erreur.

    Mais la comparaison même argumentée n’est pas acceptable aux 4V. Tabou. pourtant , le nazisme  comme référence de bien et de mal est la base de leur échelle de valeurs!. C’est même quasiment la seule. 

    Les morts actuellement provoquées sont moins brutales physiquement ! mais sur le plan psychique, beaucoup à dire!      Etrange que les morts d’une époque dépassée soient plus reconnues et analysées par nos "penseurs"  que les morts actuelles sur lesquelles ils pourraient intervenir…

     Vox populi  

    oui, c’est déja le cas: les violeurs n’aiment pas les victimes qui les agressent par leurs refus de se laisser violer. Il faut reconnaitre qu’elles sont peu nombreuses. Et comme la loi du nombre est la loi de base de la démocratie! 

       

     

    18/06/2008 à 22 h 52 min
  • IOSA Répondre

    Une fable de La Fontaine que cette Europe…

    La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf !

    L’ ex union soviétique c’était déjà celà aussi, mais quand on ne veut pas comprendre !

    Au fait..qui est le boeuf contre qui on doit se battre ?

    18/06/2008 à 21 h 35 min
  • HansImSchnoggeLoch Répondre

    Les Irlandais ont bien vus les pièges cachés dans ce référendum.

    Voter "oui "équivalait à aligner leur politique fiscale libérale sur celle de pays collectivistes comme la France. Leur succès économique était en danger de mort. Ils ont voté "non" c’est un cas de légitime défense.

    Je pense que leur décision va faitre école, voyons ce que feront les Britanniques, les Tchèques et les Scandinaves…

     

    18/06/2008 à 18 h 26 min
  • vox populi Répondre

    Ce dont nos "chères"…."élites" (vous avez vraiment dit "élites" ? Vous trouvez que c’est le terme approprié ?), ce dont ces …..personnes, dans tous les cas, ne se rendent pas compte, ou bien ce qu’elles ne veulent pas voir, ou bien ce qu’elles sont incapables de comprendre, c’est qu’un certain nombre de peuples, dans leur majorité, en ont assez d’avaler leurs chapeaux. 

    Ca me fait penser à une chanson de Brassens que tout un chacun, ou presque, connaît. Il s’agit de "Brave Margot". Extrait :  "…..mais les autres  femmes de la commune, privées de leurs époux, de leurs galants, accumulèrent la rancune patiemment.  Les Brassensophiles  connaissent l’épilogue de l’histoire : "….Puis un jour, ivres de colère, elles s’armèrent de bâtons, et farouches elles immolèrent le chaton".

    Il me semble que nos dirigeants, chefs d’Etat, chefs de Gouvernement, commissaires et députés Européens, tous ceux qui nous engagent de façon frénétique dans cette fuite en avant absurde, cette chimère d’Europe fédéraliste et béatement expansionniste qu’ils veulent absolument nous forcer à gober malgré nos hauts-le-coeur – surtout quand c’est avec l’ajout de quelques cuillerées d’OGM – tous ces gens-là seraient bien avisés de prendre la juste mesure de l’exaspération qui monte et de faire une pause salutaire. Car de plus en plus nombreux sont ceux qui comprennent que cette Europe-là est celle des entreprises du CAC 40 et des affairistes mondiaux, qu’elle prétend nous arroser du lait de sa mamelle mais ne fait en réalité que nous spolier de nos identités, de nos territoires, de notre autonomie, de notre liberté de choix et d’action. Et que si elle n’a pas encore pondu une loi pour nous obliger à trouver sympathique tel ou tel, venu de je ne sais quel coin de la planète et envers qui il se trouve que nous n’avons pas d’attirance, eh bien gageons que ça ne saurait tarder  (et cela même si le quidam est venu de façon clandestine. Auquel cas c’est probablement nous qui aurions à répondre de notre manque d’empathie à son égard et pas lui de son délit d’intrusion illicite dans notre pays).

    Ubi Patria, ibi bene : où se trouve la Patrie, là on est bien.

    (nb : je ne suis pas latiniste, mais j’ai un dictionnaire !)

    Cordialement.

    18/06/2008 à 16 h 54 min
  • EIFF Répondre

    Apparemment, les Irlandais n’ont pas mordu à l’hameçon des mensonges et des arguments tortueux défendus malhonnêtement par messieurs Sarkozy, Kouchner, Barrosso, et de toute la clique de fonctionnaires installés confortablement à Bruxelles qui se croient investis d’une mission divine pour décider à la place des peuples ce qui est bon ou pas pour l’Europe. Pourtant, messieurs Sarkozy, Kouchner et Barrosso, devraient savoir qu’il suffit de poser le pied en France pour s’apercevoir que le miracle européïste n’est qu’une grande illusion, qu’un grand gâchis, et que le modèle social européen proposé par notre président super-star n’a engendré jusqu’ici que chômage, délocalisations et immigration massive. Peuple tchèque, peuple polonais, peuple autrichien, peuple italien …. venez voir en France et dans nos banlieues, la politique mise en oeuvre par nos donneurs de leçons de l’UMPS, venez voir nos millions de Rmistes et de précaires, nos millions de régularisés, venez voir nos dealers dans les cités, venez voir nos bandes éthniques qui répandent l’insécurité et le crime, venez voir nos millions d’euros distribués aux populations débarquées de la terre entière et qui attendent au guichet de l’aide sociale, venez voir l’argent des contribuables jeté par les fenêtres et investi dans des projets dignes de l’union soviètique, venez voir les libertés que l’on hôte aux nationaux qui refusent de plier et auxquels on interdit de s’exprimer et de débattre …. venez voir la démocratie à la française ! ! !

    18/06/2008 à 15 h 42 min
  • sas Répondre

    1) c’est la demonstration que tous les peuple d europes n’ont pas le cerveau raplapla…..

    2) c’est la démonstartion que les "politiques" cooptés et installés de père en fils au pouvoir (et ca commence de plus en plus tôt :21 ans…)….ne représentent qu’eux même et rien de plus

    3)que les illuminations de quelques agités du bocals ,peuvent influer et s’imposer au plus grand nombre….dans une violence sociétale silencieuse…..qui elle génère toutes les autres violences directes actuelles.

    4)au lieu de bariller et d’annoner comme des moutons pour des causes douteuses……en rand d’oignons dans les rues….ou pour une defense contre nature de quelques prébandés……les français ont été incapable de faire respecter leur droit inaliénable: au réferendum pour une question aussi cruciale pour leur avenir….

    5)LES IRLANDAIS ONT EUX PARFAITEMENT COMPRIS QUE LE TRAITE 2 ETAIT LA COPIE CONFORME DU TRAITE 1…..lui même inbuvable,lourd, tordu et enterinant déjà l’inclusion de la turquie…..que seul un sénil de la trempe de giscard a pu concocter….

    EST-CE CE MODELE DE RIPOUBLIQUE que l’on donne en leçon à l’IRAK ???ou aux autres pays qui fonctionnent différament ?

    la france n’a donc aucune lecon a donner à quiconque…….surtout pas en matière de foot visiblement…le merite et la qualité ne se revendique qu’après de nombreux succès éclatants et suivis, sinon cela reste des accidents de parcours

    merci a vous irlandais…

    SAS

     

    18/06/2008 à 13 h 51 min
  • Rudy Répondre

    Ne soyons pas naïfs ! Chacun sait qu’une tendance nette se dessine dans les populations européennes à systématiser l’opposition aux tenants du pouvoir. En France toutes les référendums ont subi le même sort. Le citoyen qui se sent délaissé ne peut ainsi valider son mécontentement et son ego qu’en votant NON quelquesoit l’enjeu, Europe ou autre. Quant à celui ou celle qui croit qu’en s’opposant ainsi on va revenir à l’Europe des frontières de 1945, bon courage ! De plus qui peut se targuer de connaître les enjeux du traité de Lisbonne ? Les médias ont réduit le débat à deux mots, OUI et NON comme si le cerveau humain n’était constitué que de deux neurones…

    18/06/2008 à 12 h 29 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Vous venez d'ajouter ce produit au panier: