« Moi, président » n’est toujours pas président !

Posté le mai 22, 2013, 10:24
6 mins

La gauche, après quel­que dix années dans l’opposition, espérait bien, en 2012, remporter les élections qui la mèneraient au « pouvoir ».

Le succès électoral de François Hollande a, en réalité, permis au nouveau locataire de l’Élysée et à ses affiliés de découvrir l’un des secrets les mieux gardés de notre société : il n’y a plus de « pouvoir » !

Quelle dut être la surprise de ces messieurs au lendemain de leur victoire inespérée, lorsque, bien installés sous les ors de la République, ils ont découvert la vérité des choses !

Il fallut d’abord constater combien notre souveraineté extérieure était compromise. Cela passa par une première étape : l’allégeance à l’Allemagne d’Angela Merkel et la soumission aux accords signés (TSCG). Le pli pris, il convenait d’en décliner en toute chose l’application, afin que partout triomphe le dogme « Europa », la politique de l’euro fort et le « diktat » bruxellois… Qu’im­portent les promesses de campagne, la volonté du peuple ou le simple bien public, celui qui a remis sa liberté entre les mains d’un autre n’a plus droit à la parole.

Il fallut ensuite céder aux caciques, barons locaux et ténors de la vie politique qui ne voulaient en rien se défaire de leurs mandats accumulés. Adieu donc la réforme annoncée sur le cumul des mandats, reportée pour ne pas l’avouer enterrée. Dans le même esprit, il convenait de se concilier l’ensemble des partis de la « coalition majoritaire » : quelques ministères pour les uns, quelques amendements pour les autres… Quelques mesures pour satisfaire tel courant du PS, tout en n’allant pas trop loin, afin de ne jamais menacer les équilibres ! Lorsque le pouvoir élu devient l’otage des partis, des courants et des hommes d’assemblée, que reste-t-il encore de la dé­mocratie ?

Puis, il convenait de donner des gages à quelques lobbys activistes sur lesquels on compte pour les prochaines élections. Ainsi naquit la très impopulaire loi sur le mariage homosexuel qu’il fallut imposer contre la rue, contre les sondages, contre la perspective même d’un référendum… Ainsi faillit naître le projet de loi, tout aussi contraire à la volonté nationale, de droit de vote des étrangers – un projet qui aurait sans doute été déposé par le gouvernement si les institutions n’avaient pas rendu son adoption improbable.

Enfin, il y a les multiples sujets de pesanteur : les syndicats plus attachés à l’intérêt de leur boutique qu’à ceux qu’ils ont pour mission de défendre, la magistrature politisée jusqu’à l’extrême, une certaine presse véritable police de la pensée, les marchés financiers qui, d’un claquement de doigt, décident du sort de tel ou tel pays.

Alors, ces multiples paramètres posés, ces entraves et ces blocages admis, que reste-t-il à diriger pour nos nouveaux « dirigeants » ? Pas grand-chose hélas : quelques ajustements à la marge dans un budget dicté par l’exigence de charges excessives, plombé par un endettement structurellement insoutenable, visé et contrôlé par Bruxelles.

C’est ainsi que nos hommes politiques ne font plus de politique, se contentant de choisir de prendre un peu plus dans telle poche plutôt que dans telle autre, de taper un peu plus ici qu’ailleurs, d’arbitrer entre deux services publics à sacrifier…

François Hollande avait tout promis, tout dit, tout abordé pendant sa campagne. Un an après, il a beaucoup trahi, s’est souvent renié et a presque toujours failli. Pourtant, un an après, là n’est pas son principal échec : car l’essentiel eût été que « moi, président » essaie d’être véritablement président.

Dans nos institutions, le président de la république, c’est celui qui est garant de notre indépendance, qui se place au-dessus des partis politiques, qui ait la capacité d’incarner l’unité nationale et qui en appelle au peuple chaque fois que les circonstances l’exigent.

Avant tout, nous avons besoin de reconquérir le pouvoir, refaire de la politique, retrouver notre indépendance, remettre le peuple au cœur du processus de décision et le bien public au centre de nos préoccupations. Et c’est au chef de l’État de remplir ces missions.

Alors, « toi, président de la république », chiche ?

6 réponses à l'article : « Moi, président » n’est toujours pas président !

  1. quinctius cincinnatus

    25/05/2013

    un point commun que partagent Sarkozy et Hollande : les deux sont des … automates … quoique la réflexion lui venant avec les  » emmerdes  » François se mette à avoir quelques bons … réflexes !

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  2. BRENUS

    25/05/2013

    Notre histoire a eu son lot de dirigeants célèbres, affublés de noms parfois bizarres : Louis XI , l’araigne (mon préféré), Napoléon le petit, Louis XV le bien aimé (au début du moins) Pour MOIJE, une comparaison avec l’anguille me semble convenir. Il louvoie et s’échappe sans cesse, mettant son énergie a esquiver systématiquement, tout en lançant quelques discours creux annonçant des mesures qu’il n’a aucune intention de tenir, sauf pour celles qui ne lui coutent rien (croit-il) comme le mariage homo. De son point de vue, il est très bon puisque personne ne l’a foutu a la porte et qu’il peut continuer à sortir ses vannes vaseuses. On le dit intelligent, j’ignoire si c’est vrai, mais il est très certainement malin et a comme personne le sens de l’opportunité.

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  3. Claude Roland

    24/05/2013

    Lisez Michel ONFRAY. Il a tout à fait raison à propos de Hollande-le-mou. Ces habits de présidents sont trop grands pour lui, etc. Hollande reste un nain politique, et même physiquement guère plus grand que Sarkozy.

    Hollande est cependant parfait pour représenter une France molle, décadente, laxiste, qui confond humanisme et lâcheté et qui se vautre dans l’hypocrisie.

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  4. salminander

    22/05/2013

    « Moi président » ne sera JAMAIS président. Il a beau se gonfler comme la grenouille, nous attendons plutôt le moment où il va éclater de forfanterie, de vanité, d’hypocrisie, et surtout, de mépris pour les Français.
    Il ne sera JAMAIS président car il n’aime pas la France : il aime le pouvoir et le poste, mais pas le pays ; il n’aime pas l’honneur de la France, les valeurs de la France, son Histoire et sa Culture. Il préfère les racailles, les arabes incultes pensant peut-être briller parmi eux alors qu’il sait pertinemment qu’il ne brillera jamais chez nous.
    Ce Bidochon, ce Français moyen (dans la pire acception du terme), ce « normal » de base ne peut être président : il n’en a ni l’envergure, ni le charisme, ni l’éducation, ni les connaissances. Il gouverne « au pif » écoutant un lobby d’un côté, un lobby de l’autre, des esclavagistes par ci, des pervers par là….. C’est une girouette doublée d’une baudruche. Du vent ! Mais ce vent ressemble à la tornade qui a détruit Oklahoma city : c’est un destructeur. C’est là tout son pouvoir.

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    • quinctius cincinnatus

      22/05/2013

      notre salut … viendra de … Salminander !

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