Clémence pour le Clémenceau !

Clémence pour le Clémenceau !

Tous les marins le savent : un bateau est un être vivant qui a une âme, et le nom qu’on lui donne marque son destin à jamais. Tous les psychologues le savent : un peuple tout entier peut se reconnaître dans un grand navire symbolisant la nation et vibrer d’émotion au seul mugissement de sa sirène. Tous les spiritualistes le savent : des liens subtils se tissent entre les âmes humaines et les ouvrages d’art qui témoignent de la grandeur des civilisations : Pyramides, Parthénon, Cathédrales, Concorde, Viaducs, Géants des mers…

Hélas, il semble que les hommes politiques soient les seuls à ignorer tout cela, lorsqu’on voit de quelle manière ils écrasent de leurs gros sabots les cœurs et les esprits. Mais les cœurs et les esprits se vengent ! Malheur à ceux qui laissent périr dans la honte l’un des grands témoins du génie humain ! Ils perdront la faveur des peuples et iront d’échec en échec sans comprendre pourquoi.

Je m’envole dans les nuées de l’ésotérisme, penserez-vous peut-être ? Soit, revenons sur terre et observons la chronologie des faits :

11 mai 1960, baptême et lancement du « France » par le Président Charles de Gaulle et Madame. La Ve République prend son essor.
8 février 1962 : Arrivée triomphale du « France » à New-York.
27 mai 1974 : Valéry Giscard d’Estaing est élu Président de la République.
9 septembre 1974 : Le gouvernement décide de désarmer le « France ».
31 juillet 1979 : le « France », vendu à un armateur norvégien, devient le « Norway ».
10 mai 1981, Giscard d’Estaing perd l’élection présidentielle au profit de François Mitterrand. La France commence sa longue dégringolade vers le chômage massif, le déficit chronique et le surendettement.
Voyons maintenant le sort du porte-avions :
21 décembre 1957 : Lancement du « Clemenceau ». Il naviguera sur tous les océans et parcourera plus d’un million de milles nautiques, soit 48 fois le tour du globe.
17 mai 1995 : Jacques Chirac devient Président de la République.
2 juin 1997 : Cohabitation, Lionel Jospin devient Premier ministre.
1er octobre 1997 : désarmement du « Clemenceau ». En cinq ans de pouvoir, le gouvernement socialiste ne prendra aucune décision sur le sort final du navire.
21 avril 2002 : Lionel Jospin est éliminé dès le premier tour par Jean-Marie Le Pen. Jacques Chirac est réélu Président.
28 juin 2004 : le désamiantage du « Clemenceau » débute en rade de Toulon et se poursuivra durant toute l’année 2005.
29 juin 2005 : Référendum sur la Constitution européenne soutenue par Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Les Français la refusent à plus de 54 %.
31 décembre 2005, le « Clemenceau » appareille en direction de l’Inde. Début d’une longue suite de péripéties pour le désamiantage du navire, qui, rejeté de toutes parts, revient lentement vers la France en ce mois de février 2006.

Le parti socialiste accuse le gouvernement d’être responsable de cette gabegie, et compte bien surfer auprès du « Clemenceau » pour l’élection présidentielle de 2007. Par une étrange coïncidence, le « France-Norway » (rebaptisé « Lady Blue » !) erre à son tour sur les océans. Personne n’en veut, car il contient quatre fois plus d’amiante que le « Clemenceau »!
Mais nos hommes politiques, totalement dépourvus d’intuition et d’imagination, sont incapables d’établir un rapport quelconque entre le sort de nos grands navires, celui de la nation et le leur.

Pourtant, si la droite veut rester au pouvoir en 2007, elle ferait bien de s’occuper toutes affaires cessantes du « France » et du « Clemenceau ». Comment ? En rachetant le « France », en lui redonnant son nom et en transformant les deux navires, après soigneux enrobage de l’amiante, l’un en hôtel de prestige, l’autre en musée de la Marine nationale et en les installant douillettement sur nos côtes, où les Français se feront une joie de les visiter avec émotion et fierté et où les touristes étrangers se joindront à eux pour constater que notre pays sut réaliser de grandes choses. Alors, peut-être, la France pourra-t-elle commencer de remonter lentement la pente sur laquelle elle glisse inexorablement depuis 1974.

Site Internet de Pierre Lance :
http://assoc.wanadoo.fr/lerenouvelle/pub

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(22) Commentaires

  • Olivarus Répondre

    Pendant que la France faisait sa brillante opération de relations publiques avec le Clem. Le Charly faisait sa cour à la Trafalgar commemoration. Décidément le destin du Gaullisme passe par Londres. Tout cela résume un régime. Le destin de la France est ailleurs. Grande Pitié au Royaume de France. Jeanne.

    04/03/2006 à 18 h 30 min
  • tl Répondre

    ma kayn mouchkil Mancney, enfin il n’y a pas de problèmes ( no problem en anglais), juste un peu les nerfs à fleur de peau à propos de gens qui nous donnent des leçons de foi sur un texte débile et dangereux.

    04/03/2006 à 10 h 59 min
  • grepon le texan Répondre

    Quelle bonne idee de faire un museum du Clemenceau! Mais, oups, la ville de San Francisco a recemment vote de ne pas recevoir comme museum d’un navire de guerre celebre americain..un navire couvert de gloire dans de vrais combats dans plusieurs guerres… Vu que la France est encore plus gauchiste que la ville de San Francisco aux EUA, on peut imaginer que le musee Clemenceau…erm….coulerait rapidement. Pour l’idee de couler ce bateau quelque part, ben, pourquoi pas? Les volcans sous marin qui entourent le globe crachent bien plus de tonnes de saloperies chaque jour dans les mers que le poid d’un Clemenceau. Bien sur que c’est inacceptable pour les absolutistes du sancrosancte « environment, » et donc cela ne passerait pas. Mais quesce qu’on s’amuserait a les observer s’agiter et vituperer autour de rien. Du moins, peut-etre que cela les occuperait un moment lorsque le reste du monde continue. No charge for that -grepon le texan

    03/03/2006 à 6 h 48 min
  • Mancney Répondre

    Take it easy TL, l’expression « homme de peu de foi » que j’ai utilisé a votre encontre est definitivement a prendre au sens le plus large, et a ne pas considerer ni comme un reproche, ni comme un encouragement a la Jihad ou a un aveuglement collectif. Ici la « foi' » serait plutot la faculté de reconnaitre et d’accepter qqs chose de « sacré », quelque chose qui nous depasse et nous rassemble; de reconnaitre que l’individu a besoin de « spirituel » dans sa vie pour « equilibrer » son quotidien. Egalement, l’idée de ne pas se considérer soi-meme comme la seule unité pensante de l’Univers et calmer ainsi nos égos. Un melange de tout ca, et avec, en plus, une conotation humoristique. Ce n’etait qu’une expression, pas une profession de foi. Voila. Maintenant, que l’on soit Chrétien, Patriote ou cocu, si un groupe d’hommes egalement décorés, et qui viennent d’ailleurs, se leve pour détruire notre culture et notre mode de vie, il faudra bien que l’on se trouve des points communs pour lui résister. Ou alors on se couche. Best, Mancney

    02/03/2006 à 19 h 11 min
  • Manilla Répondre

    La lecture des signes est toujours une manière pertinente d’aborder le réel. A ce sujet, je recommande les ouvrages de l’excellent écrivain Dominique Aubier. Pour ce qui est des signes actuels qui touchent notre pays : la grippe aviaire touche les oiseaux, n’est-ce pas une préfiguration des choses volantes ? Il se pourrait bien que ce soit un signe funeste qui touche l’industrie aéronautique. Quant à l’invasion du moustique du Chikungunia, qu’en penser si ce n’est une infiltration malencontreuse d’éléments exogènes ? Le prix à payer de la mondialisation passe également par la mondialisation de l’ensemble des particularités locales. Un misérable moustique peut ainsi devenir un fléau planétaire… A propos du Clemenceau, je suggère qu’on le coule en beauté, en prenant la précaution d’y installer à bord l’ensemble de la classe politique et de la faire sombrer dans les fonds abysmaux — c’est d’ailleurs là qu’elle réside déjà, dans les bas fonds de la médiocrité intellectuelle.

    02/03/2006 à 10 h 43 min
  • tl Répondre

    merci pour la précision technique Hebe

    02/03/2006 à 9 h 59 min
  • Hebe Répondre

    Il n’y a pas besoin de torpille. Il suffit d’ouvrir quelques vannes. Au dessus d’une fosse. Basta.

    02/03/2006 à 5 h 23 min
  • Jean-Claude Lahitte Répondre

    A davidmartin. Après avoir relu votre « post » dans lequel vous vous étonnez du manque de longévité accordée aux navires, permettez-moi de vous faire remarquer que le problème ne concerne pas qu’eux. Chaque année, sont mis au rebut des automobiles, des ordinateurs, des téléviseurs, des téléphones, des machines à ceci ou cela, etc. qui pourraient encore servir. Et dont les rebuts (combien représentent-ils de bateaux voués à la casse ?) sont loin d’être retraités à 100%. Ainsi, comme les Etats, nous-mêmes, par nos achats sans cesse renouvelés pour avoir le « dernier modèle », nous sommes responsables – conscients ou non, volontaires ou non, passifs ou actifs – d’une pollution sans cesse accrue à laquelle les accords internationaux ne mettront jamais fin si nous ne commençons pas par balayer devant notre porte. Hélas ! si nous restreignions nos achats de renouvellement anticipé, combien mettrions-nous de gens au chômage ? On n’arrête pas le « progrès » …! Cordialement, Jean-Claude Lahitte

    01/03/2006 à 17 h 51 min
  • procole Répondre

    on n’ose imaginer la carrière du Charles De Gaulle !

    01/03/2006 à 16 h 42 min
  • TL Répondre

    à Mancney, je suis effectivement un homme de peu de foi, je préfère les certitudes. je me prénomme thomas… Actuellement les champions du monde de la foi brûlent les symboles de l’occident, et les hommes de foi occidentaux ont trop tendance à se trouver des points communs avec eux.

    01/03/2006 à 9 h 36 min
  • Mar Forestier Répondre

    Minable! Les pro-France pleuraient de rage pendant que cette fripouille de Chirac et ce salaud de Giscard torpillaient ce superbe transatlantique lui préférant un Concorde, gouffre financier et échec commercial (responsable de dizaines de morts) au transatlantique digne successeur de Normandie. Le meme Chirac laisse mourir une deuxième fois l’ex France, les malfaiteurs reviennent toujours sur les lieux de leur crime.

    28/02/2006 à 2 h 33 min
  • MHAP Répondre

    Nous devons nous estimer heureux que le Clémenceau n’ait pas encore sombré. C’est vrai non on aurait pu faire comme les Américains et couler notre porte avion dans un faille océanique. Je pense que Mitterrand aurait osé cette solution lui, sous couvert du secret bien-sûr, n’a t’il pas fait des actions semblables à l’insu du peuple ? Pour la Calypso, elle est à coque bois, ce vieux dragueur de mines ne pourrait plus être reconverti actuellement car ne répondant plus aux normes de sécurité. Aussi navrant que peut l’être le périple du Clémenceau, je ne crois pas utile de nous attarder sur son sort. Quelle ville voudra d’un navire poubelle ? Qui parle encore du France aujourd’hui ? Des nostalgiques qui ne faisaient rien pour le retenir autrefois. Je le visitais quand il était pendant des années à quai et désarmé au Havre. Où étaient-ils les pro-France ? Arrêtons de nous regarder le nombril, nous ne retrouverons pas notre grandeur d’autrefois en sauvant le Clémenceau ou le France mais en constuisant l’avenir. Assez de plaintes, ne rajoutez pas des maux, regardons vers l’avant, construisons l’avenir. Michel H. A. Patin

    27/02/2006 à 10 h 09 min
  • Mancney Répondre

    « … un bateau est un être vivant qui a une ame .  » Lire Le Crabe Tambour de Pierre Schoendorffer. Best, Mancney

    27/02/2006 à 3 h 30 min
  • Alborg Répondre

    Tout comme DAVIDMARTIN, moi non plus je ne comprends tout simplement pas que la vie de navires immenses par la taille, l’investissement et la technologie puisse être SI COURTE ! (encore moins que la vie d’un homme,en effet…) Un tel gaspillage est tellement moonstrueux, on ne me convaincra pas qu’il n’y a pas là quelque chose de profondément ANORMAL ! A qui donc profite cette gabegie ?

    26/02/2006 à 23 h 27 min
  • grandpas Répondre

    Pendant la deuxieme guerre mondiale,les sous-mariniers allemands auraient du demander un certificat de « non-polluabilité » aux bateaux marchands avant de les couler.Enfin lors de tempête,Poseïdon devrait en faire de même. Nos amis de la perfide albion au moins n’ont pas l’air ridicule à la face du monde cher Monsieur Lahitte. Bien à vous.

    26/02/2006 à 23 h 04 min
  • Jean-Claude Lahitte Répondre

    Si l’on peut effectivement souhaiter avec Pierre LANCE qu’une fin aussi honorable qu’utile soit apportée au « CLEMENCEAU »(1) et au « FRANCE-NORWAY » (2), je pense que l’incompétence tragico-comique des gens qui nous gouvernent à régler le problème (relativement facile à règler) d’un porte-avion qui a bien servi le pays, oi d’un paquebot qui a été un fleuron de la technique et de l’art français, explique pourquoi ces mêmes gouvernants (UMP et PS, je le rappelle)sont INCAPABLES de résoudre les problèmes du « FRANCE-TITANIC ». Les premiers sont certes chargés d’amiante, le « FRANCE-TITANIC », lui, est chargé du poids de dettes accumulées, d’une immigration inassimilable,d’une administration pléthorique et autres fautes accumulées depuis des lustres par des incapables ! Cordialement, Jean-Claude Lahitte (1) où « Mam » a fait la preuve des limites de sa compétence dans la façon dont elle a géré ce dossier. Il est plus facile de sacquer un malheureux général en Côte d’Ivoire, de refuser de participer à la commémoration d’Austerlitz, de ne pas rendre hommage à un gendarme massacré à Saint-Martin, ou même de s’en prendre à l’entreprise qui avait été chargé initialement d’un « prédésamientage ». Elle avait pourtant l’occasion, et le Gouvernement tout entier, de profiter de cette « affaire » du « CLEM » pour faire décider la création, à BREST ou dans un autre port français, d’un pôle de désamientage et de récupération des navires désaffectés. Un métier d’avenir quand on connaît le nombre de bateaux qui vont partir à la retraite et que les nations « occidentales » ne pourront continuer à faire disparaître dans les « profondeurs » ! (2) je rappelle que, si ce serait l’honneur de la France de trouver une reconversation honorable au « Ne m’appelez-plus-jamais-France », la Norvège qui l’avait acheté ne s’est pas mise à l’honneur dans cette affaire ! Tout comme les pays – en particulier l’Angleterre – qui font régulièrement couler au large des navires « retraités » sans se soucier de l’amiante ou autres matières polluantes dont ils sont chargés !

    26/02/2006 à 18 h 00 min
  • Mancney Répondre

    TL: « et on fait table rase du passé de ce trente derniéres années: « les trente honteuses »… » Ne vous faites pas des tracas, quelq’un va aussi faire table rase de Notre Dame et de l’Arc de Triomphe. Homme de peu de foi! Best, Mancney

    26/02/2006 à 16 h 29 min
  • grandpas Répondre

    Monsieur Lance, Devenez vous mystique ou faites vous dans l’art divinatoire? Donc pour vous les navires de la marine française auraient donc une âme. Enfin si l’on en croit,un de vos camarades des 4v,ce sera la « Royale » qui aurait bientôt le pouvoir. Avec un tel patronyme,si cela peut vous rassurer,je pense qu’elle prendra soin de nos grands vaisseaux. Ils pourront porter comme leurs homologues brittaniques (H.M.S*)ou américains(U.S.S**)ces trois petites lettres(N.M.R***). Cordialement. *Hes Majesty Ship **United States Ship ***Navire Marine Royale

    26/02/2006 à 10 h 19 min
  • Gino Répondre

    Esotérisme ou pas, force est de remarquer que ces grands constituent des symboles extrêmement puissants. Ceci étant, je trouve encore un peu triste le scénario que Pierre Lance préconise comme étant le plus optimiste; scénario qui reviendrait à témoigner de ce que fut notre France glorieuse avant que Giscard_le_Technocrétin n’orienta son destin vers le néant. Qu’il s’agisse, entre autres, du juge d’Outreau, de Giscard ou de Mitterrand , beaucoup d’individus plein de suffisance et de vanité ont vraiment fait du dégât dans ce pays.

    26/02/2006 à 10 h 15 min
  • TL Répondre

    d’habitude, je suis contre, mais là je serais plutôt pour l’euthanasie mon cher M. Lance: une torpille bien placée à chacune des 2 épaves flottantes, et on fait table rase du passé de ce trente derniéres années: « les trente honteuses »…

    26/02/2006 à 9 h 49 min
  • davidmartin Répondre

    Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi la durée de vie d’un bateau est si courte. Sommes nous donc si riche que nous nous permettons de jeter à la feraille un objet qui n’a que 4 décennies soit moitié moins qu’une vie d’homme ? La Calypso était déjà un « vieux » bateau quand Cousteau l’a acquis. Elle a ensuite navigué pendant 50 ans !! Actuellement elle rouille parce que les héritiers se la disputent. Et que penser de ces vieux gréments du XIXeme , magnifiques et fiers, contruits dans des matériaux moins solides que l’acier, mais qui vivent encore ?

    26/02/2006 à 8 h 20 min
  • Mancney Répondre

    Bravo et merci, Pierre Lance. C’est exactement cela, exactement ce qu’il faut faire…. et exactement ce qui ne sera pas fait. Helas, la France est un pays qui se saborde. Best, Mancney

    26/02/2006 à 1 h 24 min

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