Complicité de crime au sommet de l’État ?

Posté le juillet 23, 2009, 12:00
10 mins

En mars 1996, sept moines français, d’un monastère de cisterciens – des trappistes – situé dans les environs de Blida en Algérie, à quelque 60 km au sud d’Alger, étaient enlevés par des militants islamistes du GIA (Groupement islamiste armé). L’opération a été menée par Abou Abderrahmane Amine, alias Djamel Zitouni. C’est la version officielle.
Ils ont été assassinés, puis décapités. On n’a jamais retrouvé leurs corps.

L’ambassade de France à Alger, aussitôt informée, sait qu’en réalité les assassinats ont été commis par l’armée algérienne, commanditaire du crime.
Aussitôt, branle-bas de silence. Surtout ne rien dire, ne rien faire savoir qui serait de nature à nuire aux « excellentes relations » entre la France et l’Algérie. Secret-défense. Paris, bien sûr, est immédiatement mis au courant et approuve totalement la « sage prudence » de l’ambassadeur.

Il ne s’est rien passé que de très ordinaire en Algérie. Cette affaire est un « point de détail ». Elle est classée. N’en parlons plus.
« L’ennui » est que l’attaché militaire de l’ambassade de France à Alger est un officier supérieur. Il est honnête et courageux, comme la grande majorité des militaires français, ce qui les distingue des fonctionnaires courtisans qui ont peur de leur ombre et ne pensent qu’à leur avancement et des politiciens prêts à tout.

Cet officier, le général Buchwalter, qui vient de prendre sa retraite et donc n’est plus tenu au devoir de réserve, va démolir le mensonge officiel. Il va dire la vérité. Et la vérité, il l’expose sous serment non pas à un journaliste, mais au juge antiterroriste, M. Marc Trévidic, le 25 juin dernier.

Cette vérité, la voici. Les « services » algériens ont monté cette affaire de toute pièce en manipulant des islamistes du GIA qui, donc, on enlevé les sept moines dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, puis les ont conduits dans le bled à quelques kilomètres de Blida où, en mai, deux hélicoptères de l’armée algérienne ont mitraillé le campement. Les moines, criblés de balles, ont tous été tués.

On notera en passant que les hélicoptères utilisés, M117 et M124, sont de fabrication soviétique. C’est l’URSS, puis la Russie, qui a équipé l’armée algérienne. Espérons que ce n’est pas la France qui a payé la facture…

Autre « point de détail » : pour simplifier une enquête éventuelle, les corps des sept religieux étant criblés de projectiles qui ne pouvaient qu’appartenir à l’armée algérienne, ont été décapités.

On a retrouvé les têtes, mais pas les corps. On ne peut pas exclure non plus qu’ils aient été purement et simplement égorgés, avant même le mitraillage par les hélicoptères.

Dès le premier jour, le général Buchwalter savait tout et il tenait ses informations de très bonne source. L’un de ses bons amis algériens, qui lui avait fait la confidence à l’époque des faits, était, comme le général, un ancien élève de St-Cyr et le frère de cet ami algérien, ancien St-Cyrien, était aux commandes de l’un des hélicoptères qui avaient tiré sur le groupe dans lequel se trouvait les sept moines français.

Autre témoignage d’importance. L’ancien juge Alain Marsaud, qui dirigeait en 1996, le service central de lutte antiterroriste du parquet de Paris, a déclaré lui aussi que cette affaire avait été dissimulée volontairement, rappelant qu’il avait adressé en 1996 deux courriers au garde des sceaux de l’époque, Jacques Toubon, pour lui demander l’ouverture d’une information judiciaire.
Courriers restés sans réponse, ce qui est contraire à la règle administrative élémentaire. Enfin, on retiendra les toute récentes confidences du père Veilleux, procureur général de la congrégation des l’ordre des cisterciens, au moment de l’assassinat de nos sept moines :
« Chaque fois que des ressortissants français sont victimes quelque part, la France ouvre une enquête. C’est toujours ainsi.
Or, là, sept ressortissants français sont éliminés et aucune enquête n’a été ouverte jusqu’à que ce que nous nous constituions partie civile, sept ans plus tard. C’est inexplicable. »

Ce n’est pas tout. L’évêque d’Oran depuis 1987, Mgr Pierre Claverie, était lui aussi assassiné la même année, le 1er août 1996 par une bombe télécommandée sophistiquée qui ne pouvait avoir été fabriquée que par d’excellents spécialistes très bien équipés.
Ses déclarations, son comportement et sa simple présence en terre d’islam étaient insupportables au gouvernement algérien et, là encore, la version officielle veut que notre évêque ait été assassiné par des islamistes et sûrement pas par nos « amis algériens ».

En tout cas, ce qui est certain, c’est que ce genre de choses n’arrivera pas aux nombreux imams que la France appelle et subventionne dans les nombreuses mosquées que le pouvoir a construit et continue de construire.

Ceci dit, compte tenu de mon expérience, je ne suis pas étonné par ces mensonges officiels, souvent comminatoires : « C’est bien compris ? et si vous dites un mot de trop, il vous en cuira ! »

Alors, la question se pose de savoir qui, au moment où ces crimes ont été commis, dirigeait la France, qui était responsable et coupable ? J’ai effectué une recherche, ni longue, ni difficile et en voici le résultat.
Chef de l’État : Jacques Chirac. Secrétaire général de l’Élysée : Dominique de Villepin. Premier ministre : Alain Juppé. Ministre des Affaires étrangères : Hervé de Charette de la Gontrie. Ministre de la Justice : Jacques Toubon Je laisse aux lecteurs le soin d’apprécier

5 réponses à l'article : Complicité de crime au sommet de l’État ?

  1. Gérard Pierre

    25/07/2009

    L’Algérie est l’amie de la France ! …… et il n’y a pas intérêt à dire le contraire !

     

    « Qu’un ami véritable est une douce chose.
       Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ;
       Il vous épargne la pudeur
       De les lui découvrir vous-même.
       Un songe, un rien, tout lui fait peur
       Quand il s’agit de ce qu’il aime. »

     

    Ainsi le voyait Jean de Lafontaine !

     

    Nos gouvernants successifs semblent avoir eu, …… et avoir encore, …… une conception aussi singulière que différente de l’amitié lorsqu’il s’agit de relations inter états ! …… surtout dans le cadre d’une « amitié » sur fond de gaz ou d’hydrocarbure !

     

    Là, c’est plutôt dans le style Fréhel que la France considère Abdelaziz Bouteflika :

     

    « Tel qu’il est, il me plaît,
       Il me fait de l’effet,
       Et je l’aime.
       C’est un vrai gringalet,
       Aussi laid qu’un basset,
       Mais je l’aime.
       Il est bancale,
       Du coté cérébral
       Mais ça m’est bien égal,
       Qu’il ait l’air anormal. »

     

    Dans le cas de nos moines cette indéfectible amitié que la France témoigne à ses « frères » d’Outre Méditerranée pourrait paraître attendrissante, …… dans le sens où l’entend un boucher vis-à-vis de sa matière première "incertaine" !

     

    Nous sommes décidément irréversiblement entrés dans l’ère de l’Inversion !

     

    Répondre
  2. HansImSchnoggeLoch

    24/07/2009

    La barbouzerie a toujours été une spécialité française. Une de plus ou une de moins ne changera rien à la réputation de ce pays. 
    Que ce soit les godillots algériens  ou les terroristes islamistes qui aient fait le coup ne ramènera pas les moines assassinés à la vie.

    Répondre
  3. Pierre

    24/07/2009

    Un tres bon article.  Bravo Christian. Il y a helas bien des choses que nos gouvernants nous cachent… Quand est ce que nos compatriotes ouvriront enfin les yeux?

     

    Amicalement

    Répondre
  4. ozone

    23/07/2009

    Je te jéte un sous-marin Pakistanais a la téte et tu m’envoi les moines sur la mienne…

    A vomir…..

    Répondre
  5. djellit

    23/07/2009

    cet article est bidon . la seule vérité c’est que les services secrets francais en jouant avec le feu ( amitié avec le gia et ingérence dans les affaires d’autrui ) ce sont fait brulés tout simplement .

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)