Sortir de l’euro pour restaurer la croissance

Sortir de l’euro pour restaurer la croissance

Depuis deux ans, à un problème jamais dé­fini, on invente des solutions miracle qui échouent l’une après l’autre. On soigne les effets sans se soucier des causes. Les pays se sont inconsidérément surendettés : on propose des taux bas pour qu’ils puissent continuer.

Les banques manquent de liquidités : on leur en donne. Le chômage augmente : on prône la formation, alors que toutes sont déjà disponibles. Si une entreprise se trouve soudain en difficulté, que fait son dirigeant ? Appel à son banquier ? Non. Il se demande ce qui arrive, découvre alors que ses produits sont dépassés, ou ses coûts sont trop élevés, ou ses investissements insuffisants, ou que ses clients le paient trop tard, etc. Il corrige alors ces points, et la situation se rétablit d’elle-même.

D’ailleurs, il n’attend pas d’être au bord du gouffre pour réagir. L’UE, si. Et, non seulement elle attend, mais en plus elle ne corrige rien.

La seule mesure corrective qu’elle prétende exiger (des autres, d’ailleurs), c’est la diminution des budgets publics.

Mais l’expérience de longue date montre qu’ils ne sont pas compressibles rapidement, et que cela n’est réalisable qu’en période d’expansion – d’une part, pour recaser les chômeurs, d’autre part, pour que la croissance finance la restructuration.

Le blocage de l’euro rend 14 ou 15 pays sur 17 de moins en moins compétitifs, donnant à l’Allemagne le monopole de la compétitivité. On contraint maintenant les plus faibles à diminuer leurs salaires et leurs retraites (« dévaluation interne »), pour compenser la dévaluation monétaire hors la loi.

Or, l’objet de l’économie est d’optimiser les ressources dis­ponibles pour améliorer au mieux le sort des hommes, pas pour enrichir ou sauver les banques.

Dans la crise que nous traversons, n’est-il pas choquant que les initiatives et la mobilisation des « élites de Bruxelles » soient concentrées sur le sauvetage des banques et de la monnaie, alors que le chômage, (multiplié par plus de 7 en 35 ans en France), touche près de 20 millions de personnes dans la zone euro ?

N’est-ce pas là la responsabilité des dirigeants ? Sont-ils dignes de leur mission ?

Certains ont le toupet d’avancer que la majorité de la population de la zone est en faveur de l’euro. Évidemment : la majorité vit assez confortablement sous perfusion, elle n’a pas envie de changer.

La vérité est que le chômage et la crise financière sont les conséquences de l’affaissement des économies.

Leur redressement exige une croissance soutenue à court terme. Cela nécessite le rétablissement rapide de la compétitivité réelle, cassée par la surévaluation des monnaies, donc une dévaluation, donc la disparition de l’euro, dont les tentatives de sauvetage sont d’une rare in­conséquence.

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Comments (8)

  • Jean-Pierre Delmau Répondre

    @ bilou
    J’ai dû mal m’exprimer, mais je crois que nous disons la même chose. Comme je l’ai déjà écrit pécédemment, en cas de dissolution de l’euro et de retour à des monnaies nationales, celles-ci seront émises au taux de 1 unité nouvelle pour 1 euro. Les débiteurs rembourseront leurs dettes par autant d’unités nouvelles que d’euros dûs, quelle que soit la valeur de change des nouvelles. Ce sont donc les débiteurs qui supporteront la perte éventuelle.

    26/10/2012 à 15 h 34 min
  • Bilou Répondre

    Votre supposition sur le fait que notre dette, libellée en euro, resterait en euro si on revient au franc est en fait fausse. Beaucoup de la propagande mensongère de l’Union des Républiques Soviétiques d’Europe est basée là-dessus.
    En fait, la dette de la France étant souveraine, elle est libellée dans la monnaie du pays. Aujourd’hui donc en euros, mais elle sera automatiquement transformée en francs si la monnaie de la France redevient le franc. Et ce du fait qu’elle est une dette souveraine. C’est tout bête mais c’est ainsi.

    25/10/2012 à 12 h 28 min
  • HansImSchnoggeLoch Répondre

    Quinctius, j’ai vu il y a quelques jours une émission de TV allemande où il était question du NDM. (Neue Deutsche Mark).
    Ici un lien qui permet de voir où en sont les choses:
    http://www.mmnews.de/index.php/wirtschaft/9819-neue-dm-in-druck

    21/10/2012 à 15 h 13 min
    • Jean-Pierre Delmau Répondre

      Bien vu ! Poisson d’avril !

      Mais n’oublions pas que les dettes seront remboursées dans les éventuelles nouvelles monnaies, au taux de 1 pour 1… Gros problème pour les créanciers, comme on l’a vu en Grèce (70% de perte).

      23/10/2012 à 21 h 03 min
  • F Répondre

    Quinctius

    Je ne suis pas impitoyable. Que la Grèce soit la seule à garder l’Euro ou qu’elle le quitte pour retrouver la drachme revient au même pour eux.
    La première solution est même meilleure pour elle, car leur monnaie et leur dette suivraient la même pente, ce qui ne serait pas du tout le cas de la deuxième solution…

    19/10/2012 à 8 h 56 min
  • QUINCTIUS CINCINNATUS Répondre

    @ F

    vous êtes bien impitoyable avec ces pauvres ( au propre comme au figuré ) Grecs qui ma foi ont bien le droit de vivre ( et longtemps ) comme ils l’entendent ( là aussi depuis longtemps )

    une autre solution serait que que l’Allemagne , pays du Mark fort , conserve l’euro avec l’autre Mark fort la Finlande ou bien que ces deux pays sortent de l’euro (un mark allemand valant un euro , un mark finnois un peu moins comme avant ) ce qui me semble la meilleure solution

    18/10/2012 à 21 h 07 min
  • F Répondre

    Quinctius

    Si l’Allemagne reste dans l’Euro et que nous en sortons, cela nous fera effectivement beaucoup d’argent à rembourser dans une monnaie qui ne cessera de se réévaluer avec un Franc qui ne cessera, lui, de se dévaluer. L’horreur!

    Mais si l’Allemagne (et nous) sortons de l’Euro, celui ci ne sera plus adossé qu’aux pays cigales (ou presque). Je ne donne pas un an dans ces conditions avant que l(Euro perde les 2/3 de sa valeur. Ce qui faciliterait beaucoup le remboursement en Euros, même avec un Franc dévalué de 30%…

    L’idéal serait que la Grèce seule garde l’Euro. Notre dette serait alors réduite comme peau de chagrin…

    18/10/2012 à 18 h 03 min
  • QUINCTIUS CINCINNATUS Répondre

    le problème ( de la sortie de l’euro ) c’est que nul ne sait combien cela va coûter en terme de … dévaluation ( « externe » ) et d’augmentation du remboursement de la dette
    à vos calculettes !

    18/10/2012 à 14 h 30 min

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