La véritable histoire de la crise de 1929

Posté le juin 15, 2010, 12:00
7 mins

Cette semaine, quand nos médias ne parlent pas du football, ils parlent de la grande crise américaine de 1929.
Ils le font en général pour nous démontrer que les vilains banquiers et les affreux capitalistes sont les responsables de cette crise. Or, la réalité est tout autre.

Depuis 1924, les Américains innovent et leur économie marche très bien
: voitures, avions, trains, radio ou cinéma entrent dans leur vie quotidienne. Le chômage n’existe pas et l’on est obligé d’importer de la main-d’œuvre du Mexique ou de l’Irlande. On parle en Europe du miracle américain.

Pour favoriser ce développement économique, la banque centrale, la FED prête aux banques privées de l’argent à un taux très faible. De plus, le gouvernement les autorise à prêter 10 fois plus d’argent qu’elles n’en ont dans leurs coffres. Enfin, les intérêts que payent les emprunteurs ne sont pas fixes comme en France pour toute la durée du prêt. Mais ils suivent les variations des taux d’intérêts demandés par la FED. Si elle augmente ses taux, l’emprunteur paye automatiquement plus d’intérêts.

Les ouvriers américains n’hésitent pas à emprunter pour acheter leur maison ou leur voiture.
Les entreprises ont de très nombreux clients. Le prix des actions augmente rapidement.

Mais de nombreux Américains se mettent aussi à emprunter pour acheter à crédit des actions, car le prix de ces actions augmente plus rapidement (15 %) que les intérêts qu’ils payent (6 %). Il suffit pour eux de faire ce que la loi américaine autorise : ils confient 500 dollars d’économie à leur banque pour en obtenir 5 000. Les banques prêtent sans hésiter, d’autant plus qu’elles gardent en garantie dans leur coffre les actions achetées sur leur conseil.

À partir de 1926, le prix des actions se met à augmenter à toute vitesse, de plus de 25 % par an. Une bulle spéculative est ainsi créée. Il faut s’y opposer et, en 1927, la FED décide de rendre le crédit plus coûteux. Elle augmente progressivement ses taux.

Les Américains achètent donc moins de voitures ou de maisons à crédit. Le nombre des voitures vendues chute de façon importante en janvier 1929. Les entreprises ayant moins de clients payent moins bien leurs salariés, réduisent leur temps de travail, et parfois licencient. Le chômage apparaît.

Les Américains achètent moins d’actions à crédit. Car le risque de voir l’augmentation du prix des actions inférieure au coût du crédit devient très réel. Le prix des actions ralentit sa progression. La FED, imperturbablement, continue à augmenter ses taux.

En août 1929, le prix des actions cesse d’augmenter en bourse. Puis, fin août, il commence à diminuer
. Les banquiers étrangers, qui avaient investi en achetant des actions américaines, commencent à les vendre pour faire d’autres investissements moins risqués. La chute du prix des actions américaines s’accélère, tandis que le chômage augmente dans les entreprises. Des banques et des entreprises commencent à faire faillite. Une machine infernale est en marche.

Arrive un moment où la peur s’empare de tous les Américains. Ils n’ont plus confiance ni en leurs entreprises, ni en leurs banques, ni en leur gouvernement. Ils vendent massivement les actions qu’ils possèdent avant qu’elles ne baissent encore un peu plus, et ils retirent l’argent qu’ils avaient confié à leur banque.

Début octobre, la panique succède à la peur. Les cours s’effondrent le 24 octobre. Il n’y a que des vendeurs et plus d’acheteurs. C’est le fameux jeudi noir. 8 000 banques font faillite. Des milliers d’entreprises en font autant. Des millions de chômeurs sont jetés sur le pavé, alors que les allocations de chômage n’existent pas encore. Ils font la queue pour obtenir un bol de soupe. Ils sont obligés d’abandonner voiture et maison. Le rêve est devenu cauchemar. Le mal va se propager dans le monde entier, en Allemagne par exemple.

Les particuliers, les entreprises et les banques n’ont fait que réagir aux mauvaises décisions prises par le gouvernement américain, seul responsable de la grande crise de 1929…

5 réponses à l'article : La véritable histoire de la crise de 1929

  1. Via

    08/02/2012

    J’adore cet article car là où les meilleurs spécialistes de 1929 s’écharpent entre eux mais admettent au moins qu’il n’y a pas une unique cause de 29, le petit monsieur lui, décide tout de go que ben, si, 29 c’est la méchante FED. FED créé par un cartel de banques américaines, mais tout va bien.

    Sinon j’adore le passage sur les ouvriers américains parce que les ménages endettés en 29, ce ne sont pas les ouvriers mais les classes riches, et l’endettement n’est pas immobilier (contrairement à ce que vous sous entendez et comme lors des subprimes mais boursier et spéculatif).

    Le 1% les plus riche des Américains détient en 1929 près de 65% des actions. En 1929, 5% de la population reçoit près de 85% des dividendes versées. Je rappelle qu’on est sorti du libre-échange pour un capitalisme monopoliste, tayloro-fordiste, à base de trusts et de cartels.

    On peut donc conclure que les principaux responsables sont les grands capitalistes, les grands banquiers et ménages fortunés et grands spéculateurs de l’époque.

    Une toute autre analyse.

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  2. Paddy

    20/06/2010

    La fed n’ast pas sous le controle de d’eta federal depuis 1913! C’est une institution privee en particulier detenue par JP Morgan! C’est donc bel et bien un cartel de banque privees qui a decide de la crise de 1929! Comme d’ailleurs Bernanke l’a admis recemment!

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  3. ozone

    18/06/2010

    Surtout l’apparition d’une production de masse sans avoir d’acheteurs en face,salaires minables,donc du crédit,du crédit et encore du crédit,de la fausse monnaie en fin de compte lorsque cela devient la norme pour écouler la camelotte,la bourse monte et quand la réalité devient évidente,,,,,,,,,patatrac

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  4. Kamarad

    17/06/2010

    Prodigieux aticle, que je vais proposer pour le « Sophisme d’Or ». Démonstration parabolique : Votre fils se tue en perdant le contrôle de son véhicule qui fonçait à 150 km/h sur une départementale. C’est la faute : – de l’État qui n’a pas imposé le bridage des moteurs, – de cet enfoiré de Président du Conseil Général (de gôôôche, of course !) parce qu’il ne conçoit pas ses RD comme des autoroutes, – du film « Taxi IV », – d’Alain Prost, – de la chaussée rendue glissante par la pluie, – de l’Académie de Médecine qui, en dépit de toutes les subventions perçues, n’a pas encore trouvé de vaccin contre les accidents de la route, – ou, peut-être, de votre fils qui a fait le c… Ou encore : Votre fille fait partie des victimes de Draguignan, pour avoir bâti en zone inondable. La faute en revient : – à l’État, qui fait de superbes plans de prévention des risques sans s’inquiéter de leur application, – à MM. les Préfets qui interprêtent les règlements de ces mêmes plans (PPRI) pour ne pas gêner à l’excès les intérêts des promoteurs, – à MM. les ingénieurs de la DDT (ex DDE) qui affutent leurs arguties pour ne point fâcher M. le Préfet ou un élu influent, – au doyen de Draguignan, qui a juré la main sur le coeur n’avoir jamais vu d’eau à cet endroit, – au notaire, pressé de réaliser une juteuse transaction, – un peu à votre fille, tout de même, pour n’avoir rien voulu entendre, – et surtout à notre société matérialiste et hypocrite qui ne se soucie que du profit immédiat.

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  5. Mike

    17/06/2010

    Bonjour,

    Il faut être bien naîf pour ne pas comprendre que les banques ont influencé la politique de la FED qui elle même est une création d’un cartel bancaire… Un minimum de culture sur l’histoire de l’économie permet  de connaître comment, par qui  et pourquoi fut créé la FED

    Naïf ou de mauvaise foi ?

    L’histoire se répète et Greenspam a fait exactement le contraire de ce qu’il écrit ds ses bouquins (avant d’être président de la FED ) en mettant les taux beaucoup trop bas. Quand à Obama il fut massivement sponsorisé par Goldman Sach durant sa campagne pour beaucoup c’est l’homme de wall street.

    Un peu plus de perspicacité SVP

     

     

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