Pour la France, l’Europe n’est plus un aiguillon

Posté le mai 01, 2004, 12:00
3 mins

Depuis le 1er mai, l’Union européenne comporte 25 pays, et bientôt 27. Pour la sixième fois, les électeurs (270 millions) sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants au Parlement européen. La Constitution, élaborée sous l’égide de Valéry Giscard d’Estaing, pourrait être adoptée lors du Sommet de Bruxelles les 17 et 18 juin. Sa mise en œuvre, par chacun des 25 pays concernés, est de nature à introduire des changements importants : présidence stable, un Ministre des affaires étrangères, une défense commune, un Parlement législateur de plein droit.

Il y a fort à parier que les élections du 13 juin ne donneront lieu, chez nous, qu’à un embryon de débat. D’abord parce que l’establishment politique a, une nouvelle fois, modifié les règles du scrutin dans le but de limiter le score du Front national, exactement comme lors des dernières élections régionales. Ensuite, compte-tenu de la défaveur dans laquelle se traînent la majorité parlementaire et le gouvernement qu’elle soutient, les électeurs français seront davantage enclins à prononcer un vote sanction plutôt qu’un vote d’adhésion.

Pourtant, avec cynisme, l’UMP, toujours présidée par Alain Juppé, a pris les devants en déclarant qu’elle n’était pas favorable à l’entrée de la Turquie, à part entière, dans l’Union. On peut craindre que ce revirement ne soit qu’apparent et, de toute façon, tardif. On doit y voir surtout une façon de reconnaître le fossé qui, peu à peu, s’est creusé entre l’Europe et l’opinion.

Cette dernière, autant qu’on peut le savoir par les enquêtes disponibles, est majoritairement hostile. L’élargissement, qui n’a jamais été soumis à l’approbation populaire, suscite des craintes légitimes. La Constitution européenne, toute alambiquée qu’elle soit, serait rejetée.

Il y a toujours eu du bon et du mauvais dans l’Europe. Car, dès l’origine, un couple de forces antagonistes était à l’œuvre : les forces du marché et les forces autoritaires des politiques publiques. Longtemps, elle a été, en particulier pour la France, un puissant facteur de dérégulation. Mais aujourd’hui, ces effets bénéfiques arrivent à leur terme, tandis que s’accroissent les effets négatifs de la bureaucratie. Même l’euro, au plan économique, est pour l’instant un échec, puisque la croissance et l’emploi sont en moyenne plus élevés dans les pays qui n’y ont pas adhéré que dans les autres, en particulier en Grande-Bretagne. Et cela pour une raison simple : l’euro, qui devait pousser à la rigueur et aux réformes, a incité au contraire à la facilité. L’Europe nous entraînait. Maintenant, elle nous freine.

4 réponses à l'article : Pour la France, l’Europe n’est plus un aiguillon

  1. zeph

    08/05/2004

    le geant aux pieds d’argile continue d’être monté jusqu’à l’écroulement , selon la loi de tout système, la croissance étant toujours faussement assimilée au progrès entrée de la Turquie ( promesse de j chirac ) le fin fond arriéré de l’Anatolie sera donc à la même distance ( à vol d’oiseau ) que nos proches voisins comme le NIGERIA SOUDAN Côte d’Ivoire Ne pourraient -ils pas eux aussi réclamer de rentrer dans l ‘Europe ? il suffit de demander , l ‘europe est ensuite incapable moralement , dans sa faiblesse qui va croissant , de refuser l ‘entrée de la Turquie nous permettra donc d’avoir en voisins de la frontière européenne (avec SCHENGEN etc …) : – nos amis de la dictature baasiste de SYRIE – nos très proches cousins culturels du CHIISME irakien , qui pourront donc venir se flageller en hurlant dans les rues de PROVINS ou AUBUSSON _ nos amis de la dictature d ‘IRAN ( ami depuis l’accueil fait ZZZISCARD au vieillard sanglant KHOMEINY ,pour l ‘aider à renverser le SHAH d ‘Iran ) – nos voisins culturels d ‘AZERBAIDJIAN l’EUROPE en son propre sein a été inapte à régler les problèmes majeurs de criminalité , délinquance , fraudes massives , immigration massive non désirée par les peuples décadence démographique massive des peuples d’origine épuisement des ressources naturelles rappellons que l’europe n’a pas de pétrole et que le système économique créé depuis 50 ans ne repose que sur cette base et la destruction de ce produit en 2-3 générations la » » prospérité européenne «  » est donc fausse la destruction définitive des ressources du pétrole s’étant faite dans la même période historique que l ‘élargissement , les moutons de Panurge ont donc assimilé le fait de pouvoir en quelques dizaines d’années bruler gaz et pétrole ( donc bagnole , voyage , club med , avion etc ..) à la richesse ( et au bonheur ! ) et l ‘ont rapporté , par 1 raisonnement faux , à l ‘Europe politique inapte à s’occuper des petits problèmes ( à l’échelle géographique ) de la CORSE , pays BASQUE IRLANDE( IRA) il apparait donc urgent de compliquer encore le problème , dans la course du système fou vers sa décadence et écroulement , en faisant miroiter la fuite en avant , alors même que les bureaucrates n’ont plus de valeurs culturelles ( ou ont peur d’en avoir )

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  2. M. de Mun

    06/05/2004

    Il est évident à ce stade « vu de Sirius » qu’il faut dans un premier temps « digérer » les 10 nouveaux membres avant tout nouvel élargissement : avant m^me d’envisager la Turquie extra-européenne (mais soulignons que les médias en 1904 l’appellaient « l’homme malade de l’Europe »…), je trouve bien léger les promesses faites à la Bulgarie et surtout à la Roumanie pour 2007, c’est-à-dire demain…il eût été plus perspicace de s’engager vis-à-vis de la petite Croatie, dont les indicateurs économiques sont meilleurs, avant de tenter d’intégrer le gros des Balkans…je doute du reste que l’Albanie par exemple puisse un jour remplir les critéres de Maastricht, la géographie est une chose,mais certains pays pour X raisons bien qu’en Europe continueront à faire partie de l’EEE comme la Suisse ou la Norvège (ou Monaco ou Andorre) sans que celà pose de problèmes ; assez de cette vision dogmatique qui vaoudrait à tout prix faire coller géométriquement l’UE aux frontières géographiques de Continent, alors qu’il y a de nombreuses exceptions , y compris en sens inverse (les Antilles françaises et la Réunion sont dans l’UE, ce qui à de nombreux égards est une aberration). Je pense en revanche que les 10 nouveaux à moyen terme sont intégrables, aprés tout, ils ne représentent que 75 millions d’habitants , soit moins que la seule Allemagne réunifiée… Quelle que soit la décision prise, il faut à tout prix une réforme des institutions européennes, avec on sans Constitution, et le recours fréquent aux référenda devrait figurer en bonne place au nombre de ces réformes…

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  3. Observateur

    05/05/2004

    Très bon article. Je voudrais juste apporter une précision à la position de l’UMP sur l’entrée de la Turquie dans L’Europe. On ne peut avoir aucune confiance dans les déclarations de Chirac ou d’un apparatchik de l’UMP, pratiquement toujours en contradiction avec les mesures effectivement prises qui vont toujours dans le sens de plus de socialisme ou de la construction d’un super-état européen bureaucratique et centralisé. Je pense qu’il s’agit d’une tactique bien rodée qui consiste à dire à ses électeurs ce qu’ils veulent entendre, mais sans jamais appliquer les dites mesures, ou bien à rester volontairement évasif. Ainsi je vais citer une partie du discours de Chirac du 30/04/04 lors de la conférence de presse à l’Elysée sur le thème de l’Europe, un modèle de langue de bois : « (…) Première question : l’adhésion de la Turquie est-elle souhaitable ? Une entrée de la Turquie dans l’Union n’est certainement pas souhaitable à court terme. Mais ma conviction c’est qu’elle l’est à long terme, naturellement, si les évolutions positives qui nous observons aujourd’hui dans ce pays sont confirmées. Pourquoi souhaitable à long terme ? Pour deux raisons. La première, c’est que la Turquie a une vocation européenne. Toute l’histoire des siècles passés en témoigne. Je ne voudrais pas remonter à François 1er, mais le destin de la Turquie a toujours été profondément lié à celui de l’Europe. Et ce pays a toujours été associé à la civilisation européenne. De surcroît, la Turquie est aujourd’hui un membre important et loyal de l’Alliance atlantique, elle est membre du Conseil de l’Europe, elle est membre de l’OCDE et de bien d’autres organisations, notamment européennes. D’autre part, cela fait plus de quarante ans, c’était en 1963, que la Turquie s’est vue offrir la perspective d’entrer un jour dans l’Union européenne. C’était en 1963 !  » etc…

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  4. CHARLEMAGNE

    01/05/2004

    Tout à fait d’accord. Au point où nous en sommes, l’Europe recèle plus de dangers que de bienfaits : autisme technocratique, mépris des opinions nationales (qui ne sont consultées que lorsque l’on connait la réponse et qu’on fait re-voter sans vergogne lorsque le résultat n’a pas été conforme aux attentes), bureaucratie gigantesque irresponsable et tatillonne, subventions occultes accordées aux organisations mafieuses et terroristes (Arafat), absence de croissance, immigration massive et incontrôlée, tour de Babel devenue folle, avec ses 24 langues (chacune à traduire dans toutes les autres!), et, pour couronner le tout, entrée de la Turquie (et donc frontières avec …l’Irak)!… Le bilan devient franchement inquiétant. Il est grand temps d’en revenir à une conception plus modeste mais plus cohérente : une europe homogène, forte et prospère, donc limitée à l’Europe de l’Ouest continentale : les six du départ, la péninsule ibérique, le Danemak et l’Autriche.

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