Les « Lumières » à la source du totalitarisme moderne

Posté le mai 17, 2010, 12:00
4 mins

Xavier Martin, professeur émérite des Universités et historien du droit, a commis de nombreux ouvrages passionnants et sensiblement non-conformistes, parmi lesquels son Voltaire méconnu, à lire avec gourmandise.

Il publie aujourd’hui, sous le titre Trente années d’étonnement, un petit livre (160 pages) dans lequel il relate son évolution intellectuelle : comment, à partir d’une analyse des Travaux préparatoires du Code civil, il a été conduit, d’étonnement en stupéfaction, à revisiter toute l’anthropologie, pour le moins réductrice, des rédacteurs dudit code, héritiers eux-mêmes des philosophes des Lumières.

Et comment, suivant ce fil d’Ariane, il est remonté, par Hobbes, Cabanis, mais aussi par les hommes de la Révolution, jusqu’à Rousseau (par le biais de ses Confessions) et aux autres : Helvétius, D’Holbach, Diderot, Voltaire bien sûr, qui tous développent une conception de l’humaine nature fondée sur l’égoïsme, négatrice du libre-arbitre, extrêmement élitiste, et qui aboutit finalement à ne voir en l’homme qu’« un matériau qu’on gère », un être mu par des nécessités mécaniques – L’Homme Machine de La Mettrie – qui ne se différencie pas fondamentalement de l’animal (un thème éminemment actuel).

Comme l’animal, l’être « humain » est donc susceptible d’être dressé. « Telle est la clé des propensions angéliquement totalitaire du foisonnant pédagogisme des Lumières (…) et de la propagande révolutionnaires, qui sont tout un, profondément, dans la méthode et les visées. »

Xavier Martin revisite sous l’éclairage de cette conception anthropologique des plus pessimistes l’ensemble des mythes issus des Lumières, de celui du « bon sauvage », qui n’est « bon » qu’autant qu’il a dîné, jusqu’aux droits de l’Homme – auxquels les philosophes ne croient finalement pas plus que leurs héritiers. L’auteur en arrive à montrer la « cohérence » qui existe « entre, d’une part, la philosophie qui sous-tend les droits de l’homme et, d’autre part, les massacres » commis en Vendée sous la Révolution.

En refermant le livre, m’est revenu à l’esprit une réflexion du cardinal Lustiger : « Les Lumières mènent à Auschwitz. » La lecture de Xavier Martin le démontre magistralement.

Pierre Vautrin

Xavier Martin, Trente ans d’étonnement, ed. Dominique Martin Morin, 160 pages, 16 euros.

À commander auprès de notre service abonnements : 16 euros (+ 5,50 e de port) 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19


2 réponses à l'article : Les « Lumières » à la source du totalitarisme moderne

  1. Question

    01/06/2010

    Je viens de lire le livre. Pourquoi ne pas signaler la découverte étonnante de Martin selon lequel la fameuse déclaration des droits de l’homme de 1789 n’a pas été "proclamée" le 26 août, ni aucun autre jour. Ce mythe fondamental de notre république n’est que ça, un mythe…

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  2. sas

    18/05/2010

     

    …….super nous y voilà enfin… ! ! ! ! !  !!

     

    sas

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