Indigènes et Harkis, l’Histoire réecrite au cinéma

Posté le octobre 25, 2006, 12:00
6 mins

En commençant cet article, je me souviens qu’en ce jour du 14 octobre 2006, nous célébrons, nous les amoureux de notre patrie, le bicentenaire de la victoire de l’Empereur Napoléon à Iéna, la destruction de l’armée prussienne laissant sur le terrain près de 25 000 tués, blessés et prisonniers, 300 canons et 60 drapeaux ennemis, cette victoire conjuguée à celle du Maréchal Davout à Auerstedt affaiblissant considérablement le Royaume de Prusse, permettant un an plus tard de mettre fin à la Quatrième coalition, entraînant… Stop,
je me souviens également que je suis un bon Français et que je me dois d’aduler mon prochain, de voir en chacun un être qui a droit à « sa place au soleil », même si ce dernier me fait de l’ombre, ainsi qu’à mes plus proches… Je mets donc un terme à ces développements pour poursuivre plus sérieusement, pour remettre quelques « pendules à l’heure » et rétablir quelques vérités historiques sur des soi-disant évènements cinématographiques et télévisés.

Le premier concerne le film sorti dernièrement sur nos écrans, que tout bon professeur d’Histoire doit montrer,
désormais, à ses élèves : « Indigènes ». Comme peu de Français qui sont maintenant fiers de leur passé d’outre-mer, je me suis réjoui d’un long-métrage consacré à ces troupes dites coloniales qui ont versé leur sang pour la métropole… Mais quelques aspects de l’œuvre me laissent pantois et fort critique. Primo, nous apercevons des officiers métropolitains, à l’arrière des lignes, observer avec désintérêt le sacrifice des « Indigènes » : or je veux rappeler qu’au soir du 8 mai 1945, 12 000 tués étaient comptabilisés chez les troupes noires ou nord-africaines depuis 1942, représentant un taux de mortalité de 5 % ; tandis que, parmi les forces essentiellement européennes, le taux s’élève à 6 %, soit 40 000 morts, et un taux record de 14 000 tués chez les Pieds-Noirs, 8 %.

De plus, les connaisseurs de la chose militaire savent pertinemment que ces Sénégalais, Marocains, Tunisiens, Algériens, véritables « bêtes de guerre », étaient fiers des trois couleurs, et ne suivaient leur lieutenant, capitaine ou colonel, que si ces derniers payaient de leur personne, d’où une proportion de morts et de blessés plus élevée chez les gradés de l’armée d’Afrique que dans celle de Métropole ! Secundo, on a l’impression que la France n’a jamais rendu hommage à ces Frères de couleur. Jusqu’en 1958, le 14 juillet voyait sur les Champs-Élysées, défiler au côté des Régiments de cuirassiers, ceux des Spahis algériens, des Zouaves…

Ce n’est seulement qu’après l’abandon de l’Afrique Noire, et surtout de l’Algérie, qu’une chape de plomb s’est abattue sur ce passé militaire, et que nos ouvrages d’histoire ont gommé les Goumiers…

Un seul homme en est responsable : le président de Gaulle dont le portrait apparaît dans un téléfilm diffusé sur France 2, mardi 10 octobre, intitulé « Harkis » avec, dans le rôle principal, Smaïn. Comme précédemment, je me réjouissais une seconde fois d’une fiction mettant en relief le lâche abandon, par le gouvernement gaulliste, de ces Français dits musulmans, fidèles à la France ; mais je dus interrompre la diffusion, percevant le message délivré par le réalisateur. Ainsi, dès les premières minutes, nous voyons Saïd Bénama (Smaïn) afficher dans sa chambre un portrait du De Gaulle de 1940, oubliant sans doute que c’est ce même Charles de Gaulle qui signa, par l’intermédiaire de Louis Joxe et de Pierre Mesmer, l’arrêt de mort, dans des conditions ignobles, de plus de 100 000 de ces Français, sans compter les disparitions, dans les mêmes circonstances, de plusieurs milliers d’Européens !… Quelques minutes plus tard, la fille de Saïd demande un recours à un caporal harki attaché au capitaine dirigeant le camp d’internement l’ayant arraché des mains des sbires du Front de Libération National (FLN) : mais ce dernier conditionne sournoisement son offre, ce qui le fait apparaître comme un vulgaire « salaud » !… Ainsi ceux ayant choisi de rester Français sont perçus comme des profiteurs, des traîtres, tandis que ceux qui commencent à douter de leur choix passé sont des clairvoyants, s’étant trompés… !

Quel est donc le bilan de ces deux fictions historiques ? Au lieu de rassembler les Français de toute confession, elles donnent à la France le mauvais rôle, et peuvent exacerber les antagonismes entre ce qui, désormais, constitue les communautés de notre pays…

13 réponses à l'article : Indigènes et Harkis, l’Histoire réecrite au cinéma

  1. Assertif

    30/10/2006

    Pour être complet, il serait bon de rappeller l’existence d’une Waffen SS musulmane (cautionné par le Mufti de Jérusalem, grand pote d’Adolf), de l’embrigadement des masses arabes pour la cause Nazi (Hitler est un Hadj, il va solutionner le problème des Juifs..) des viols de milliers de femmes (et de petite filles) occasionnés en Italie (avant la marche triomphale vers Rome) ..etc…et nous aurons une image aussi réaliste que celles des Français (Collabos, Pétainiste, Gaulliste, résistant…) Assertif

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  2. SAS

    27/10/2006

    A bragulat…le plus drôle n’est pas que cette décision démagogique intervienne aujourd’hui….c’est qu’au moment de l’indépendance de ces nations dites souveraine, ce son les nouveaux potentat qui ont demander cette mesure à leur ancien maître(la france), afin et en toute logique de ne pas sapper le nouveau démarrage avec des disparités effectivement ineptes….mais aussi pour éviter le syndrome de juda…à savoir que ceux qui auraient servis des pays coloniaux , puissent en jouir et avoir automatiquement des rang de nabab ,dans ces jeunes républiques …???? et bien sure que notre ripoublique quelque peu raciste et maçone , n’a pas hésitée a adopter une telle mesure….subtile…..dont on vien t à ce jour et par les mêmes nous repprocher à ce jour…la comptabilité nauséuse… SAS

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  3. charles martel

    26/10/2006

    pour ceux que ce sujet interesse : un cours métrage : » « tirailleurs Malgaches  » presentation de témoignages recueillis a madagascar en 2002 ( arc en ciel productions 50 480 Bouteville http://www.arcenciel-pro.fr ) c est brut de décoffrage et bouleversant a la fin de ce documentaire il est dit que l état francais avait versé a l état malgache une importante somme d argent a reverser aux anciens combattants Cet argent fut entièrement détourné par les ministricules en poste ( ça ne change pas ) a Dakar apres la fin de la 2° guerre mondiale , une caserne de tirailleurs sénégalais s est révoltée contre la difference de solde libératoire avec les gaulois : cela s est terminé dans le sang… Tout aussi consternant : a la sortie de la seance de ciné ( indigènes ) voila t y pas que le grand hypocrite -dans les rouages de l etat depuis des decennies- déclare que la difference de solde entre les divers pensionnes militaires est intolérable En voila une grande découverte !

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  4. Bragulat

    26/10/2006

    La décision du Tartufe de l’Elysée,d’aligner les pensions des anciens combattants Africains sur celle des Français,est pour moi démagogique,et électoraliste. En éffet,pour avoir vécu un certain nombre d’années pour mon travail dans plusieurs pays d’Afrique ex Française,je peux affirmer que le coût de la vie n’y a rien à voir avec le nôtre.Que les anciens combattants Africains vivants en France soyent mis sur le même pied d’égalité,n’est que justice!Il n’en va pas de même pour ceux ayant optés de retourner vivre dans leurs pays. La pension du combattant étant de 442 euros,celà représente à peine un mois de revenus,loin s’en faut,par contre,en Francs CFA,celà nous donne 289.910 F(nos Francs des années 50 . Le salaire moyen d’un policier en 1990 au Cameroun,était de 12.000 F mensuels. Celà veut donc dire que les anciens combattants Africains,vont percevoir environ 26.800 F par mois,soit 2 fois le salaire mensuel d’un fonctionnaire de police! Où est la justice ?

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  5. sas

    26/10/2006

    le film « Indigène » …une chance pour la PAF gaulois….avec comme généralisimes chargés de la promotion: un debouze,sami nacéri,etc,etc…..et un nanard qui vient en deuxième tour nous reexpliquer les banlieux…où certain de nous avons grandi , sans drogue, sans tournante et avec des destinés et des plan de carrières souvent très honorables… Sa renifle encore et encore la maçonnaille et le travail des loges… sas

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  6. nicco

    25/10/2006

    Oui, vous avez tout à fait raison. Le film « indigènes  » aurait pu être une oeuvre de rapprochement entre les communautés autour du drapeau français, ainsi qu’une juste reconnaissance envers les afro-magrébins qui se sont battus pour la France.Mais il ne s’agit encore une fois que des présenter des victimes par nature floués par la france, afin de donner de donner à leurs descendants (qui eux ne sont pas battus)des droits et des doléances, alimentant de la sorte le communtarisme. Nul doute que les voyous des banlieues, toujours à l’affut de ce qui peut justifier leurs violences, auront entendu le message.

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  7. Pastout

    25/10/2006

    donner à tous les combattants qui ont aidé la France la même retraite est juste, cela n’a pas été fait, si l’on ajoute l’abandon par la France des citoyens et sympathisants qui croyaient en elle, cela fait trop, beaucoup trop.

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  8. Mancney

    25/10/2006

    Hello Mike, « ps : à Mancney : je ne vois pas clairement en quoi le supplice du pal commence bien ! 😉 » Je comprends, dur de voir clairement dans un si sombre endroit! C’était juste un mot, une plaisanterie, I guess, que j’ai entendue il y a tres longtemps, dite par un ami pédéraste, quand il parlait de Vlad, avec des armes aux yeux. Non, je n’ai pas essayé. Best, Mancney

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  9. SAS

    25/10/2006

    A mr sadot….c’est tout le problème de faire reecrire l’histoire vue par des activiste et par le petit bout de la lorgnette….la véritable histoire ne doit pas être écrite par les vainqueurs , pas plus que par les vaincus…nos fonctionnaires historiens et nos éminents spécialistes(et la france n’en manque assurément pas) doivent se mettrent au boulot et ne pas laisser la place à d’autres dont les tentations de zizanies sont patentes…Quand aux décomptes d’apothicaires et aux % nauséeux, il y a jurisprudence avec la shoa…. Quand l’histoire est intrumentalisé au service de la petite politique….ca donne ça… sas

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  10. Mike

    25/10/2006

    Bonjour, Il y a effectivement deux façons de considérer l’impact que pourra avoir le film ‘Indigènes’ sur notre jeunesse issue de l’immigration… – soit elle comprendra qu’il est possible d’être fier de la France, d’être prêt à lui donner sa vie, ce que firent leurs grands-parents. Elle comprendra que le passé de la France – donc aussi son futur – est aussi un peu le sien. – soit elle considérera que leurs grands-parents ont été floués, qu’ils sont morts pour rien, que la France les méprise etc. et, se servant de l’illustration excessive d’une injustice passée (pas totalement infondée) augmenteront leur dose de ressentiment actuel (lequel est le plus souvent artificiel..) Encore une fois ça dépendra sans doute des personnes, de leur fond intérieur, de leurs parents etc. Il faut quand même noter que Jamel Debbouze a tenu, lors de la promotion de ce film, des propos d’un patriotisme que peu (hélas) d’hommes politiques ou de professeurs se seraient permis… Mike ps : à Mancney : je ne vois pas clairement en quoi le supplice du pal commence bien ! 😉

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  11. PN

    25/10/2006

    impensable un portrait de de Gaulle dans un camp de harkis cela montre que ceux qui ont fait ce film ne connaissent rien à l’histoire de l’Algérie et font n’importe quoi comme d’habitude.

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  12. Mancney

    25/10/2006

    Philippe Sadot, votre article, me fait penser au supplice du pal…Ca commence bien… et ca se termine mal. Best, Mancney

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