Revue de presse : Europe : la technocratie couronnée

Revue de presse : Europe : la technocratie couronnée

Europe : la technocratie couronnée

« C’est fait. Le traité de Lisbonne est devenu la norme europénne », constate Hilaire de Crémiers dans le numéro de décembre de Politique Magazine.

« Les peuples avaient dit "non", par instinct, avec une certaine sagesse ; ils devinaient qu’une bureaucratie irresponsable voulait leur faire avaliser une constitution dont ils ne voulaient pas. Les oligarchies politiciennes – car comment les appeler autrement ? – ont décidé de passer outre. »

A peine le dernier obstacle aplani – et la signature du président tchèque Vaclav Klaus arrachée -, les chefs d’Etat et de gouvernement furent convoqués pour nommer le président du Conseil européen – le Belge Herman van Rompuy – et le haut représentant pour les Affaires étrangères et la Sécurité – la Britannique Catherine Ashton. Tous deux se trouveront à la tête d’administrations respectivement fortes de 3 000 et 6 000 fonctionnaires.

« De puissantes machines dont tout le monde se demande ce qu’il feront ou pourront faire », analyse encore Hilaire de Crémiers. « Car, à côté et en même temps, fonctionne la Commission avec sa propre présidence, ses commissaires et ses directions. (…) Le Conseil européen, de son côté, avec son système d’eurogroupes continuera à avoir des présidences tournantes. Les Parlement européen revendiquera davantage ses prérogatives. Et les Cours de justice européennes poursuivront implacablement la logique de leurs décisions. »

A l’arrivée, un beau méli-mélo technocratique !

La fin du rêve européen français

Ce n’est pourtant pas le pire. Les Français ont échoué à porter à la présidence du machin, comme le souhaitait Nicolas Sarkozy, l’europhile Tony Blair, alors que l’Angleterre se donnera probablement au printemps 2010 « le gouvernement les plus eurosceptique de son histoire récente ».

« Ces combines françaises, poursuit Hilaire de Crémiers, n’avaient pas l’heur de plaire aux continentaux, de structure germanisante, qui prennent au sérieux l’Europe constitutionnelle, la zone euro si constamment méprisée par l’Angleterre, et l’euro même qui, comme tout le monde devrait le savoir, est leur monnaie, même si c’est un Français qui en est le gardien, ô combien vigilant ! »

En définitive, « est en train d’apparaître, sous le nom d’Europe, une structure qui n’a plus rien à voir avec aucun schéma français, mais qui répond parfaitement aux exigences institutionnelles germaniques et aux conceptions économico-politiques anglo-saxonnes. Cette Europe-là sera réelle, très réelle et aura des visées très réalistes. En revanche, le rêve français, ce rêve d’une Europe-puissance qui vienne prendre le relais d’un Etat-providence à bout de souffle, sera réduit progressivement à son état de rêve : les politiques de cette Europe de plus en plus germanico-saxonne se feront un devoir de le mettre en charpie. On aura sans aucun doute ce spectacle (…) hallucinant pour nous autres Français, de voir des magistrats, des fonctionnaires, des commissaires français appliquer avec cette rigueur et cette morgue rationnelles qui les caractérisent, les décision qui iront à l’encontre même des intérêts français les plus évidents. »

Un ex-agent communiste à la tête de la diplomatie européenne ?

Par ailleurs, au lendemain de la nomination de la baronne Catherine Ashton à la tête de la diplomatie européenne, Céline Pascot pose dans les numéros de Minute du 25 novembre et du 9 décembre une question plutôt gênante : « Fut-elle un agent de l’Est ? »

L’hebdomadaire rappelle que sa nomination doit être entérinée par le Parlement européen, qui pourrait s’y refuser s’il s’avère que, comme l’en soupçonne le député européen Nigel Farage, co-président du groupe Europe Libertés Démocratie et président du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), elle a jadis « accepté de l’argent des ennemis de l’Ouest ».

« Pour le moment, la baronne élude, écrit Céline Pascot. Mais le sujet sensible de ses relations avec le bloc de l’Est a déjà été abordé. C’était le 2 décembre, devant la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Un autre élu de l’UKIP, David Campbell Bannerman, l’a prise bille en tête. Selon le compte-rendu qui en a été livré par le Parlement européen, bien obligé d’en rendre compte, au moins partiellement, il lui a demandé "si elle avait perçu ou non des fonds de pays communistes". Toujours selon le Parlement, la baronne a répondu n’avoir "pas perçu directement d’argent de pays communistes". »

« Pas "directement" », souligne Minute. « Exactement ce que Nigel Farage avait lourdement sous-entendu. Via quelle organisation alors ? Via un "parti frère" ? Via… le Parti communiste français, avec lequel elle était en relations ainsi que nous l’avons déjà raconté ? »

Citant une révélation du Daily Mail, Céline Pascot ajoute qu’à la fin des années 70, « Cathy » Ashton a vécu pendant deux ans avec Rees Duncan, secrétaire général du PC britannique. Est-il très étonnant, dès lors, qu’elle fasse aujourd’hui de la normalisation des relations avec Cuba l’une de ses priorités ?

Partager cette publication

(1) Commentaire

  • ozone Répondre

    La France sort de l’Histoire………

    16/12/2009 à 23 h 37 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *