Le Traité simplifié achève de saper les États européens

Posté le juin 26, 2007, 12:00
8 mins

Les élites européennes sont résolues à faire avaler la Constitution européenne aux peuples, contre leur volonté. Par référendum, les Français et les Hollandais avaient dit non, en 2005. « Les autres qui avaient déjà pratiqué ce genre de sport, c’est-à-dire l’Irlande et le Danemark, nous disaient que ce n’était pas possible de refaire voter des gens qui avaient voté non », et « nous avions voté non », a rappelé Bernard Kouchner. On s’y prend autrement : on fera ratifier par les Parlements. Comme en France.

Le texte du Traité simplifié diffère suffisamment de celui de la Constitution européenne pour permettre cette seconde présentation. Outre le refus de l’entrée de la Turquie dans l’UE, le non au référendum de 2005 témoignait du rejet d’un exécutif supranational. Aussi, a-t-on remplacé « Constitution », par « Traité », synonyme d’indépendance des États. De même, a disparu la référence aux symboles, même s’ils perdurent : le drapeau aux douze étoiles, l’hymne (l’Ode à la Joie), la devise (« L’Union dans la diversité »), et la mention « La monnaie de l’Union est l’euro ». La partie III du traité constitutionnel fixant les politiques et le fonctionnement de l’Union, a elle aussi été gommée. Ainsi, le Traité simplifié est débarrassé des dispositions dignes du Gosplan sur telle aciérie de Ruthénie subcarpatique, qui encombraient le projet de Constitution de 2005.

Mais pour l’essentiel, celui-ci est maintenu. Le Conseil européen réunit périodiquement les chefs d’État et de gouvernement des pays membres. Tout comme la Constitution de 2005, le Traité prépare la naissance d’un véritable chef de l’État européen, en remplaçant l’actuelle présidence tournante du Conseil européen (tous les six mois) par une présidence de deux ans et demi. Cette fonction présidentielle sera incompatible avec toute autre responsabilité nationale.

Le Traité simplifié prévoit un Haut représentant pour la politique étrangère, qui cumulera les fonctions exercées jusque-là par le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et par le Commissaire aux Relations extérieures. Cette dénomination a été préférée à celle de ministre des Affaires étrangères figurant dans la Constitution de 2005, refusée par Londres. Ce Haut représentant conservera toutes les prérogatives nouvelles que lui donnait le texte de Valéry Giscard d’Estaing. Il présidera le Conseil des ministres des Affaires étrangères, et il sera vice-président de la Commission. Ce super-ministre européen des Affaires étrangères disposera d’un imposant service diplomatique. Le Traité simplifié accroît le transfert de pouvoirs des États vers une Union européenne atone en matière de politique étrangère, et inféodée au monde musulman. Exemple : lors de l’affaire des otages anglais, elle se déclara « désolée », mais ne prit aucune mesure de rétorsion à l’encontre de l’Iran.

Un système complexe de pondération des voix a été instauré par le traité de Nice du 26 février 2001. S’éloignant du vote à l’unanimité, la Constitution de 2005 proposait un système de double majorité qualifiée : 55 % des États membres et 65 % de la population. Le Traité étend cette règle à 51 domaines supplémentaires, dont la coopération judiciaire et policière – pour laquelle la Grande-Bretagne a obtenu une dérogation – l’éducation ou la politique économique. L’unanimité restera la règle pour la politique étrangère, la sécurité sociale, la fiscalité et la culture.

La Pologne ne voulait pas de la double majorité, favorable aux poids lourds démographiques. Elle a fini par l’accepter, mais en obtenant que son application soit reportée à 2014. Pendant une phase de transition, de 2014 à 2017, un pays pourra demander de voter selon les règles du traité de Nice. De plus un mécanisme permettra à un groupe d’États qui approche la minorité de blocage d’obtenir une poursuite de la négociation en vue d’une solution.

L’extension des domaines relevant de la majorité qualifiée, notamment pour la coopération judiciaire dans les domaines pénal et policier, s’accompagne d’une augmentation des pouvoirs du Parlement européen, colégislateur dans ces domaines avec le Conseil des ministres. Pour rassurer les Anglais, est prévu un mécanisme facilitant les coopérations renforcées entre États souhaitant avancer.
Et la Turquie ? Les « critères de Copenhague » imposés aux pays candidats à l’adhésion ne sont pas mentionnés explicitement. Le texte dit que « les critères d’éligibilité ayant fait l’objet d’un accord du Conseil européen sont pris en compte. » Sans doute pour faciliter l’entrée de la Turquie dans l’UE…

Recommander cet article sur les sites de syndication d’information :

4 réponses à l'article : Le Traité simplifié achève de saper les États européens

  1. Jean-Claude THIALET

    30/06/2007

    30/06/07    – "Les 4-Vérités" –

    Même si je ne suis pas certain d’avoir compris ce que souhaite réellement Laurent Artur du PLESSIS, pour ce que l’on s’entête à appeler l’EUROPE (laquelle n’est selon moi que l’UNION EUROPENNE), il est évident que personne de bonne foi ne peut considérer de le "TRAITE SIMPLIFIE" dont Nicolas SARKÖZY revendique la paternité (1) soit un progrès.

    Au fil des lustres, au fil des traités, et à l’image ce que que sont les Etats socialistes (en Europe, tous le sont peu ou prou), l’UNION EUROPENNE est devenue une véritable usine à gaz où seuls les fonctionnaires européens, et certains cabinets d’avocats peuvent se retrouver. Et encore, cela n’est pas certain. Ce qui fait que les citoyens des différents Etats membres, même les plus "européens" et non "européïstes", ne confondons pas !), ne se retrouvent plus dans cette "UNION" qui nie leurs différentes cultures, qui ne reconnaît pas leurs "racines" (pas seulement chrétiennes) et qui veut les fondre dans un même moule en même temps qu’elle veut leur faire amagalmer d’autres cultures dans une sorte de melting pot, en attendant le métissage pour tous.

    D’inctinct , par une sorte d’instinct animal, ils refusent tout cela. Notamment en se méfiant de plus en plus des gens qui les gouvernent. La preuve, un récent sondage publié dans "METRO" indique qu’une très large majorité d’ANGLAIS, d’ALLEMANDS, d’ESPAGNOLS, d’ITALIENS, de FRANCAIS, etc. veulent que le "NOUVEAU TRAITE" soit soumis à leur suffrage. Ce qui leur avait été refusé, à deux ou trois exceptions près, pour le "Traité de Constitution Européenne.

    Mais il en est ainsi dans les démocraties où le chien (entendez par là le "peuple") aboie pendant que la caravane (entendez par là le(s) gouvernement(s)) passe(nt). Ainsi sans faire grand bruit, sans que cela attire la moindre remarque de Nicolas SARKÖZY qui s’était déclaré contre l’entrée de la TURQUIE dans l’UNION EUROPENNE, les instances "européennes" continuent à négocier cette entrée avec les responsables turcs. Comment envisager qu’après des années et des années de discussions, "d’avancées" (comme on dit dans le jargon d’aujourd’hui), même accompagnées de certains "blocages", on puisse dire à la TURQUIE, "désolés, mais nous ne voulons pas de vous dans l’UNION" ? On se f… de nous, Nicolas SARKÖZY, François FILLON et Bernard KOUCHNER (lui-même très "pro-Turquie) se f…. de nous en nous laissant entendre que cela ne se fera pas parce que ce n’est pas encore fait. Et LAdP laisse percer le bout de la plume lorsqu’il termine son article par "Sans doute pour faciliter l’entrée de la Turquie dans l’UE."

    Alors, refusons tout net notre confiance aux gens qui nous gouvernent en édulcorant ou cachant la vérité, les vérités, de l’UE, quand ils ne nous mentent pas…  Demandons, exigeons de "nos" élus (même si nous n’avons pas voté pour eux) que nous soyions consultés systématiquement sur les prétendues "avancées" de cette UNION en voie de désagrégation, sur toute nouvelles adhésion, etc. Jusqu’au jour où, la preuve étant faite que l’UNION technocratique que l’on nous a fabriquée est impossible, on en revienne au Traité de ROME. L’unique objet des désirs de ceux qui, ayant cru à l’EUROPE croient de moins en moins à "L’UNION EUROPEENNE".

       Bon dimanche, cordialement, Jean-Claude THIALET 

    (1) un peu comme JOFFRE qui, à propos de la Bataille de la MARNE, disait "Je ne ssais pas si c’est moi qui l’ai gagnée, mais je sais qui l’aurait perdue !"

    Répondre
  2. gaius

    27/06/2007

    Excellent article d’Artur du Plessis Laurent , clair et puissant , je n’ai rien à ajouter si ce n’est d’inviter tous les gognols qui rêvent encore de vivre en démocratie , qui se croient libre dans le meilleur des mondes, de se gratter un peu leur tête creuse et de faire un peu travailler leurs dernières neurodes valides , et de faite, d’essayer un peu de réfléchir par soi même.

    Le problème n’est pas d’être dans l’erreur , même depuis longtemps , le problème est de vouloir persiter dans l’erreur quand le vérité éclate au grand jour , là cela devient un crime.

     ……………………………………………………………….

    Alex Jones, Tex Mars, David Icke, Michael Tsarion, the Freeman Perspective, Alan Watt …

    Répondre
  3. Zermikus

    27/06/2007

    La nouvelle URSS est en bonne voie !

    Dormez en paix braves gens, le comité suprême s’occupe de votre bien !
    Vous êtes trop bêtes pour vous auto-gouverner, nous le ferons donc à votre place…
    Et si on vous donne la chance de vous exprimer par referendum et que vous refusez, nous ferons votre bien autrement, contre votre gré…
    Car nous sommes impatients de faire votre bonheur….
    Dormez bien braves gens, et prenez garde de ne pas vous réveiller trop vite….

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)