Algérie-Afghanistan : histoires parallèles

Algérie-Afghanistan : histoires parallèles

L’inénarrable Donald ­Trump l’a voulu, l’impétueux Joe Biden l’a mis en œuvre.

Comme il fallait s’y attendre, le retrait d’Afghanistan a tourné à la catastrophe.

Les deux protagonistes de ce désastre peuvent se partager à parts égales la responsabilité de cette affaire.

Accessoirement, ils ont donné aux élites françaises l’occasion de moquer et de fustiger, une fois encore, les États-Unis et l’OTAN.

C’est de bonne guerre et, en l’occurrence, bien mérité.

Pour autant, nous devrions rester modestes en la matière et ne pas oublier les conditions de notre départ d’Algérie.

Dans un cas comme dans l’autre, des négociations ont précédé le retrait.

Dans un cas comme dans l’autre, on a écarté des discussions tous ceux qui pouvaient troubler la belle harmonie d’un scénario écrit à l’avance : le gouvernement légal d’Ashraf Ghani et les derniers seigneurs de la guerre, côté américain ; les Européens d’Algérie, les nationalistes modérés du MNA et la masse des musulmans fidèles à la France, côté français.

Ne restaient comme interlocuteurs que les fanatiques les plus intransigeants : talibans en Afghanistan, FLN en Algérie.

La suite de l’opération, révélatrice d’une inqualifiable faiblesse ou d’une insondable naïveté, a consisté à donner des gages à un adversaire qui n’en demandait pas tant : annonce du retrait de toutes les troupes américaines d’Afghanistan avant le 31 août 2021, cessez-le-feu unilatéral en Algérie à compter du 19 mars 1962.

Quelle marge de manœuvre restait-il donc aux négociateurs, une fois que leur gouvernement avait affiché de manière aussi éclatante son désir d’en finir à tout prix ?

En bonne logique, ces négociations ont débouché sur des accords.

Ils laisseront leur nom dans l’histoire à la rubrique « infamies et tromperies historiques » : accords de Doha d’un côté, accords d’Évian de l’autre.

Ces accords ont en commun le fait qu’une des parties ne se sentait nullement engagée par sa signature.

Les talibans ont poursuivi tranquillement leur conquête du territoire afghan pour arriver en un temps record à Kaboul, tandis que le FLN, profitant de la trêve, renforçait son emprise dans les villes et les campagnes d’Algérie en multipliant les meurtres et les exactions.

Accorder le moindre crédit à la parole d’un taliban d’aujourd’hui ou d’un moudjahid algérien d’hier relève d’un angélisme touchant ou du cynisme le plus abject !

Je passerai sous silence l’inévitable épisode du « gouvernement de transition » censé rassurer les inquiets et rendre présentables les bouchers du lendemain.

On connaît l’épilogue de ces « plans » de retrait : la fuite éperdue de centaines de milliers, voire de millions de pauvres gens cherchant à échapper à d’abominables représailles et ne bénéficiant d’aucune protection autre que les bonnes paroles des responsables de leur malheur.

On peut s’étonner de l’étonnement manifesté par ces derniers : « on ne savait pas … », « on ne pouvait imaginer que … », alors qu’il aurait suffi d’interroger le premier berger afghan ou le moindre fellah du bled pour connaître la suite des événements.

Le président Biden a bien raison de ne pas garantir « que tout se passera bien ».

On connaît la fin : ce sera la même qu’en Indochine, en Algérie, au Vietnam, peut-être demain au Mali …

Quand on se lance dans un conflit sans but de guerre bien défini, quand on ne fixe aucune limite de temps à son engagement, quand on mégote sur les moyens et les méthodes à employer, quand on recrute sans scrupule des auxiliaires et des supplétifs, il faut bien s’attendre, en fin de parcours, à une issue douloureuse.

Pour une fois, nous avons montré la voie aux Américains. Ils se sont révélés bons élèves …

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(12) Commentaires

  • Jojo Répondre

    >Désolé que vous deviez constater qu’il existe autre chose que des zozos comme vous, islamo-gauchistes, lècheurs de >babouches, même si vous vous considérez comme le sel de la terre, le porteur des nobles « valeurs » immigrationistes et le
    >l’ami de tous les profiteurs..

    Citez-moi une seule phrase – trois mots – ou je fais l’apologie de l’immigration extra-européenne en France et on en reparle.

    8 septembre 2021 à 9 h 46 min
  • ELEVENTH Répondre

    @ JOJO
    Trop heureux d’irriter un faux nez gauchiste comme vous dont on se demande ce que vous venez faire sur ce site « de droite » comme vous dites.
    Désolé que vous deviez constater qu’il existe autre chose que des zozos comme vous, islamo-gauchistes, lècheurs de babouches, même si vous vous considérez comme le sel de la terre, le porteur des nobles « valeurs » immigrationistes et le
    l’ami de tous les profiteurs..
    Etonnant quand même de vous voir refuser à d’autres de penser autrement et surpris de prendre en retour les avanies que vous tenter d’infliger aux autres.
    Avant de monter au cocotier, assurez vous d’avoir le Q propre, ce qui, à mon avis, n’est pas garanti.

    P.S. Libation attend toujours vos articles vengeurs. Si vous tardez trop à les leurs envoyer , vous serez privés de bakchich.

    30 août 2021 à 1 h 10 min
  • Jojo Répondre

    Eleventh est le triste exemple de ce qu’est devenue la Droite aujourd’hui : une bande de retraités hargneux et anonymes qui insultent à tout vas sur Internet.

    26 août 2021 à 15 h 19 min
  • ELEVENTH Répondre

    JOJO . »Défendre Bidon », mais vous délirez encore plus que lui, ce qui n’a rien d’étonnant.
    Maintenant, si votre interrogation a pour but de remettre une pièce dans la machine, vous perdez votre temps : quand je sonne le valet de chiottes, c’est trois coup . Souvenez vous en évitez de vous inviter sans que l’on vous le demande.
    Libation attend toujours vos articles vengeurs. Répondez vite, sinon vous n’aurez plus le droit à votre gamelle.
    Awe.

    26 août 2021 à 0 h 52 min
  • ELEVENTH Répondre

    L’abruti de Q.C. toujours incapable de se controller recommence avec ses menaces physiques.
    Pas de doutes, il se confirme bien qu’il est pour le moins un descendant de « sarrazins » comme il s’en est souvent vanté.
    Je le soupçonne même d’être carrément maghrébouille pour hair à ce point l’occident. Pauvre tache…
    En plus il ment sur ses supposés diplomes , comme le lui a fait ressortir Hans. Un tartuffe qui voudrait nous faire accroire qu’il est intelligent et cultivé. A pleurer.

    26 août 2021 à 0 h 45 min
  • vozuti Répondre

    comme macron, les talibans interdiront les rassemblements festifs et obligeront la population à se couvrir le visage en public.
    mais les talibans sont beaucoup moins extrémistes que macron, ils n’iront pas jusqu’à assigner la population à résidence ou à l’obliger à sevir de cobaye pour pfiser.
    les dictatures religieuses sont moins liberticides que les dictatures sanitaires, les français devraient défendre leurs propres libertés au lieux de vouloir défendre celles des afghans.

    25 août 2021 à 17 h 09 min
  • Jojo Répondre

    ELEVENTH vous défendez Biden maintenant ?
    Car j’imagine que votre argument « gnagnagna vous n’auriez pas fait mieux » se rapporte aussi à ses décisions.

    Trump ET Biden ont choisi la mauvaise politique. Je ne sais pas si j’aurai fait mieux, mais moi je ne me serai jamais présenté à une élection présidentielle pour diriger la première puissance. Il faut connaitre ses limites. C’est bien le problème de Trump : il pense vraiment qu’il est un génie et que ses « deals » sont incroyables.

    24 août 2021 à 18 h 04 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    Eleventh a mis son kilt et ose même me menacer : viens mon petit ! autant je suis reglo avec ceux qui le sont avec moi autant je suis  » brutal  » avec les cons !

    24 août 2021 à 16 h 21 min
  • ELEVENTH Répondre

    Conclusion : il ne faut pas marcher dans la merde : ça pue. Un peu comme les deux commentateurs, grands diseux mais petits faiseux ci-dessus. Qui eux – n’en doutons pas – auraient su diriger autrement : normal avec l’alliance d’un gauchiste et d’un suffisant qui semble se prendre pour le fils de Dieu.
    Nemo me impune lacessit.

    24 août 2021 à 15 h 44 min
  • Jojo Répondre

    Une analyse lucide de la situation est un parallèle historique intéressant. De quoi retrouver espoir en les 4 Vérités Hebdo !

    24 août 2021 à 15 h 24 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    comment ça  » l’ inénarrable Donald Trump l’ a voulu  » ? … vous voulez perdre un lecteur aussi fidèle qu’ El Eventh !

    bon c’ est le début de la fin de l’ OTAN

    on va pouvoir se retrouver entre Européens sans tonton Sam !

    que devient Guy Millière ?

    24 août 2021 à 14 h 13 min
  • Tyrageosaure Répondre

    Les choses ont mal tourné parce que dans les deux cas, Les USA et la France étaient dans des terres qui ne leur appartenaient pas. La même débâcle a eu lieu en août 1944 lors l’occupant allemand s’est replié en catastrophe abandonnant derrière lui à la vindicte populaire, les milliers de collabos et de petits françaises engrossées par ses soldats.

    24 août 2021 à 11 h 38 min

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